LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2402543

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2402543

mercredi 10 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2402543
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantTREMOUILLES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 3 mai et 20 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Trémouilles, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 février 2024 par lequel le préfet du Finistère a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet du Finistère de réexaminer sa demande de titre de séjour et, le cas échéant, de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Trémouilles d'une somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision lui refusant le renouvellement de son titre de séjour méconnaît le titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est entachée d'une erreur d'appréciation, d'une erreur de fait et n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation ;

- ses mauvais résultats peuvent s'expliquer par le traumatisme qu'elle a subi en 2021 à la suite de son agression par son ex-compagnon, qui a nécessité la mise en place d'un suivi psychologique ;

- le préfet a omis de mentionner et de tenir compte de son inscription depuis septembre 2023 en BTS professions immobilières à l'école supérieure de commerce des affaires et du management de Brest, formation dans le cadre de laquelle elle a validé le premier semestre d'enseignement et finalement le second semestre et par suite son année d'études ;

- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; elle est pleinement intégrée dans la société française au sein de laquelle elle a de nombreux amis ; elle est appréciée par le personnel de l'entreprise au sein de laquelle elle travaille en alternance ;

- la compétence du signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;

- la motivation de la décision refusant le renouvellement de son titre de séjour est insuffisante.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision de la présidente du bureau d'aide juridictionnelle du 28 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Albouy a été entendu à l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante algérienne née en 2001, est entrée régulièrement en France le 10 septembre 2020, munie d'un visa de type D, portant la mention " étudiant ", valable jusqu'au 21 novembre 2020. Un certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant " lui a été délivré à l'expiration de ce visa, par les services de la préfecture du Finistère, puis a été renouvelé deux fois. Le 11 septembre 2023, Mme A a sollicité un troisième renouvellement de son titre de séjour. Par l'arrêté attaqué, du 12 février 2024, le préfet du Finistère a décidé de ne pas faire droit à cette demande, de l'obliger à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé l'Algérie comme pays de renvoi.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne la légalité externe :

2. En premier lieu, par un arrêté du 30 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Finistère du 8 septembre 2023, le préfet du Finistère a donné délégation de signature à M. François Drapé, secrétaire général de la préfecture et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer, en toutes matières, tous les actes relevant des attributions du préfet, à l'exclusion de la réquisition du comptable public. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué ne peut qu'être écarté.

3. En second lieu, l'arrêté attaqué comporte l'ensemble des motifs de fait et de droit au regard desquels le préfet du Finistère a décidé de ne pas renouveler le certificat de résidence algérien dont Mme A était titulaire. Le préfet y rappelle les circonstances de son arrivée en France, le déroulement de ses études depuis cette date et mentionne notamment son inscription, au titre de l'année scolaire 2023-2024, à l'École supérieure de commerce, des affaires et du management de Brest. Il ne ressort pas des pièces du dossier que des éléments postérieurs à cette inscription auraient été portés à la connaissance de l'autorité administrative. Le préfet porte ensuite une appréciation négative sur le caractère réel et sérieux des études entreprises en France par l'intéressée, ce qui, selon lui, justifie que sa demande de renouvellement de son titre de séjour soit rejetée. Il examine enfin sa situation au regard des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cette motivation étant complète, le moyen tiré de son caractère insuffisant doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

4. En premier lieu, les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent obtenir en France un titre de séjour sont régies de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Il s'ensuit qu'un ressortissant algérien ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire français ou de renouvellement de son titre de séjour. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est donc inopérant.

5. En deuxième lieu, selon le titre III du protocole en date du 22 décembre 1985 annexé au premier avenant à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent sur présentation, soit d'une attestation de préinscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire ". Ces stipulations permettent à l'administration d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies, en tenant compte de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme A était inscrite, au titre de l'année universitaire 2020/2021 à l'université de Bretagne occidentale en première année de licence " sciences pour l'ingénieur - informatique ", qu'elle n'a pas validée. Au titre de l'année universitaire 2021/2022, elle a changé d'orientation et s'est inscrite à la même université en première année de licence " sciences de la vie - sciences de la terre -physique-chimie ", mais a également échoué aux examens. Au titre de l'année scolaire 2022/2023, Mme A s'est inscrite toujours à l'université de Bretagne occidentale, en première année de licence " biologie, chimie, physique, géologie ". Elle a, une nouvelle fois, obtenu des notes insuffisantes pour passer en deuxième année. Lors du dépôt de sa demande de renouvellement de son certificat de résidence, la requérante, après avoir changé une troisième fois d'orientation, était inscrite en 1ère année de brevet de technicien supérieur " professions immobilières " à l'école supérieure de commerce, des affaires et du management à Brest. Elle soutient que ses mauvais résultats durant trois années consécutives peuvent s'expliquer par l'état anxio-dépressif dont elle souffrait depuis une agression dont elle avait été victime, commise en 2021 par son ex-compagnon, et qui avait justifié le dépôt d'une main-courante en août 2023. Toutefois, si Mme A soutient qu'elle n'a pas déposé de plainte à la suite de cette agression en raison de ses craintes de représailles, elle ne produit aucun élément justifiant de l'objet du dépôt de cette main-courante et de la raison pour laquelle elle n'a décidé de la déposer que quelques jours avant sa demande de renouvellement de son certificat de résidence. Par ailleurs, l'attestation délivrée, le 15 février 2024, par un médecin du service de santé des étudiants (SSE) de Brest fait état d'une prise en charge de la requérante, entre le mois de novembre 2020 et celui d'avril 2021, qui n'apparaît donc pas consécutive à une agression qui serait survenue en 2021. L'attestation établie le 17 février 2024 par une psychologie clinicienne certifiant suivre Mme A depuis 2021 pour un état anxio-dépressif qui l'aurait privée de sa pleine capacité intellectuelle durant les années scolaires 2021-2022 et 2022-2023 et aurait ainsi eu un retentissement sur ses résultats scolaires est trop peu circonstanciée pour que les trois échecs consécutifs de la requérante et les changements successifs d'orientation, puissent être regardés comme résultant de cet état psychologique, alors que certaines des autres attestations produites, qui émanent de proches de la requérante, soulignent qu'elle se sentait perdue à l'université et ne se plaisait pas dans les filières choisies successivement. Si Mme A fait valoir qu'elle a validé antérieurement à l'arrêté attaqué, avec une moyenne de 11,28 sur 20, le premier semestre du brevet de technicien supérieur, en alternance, auquel elle est inscrite au titre de l'année 2023-2024 et, postérieurement à l'arrêté attaqué, le second semestre validant ainsi son année d'études avec la mention " ensemble juste correct ", cette circonstance relative à l'année d'études au titre de laquelle elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour, ne suffit pas à établir, en l'absence de toute progression en trois ans de présence sur le territoire et de trois changements successifs d'orientation, le sérieux des études poursuivies à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le préfet du Finistère a pu estimer, sans commettre d'erreur d'appréciation ou d'erreur de fait, que les études poursuivies par Mme A ne présentaient pas un caractère sérieux et, pour ce motif, refuser de renouveler son certificat de résidence algérien.

7. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède et ressort, par ailleurs, des pièces du dossier que la décision refusant à Mme A le renouvellement de son titre de séjour a été précédée d'un examen complet de sa situation.

8. En quatrième lieu, Mme A qui est célibataire et sans enfant à charge, n'est présente en France que depuis le 10 septembre 2020. S'il ressort des pièces du dossier qu'elle a un oncle paternel de nationalité française résidant à Lyon et un grand-oncle titulaire d'un certificat de résidence algérien valable jusqu'en 2033, résidant au Mans, elle ne fait pas état de la présence en France d'autres membres de sa famille et il est établi que son père réside en Algérie. Mme A démontre avoir constitué des liens amicaux en France notamment au sein de la communauté étudiante, ainsi qu'au sein d'associations, mais a toutefois vécu jusqu'à l'âge de 19 ans en Algérie où elle ne peut également qu'avoir des attaches amicales et familiales. Elle n'établit pas qu'elle ne pourrait pas poursuivre ses études dans ce pays, afin de devenir, ainsi qu'elle le souhaite désormais, agent immobilier. Par suite, eu égard à l'ensemble de ces éléments, le préfet du Finistère n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en décidant de l'obliger à quitter le territoire français.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme A tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué du 12 février 2024 doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte :

10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de Mme A tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué du 12 février 2024, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

11. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante. Par suite, la demande présentée par Mme A, sur le fondement de ces dispositions, doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet du Finistère et à Me Trémouilles.

Délibéré après l'audience du 26 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Jouno, président,

M. Albouy, premier conseiller,

M. Ambert, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.

Le rapporteur,

signé

E. AlbouyLe président,

signé

T. Jouno

La greffière,

signé

S. Guillou

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions