lundi 19 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2306208 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BERTHET-LE FLOCH |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 17 novembre 2023 et 25 et 30 janvier 2024, sous le n° 2306208, M. C B, représenté par Me Berthet-Le Floch, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 15 novembre 2023 du préfet d'Ille-et-Vilaine portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois et fixation du pays de destination ;
3°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2023 par lequel le préfet d'Ille et Vilaine l'a assigné à résidence pour une durée de six mois ;
4°) d'enjoindre au préfet d'Ille et Vilaine de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer durant ce réexamen une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;
5°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision a été prise par une personne n'ayant pas compétence ;
- la décision souffre d'un défaut d'examen ;
- elle méconnait l'autorité de la chose jugée ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'absence de départ volontaire :
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'existence d'un trouble à l'ordre public réel, actuel et suffisamment grave.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
- elle est disproportionnée dans son principe et sa durée.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- au regard des risques encourus par le requérant en cas de retour en Afghanistan, l'arrêté attaqué est entaché d'une méconnaissance des dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
- le préfet n'a pas suffisamment examiné sa situation avant d'édicter les modalités de l'astreinte ;
- ces modalités sont disproportionnées.
Par deux mémoires, enregistrés les 18 janvier et 1er février 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2024, sous le n° 2400273, M. C B, représenté par Me Berthet-Le Floch, demande au tribunal :
1°) l'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine modificatif portant assignation à résidence du 15 janvier 2024 ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Ille et Vilaine de procéder à un nouvel examen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été prise par une personne n'ayant pas compétence ;
- le préfet a commis une erreur de droit dès lors que le préfet s'est fondé sur le 7° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'il n'a pas fait l'objet d'une interdiction judiciaire du territoire français ;
- la décision souffre d'un défaut d'examen ;
- le préfet a commis un erreur manifeste d'appréciation en lui imposant de se présenter tous les jours à 16 heures devant les services de la direction zonale de la police aux frontières à Saint-Jacques-de-la-Lande et de demeurer à domicile entre 18 heures et 21 heures ;
- ces sujétions sont disproportionnées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Etienvre,
- les observations de Me Berthet-Le Floch, représentant M. B,
- les observations de M. F, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine,
- et les explications de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est un ressortissant afghan né en 1996. Entré en France, selon ses déclarations, le 3 juillet 2016, il a sollicité l'asile le 19 septembre 2016. Sa demande ainsi que ses différentes demandes de réexamen ont été rejetées. Le 14 avril 2022, suite à son interpellation pour des faits d'apologie directe et publique d'un acte de terrorisme et de violence commises en réunion sans incapacité, M. B a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et ordonnant son placement en rétention administrative, pris par le préfet de police de Paris. Par un arrêté du même jour, une interdiction de retour a été prise à son égard. Ces décisions ont été annulées par le tribunal administratif de Paris le 25 avril 2022. Le 15 novembre 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine a de nouveau pris un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois et fixation du pays de destination. Le même jour, le même préfet a placé l'intéressé sous le régime de l'assignation à résidence pour une durée de 6 mois. Enfin, par un nouvel arrêté du 15 janvier 2024, le préfet a modifié certaines des sujétions imposées à M. B. Celui-ci demande l'annulation de ces trois arrêtés.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. B n'a pas été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par décision du 21 décembre 2023. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, Mme D A, directrice des étrangers en France, bénéficiait d'une délégation de signature de la part du préfet par un arrêté du 9 octobre 2023 régulièrement publié.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces des dossiers que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que pour décider d'obliger M. B à quitter le territoire français, le préfet d'Ille-et-Vilaine s'est fondé sur ce qu'eu égard à la nature et au caractère répété des infractions commises par l'intéressé, le comportement de celui-ci constituait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour l'ordre public.
7. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que, par jugement du tribunal correctionnel de Valence du 5 février 2019, M. B a été déclaré coupable de faits d'agression sexuelle le 3 janvier 2017 sur une mineure et condamné pour ces faits à un emprisonnement de quinze mois. Au regard de ces seuls faits, qui sont graves et récents, le préfet a pu légalement estimer que le comportement de M. B constituait une menace pour l'ordre public et considérer en conséquence qu'il pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En quatrième lieu, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant l'arrêté attaqué, le préfet d'Ille-et-Vilaine a méconnu l'autorité de la chose jugée par le tribunal administratif de Paris le 25 avril 2022 lequel a annulé un arrêté du préfet de Police en date du 14 avril 2022 portant obligation de quitter le territoire français au motif que ce préfet avait commis, en prenant sa décision, une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle de M. B.
9. En cinquième et dernier lieu, M. B se prévaut de sa présence, en France, depuis 2016, et d'une vie commune depuis juillet 2021 avec une ressortissante française, Mme G H, avec laquelle il s'est pacsé le 18 juillet 2022, de son intégration sociale et personnelle, de ce qu'il est francophone, a de nombreux amis, de son activité comme bénévole au sein d'une association et fait valoir qu'il remplit ses obligations fiscales.
10. Toutefois, les différents documents produits ne permettent pas d'établir que M. B vivait, à la date de l'arrêté attaqué, avec Mme H depuis juillet 2021 comme il le soutient. Il ne conteste d'ailleurs pas avoir déclaré aux services de la caisse d'allocations familiales vivre en concubinage avec cette dernière que depuis le 18 août 2022. Il est en outre sans enfants et a une épouse en Afghanistan. Si M. B prétend que ce mariage a été dissous, il n'en apporte pas la preuve. Dans ces conditions, et compte-tenu des conditions dans lesquelles il a séjourné en France depuis son entrée, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale. Le préfet n'a pas davantage commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision contestée sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'absence de délai de départ volontaire :
11. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () ".
12. Comme indiqué au point 5, le préfet a pu légalement estimer que le comportement de M. B constituait une menace pour l'ordre public et décider, en conséquence, de ne pas lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
14. Au regard de l'ensemble des éléments précédemment évoqués, concernant en particulier, la réalisation de sa vie commune avec Mme H et de la menace pour l'ordre public que le comportement de M. B constitue, le préfet d'Ille-et-Vilaine a pu légalement assortir l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour d'une durée de trois années laquelle n'apparait pas disproportionnée et ne méconnait pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
15. M. B dont les demandes d'asile et de réexamen ont été rejetées, ne produit aucun élément permettant d'établir qu'il serait exposé personnellement à des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Afghanistan en raison de son histoire personnelle ou de son mode de vie occidentalisé.
En ce qui concerne l'assignation à résidence du 15 novembre 2023 :
16. Compte-tenu de l'obligation qui lui était faite de se présenter tous les jours de la semaine, à 17 heures, devant les services de la direction zonale de la police aux frontières de Saint-Jacques-de-la-Lande, et du temps de transport pour effectuer ce trajet, M. B est fondé à soutenir que le préfet ne pouvait lui imposer de demeurer à son domicile, 196 avenue du Général Patton à Rennes, entre 18 heures et 21 heures. L'arrêté attaqué doit être dès lors annulé dans cette seule mesure.
En ce qui concerne l'arrêté d'assignation à résidence du 15 janvier 2024 :
17. En premier lieu, par un arrêté du 11 décembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture d'Ille-et-Vilaine du même jour, le préfet d'Ille-et-Vilaine a donné délégation à Mme I E, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière et signataire de l'arrêté attaqué, pour signer notamment les décisions d'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
18. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire () n'a pas été accordé () / 7° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une peine d'interdiction judiciaire du territoire prononcée en application du deuxième alinéa de l'article 131-30 du code pénal () ".
19. Il est constant que M. B ne devait pas être éloigné en exécution d'une peine d'interdiction judiciaire du territoire prononcée en application du deuxième alinéa de l'article 131-30 du code pénal. Le préfet ne pouvait donc pas se fonder sur les dispositions du 7° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer, à la demande de l'administration, ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. En l'espèce, le préfet pouvait se fonder sur les dispositions du 1° du même article dès lors qu'aucun départ volontaire n'a été accordé à M. B. Il y a par suite lieu, comme le demande le préfet, de substituer aux dispositions du 7° celles du 1° de l'article L. 731-3.
20. En troisième lieu, les pièces du dossier révèlent que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé.
21. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en imposant à M. B de se présenter tous les jours à 16 heures devant les services de la direction zonale de la police aux frontières à Saint-Jacques-de-la-Lande alors qu'il l'a également astreint à demeurer à son domicile 163 avenue du Général Patton à Rennes entre 18 heures et 21 heures dès lors que M. B dispose d'un temps suffisant pour se rendre, avec le réseau de transports publics, de Saint-Jacques-de-la-Lande à son domicile.
22. En cinquième et dernier lieu, ces sujétions ne revêtent pas un caractère disproportionné au regard des objectifs poursuivis par la mesure d'assignation à résidence.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
23. Dans la mesure où l'arrêté d'assignation à résidence du 15 novembre 2023, seule décision annulée par le présent jugement dans l'instance n° 2306208, a été ultérieurement modifié pour laisser à l'intéressé le temps de rejoindre son domicile après s'être présenté aux services de la direction zonale de la police aux frontières, le présent jugement n'implique à ce jour aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction de M. B ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
24. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme au titre des dispositions précitées.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B relatives à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'article 4 de l'arrêté du 15 novembre 2023 assignant M. B à résidence est annulé.
Article 3 : Le surplus des conclusions de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Berthet-Le Floch et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 5 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Descombes, président,
M. Terras, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
F. Etienvre
L'assesseur le plus ancien,
Signé
G. Descombes
La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2306208, 2400273
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026