mercredi 24 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2305940 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | VERVENNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 novembre et 19 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Vervenne, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 octobre 2023 par lequel le préfet du Finistère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à cette autorité, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Vervenne d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant du refus de séjour :
- le refus de séjour est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il a été édicté sur proposition du secrétaire général de la préfecture alors qu'il ne pouvait être pris que par le préfet ;
- si l'administration estimait que la demande de renouvellement de titre de séjour était incomplète ou affectée d'un vice de forme ou de procédure, elle devait lui demander des pièces complémentaires et fixer un délai pour la production de celles-ci ; en omettant de fixer un tel délai, l'administration a méconnu les articles L. 114-5 et L. 114-6 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet a omis d'examiner sa demande de carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " ;
- en refusant de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour alors qu'il avait vocation à signer un nouveau contrat d'apprentissage, le préfet a méconnu l'article L. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus de séjour est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- dès lors qu'il avait présenté un contrat d'apprentissage le 14 février 2023, un titre de séjour devait lui être délivré ;
- son employeur ne pouvait, sans violer le droit du travail, rompre son contrat d'apprentissage ;
- l'arrêté attaqué, en tant qu'il abroge son récépissé de demande de titre de séjour, viole l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet ne pouvait lui refuser le séjour, alors que son contrat d'apprentissage a été rompu à l'initiative de l'entreprise qui devait l'accueillir, et sans que cela soit son fait ; en lui refusant le séjour, il a méconnu les articles R. 5221-36 et L. 6222-18-2 du code du travail ;
- le refus de séjour viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision repose sur un refus de séjour illégal ;
- elle est insuffisamment motivée ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- cette décision repose sur un refus de séjour et une obligation de quitter le territoire français illégaux ;
- elle est insuffisamment motivée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
M. A a sollicité le bénéfice de l'aide juridictionnelle le 3 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Jouno et les observations de Me Douard, substituant Me Vervenne, représentant M. A, ont été entendus au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est entré en France en septembre 2020 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ", valide jusqu'au 28 août 2021, afin de suivre une licence de mathématiques, physique et mécanique au titre de l'année universitaire 2020-2021. En cours d'année universitaire, il a changé de cursus pour suivre une formation en apprentissage. Une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire ", valable du 18 octobre 2021 au 17 octobre 2022, lui a alors été délivrée. Le 26 octobre 2022, il a obtenu, à l'issue de cette formation, le titre professionnel de " technicien de maintenance industrielle ". Le 14 février 2023, il a demandé la délivrance d'un nouveau titre de séjour. Par l'arrêté attaqué, le préfet du Finistère a rejeté cette demande au motif que M. A n'avait pas présenté de contrat d'apprentissage à l'appui de sa demande. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté, lequel l'oblige par ailleurs à quitter le territoire français et fixe le Sénégal comme pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté sa demande de titre de séjour le 14 février 2023, soit postérieurement à l'expiration de sa carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire ". Cette demande ne saurait donc être regardée comme tendant au renouvellement de cette carte de séjour temporaire. Elle avait au contraire le caractère d'une nouvelle demande de délivrance de titre de séjour. Or, à l'appui de cette de nouvelle demande, M. A a produit un certificat de scolarité en BTS " maintenance des systèmes de production " au titre de l'année 2023-2024. Dans ces circonstances, et alors même qu'il avait été titulaire un temps, d'un contrat d'apprentissage conclu en 2013, avant d'y renoncer d'un commun accord avec son employeur, sa demande de titre de séjour devait nécessairement être regardée comme tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", prévue par l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Or, le préfet n'a aucunement examiné la demande de M. A au regard des dispositions de cet article. La décision portant refus de séjour est donc entachée d'un défaut d'examen. Elle doit, par suite, être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner le surplus des moyens de la requête. Par voie de conséquence, il en va de même des autres décisions attaquées, qui ont été prises sur son fondement.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
3. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ".
4. Compte tenu de ce qui vient d'être mentionné, il y a seulement lieu d'enjoindre au préfet du Finistère de réexaminer la demande de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Cependant, il y a lieu d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
D É C I D E :
Article 1er : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire est accordé à M. A.
Article 2 : L'arrêté du préfet du Finistère du 6 octobre 2023 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Finistère de réexaminer la situation de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Finistère.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2024 à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2024.
Le président-rapporteur,
signé
T. JounoL'assesseur le plus ancien,
signé
E. Albouy
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2305940
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026