mercredi 13 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2304915 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | COIRIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Coirier, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 6 juillet 2023 par laquelle le proviseur du lycée Dupuy de Lôme de Lorient ne l'a pas autorisé à redoubler sa deuxième année de préparation au diplôme de comptabilité et gestion (DCG) et a refusé de l'inscrire en troisième année, ensemble de la décision du 1er septembre 2023 rejetant son recours gracieux ;
3°) d'enjoindre au lycée Dupuy de Lôme de le réintégrer et de l'autoriser à redoubler sa deuxième année de préparation au diplôme comptabilité gestion ;
4°) de mettre à la charge du lycée Dupuy de Lôme la somme de 1 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie : il est privé de la possibilité de poursuivre ses études ; il n'a pas la possibilité de rechercher un autre lieu de scolarisation, parce qu'il a la garde partagée de son fils ; il n'a pas les moyens financiers de s'inscrire dans une préparation payante ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige :
- la procédure prévue par la charte des étudiants de l'établissement en cas d'absences répétitives avérées n'a pas été respectée le privant d'une garantie ;
- les décisions sont entachées d'une inexactitude matérielle des faits et d'une erreur de qualification s'agissant du nombre d'absences et de leur justification ;
- les décisions sont entachées d'une erreur d'appréciation : toutes ses absences ont été considérées comme justifiées par l'établissement, il a rencontré des problèmes de santé, a validé ses huit semaines de stage obligatoire ;
- elles méconnaissent le principe d'égalité : les demandes de redoublement ont fait l'objet d'un traitement différencié, un autre étudiant ayant été autorisé à redoubler sa première année pour des raisons médicales ; il n'a pas bénéficié du même accompagnement que les autres élèves au cours de la formation ; il a dû travailler les week-ends pour financer ses études et n'a jamais travaillé sur les horaires de cours ;
- la charte étudiante du lycée comme les décisions sont dépourvues de base légale en raison de l'illégalité de la note de service n° 2019-106 du 16 juillet 2019 qui prohibe les redoublements en première et deuxième année de préparation au DCG, laquelle méconnaît le quatrième alinéa de l'article L. 111-1 du code de l'éducation, l'article D. 331-41, le premier alinéa de l'article L. 122-2 et l'article L. 612-32-2 de ce même code qui consacrent le droit à l'éducation ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit au regard de l'article L. 612-2 du code de l'éducation et de l'arrêté du 30 juillet 2018 relatif au diplôme national de licence, qui prônent la réussite des étudiants.
Vu :
- la requête au fond n° 2304914 ;
- la précédente ordonnance de référé n° 2304301 du 8 août 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative
Le président du Tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A était étudiant en deuxième année de préparation au diplôme de comptabilité et gestion au sein du lycée Dupuy de Lôme de Lorient au titre de l'année scolaire 2022-2023. Ayant obtenu une moyenne générale de 5,37 sur 20 au premier semestre et de 0 sur 20 au deuxième semestre en raison de ses nombreuses absences, en particulier à l'ensemble des évaluations et sessions de rattrapage proposées, le proviseur du lycée, par une décision du 6 juillet 2023 prise à l'issue du conseil de classe du second semestre, ne l'a pas autorisé à redoubler ni à s'inscrire en année supérieure. M. A a présenté, le 27 juin 2023, un recours gracieux contre cette décision, qui a été rejeté le 1er septembre 2023. Il demande la suspension de l'exécution de ces décisions.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. M. A justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de prononcer son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
5. Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
6. Si M. A fait valoir que les décisions litigieuses mettent un coup d'arrêt brutal à la poursuite de sa formation et mettent en péril sa réussite à l'examen de diplôme de comptabilité et gestion, il s'est toutefois placé lui-même dans la situation qu'il dénonce. Il résulte en effet de l'instruction, notamment des appréciations portées sur les bulletins des premier et second semestres, qu'il ne s'est en réalité que très peu investi au cours de l'année scolaire 2022-2023 dans la formation dans laquelle il s'est inscrit, faible investissement que les quelques attestations de camarades produites ne permettent pas de remettre en cause. Si M. A fait valoir que c'est principalement son état de santé qui a justifié ses nombreuses absences, il ne produit que des certificats médicaux rédigés dans des termes trop généraux pour corroborer ses allégations alors qu'en revanche il résulte de l'instruction qu'il occupait parallèlement à ses études un emploi salarié en qualité d'employé de restauration rapide à raison de 70 heures par mois depuis le 1er octobre 2022, avec des plages horaires qui pouvaient être difficilement compatibles avec une assiduité en cours. En outre, il lui est toujours loisible, comme l'indique la décision contestée du 6 juillet 2023, de poursuivre son projet professionnel en candidat libre ou par la voie de l'alternance. Dans ces conditions, les décisions contestées ne peuvent être regardées comme préjudiciant de manière suffisamment grave et immédiate à la situation de M. A et ne caractérisent pas une situation d'urgence justifiant la suspension de leur exécution.
7. Au surplus, ainsi qu'il a déjà été dit dans la précédente ordonnance de référé n° 2304301 du 8 août 2023, les moyens tirés de l'exception d'illégalité de la note de service n° 2019-106 du 16 juillet 2019, de la rupture d'égalité et de l'inégalité de traitement avec les autres étudiants de la formation et de l'erreur d'appréciation ne sont manifestement pas fondés. Si M. A entend également se prévaloir dans le cadre de la présente instance du non-respect de la procédure prévue par la charte des étudiants de l'établissement, ce moyen n'est manifestement pas davantage à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige, qui ne constituent pas une sanction pas plus que ne le sont les moyens tirés de l'inexactitude matérielle des faits, de l'erreur de qualification ou de l'erreur de droit.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris à fin d'injonction selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative ainsi que par voie de conséquence les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera transmise, pour information, au lycée Dupuy de Lôme de Lorient.
Fait à Rennes, le 13 septembre 2023.
Le juge des référés,
signé
F. Plumerault
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026