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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2400777

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2400777

mardi 23 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2400777
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBERTHET-LE FLOCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 février 2024, Mme L I G, représentée par Me Berthet-Le Floch, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine en date du 19 octobre 2023 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et fixant le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne le refus de séjour :

- la compétence du signataire de la décision n'est pas établie ;

- l'avis émis par l'Office français de l'immigration et de l'intégration est irrégulier ;

- le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation et a méconnu les dispositions des articles L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et a été prise en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'Homme ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire.

Par un mémoire, enregistré le 18 mars 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Mme I G a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 décembre 2023.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Bozzi a été entendu au cours de l'audience publique :

Considérant ce qui suit :

1. Mme L I G, de nationalité congolaise, est entrée en France le 11 janvier 2022 sous couvert d'un visa de court séjour. Le 5 décembre 2022, elle a présenté auprès des services de la préfecture d'Ille-et-Vilaine une première demande de titre de séjour pour raison de santé, sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté en date du 19 octobre 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine a opposé un refus à la demande de titre de séjour de Mme I G, assorti d'une obligation de quitter le territoire français à destination de son pays d'origine. La requérante demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, par un arrêté du 9 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture d'Ille-et-Vilaine du même jour, le préfet de ce département a donné délégation à Mme F B, directrice des étrangers en France de la préfecture et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer notamment les décisions relatives aux titres de séjour, aux obligations de quitter le territoire français avec ou sans délai de départ volontaire ainsi qu'aux décisions fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précise que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".

4. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que la régularité de la procédure implique, pour respecter les prescriptions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment que, préalablement à l'avis rendu par le collège de médecins, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'étranger malade et établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), lui soit remis et que le médecin ayant établi ce rapport médical ne siège pas au sein du collège de médecins qui rend l'avis transmis au préfet.

5. Le préfet d'Ille-et-Vilaine a produit, dans le cadre de la présente instance, l'avis émis le 20 février 2023 par le collège des médecins de l'OFII concernant l'état de santé de Mme I G, dont il ressort qu'il est intervenu au vu du rapport médical établi par un médecin qui n'a pas siégé au sein du collège. Le collège des médecins s'est, par ailleurs, prononcé sur l'état de santé de la requérante au regard de l'ensemble des critères, pertinents le concernant, prévus par l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016. Par suite, Mme I G n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse serait intervenue au terme d'une procédure irrégulière.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. () ". Aux termes de l'article L. 611-3 de ce code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".

7. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus de titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en donnant toute mesure d'instruction utile.

8. Enfin, pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié au sens des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile il convient de s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès, et non de rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France ou en Europe.

9. En l'espèce, aux termes de son avis émis le 20 février 2023, le collège médical de l'OFII a estimé que l'état de santé de Mme I G nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais que l'offre de soins et les caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine lui permettent de bénéficier d'un traitement approprié et enfin que, au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, l'état de santé de l'intéressé lui permettait de voyager sans risque vers son pays d'origine.

10. Il est en l'espèce constant que Mme I G souffre d'une incontinence urinaire par urgentrie ainsi que d'une hypertension artérielle, de diabète et a été victime de deux accidents vasculaires cérébraux.

11. Son précédent traitement contre l'incontinence dont elle se plaint traitement comprenant plusieurs médicaments dont l'efficacité n'a pas été concluante.

12. Or, la lettre en date du 17 novembre 2023, comme la précédente du 8 novembre 2022 du docteur D, urologue, et dont l'intéressée se prévaut, indique que la requérante dit souffrir depuis plusieurs années d'une incontinence urinaire mais que celle-ci n'est pas cliniquement constatée lors des efforts physiques et que cette incontinence est probablement en lien avec une neuropathie, le praticien n'ayant pas relevé de rétention chronique d'urine. Un traitement est prescrit par Botox 100 UI tous les 9 mois en moyenne.

13. Mme I G n'apporte aucun élément probant de nature à établir que ce traitement serait indisponible et non accessible en République démocratique du Congo.

14. Par ailleurs, le certificat du 20 janvier 2024 du docteur C, médecin généraliste, par ses termes généraux et peu circonstanciés se limite à indiquer que l'aide de la fille aînée de l'intéressée est nécessaire, pour " certaines cures " ce qui n'est donc pas de nature à justifier que sa fille devrait assurer une assistance quotidienne et permanente auprès de Mme I G.

15. Il n'est ainsi pas avéré que Mme K I G soit le soutien au quotidien de sa mère, en raison des problèmes médicaux de cette dernière et le certificat du docteur C n'apporte aucune justification quant aux difficultés, non détaillées au demeurant, que rencontrerait l'intéressée et à la nature de l'aide qui lui serait indispensable.

16. Dès lors, Mme I G n'apporte pas d'éléments suffisants pour infirmer les conclusions de l'avis du collège des médecins de l'OFII sur sa possibilité de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine et sur lequel s'est notamment fondé le préfet d'Ille-et-Vilaine pour prendre la décision attaquée.

17. Les conclusions de la requérante tendant à l'annulation de la décision lui refusant le séjour doivent ainsi être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision de refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la requérante ne saurait se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.".

20. Pour les mêmes motifs que ceux retenus aux points 9 à 15, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

21. En troisième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales stipule : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

22. Mme I G soutient qu'elle ne serait plus en mesure d'accomplir les actes de la vie courante et que le seul membre de sa famille avec lequel elle a conservé des contacts est sa fille ainée K, qui réside désormais sur le territoire français où elle s'est intégrée et a acquis la nationalité française.

23. Selon les déclarations, Mme I G est veuve et ses deux fils J et A H résideraient respectivement au Canada et aux États-Unis. Sa seconde fille E aurait obtenu le statut de réfugié en France le 14 mars 2018 mais elle ne fait valoir aucun lien avec cette dernière.

24. Par ailleurs, si la requérante déclare que sa fille aînée K Mbangayo Likwe Limoki, l'hébergerait, l'attestation succincte produite n'est pas susceptible de caractériser à elle seule les relations qu'entretiendraient la mère et la fille alors que rien ne s'oppose à ce qu'il soit rendu visite à Mme I G dans son pays d'origine où celle-ci ne démontre pas être dépourvue de toute attache familiale. En outre, la participation à des activités associatives, telle que la couture, n'est pas de nature à caractériser une insertion particulière au sein de la société française alors que la durée de la présence de Mme I G en France résulte essentiellement des délais d'examen de sa demande titre de séjour.

25. Enfin, la relation de dépendance dont Mme I G se prévaut n'étant pas établie ainsi qu'il a été dit, le préfet d'Ille-et-Vilaine ne peut donc être regardé comme ayant commis une erreur manifeste d'appréciation ou porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels la décision de refus de titre de séjour a été prise.

26. Les conclusions de la requérante tendant à l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire doivent ainsi être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination :

27. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire ne sont pas entachées d'illégalité. Par suite, le requérant ne saurait se prévaloir de l'illégalité par voie de conséquence de la décision fixant le pays de destination.

28. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que Mme I G n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 19 octobre 2023 du préfet d'Ille-et-Vilaine.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

29. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme I G n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressé doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

30. Les conclusions de Mme I G tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme I G est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme L I G et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Délibéré après l'audience du 5 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Radureau, président,

M. Bozzi, premier conseiller,

M. Grondin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 avril 2024.

Le rapporteur,

signé

F. Bozzi

Le président,

signé

C. Radureau

La greffière d'audience

signé

A. Bruézière

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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