lundi 19 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2306206 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | ROCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Rochard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2023 par lequel le préfet du Finistère a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler dans l'attente ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs :
- la décision a été prise par une personne n'ayant pas compétence ;
- elle est insuffisamment motivée et souffre d'un défaut d'examen .
En ce qui concerne le refus de renouvellement :
- la décision a été prise en violation des articles 10-1 de l'accord Franco-Tunisien et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire, enregistré le 25 janvier 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Etienvre,
- les observations de Me Rochard, représentant M. A,
- et les explications de M. A et de son épouse, Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est un ressortissant tunisien né en 1990. Entré régulièrement en France, le 24 mars 2022 muni d'un visa long séjour valant titre de séjour valide jusqu'au 16 mars 2023 en tant que conjoint de français, il a sollicité 25 avril 2023 le renouvellement de son titre de séjour et la délivrance d'une carte de résident en application de l'article 10-1 du de l'accord Franco-Tunisien du 17 mars 1988. Le 19 octobre 2023, le préfet du Finistère a, par arrêté, rejeté cette demande en raison de l'absence de communauté de vie entre M. A et son épouse, Mme D C, ressortissante française. Le préfet a assorti son refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et d'une décision fixant le pays de renvoi. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Pour rejeter la demande de titre de séjour de M. A en tant que conjoint de français, le préfet s'est fondé notamment sur ce que l'intéressé ne justifiait pas de la communauté de vie avec son épouse, Mme C.
3. Si Mme C a effectivement déclaré le 24 mai 2023, au cours de son audition, que son époux avait quitté Quimper en juin 2022 sans être revenu jusqu'au mois de mars 2023, le procès-verbal d'audition révèle également que M. A l'a appelé régulièrement au téléphone durant cette période et celui-ci justifie avoir dû travailler sur Paris au cours de cette même période jusqu'au mois de janvier 2023, date à laquelle il a trouvé un emploi à Quimper. Selon les mêmes déclarations de Mme C, son époux est revenu en mars 2023 et les deux intéressés ont alors repris une vie de couple. Si la situation du couple s'est à nouveau dégradée à partir du mois d'avril 2023 et si le couple a envisagé un divorce, il est néanmoins constant que M. A et Mme C ont décidé de continuer de cohabiter. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que le préfet ne justifie pas de ce que la communauté de vie avait cessé entre les époux et a commis par suite une erreur d'appréciation en se fondant sur ce motif pour refuser de lui délivrer le titre de séjour sollicité.
4. Il s'ensuit que M. A est fondé, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés, à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet du Finistère de délivrer, dans un délai de trois mois, à M. A un titre de séjour en qualité de conjoint d'un ressortissant français.
Sur les conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 19 octobre 2023 du préfet du Finistère est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Finistère de délivrer à M. A, dans le délai de trois mois, à compter de la notification du jugement, un titre de séjour en qualité de conjoint d'un ressortissant français.
Article 3 : L'État versera à M. A une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Finistère.
Délibéré après l'audience du 5 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Descombes, président,
M. Terras, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
F. Etienvre
L'assesseur le plus ancien,
Signé
G. Descombes
La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026