mercredi 15 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2400831 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL VALADOU - JOSSELIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2024, et un mémoire enregistré le 11 avril 2024, M. B A, représenté par la Selarl Valadou-Josselin et Associés, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2024 par lequel le préfet du Finistère a refusé sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a astreint à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie de Pleyber-Christ et à remettre l'original de son passeport ;
3°) à titre subsidiaire, d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2024 du préfet du Finistère en tant seulement qu'il l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a astreint à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie de Pleyber-Christ et à remettre l'original de son passeport ;
4°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer un récépissé de dépôt de sa demande dans un délai de huit jours à compter de cette notification, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à la Selarl Valadou-Josselin et Associés d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
S'agissant de la décision lui refusant un titre de séjour :
- la compétence du signataire n'est pas établie ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les articles L. 422-1, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de l'obligation de se présenter aux services de gendarmerie :
- elle est disproportionnée en raison de la distance de la gendarmerie de Pleyber-Christ avec son domicile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 avril 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une intervention, enregistrée le 26 février 2024, le maire de la commune de Carantec demande que le tribunal fasse droit aux conclusions de la requête de M. A.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A sont fondés.
Un mémoire, enregistré le 16 avril 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, a été présenté par le préfet du Finistère.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ambert,
- les observations de Me Clairay, représentant M. A,
- les observations de M. C, représentant le préfet du Finistère,
- et les explications de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, né le 4 février 2003, est entré irrégulièrement en France fin août 2018. Par une décision du 26 septembre 2018, le conseil départemental du Morbihan a refusé sa prise en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance en raison de doutes sur son âge. Il a été pris en charge par une association et accueilli dans une famille à compter du 10 juillet 2019. Le 28 septembre 2023, M. A a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 422-1, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 11 janvier 2024, le préfet du Finistère a refusé sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a astreint à se présenter une fois par semaine à la gendarmerie de Pleyber-Christ et à remettre l'original de son passeport. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 28 mars 2024, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Rennes a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur sa demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur l'intervention du maire de la commune de Carantec :
3. Le maire de la commune de Carantec ne justifie pas d'un intérêt suffisant à intervenir eu égard à la nature et à l'objet du litige. Ainsi, son intervention à l'appui de la requête de M. A est irrecevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France en août 2018. Il a été pris en charge par une famille d'accueil à compter du 10 juillet 2019. M. A est, certes, célibataire et sans enfant à charge. Il indique cependant avoir une relation sentimentale avec une personne de nationalité française, ainsi qu'en font notamment état plusieurs témoignages joints au dossier. Il ressort également des pièces du dossier que M. A a été scolarisé en classe de troisième au collège des Monts d'Arrée à Plounéour-Ménez durant l'année scolaire 2019/2020 à l'issue de laquelle il a obtenu le diplôme national du brevet dans la série professionnelle. Il a ensuite été scolarisé au lycée professionnel Tristan Corbière de Morlaix de septembre 2020 à juin 2023 et a obtenu, le 20 octobre 2023, le diplôme du baccalauréat professionnel spécialité Microtechniques avec la mention bien. Les bulletins scolaires de l'intéressé joints au dossier font état d'une implication importante et du sérieux de M. A dans le cadre de son parcours scolaire. M. A a exercé en qualité d'employé familial chez des proches de sa famille d'accueil de juin 2022 à février 2023, ainsi que d'octobre 2023 à décembre 2023. Il joint au dossier une demande d'autorisation de travail du 20 septembre 2023 et une promesse d'embauche du 30 janvier 2024, postérieure à la date de la décision attaquée, dans le cadre de sa formation professionnelle en alternance avec la société ELV basée à Morlaix, ainsi qu'une promesse d'embauche en contrat d'apprentissage du 21 octobre 2022 de la société Enedis. Il joint également au dossier de très nombreux témoignages de soutien émanant tant de ses professeurs, amis, de l'entourage de sa famille d'accueil ainsi que de plusieurs maîtres de stage, qui témoignent de sa particulière intégration au sein de la société française. Compte tenu des circonstances particulières de l'espèce liées au parcours scolaire de l'intéressé, à l'ancienneté de sa présence en France et aux relations personnelles qu'il a nouées depuis son arrivée en France en août 2018, M. A est fondé à soutenir que le préfet du Finistère a méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en lui refusant un titre de séjour.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 11 janvier 2024 par lequel le préfet du Finistère a refusé le titre de séjour sollicité par M. A, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Finistère de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la Selarl Valadou-Josselin et Associés, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la Selarl Valadou-Josselin et Associés de la somme de 1 200 euros.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de M. A tendant à son admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'intervention du maire de la commune de Carantec n'est pas admise.
Article 3 : L'arrêté du 11 janvier 2024 par lequel le préfet du Finistère a refusé le titre de séjour de M. A, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination est annulé.
Article 4 : Il est enjoint au préfet du Finistère de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois.
Article 5 : L'Etat versera à la Selarl Valadou-Josselin et Associés une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que la Selarl Valadou-Josselin et Associés renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet du Finistère et à la Selarl Valadou-Josselin et Associés.
Copie en sera délivrée pour information au maire de la commune de Carantec.
Délibéré après l'audience du 17 avril 2024 à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2024.
Le rapporteur,
signé
A. AmbertLe président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026