LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2307017

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2307017

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2307017
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantLE BIHAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2023, M. H B, représenté par Me Katell Le Bihan, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2023 par lequel le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer un certificat de résidence pour ressortissant algérien, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé ;

2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence de dix ans dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé de demande de délivrance de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à tout le moins, d'enjoindre au préfet du Morbihan, de lui délivrer un certificat de résidence d'un an et lui délivrer dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir un récépissé de demande de délivrance de titre de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) d'enjoindre au préfet du Morbihan, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer un récépissé de demande de délivrance de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement ;

4°) de solliciter auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) l'entier dossier du rapport médical au vu duquel le collège de médecins de l'OFII s'est prononcé dans le cadre de sa demande d'admission au séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros à verser à son conseil,

Me Le Bihan, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'administration ne justifie pas de la compétence du signataire de l'acte attaqué ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé notamment au regard de l'absence de la date de l'accord franco-algérien dans les visas ;

- il est entaché d'un défaut d'examen suffisamment sérieux de sa situation ;

- la décision litigieuse est entachée d'un vice de procédure en l'absence de preuve du respect par le collège des médecins de l'OFII de la procédure prévue aux articles R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la délibération du collège des médecins conformément à l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit au motif que le préfet du Morbihan a statué sur la demande du requérant sans se fonder sur les dispositions de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- la décision de refus de délivrance de titre de séjour méconnaît l'alinéa 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 en ce que M. B ne pourra pas bénéficier d'un traitement approprié en Algérie ;

- la décision de refus de délivrance de titre de séjour méconnaît le h de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- la décision portant obligation à quitter le territoire français méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur d'appréciation quant aux conséquences de cette mesure d'éloignement sur sa vie personnelle.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 janvier et 1er février 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées de ce que les stipulations du paragraphe 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 étaient susceptibles d'être substituées à celles de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'agissant de la demande de renouvellement de certificat de résidence de M. B.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du

28 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Grenier,

- et les observations de Me Le Bihan, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. H B, ressortissant algérien né le 3 avril 1987 à Khenchela (Algérie), est entré régulièrement en France le 26 avril 2017 avec un visa de court séjour Schengen. Il a obtenu un certificat de résidence en raison de son état de santé du 5 juin 2018 jusqu'au

1er février 2023. Le 21 décembre 2022, M. B a sollicité le renouvellement de son certificat de résidence. Par un arrêté du 22 mai 2023, le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer un certificat de résidence pour raison de santé et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de départ de trente jours.

Sur les moyens communs aux décisions portant refus de certificat de résidence et obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, par un arrêté du 29 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Morbihan, Mme F E, cheffe du bureau des étrangers et de la nationalité de la préfecture du Morbihan, a reçu délégation pour signer notamment les refus de titre de séjour et les arrêtés d'éloignement. Par ailleurs, l'arrêté du

29 août 2022 précise qu'en cas d'absence ou d'empêchement de M. G, directeur de la citoyenneté et de la légalité et de Mme E, la délégation de signature qui leur est accordée est notamment exercée par Mme A D, signataire de l'arrêté attaqué. Il n'est ni soutenu, ni même allégué que M. G et Mme E n'auraient pas été absents ou empêchés à la date de signature de l'arrêté attaqué. En conséquence, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte ne peut qu'être écarté.

3. En deuxième lieu, d'une part, une omission ou une erreur dans les visas d'un acte administratif n'est pas de nature à en affecter la légalité. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de l'arrêté attaqué en raison de l'absence de visa de la date de l'accord franco-algérien du

27 décembre 1968 doit être écarté.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ". Aux termes du 3° de l'article

L. 611-1 du même code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents. ". Lorsqu'un refus de titre de séjour est assorti d'une obligation de quitter le territoire français, la motivation de cette dernière se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus est lui-même motivé, de motivation spécifique.

5. Il ressort de l'arrêté contesté que le préfet du Morbihan rappelle que l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'il existe un traitement approprié dans son pays d'origine et que l'état de santé de l'intéressé peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. Le préfet du Morbihan mentionne également la situation privée et familiale du requérant. La décision portant refus de renouvellement du certificat de résidence attaquée rappelle ainsi les éléments de fait et de droit relatifs à la situation de M. B. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte. Dans ces circonstances, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

6. En dernier lieu, pour les motifs exposés au point précédent, le moyen tiré du défaut d'examen suffisamment approfondi de la situation de M. B ne peut qu'être écarté.

Sur les moyens propres au refus de renouvellement du certificat de résidence de

M. B :

7. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (). Il transmet son rapport médical au collège de médecins. ". L'article R. 425-13 du même code énonce que : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. Lorsque le demandeur n'a pas présenté au médecin de l'office ou au collège les documents justifiant son identité, n'a pas produit les examens complémentaires qui lui ont été demandés ou n'a pas répondu à la convocation du médecin de l'office ou du collège qui lui a été adressée, l'avis le constate. / L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office. ". L'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précise que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".

8. Il résulte de ces dispositions que le préfet statue sur la demande de titre de séjour présentée par l'étranger malade au vu de l'avis rendu par trois médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), qui se prononcent en répondant par l'affirmative ou par la négative aux questions figurant à l'article 6 précité de l'arrêté du

27 décembre 2016, au vu d'un rapport médical relatif à l'état de santé du demandeur établi par un autre médecin de l'Office, lequel peut le convoquer pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Cet avis commun, rendu par trois médecins au vu du rapport établi par un quatrième médecin, le cas échéant après examen du demandeur, constitue une garantie pour

celui-ci. Les médecins signataires de l'avis ne sont pas tenus, pour répondre aux questions posées, de procéder à des échanges entre eux, l'avis résultant de la réponse apportée par chacun à des questions auxquelles la réponse ne peut être qu'affirmative ou négative. Par suite, la circonstance que, dans certains cas, ces réponses n'aient pas fait l'objet de tels échanges, oraux ou écrits, est sans incidence sur la légalité de la décision prise par le préfet au vu de cet avis.

9. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le médecin ayant établi le rapport du 8 mars 2023 n'a pas siégé au sein du collège des médecins de l'OFII qui a examiné la situation de M. B. De plus, l'avis du collège des médecins de l'OFII du 29 mars 2023 indique les noms des trois médecins ayant délibéré, ce qui permet sans aucune difficulté leur identification. En tout état de cause, aucun élément du dossier ne permet de douter du fait que les signataires, dont l'identité est précisée, ont siégé au sein du collège de médecins de l'OFII et ont délibéré régulièrement sur la situation de M. B.

10. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le rapport médical a été établi le

8 mars 2023 et transmis au collège des médecins de l'OFII le 14 mars 2023. L'avis de ce dernier a été émis le même mois que celui de la réception du rapport médical. Alors même que cet avis n'aurait pas été rendu dans un délai de trois mois à compter de la transmission à l'OFII du certificat médical confidentiel de M. B, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué, dès lors qu'il est constant que ce dernier a été édicté au vu d'un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, lequel constitue une garantie pour les demandeurs d'un titre de séjour pour motif de santé.

11. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure devant l'OFII doit être écarté.

12. En deuxième lieu, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.

13. Il ressort des pièces du dossier qu'alors même qu'il vise l'accord franco-algérien, le préfet du Morbihan s'est expressément fondé, pour statuer sur la demande de renouvellement du certificat de résidence de M. B, sur l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui n'est pas applicable aux ressortissants algériens.

14. Aux termes du paragraphe 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du

27 décembre 1968, le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit " au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. ".

15. Il ressort de l'avis du collège des médecins de l'OFII du 29 mars 2023 que l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut est susceptible d'entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Cependant, ce même avis précise qu'il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire. En outre, le certificat médical du 25 juillet 2023 produit par le requérant, s'il confirme la gravité de la pathologie dont M. B est atteint et précise le traitement dont il bénéficie, indique ne pas connaître " précisément la prise en charge et le développement de la greffe rénale en Algérie " et qu'il est " probable " que le suivi est meilleur en France qu'en Algérie. Ce certificat n'est ainsi pas de nature à remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'OFII selon lequel M. B pourra effectivement bénéficier d'un traitement adapté à sa pathologie en Algérie. En outre, les pièces produites en défense par le préfet du Morbihan et notamment un courriel du médecin inspecteur de la direction générale des étrangers en France, lequel est suffisamment probant pour être pris en compte, et la liste des médicaments disponibles en Algérie confirment que l'insuffisance rénale est prise en charge partout en Algérie.

16. Par suite, il résulte de ce qui précède que le préfet du Morbihan aurait pris la même décision de refus de renouvellement du certificat de résidence de M. B s'il s'était fondé sur le paragraphe 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien et non sur l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette substitution de base légale n'a pour effet de priver M. B d'aucune garantie. Par suite, sans qu'il soit besoin de demander la communication de l'entier dossier médical de M. B à l'OFII, les moyens d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation en application du paragraphe 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ne peuvent qu'être écartés.

17. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années. / Il est statué sur leur demande en tenant compte des moyens d'existence dont ils peuvent faire état, parmi lesquels les conditions de leur activité professionnelle et, le cas échéant, des justifications qu'ils peuvent invoquer à l'appui de leur demande (). / Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) (). / h) Au ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une validité d'un an portant la mention " vie privée et familiale ", lorsqu'il remplit les conditions prévues aux alinéas précédents ou, à défaut, lorsqu'il justifie de cinq années de résidence régulière ininterrompue en France. ".

18. Il résulte des stipulations de l'accord franco-algérien citées au point précédent que le certificat de résidence de dix ans n'est pas délivré de plein-droit, à l'exception des catégories de personnes visées au a), au b), au c) et au g) de l'article 7 bis de cet accord, au nombre desquelles ne figure pas la situation de M. B. Le préfet n'était ainsi pas tenu d'examiner d'office si M. B pouvait prétendre à la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans. La délivrance, initiale, de la carte de résident est soumise, en ce qui concerne la situation de M. B, à une demande de l'intéressé. Or, il ne résulte ni des termes de l'arrêté préfectoral en litige, ni d'aucune autre pièce du dossier, que M. B aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour valable dix ans. Par suite, M. B ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces stipulations.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

19. En premier lieu, aux termes du 9° de l'article L. 611-3, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors en vigueur : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ". Pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 15, le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

20. En deuxième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). ". Il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire, sans enfant à charge, et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de trente ans. Par ailleurs, M. B ne démontre pas qu'il aurait noué des relations anciennes, intenses et stables sur le territoire français. Il ne fait état d'aucune insertion privée ou familiale en France. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne porte pas au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B, garanti par les stipulations précitées, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

21. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 15 et 20, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.

22. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 mai 2023 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

23. Le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de M. B à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

24. Les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H B et au préfet du Morbihan.

Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Grenier, présidente,

Mme Pellerin, première conseillère,

M. C, magistrat honoraire.

Rendu public par mise à disposition du greffe, le 14 mars 2024.

La présidente rapporteure,

signé

C. GrenierL'assesseure la plus ancienne

dans le grade,

signé

C. Pellerin

La greffière,

signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions