lundi 5 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2305117 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | TREMOUILLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2023, M. C A B, représenté par Me Tremouilles, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 janvier 2023 du préfet du Finistère portant rejet de sa demande de titre de séjour ainsi que le rejet implicite de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet du Finistère de réexaminer sa demande de son titre de séjour dans un délai d'un mois et sous astreinte d'un montant de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été prise par une personne n'ayant pas compétence ;
- elle n'est pas motivée ;
- en rejetant la demande de titre de séjour au motif qu'il n'était pas compétent territorialement, le préfet a ainsi commis une erreur de droit ;
- le préfet a également commis une erreur de droit en ne transmettant pas sa demande au préfet de Mayotte ;
- la décision est dépourvue de base légale ;
- la décision porte, eu égard à la nature, l'ancienneté et la stabilité des liens que le requérant justifie sur le territoire, une attente disproportionnée à sa vie privée et familiale, de sorte que l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est méconnu ;
- à tout le moins, il y a là une atteinte à sa situation personnelle constitutive d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire, enregistré le 16 janvier 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 29 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Etienvre a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant comorien né en 1997, est entré en France métropolitaine en provenance de Mayotte, le 5 novembre 2018 sous couvert d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " valable du 23 mai 2018 au 22 mai 2019. Titulaire d'un titre de séjour mention " Étudiant " jusqu'au 14 octobre 2020, M. A B a sollicité le 12 septembre 2022 la délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 12 janvier 2023, le préfet du Finistère a rejeté cette demande. M. A B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, par arrêté du 26 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Finistère avait donné délégation à M. Christophe Marx, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de prendre la décision attaquée.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet ne s'est pas fondé, pour prendre la décision attaquée, sur ce qu'il n'était pas territorialement compétent. M. A B n'est dès lors pas fondé à contester un tel motif ni même prétendre que le préfet aurait dû transmettre sa demande au préfet de Mayotte.
5. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A B a séjourné à Mayotte de 2002 au 5 novembre 2018, département où les titres de séjour délivrés à un étranger ne sont pas valables pour la France métropolitaine. Il est, par ailleurs, constant que M. A B est célibataire et sans enfants. Dans ces conditions, M. A B ne disposait pas, à la date de la décision attaquée, de liens personnels et familiaux en France tels que cette décision de refus portait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale alors même que M. A B a poursuivi, un temps, des études sur le territoire métropolitain, qu'il a un frère et une sœur de nationalité française et une autre sœur résidant régulièrement en France, qu'il a occupé un emploi salarié alors qu'il était étudiant et qu'il a la volonté de s'intégrer durablement en France. Le préfet n'a pas davantage commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de l'intéressé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Le présent jugement de rejet, n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de M. A B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance le versement au conseil de M. A B d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet du Finistère.
Délibéré après l'audience du 22 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
F. Etienvre
L'assesseur le plus ancien,
Signé
F. Terras
La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet du Finistère, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026