mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2400157 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL VALADOU - JOSSELIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 janvier 2024, M. B A, représenté par la Selarl Valadou-Josselin et Associés, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 28 novembre 2023 par lequel le préfet du Finistère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a contraint à se présenter une fois par semaine aux services de la police nationale ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler ce même arrêté, en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'astreint à se présenter une fois par semaine aux services de la police nationale ;
3°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ou, à défaut, d'enjoindre au préfet du Finistère de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai identique, et de lui remettre dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement un récépissé de dépôt de demande de titre de séjour ;
4°) d'assortir l'injonction prononcée d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
6°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de la décision lui refusant un titre de séjour n'est pas établie ;
- l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) est irrégulier en tant que son caractère collégial, sa signature par les trois médecins le composant, et l'identité du médecin rapporteur ne sont pas établis et qu'il est entaché d'un défaut de motivation ;
- la décision lui refusant un titre de séjour n'est pas suffisamment motivée ;
- cette décision méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne peut pas bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ;
- cette décision méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour entraîne l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire qui a été prise sur son fondement ; cette dernière décision doit être annulée, par voie de conséquence, de l'annulation de la décision lui refusant un titre de séjour ;
- la décision l'obligeant à se présenter une fois par semaine aux services de la police nationale devra être annulée du fait de son inutilité et de son caractère disproportionné en l'absence de risque de fuite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mars 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), a produit des pièces, enregistrées le 5 mars 2024.
L'OFII a présenté des observations enregistrées le 13 mars 2024.
Vu la décision du 22 février 2024 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle a accordé à M. A l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Albouy,
- et les observations de Me Clairay, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant camerounais né en 1989, est entré irrégulièrement en France en septembre 2021. Le 13 juin 2023, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour auprès des services de la préfecture du Finistère en invoquant son état de santé. Par l'arrêté attaqué du 28 novembre 2023, le préfet du Finistère a refusé de faire droit à cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision refusant à M. A un titre de séjour :
2. En premier lieu, par un arrêté du 30 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet du Finistère a donné délégation à M. François Drapé, secrétaire général de la préfecture et signataire de la décision attaquée, à l'effet de signer, en toutes matières, tous les actes relevant des attributions du préfet, à l'exclusion de la réquisition du comptable public. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision refusant à M. A un titre de séjour ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ".
4. Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ". Aux termes de l'article R. 425-12 de ce même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. / () / Le demandeur dispose d'un délai d'un mois à compter de l'enregistrement de sa demande en préfecture pour transmettre à l'office et de l'intégration le certificat médical mentionné au premier alinéa. " Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. () ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
5. L'avis rendu, le 10 octobre 2023, par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), comporte l'identité et la signature des trois médecins ayant composé ce collège et précise l'identité du quatrième médecin qui a rempli la fonction de médecin rapporteur. Il est ainsi établi que ce dernier n'a pas siégé dans la formation ayant rendu l'avis relatif à l'état de santé de M. A. Les médecins signataires de l'avis ne sont pas tenus, pour répondre aux questions figurant à l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, de procéder à des échanges entre eux. L'avis résultant de la réponse apportée par chacun à des questions auxquelles la réponse ne peut être qu'affirmative ou négative. Ainsi, la circonstance, au demeurant non établie, que l'avis n'aurait pas été rendu au terme d'une délibération collégiale ne peut qu'être sans incidence sur la légalité de la décision prise par le préfet au vu de celui-ci. Par ailleurs, cet avis a été rendu conformément au modèle figurant à l'annexe C de l'arrêté du 27 décembre 2016, visé ci-dessus, et comporte des réponses à l'ensemble des questions auquel le collège de médecins de l'OFII, saisi par l'autorité administrative instruisant une demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit répondre, tout en respectant le secret médical. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de l'avis du 10 octobre 2023 doit être écarté. Ainsi, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant un titre de séjour serait viciée en raison des modalités de consultation du collège de médecins de l'OFII.
6. En troisième lieu, l'arrêté attaqué mentionne les motifs de droit et de fait au regard desquels le préfet du Finistère a refusé de délivrer à M. A un titre de séjour. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
7. En quatrième lieu, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, ainsi que l'effectivité de l'accès à ce traitement. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège de médecins de l'OFII, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
8. Il ressort des pièces du dossier que, pour rejeter la demande de titre de séjour de M. A, le préfet du Finistère a estimé que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais que, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, il pouvait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Le préfet se prévaut de l'avis du collège de médecins de l'OFII rendu le 10 octobre 2023 comportant la même appréciation de la situation médicale du requérant.
9. M. A soutient qu'il ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé au Cameroun. Il fait valoir qu'il a souffert en 2021 d'hallucinations qui ont rendu nécessaire son hospitalisation pour une durée de trois mois au cours de laquelle a été diagnostiqué un trouble schizophréniforme. Il souligne qu'il bénéficie depuis d'un suivi spécialisé médico-infirmier et, depuis le mois de mai 2022, d'un traitement médicamenteux au long cours constitué d'une injection trimestrielle de Trévicta, dont l'arrêt induirait des risques certains pour son intégrité physique et qui n'est pas disponible au Cameroun. Il démontre suivre ce traitement ainsi que l'indisponibilité du Trévicta au Cameroun par la production de certificats médicaux, d'une ordonnance et d'un courriel émanant du laboratoire commercialisant cette spécialité pharmaceutique. Toutefois, il ressort des observations et documents produits par l'OFII que le principe actif du Trévicta, à savoir la palipéridone, peut être remplacé par une autre molécule, la rispéridone, qui a une activité pharmacologique similaire, la rispéridone étant métabolisée par l'organisme en palipéridone, et qui, selon deux fiches récentes (2023) de la base de données MedCOI, est disponible au Cameroun. Il ressort par ailleurs de ces deux mêmes fiches qu'il est possible de bénéficier d'un suivi psychiatrique, au sein de structure hospitalière, dans les villes de Yaoundé et de Douala. Les pièces produites par M. A n'établissent pas qu'un changement de traitement consistant à substituer la rispéridone au Trévicta aurait des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé. Par suite, M. A ne combat pas valablement l'appréciation portée par le préfet du Finistère et n'est dès lors pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. En cinquième lieu, la décision refusant à M. A un titre de séjour n'ayant pas pour objet ou pour effet de l'éloigner à destination d'un pays déterminé, le moyen tiré de ce qu'elle l'exposerait à retourner dans un pays dans lequel il ne pourrait pas bénéficier d'une prise en charge médicale adaptée à son état de santé et où il subirait ainsi un traitement inhumain et dégradant en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, est inopérant. Au surplus, pour les motifs énoncés au point précédent, le risque invoqué par le requérant n'est pas établi.
11. En sixième lieu, M. A, qui est célibataire et n'a pas d'enfant à charge, n'est présent en France que depuis moins de trois ans. S'il fait valoir qu'il a un frère qui résiderait à Concarneau avec son épouse et leurs quatre enfants, il ressort des pièces du dossier que les parents du requérant, ainsi que sa sœur et l'un de ses frères vivent au Cameroun, où lui-même a vécu jusqu'à l'âge de trente-deux ans. Par ailleurs, il ne fait état d'aucune intégration particulière en France. Par suite, il ne peut valablement soutenir qu'en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour le préfet du Finistère aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
12. Il résulte des points 2 à 11 que M. A n'établit pas l'illégalité de la décision par laquelle le préfet du Finistère a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par suite, les conclusions de sa requête tendant à l'annulation de cette décision ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. Il résulte du point 12 qu'aussi bien le moyen tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence que le moyen par lequel M. A invoque, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, doivent être écartés.
En ce qui concerne la légalité de la décision astreignant M. A à se présenter une fois par semaine aux services de la police nationale :
14. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ". Aux termes de l'article R. 721-6 du même code : " Pour l'application de l'article L. 721-7, l'autorité administrative désigne le service auprès duquel l'étranger effectue les présentations prescrites et fixe leur fréquence qui ne peut excéder trois présentations par semaine. ".
15. L'obligation de présentation prévue par les dispositions précitées de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'ayant pas pour objet de prévenir un risque de fuite, le moyen tiré de ce qu'en l'astreignant à se présenter une fois par semaine aux services de la police nationale de Quimper, rue Théodore Le Hars, le préfet du Finistère aurait pris une mesure inutile et disproportionnée, en raison de l'absence de risque de fuite, ne peut qu'être écarté, le requérant ne faisant état, par ailleurs d'aucune circonstance qui constituerait un obstacle à ce qu'il puisse respecter cette obligation.
Sur les conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte :
16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de M. A présentées aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
17. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante. Par suite, la demande présentées par M. A sur le fondement de ces dispositions, doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Finistère.
Délibéré après l'audience du 3 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
E. AlbouyLe président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026