jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2401670 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE BOURHIS |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête, enregistrée le 22 mars 2024 sous le n° 2401670, M. B J, représenté par Me Le Bourhis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 25 mai 2023 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant l'Albanie comme pays de renvoi ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un titre de séjour mention vie privée et familiale dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté préfectoral en date du 25 mai 2023 :
- est entaché d'incompétence ;
- est entaché d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen approfondi de sa situation ;
- est entaché d'un vice de procédure concernant la consultation de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
- méconnait l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnait l'article 3§1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. J ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 3 mai 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a produit des observations.
M. J a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 septembre 2023.
II - Par une requête, enregistrée le 22 mars 2024 sous le n° 2401671, Mme L A épouse J, représentée par Me Le Bourhis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 25 mai 2023 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant l'Albanie comme pays de renvoi ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un titre de séjour mention vie privée et familiale dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté préfectoral en date du 25 mai 2023 :
- est entaché d'incompétence ;
- est entaché d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen approfondi de sa situation ;
- est entaché d'un vice de procédure concernant la consultation de l'OFII ;
- méconnait les articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnait l'article 3§1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A épouse J ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 3 mai 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a produit des observations.
Mme A épouse J a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 septembre 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Descombes,
- et les observations de M. et Mme J.
Considérant ce qui suit :
1. M. J et Mme A épouse J ressortissants albanais, déclarent être entrés sur le territoire français le 4 août 2019. Ils ont sollicité leur admission au séjour au titre de l'asile, mais par deux décisions du 30 septembre 2019, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté leur demande d'asile. Le 6 janvier 2020, ils ont déposé un recours auprès de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) contre ces décisions et par deux ordonnances du 7 février 2020, notifiée le 14 février 2020, la CNDA a rejeté leur recours, comme étant irrecevable en l'absence d'éléments sérieux. Entre temps, le 19 décembre 2019, la préfète d'Ille-et-Vilaine a pris à l'encontre des époux K des arrêtés portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant l'Albanie comme pays de renvoi. Ils ont contesté ces arrêtés devant le tribunal de céans qui par jugement en date du 11 février 2020 a rejeté leur requête. Le 19 janvier 2022, ils ont déposé auprès des services de la direction des étrangers en France (DEF) de la préfecture d'Ille-et-Vilaine une demande de titre de séjour parent accompagnant un enfant malade, concernant leur fils mineur G J, ressortissant albanais né le 1er mars 2009 et alors âgé de douze ans. Le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rendu son avis le 18 mai 2022. Par les requêtes, enregistrées sous les nos 2401670 et 2401671, qu'il convient de joindre pour statuer par un seul jugement, les époux K demandent l'annulation des arrêtés du 25 mai 2024 par lesquels le préfet d'Ille-et-Vilaine leur refuse la délivrance d'un titre de séjour, les oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ".
3. Aux termes de l'article L 425-10 du même code : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ".
4. Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".
6. En premier lieu, le préfet d'Ille-et-Vilaine a donné délégation, selon arrêté du 25 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, à Mme E C, directrice des étrangers en France et signataire de l'arrêté attaqué, aux fins de signer notamment les arrêtés portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
7. En deuxième lieu, l'avis du collège médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a été rendu le 18 mai 2022, sur la base du rapport médical établi par le médecin instructeur, le docteur F, en date du 29 mars 2022, après notamment un examen médical sur place et a été adressé aux services de la préfecture par bordereau de transmission daté du 18 mai 2022. Le collège médical était composé des docteurs Aranda-Grau, Laumond et Douillard, qui ont chacun signé cet avis. Ainsi le préfet d'Ille-et-Vilaine justifie, par les pièces qu'il produit, la régularité de la procédure de consultation du collège de médecins de l'OFII et notamment de ce que le médecin ayant établi le rapport médical destiné au collège de médecins n'a pas siégé dans cette instance. Par suite, le moyen tiré de ce que l'avis de l'OFII aurait été rendu à l'issue d'une procédure irrégulière doit être écarté.
8. En troisième lieu, les deux arrêtés attaqués énoncent avec précision les considérations de droit et de fait sur lesquelles ils se fondent. Ainsi, et alors que le préfet n'était pas tenu de citer tous les éléments de la situation des intéressés, ils sont suffisamment motivés et répondent aux exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet d'Ille-et-Vilaine se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation des époux K. Par suite, les moyens tirés d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen réel et sérieux de leur situation personnelle manquent en fait et doivent être écartés.
9. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que sans s'estimer être en situation de compétence liée, le préfet d'Ille-et-Vilaine s'est réapproprié les termes de l'avis du collège médical de l'OFII du 18 mai 2022 et a ainsi considéré, dans les arrêtés du 25 mai 2023 attaqué, que l'état de santé de l'enfant mineur G J nécessite une prise en charge médicale, mais que le défaut de prise en charge médicale ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et par ailleurs, qu'au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, l'état de santé de l'enfant peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. Les pièces médicales versées aux débats, afférentes aux problèmes ORL (otite chronique et hypoacousie) du jeune G, à savoir notamment le certificat médical du 19 mai 2022 du docteur I et le certificat médical du 14 juin 2022 du docteur D, médecin généraliste, alors même qu'elles sont postérieures, de quelques semaines, à l'examen médical sur place effectué par le docteur F, pour rédiger son rapport médical du 29 mars 2022, ne sont toutefois pas de nature à remettre en question l'avis émis par le collège médical de l'OFII. De plus, les requérants ne produisent aucune pièce nouvelle concernant leur fils G de nature à établir que son état de santé se serait dégradé. Par suite les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet doivent être écartés.
10. En cinquième lieu, les requérants ne justifient pas de liens familiaux et personnels d'une particulière intensité sur le territoire français, ni d'une insertion d'une particulière intensité dans la société française. Ils ne démontrent pas plus être dépourvus de toute attache familiale et personnelle en Albanie. Par ailleurs, dès lors que le couple fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, à destination de l'Albanie, la cellule familiale pourra se reconstituer dans ce pays. Ainsi, il n'est pas porté une atteinte grave ou disproportionnée au droit au respect de leur vie privée et familiale au sens des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen ne pourra qu'être écarté. Partant, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet à ce titre sera également écarté.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
12. D'une part, les décisions attaquées n'ont pas pour conséquence de séparer les enfants du couple de leurs parents et les époux K ne font état d'aucun obstacle à ce que la cellule familiale puisse se reconstituer en Albanie et que les enfants puissent y être scolarisés. Par ailleurs, compte tenu de ce qui a été exposé au point 9 et du fait qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le jeune G serait scolarisé dans un établissement scolaire spécialisé et adapté à son état de santé, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 § 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
13. D'autre part, si les requérants produisent aux débats des attestations de scolarisation de leur fille H J, cette dernière toutefois, née le 12 janvier 2003, était déjà âgée de vingt ans à la date d'édiction des arrêtés contestés, si bien que le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 § 1 de la convention de New York (CIDE) est inopérant en ce qui la concerne.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des requêtes des époux K doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :
15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation des requêtes, n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais d'instance :
16. Les dispositions visées ci-dessus font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que les époux K demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes des époux K sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B J, à Mme L A épouse J, à Me Le Bourhis et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Le Roux, premier conseiller,
Mme Renée, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
G. Descombes L'assesseur le plus ancien,
Signé
P. Le Roux
La greffière,
Signé
L. Garval
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2401670, 2401671
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026