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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2305574

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2305574

jeudi 19 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2305574
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationEloignement urgent
Avocat requérantBERTHAUT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 octobre 2023 à 14h34, M. A D, représenté par Me Berthaut, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 12 octobre 2023, lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et l'interdisant de retour pour une durée de trois ans ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 12 octobre 2023 portant assignation à résidence d'une durée de quarante-cinq jours et précisant les modalités de contrôle ;

3°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui accorder un titre de séjour ou à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un vice d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen approfondi de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur l'absence de délai de départ volontaire :

- elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen approfondi de sa situation personnelle ;

- elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen approfondi de sa situation personnelle ;

- elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des circonstances humanitaires.

Sur l'assignation à résidence et des modalités de contrôle :

- elle est entaché d'un vice d'incompétence ;

- elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 octobre 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de procédure pénale ;

- la loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 ;

- les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne C-383/13 du 10 septembre 2013, C-166/13 du 5 novembre 2014 et C-249/13 du 11 décembre 2014 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Tronel, président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Tronel,

- les observations de Me Berthaut, représentant M. D, qui expose les moyens développés dans les écritures et soutient en outre que l'information, selon lequel M. D est défavorablement connu des services de police, a été obtenue de manière irrégulière, en méconnaissance des garanties mentionnées à l'article R. 40-29 du code de procédure pénale,

- les explications de M. D,

- et les observations de M. C, qui reconnaît que la procédure prévue à l'article R. 402- du code de procédure pénal n'a pas été respectée en l'espèce, mais que cette information n'a pas été reprise pour fixer la durée d'interdiction de retour sur le territoire français, et que le préfet aurait pris la même mesure d'éloignement sans cette information.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'aide juridictionnelle :

1. M. D justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle pour la présente procédure, il y a lieu de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle

Sur le moyen soulevé à l'audience :

2. D'une part, dans le cas où l'un des motifs d'une décision administrative s'avère erroné, le juge peut procéder à la neutralisation de ce motif s'il apparaît qu'il résulte de l'instruction que la considération du ou des autres motifs légaux aurait suffi à déterminer l'administration à prendre la même décision.

3. D'autre part, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

4. Enfin, la règle fixée par les dispositions précitées de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale tend à protéger les personnes faisant l'objet d'une mention dans les fichiers d'antécédents judiciaires constitués par les services de police et de gendarmerie nationales aux fins de faciliter leurs investigations. Elle constitue, de ce fait, une garantie pour toute personne dont les données à caractère personnel sont contenues dans les fichiers en cause.

5. Il ressort de la décision en litige prise à l'encontre de M. D que le préfet d'Ille-et-Vilaine a relevé qu'il était défavorablement connu des services de police pour des faits de violence suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours par une personne étant conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Le représentant du préfet a reconnu à l'audience que cette information avait été portée à la connaissance des services de la préfecture à la suite d'une consultation du traitement des antécédents judiciaires, dans des conditions ne respectant pas les dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale. M. D doit donc être regardé comme ayant été effectivement privé d'une garantie.

6. Cependant il résulte de la rédaction de l'arrêté du préfet que cette information n'a été reprise par lui que pour apprécier l'atteinte " de la mesure qui lui est présentement opposée " au droit de M. D au respect de sa vie privée et familiale garantie par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Bien que cette rédaction soit des plus imprécises, elle doit être regardée comme visant l'obligation de quitter le territoire français. Or, ainsi qu'il sera exposé, compte tenu des autres circonstances de fait, l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. D ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il résulte de l'instruction, ainsi que l'a confirmé son représentant à l'audience, que le préfet aurait pris la même décision sans tenir compte de l'information irrégulièrement obtenue de ce que l'intéressé a commis des faits de violence. Il y a donc lieu de neutraliser ce motif illégal.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

7. Par un arrêté du 9 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture d'Ille-et-Vilaine du même jour, le préfet d'Ille-et-Vilaine a donné délégation à Mme E B, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, référente régionale et signataire de l'arrêté attaqué, pour signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire. Par suite le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

8. Il ressort des pièces du dossier que le préfet rappelle, dans l'arrêté contesté, outre les considérations de droit en constituant le fondement, le rejet par les instances de l'asile de la demande d'asile déposée par M. D, de nationalité marocaine, le 10 juin 2015. Il rappelle en outre que M. D a bénéficié d'une carte de séjour mention " vie privée et familiale " du 8 novembre 2018 au 7 novembre 2020, que par arrêté du 25 novembre 2021, le préfet de l'Orne a refusé de renouveler son titre de séjour pour absence de vie commune avec sa compagne et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Le préfet indique par ailleurs que l'intéressé a déclaré, lors de son audition, être marié à une ressortissante française mais qu'il " n'habite pas tous les jours chez elle on se prend la tête des fois je pars ailleurs ", qu'il est défavorablement connu des services de police pour faits de violence sur conjoint suivis d'incapacité n'excédant pas huit jours, qu'il dispose d'attaches familiales au Maroc où résident ses parents, ses frères et ses sœurs. L'arrêté est par suite, suffisamment motivé. Le moyen tiré de son insuffisante motivation doit, en conséquence, être écarté.

9. Il ressort de cette motivation que le préfet a procédé à un examen suffisamment approfondi de la situation de M. D. Le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit, dès lors, être écarté.

10. Compte tenu des conditions de séjour en France de M. D telles qu'exposées au point 2 et en l'absence d'éléments établissant une insertion particulière de l'intéressé, qui n'a pas d'enfant et n'est pas dépourvu d'attaches familiales au Maroc et sans tenir compte de l'information obtenu par une consultation irrégulière du fichier du traitement des antécédents judiciaires, le préfet n'a pas porté d'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit, par suite, être écarté.

11. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le préfet n'a pas manifestement mal apprécié les conséquences de la mesure d'éloignement sur la situation personnelle de M. D. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, doit, dès lors, être écarté.

Sur le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

12. Il résulte de ce qui a été précédemment exposé que M. D n'établit pas que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. Par suite, le moyen, invoqué par voie d'exception, tiré de l'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre l'absence de délai de départ volontaire doit être écarté.

13. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () ".

14. Ainsi qu'il a été précédemment exposé, M. D s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement, prise par le préfet de l'Orne le 25 novembre 2021. Il a en outre clairement manifesté, lors de son audition du 12 octobre 2023 par les services de police, sa volonté de demeurer en France. Pour ces motifs, le préfet pouvait légalement refuser d'octroyer à M. D un délai de départ volontaire et n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant qu'il existait un risque que le requérant se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet. Les moyens tirés d'une erreur de droit dans l'application des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur d'appréciation doivent, par suite, être écartés.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

15. En précisant que compte tenu des éléments portés à sa connaissance et de ce que les craintes exprimées par M. D en cas de retour au Maroc ont été jugées infondées par les instances de l'asile, le préfet a suffisamment motivé sa décision fixant le Maroc comme pays de renvoi et a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé. Les moyens tirés d'un défaut de motivation et d'examen suffisant doivent être écartés.

16. Il résulte de ce qui a été précédemment exposé que M. D n'établit pas que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. Par suite, le moyen, invoqué par voie d'exception, tiré de l'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre l'absence de délai de départ volontaire doit être écarté.

17. Il résulte de ce qui a été exposé au point 15 que le préfet n'a pas seulement tenu compte des appréciations des instances de l'asile, mais également des éléments en sa possession pour apprécier les risques éventuellement courus par M. D au regard des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour au Maroc. Le préfet, qui ne s'est pas senti lié par les appréciations faites par les instances de l'asile, n'a ni méconnu sa compétence, ni commis d'erreur de droit. Les moyens présentés en ce sens doivent, en conséquence, être écartés.

18. En se bornant à soutenir que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision fixant le Maroc comme pays de renvoi sur sa situation personnelle, M. D n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français sans délai et de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant un an :

20. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ". Il ressort des termes même de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. En revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen le conduisant à apprécier les conséquences de la mesure d'interdiction de retour sur la situation personnelle de l'étranger et que sont invoquées des circonstances étrangères aux quatre critères posés par les dispositions précitées de l'article L. 612-10, il incombe seulement au juge de l'excès de pouvoir de s'assurer que l'autorité compétente n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.

21. Compte tenu des motifs exposés aux points 8 et 10 du présent jugement, en fixant la durée d'interdiction à un an, le préfet ne porte pas au droit de M. D au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette interdiction a été prise, ni n'a manifestement mal apprécié les conséquences de cette décision sur la situation personnelle de l'intéressé. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, par suite, être écartés.

Sur la décision portant assignation à résidence et des modalités de contrôle :

22. Par un arrêté du 9 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture d'Ille-et-Vilaine du même jour, le préfet d'Ille-et-Vilaine a donné délégation à Mme E B, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, référente régionale et signataire de l'arrêté attaqué, pour signer notamment les décisions portant assignation à résidence. Par suite le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte doit être écarté.

23. Il résulte de ce qui a été précédemment exposé que M. D n'établit pas que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. Par suite, le moyen, invoqué par voie d'exception, tiré de l'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre l'absence de délai de départ volontaire doit être écarté.

24. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D est rejetée, y compris les conclusions d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance.

D É C I D E :

Article 1er : M. D est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. D est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de la Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.

Le magistrat désigné,

signé

N. TronelLa greffière d'audience,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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