mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2400592 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MARAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 février 2024, Mme A D, représentée par Me Maral, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 décembre 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, dans l'attente d'un réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Maral d'une somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la compétence de la signataire de la décision lui refusant un titre de séjour n'est pas établie ;
- cette décision n'est pas suffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen complet de sa situation ;
- il n'est pas établi que le médecin ayant rédigé le rapport n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ayant rendu l'avis au vu duquel le préfet a pris sa décision relative au séjour ;
- la décision lui refusant un titre de séjour méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; une absence de prise en charge médicale entraînerait nécessairement des conséquences d'une exceptionnelle gravité et elle n'est pas en mesure de bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ; son traitement comprend du bisoprolol qui n'est pas disponible en Géorgie ; elle serait isolée en Géorgie et ne disposerait pas des ressources suffisantes pour financer l'ensemble de son traitement ; son isolement et son extrême précarité compromettraient nécessairement son état de santé ;
- la compétence de la signataire de la décision l'obligeant à quitter le territoire français n'est pas établie ;
- cette décision n'est pas suffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen complet de sa situation ;
- cette décision méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'obligation de quitter le territoire méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde de droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, son fils réside en France ;
- la décision fixant le pays de renvoi doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme D n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Albouy a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante géorgienne née en 1971, est entrée en France le 27 octobre 2022. Elle a sollicité l'asile le 6 décembre 2022, mais cette demande a été définitivement rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 20 septembre 2023. Elle avait toutefois déposé, dès le 25 mai 2023, une demande de titre de séjour en invoquant son état de santé. Par l'arrêté attaqué du 19 décembre 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de faire droit à cette demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé la Géorgie comme pays de destination.
2. Mme D justifiant du dépôt d'une demande auprès du bureau d'aide juridictionnelle, qui est en cours d'instruction, il y a lieu, en raison de l'urgence, de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision relative au séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire :
3. En premier lieu, par un arrêté du 11 décembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet d'Ille-et-Vilaine a donné délégation à Mme C B, directrice des étrangers en France et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour assorties d'une mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision refusant de délivrer à Mme D un titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'ensemble des motifs de fait et de droit au regard desquels le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de refuser à la requérante un titre de séjour. Le préfet d'Ille-et-Vilaine ne pouvait, en tout état de cause, exposer dans l'arrêté attaqué les pathologies et traitements que la requérante a porté à la connaissance du collège de médecins de l'OFII, dès lors qu'il est constant qu'elle n'avait pas levé le secret médical à son égard et qu'ainsi il n'en avait pas connaissance. Par ailleurs, le préfet n'était pas davantage tenu de motiver la décision portant obligation de quitter le territoire par une appréciation des risques que courrait la requérante en cas de retour en Géorgie, ces risques ne devant être pris en compte que lors de la détermination du pays de renvoi.
En ce qui concerne les moyens relatifs uniquement à la légalité de la décision refusant un titre de séjour :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ".
6. Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ". Aux termes de l'article R. 425-12 de ce même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. / () / Le demandeur dispose d'un délai d'un mois à compter de l'enregistrement de sa demande en préfecture pour transmettre à l'office et de l'intégration le certificat médical mentionné au premier alinéa. " Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. () ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
7. L'avis rendu, le 19 septembre 2023, par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), comporte l'identité et la signature des trois médecins ayant composé ce collège et précise l'identité du quatrième médecin qui a rempli la fonction de médecin rapporteur. Il est ainsi établi que ce dernier n'a pas siégé dans la formation ayant rendu l'avis relatif à l'état de santé de Mme D. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision lui refusant un titre de séjour serait viciée en raison des modalités de consultation du collège de médecins de l'OFII doit être écarté.
8. En deuxième lieu, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, ainsi que l'effectivité de l'accès à ce traitement. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège de médecins de l'OFII, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
9. Il ressort des pièces du dossier que, pour rejeter la demande de titre de séjour de Mme D, le préfet d'Ille-et-Vilaine a estimé que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il lui permettait de voyager à destination de la Géorgie. Le préfet se prévaut de l'avis du collège de médecins de l'OFII rendu le 19 septembre 2023 comportant la même appréciation de la situation médicale de la requérante.
10. Pour contester cette appréciation Mme D fait valoir qu'elle est suivie par le service d'oncologie du centre hospitalier de Fougères et qu'elle souffre également de douleurs diffuses à prédominance lombaire, de douleurs thoraciques qualifiées d'atypiques par le corps médical et d'hypothyroïdie. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la requérante fait l'objet d'un suivi, désormais annuel, par le service d'oncologie du centre hospitalier de Fougères en raison d'un cancer du sein droit diagnostiqué en mai 2015, traité et soigné en Géorgie, mais actuellement d'aucun traitement au titre de cette pathologie, son prochain rendez-vous dans ce service étant fixé au 23 janvier 2025. Par ailleurs, s'agissant des autres pathologies invoquées, aucune pièce du dossier ne remet en cause la pertinence de l'appréciation portée par le préfet et avant lui par le collège de médecins de l'OFII sur l'absence de gravité exceptionnelle des conséquences d'un défaut de prise en charge médicale. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour a été prise en méconnaissance de l'article L. 435-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier et de tout ce qui précède que la décision refusant à Mme D un titre de séjour a été précédée d'un examen complet de sa situation.
12. Il résulte des points 3 à 11 que les conclusions de la requête de Mme D tendant à l'annulation de la décision lui refusant un titre de séjour doivent être rejetées
En ce qui concerne les moyens relatifs uniquement à la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".
14. En premier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté pour les motifs exposés au point 10.
15. En deuxième lieu, il en est de même du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde de droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que Mme D n'établit pas qu'une absence de prise en charge médicale l'expose à un risque réel d'être exposée à un déclin grave, rapide et irréversible de son état de santé entraînant des souffrances intenses ou à une réduction significative de son espérance de vie et qu'elle ne pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé qu'en France.
16. En troisième lieu, Mme D fait valoir qu'elle a tissé des liens personnels en France, qu'elle suit quatre heures de cours de français par semaine, qu'elle est veuve et que son fils majeur, né en 1992 et qui serait son seul enfant, réside en France. Elle n'est toutefois présente sur le territoire français que depuis le mois d'octobre 2022, et n'établit pas être dépourvue de famille en Géorgie où elle a vécu jusqu'à l'âge de cinquante-et-un ans. Par suite, les circonstances ainsi invoquées ne démontrent pas qu'en décidant de l'obliger à quitter le territoire français le préfet d'Ille-et-Vilaine aurait porté une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale disproportionnée à l'objet de cette mesure. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
17. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier et de tout ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire a été précédée d'un examen complet de sa situation
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme D tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter doivent être rejetées.
En ce qui concerne le moyen relatif à la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :
19. Le présent jugement n'annulant pas la décision portant obligation de quitter le territoire, Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi par voie de conséquence de l'annulation de la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet.
Sur les conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte :
20. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de Mme D présentées aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
21. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante. Par suite, la demande présentée par Mme D sur le fondement de ces dispositions, doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : L'aide juridictionnelle est accordée, à titre provisoire, à Mme D.
Article 2 : La requête de Mme D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M A D et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 3 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
E. AlbouyLe président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026