mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2400856 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | COHADON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 février 2024, M. A C demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et a édicté à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assigné à résidence.
Il doit être regardé comme soutenant que ces deux arrêtés sont illégaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen d'illégalité ne peut prospérer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Descombes,
- les observations de Me Cohadon, représentant M. C, qui fait valoir qu'il ne conteste en définitive que la décision portant refus de délai de départ volontaire et se désiste du surplus de ses conclusions : il soutient que cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation du fait de son état de santé et méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il s'est simplement maintenu sur le territoire national au-delà du délai de départ volontaire dont a été assortie l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 13 février 2023 ;
- les explications de M. C, assisté d'une interprète,
- et les observations de M. B, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant géorgien né en août 1976, venant d'un pays d'origine sûr ainsi qu'il résulte de la décision du conseil d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides adoptée le 9 octobre 2015 dans les conditions prévues par l'article L. 531-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et dont la légalité a été validée par le Conseil d'État, est entré en France selon ses déclarations en octobre 2022. Il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile, et après l'échec d'une procédure Dublin prise à son encontre, sa demande a finalement été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 7 décembre 2023. Constatant que la demande d'asile de l'intéressé avait été ainsi rejetée par l'OFPRA et qu'il ne bénéficiait donc plus du droit de se maintenir sur le territoire français, n'étant pas titulaire d'un titre de séjour, le préfet d'Ille-et-Vilaine a pris par décision du 13 février 2023 sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours fixant le pays de destination de M. C. L'intéressé n'ayant pas déféré à cette obligation, le préfet d'Ille-et-Vilaine a pris le 15 février 2024, un nouvel arrêté portant obligation de quitter cette fois sans délai le territoire français et fixant le pays de destination, en l'assortissant d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. C demande l'annulation de cet arrêté du 15 février 2024, ainsi que de l'arrêté du même jour par lequel le préfet l'a assigné à résidence.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne seulement la décision de refus de délai de départ volontaire :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants:/ () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;() 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () ".
3. La décision attaquée retient que le requérant risque de se soustraire à l'exécution de la mesure d'éloignement et que ce risque était établi en application des 4°, 5° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il est constant que lors de son audition par les services de police le 15 février 2024, M. C a indiqué ne pas souhaiter retourner en Géorgie, qu'il a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français en date du 13 février 2023 qu'il n'a pas exécutée, et qu'il n'a pas de domicile fixe. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet d'Ille-et-Vilaine aurait méconnu les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
4. En second lieu, M. C fait valoir qu'il a été opéré de la jambe gauche, qu'il bénéficie d'un suivi médical et qu'il a un rendez-vous programmé le 21 mars 2024. Toutefois, en l'absence de tout document médical, il n'établit pas que son état de santé s'opposerait à un retour sans délai vers la Géorgie, ni qu'il ne pourrait bénéficier sur place d'un suivi adapté à son état de santé.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre la décision refusant d'accorder à M. C un délai de départ volontaire doivent être rejetées.
En ce qui concerne le surplus des conclusions de la requête :
6. M. C s'est désisté du surplus des conclusions de sa requête. Ce désistement partiel étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
DÉCIDE :
Article 1er : Les conclusions dirigées contre la décision refusant d'accorder à M. C un délai de départ volontaire sont rejetées.
Article 2 : Il est donné acte du désistement du surplus des conclusions de la requête.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
Le magistrat désigné,
signé
G. Descombes La greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026