vendredi 3 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2305862 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | SEMINO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 30 octobre et le 3 novembre 2023, M. E C, alors placé en rétention administrative à Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine), représenté par Me D, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2023 par lequel le préfet de la Sarthe l'a obligé à quitter le territoire français sans délai à destination de son pays d'origine et lui a interdit le retour pour une durée d'un an ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- a été signée par une autorité incompétente ;
- n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- est entachée d'une insuffisante motivation et d'un défaut d'examen ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
La décision portant refus de délai :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- est entachée d'une insuffisante motivation et d'un défaut d'examen ;
- méconnaît l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces dispositions ;
La décision fixant le pays de destination :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- est entachée d'une insuffisante motivation et d'un défaut d'examen ;
- méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 33 de la convention de Genève ;
La décision portant interdiction de retour :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- est entachée d'une insuffisante motivation ;
- méconnaît l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que le préfet n'a pas suffisamment étayé la nature de la menace à l'ordre public qu'il représenterait ;
- est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 novembre 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- l'ordonnance du 31 octobre 2023 par laquelle le juge des libertés et de la détention a prolongé la rétention de M. C pour un délai maximum de vingt-huit jours ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bozzi, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bozzi,
- les observations de M. D, commis d'office, représentant M. C, qui s'en rapporte à ses écritures et souligne que l'arrêté a fait l'objet d'une signature électronique, que M. C est en France depuis cinq ans, pays dans lequel réside sa mère, qu'il n'a plus de repères en Arménie, qu'il bénéficie d'une promesse d'embauche,
- les déclarations de M. C, assisté d'une interprète en arménien, en réponse aux questions du magistrat concernant les faits de vol et de trafic de stupéfiants qui lui sont reprochés. Il reconnaît une partie de ces agissements et soutient qu'il n'est pas un trafiquant mais qu'il se trouvait dans une voiture, accompagné d'un homme détenteur de produits stupéfiants. Il ajoute qu'il craint des violences en cas de retour dans son pays d'origine en raison d'un différend avec son père. Il répond qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement.
Le préfet n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant arménien est entré irrégulièrement en France selon ses déclarations au cours de l'année 2018. L'intéressé a sollicité, le 19 juin 2018, son admission au séjour au titre de l'asile auprès des services de la préfecture du Val-de-Marne. L'OFPRA, par une décision du 15 octobre 2018, a rejeté sa demande. Cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile par une décision du 4 mars 2019. Par un arrêté en date du 24 juillet 2022, le préfet de la Sarthe l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination de son pays d'origine et lui a interdit le retour pour une durée d'une année. M. C s'est toutefois maintenu sur le territoire français. Il a été interpellé le 27 octobre 2023. Le préfet de la Sarthe, par un arrêté en date du 28 octobre 2023, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination de son pays d'origine et lui a interdit le retour pour une durée d'une année. Le requérant demande l'annulation de l'arrêté du 28 octobre 2023.
Sur les moyens communs :
2. En premier lieu, par un arrêté du 6 juillet 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Sarthe a donné délégation à Mme B A, directrice de cabinet et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet notamment de signer notamment les arrêtés portant obligation de quitter le territoire français, les arrêtés et décisions portant fixation du pays de renvoi ainsi que les décisions concernant l'interdiction de retour.
3. En outre, aux termes de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions de l'administration peuvent faire l'objet d'une signature électronique. Celle-ci n'est valablement apposée que par l'usage d'un procédé, conforme aux règles du référentiel général de sécurité mentionné au I de l'article 9 de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives, qui permette l'identification du signataire, garantisse le lien de la signature avec la décision à laquelle elle s'attache et assure l'intégrité de cette décision ". En l'espèce, alors que l'arrêté en litige pouvait faire l'objet d'une signature électronique, M. C ne soutient ni même n'allègue que ses caractéristiques techniques ne seraient pas conformes au règlement général de sécurité prévu au I de l'article 9 de l'ordonnance n°2005-1516 du 8 décembre 2005. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit donc être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ".
5. En l'espèce, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de M. C, précise les considérations de droit et de fait au vu desquelles il a été pris, notamment sa situation administrative, les différentes décisions d'éloignement le concernant, sa situation familiale, les interpellations dont il a fait l'objet, l'absence de menace invoquée quant à sa sécurité dans son pays d'origine, et il répond ainsi suffisamment aux exigences de motivation énoncées par les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que par celles des articles L. 211-1 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. L'arrêté du 28 octobre 2023 expose également l'ensemble des critères de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette motivation révèle en outre que, contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet a procédé à un examen particulier de sa situation avant de prendre cette décision. Les moyens tirés d'une insuffisante motivation de l'arrêté attaqué et d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation doivent, par suite, être écartés.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire :
6. En premier lieu, lors de son audition par les services de la compagnie de gendarmerie départementale du Mans du 27 octobre 2023, l'intéressé a explicitement reconnu être en situation irrégulière et indiqué vouloir " tout faire pour rester " sur le territoire français. Dans ces conditions, M. C doit être regardé comme ayant ainsi été mis à même de faire valoir ses observations sur la décision d'éloignement susceptible d'être prise à son encontre. Par suite, le moyen tiré du non-respect de la procédure contradictoire doit être écarté.
7. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
8. En l'espèce, M. C fait valoir la durée de sa présence en France depuis cinq années mais ne justifie pas, en dépit de ses allégations, de la date exacte de son entrée sur le territoire et qu'il aurait noué des liens intenses et stables en France. L'intéressé n'établit pas non plus être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-huit ans alors que, durant son audition par les services de police, il a même indiqué que son père et sa sœur habitaient en Arménie. Par ailleurs, si sa mère et son frère résident en région parisienne, ils ne l'hébergent pas et aucun élément n'atteste des relations familiales qu'ils entretiendraient avec ceux-ci. Il est par ailleurs célibataire et sans enfant et ne démontre aucune perspective d'intégration sociale et professionnelle eu égard à ses agissements au cours de l'année 2022 ainsi qu'en 2023 et il ne produit pas la promesse d'embauche dont il prétend être bénéficiaire.
9. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision refusant un délai de départ :
11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le requérant ne saurait se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision refusant un délai de départ.
12. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ".
13. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-3 du même code, visées dans l'arrêté en litige : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;() / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
14. Il ressort des pièces du dossier que M. C est connu des services de police pour des faits de vol à l'étalage, qu'il reconnaît à l'audience, commis le 27 octobre 2023 ainsi que pour des agissements concernant un usage illicite de stupéfiants et une conduite d'un véhicule sans permis commis le 24 juillet 2022, qu'il conteste uniquement en ce qui concerne la deuxième infraction, en se bornant à soutenir qu'il n'était que l'accompagnant de l'individu à l'origine des faits de détention de produits stupéfiants. Le préfet de la Sarthe était en droit de prendre en considération ces faits récents pour estimer que l'intéressé constituait une menace à l'ordre public justifiant qu'il ne lui soit pas accordé de délai de départ.
15. En outre, la seule circonstance qu'il se soit soustrait à une précédente mesure d'éloignement, à savoir l'arrêté du préfet de la Sarthe du 24 juillet 2022, suffisait à considérer le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 comme établi et à ce que l'autorité administrative puisse décider de ne pas lui octroyer un délai de départ du territoire français, alors au surplus que M. C a indiqué lors de son audition le 27 octobre 2023, comme lors d'une précédente audition du 24 juillet 2022 par les services de la police nationale, qu'il n'entendait pas quitter le territoire français, caractérisant ainsi par ses propos un risque de fuite.
16. Il en résulte que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur de droit ou une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions précitées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le requérant ne saurait se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
18. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Ce dernier texte stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Et aux termes du 1 de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 : " 1. Aucun des États Contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. ".
19. En se bornant à soutenir qu'un retour en Arménie le soumettrait à des dangers permanents, M. C ne fait valoir à l'appui de sa requête aucun élément de nature à démontrer que son retour dans son pays d'origine l'exposerait à des risques tangibles que le préfet de la Sarthe aurait dû prendre en considération. Notamment, ses allégations tenant à un éventuel conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan et à son enrôlement dans l'armée arménienne ne sont pas plus étayés que ses propos peu circonstanciés relatifs au conflit qui l'opposerait à son père en Arménie. Dans ces conditions, le requérant ne démontre pas que le préfet aurait commis une erreur de droit ou, à supposer que ce moyen soit également soulevé, une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions ou stipulations précitées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant interdiction de retour :
20. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le requérant ne saurait se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision d'interdiction de retour.
21. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, visé dans la décision attaquée : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
22. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.
23. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que les décisions d'éloignement, de refus de délai de départ et d'interdiction de retour sont fondées sur la circonstance que M. C est défavorablement connu des services de police et que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public, caractérisée notamment par des faits de vol et de trafic de conduite sans permis dans l'année précédant la décision en litige ainsi qu'en 2023.
24. Par ailleurs, la soustraction à l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français en date du 24 juillet 2022 dont il faisait l'objet justifiait également que le préfet refuse d'accorder un délai de départ à l'intéressé et qu'il prononce une interdiction de retour à l'encontre de M. C sur le fondement des dispositions susvisées des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
25. Enfin, si M. C soutient que le préfet aurait dû rechercher si des circonstances humanitaires s'opposaient à l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des déclarations de l'intéressé lors de son audition par la police, qu'il aurait invoqué des circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées dont le préfet aurait dû tenir compte avant de prendre sa décision.
26. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Sarthe lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'une année.
Sur les frais de justice :
27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État la somme réclamée par M. C au titre de ces dispositions, le requérant étant la partie perdante dans le présent litige.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C au préfet de la Sarthe.
Lu en audience publique le 3 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
signé
F. Bozzi
La greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026