mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2403069 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BLANCHOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juin 2024, M. A B, représenté par Me Blanchot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2024 du préfet du Finistère portant refus de renouvellement de son titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Finistère, d'une part, dans un délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer un titre de séjour ou à tout le moins de réexaminer sa situation et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et d'autre part, de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 € en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur le refus de renouvellement du titre de séjour :
- il est insuffisamment motivé ;
- il n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- il méconnaît l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est illégale à raison de l'illégalité du refus de renouvellement du titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Des pièces enregistrées le 1er juillet 2024, ont été présentées par l'Office français de l'intégration et de l'immigration (OFII) et communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Tronel,
- les observations de Blanchot, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour :
1. Il ressort des pièces du dossier que le 15 novembre 2023, M. B, de nationalité malienne, a expressément sollicité le renouvellement de son titre de séjour pour motif médical. Si les services préfectoraux lui ont demandé de fournir des justificatifs de ressources, c'était dans le seul but de procéder à un examen complet de sa situation personnelle. Cette demande ne révèle pas, contrairement à ce que soutient le requérant, l'existence d'une demande de changement de statut en raison de son activité professionnelle pour laquelle, au demeurant, l'administration préfectorale n'a sollicité aucune des pièces obligatoires pour l'instruction d'une telle demande, notamment une autorisation de travail. Il résulte de ce qui précède que doivent être écartés comme inopérants les moyens tirés de ce qu'en n'examinant pas la demande de changement de statut, le préfet a insuffisamment motivé l'arrêté contesté, a procédé à un examen insuffisant de la situation personnelle du requérant, et a méconnu l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif aux titres de séjour pour motif professionnel.
2. M. B produit des attestations faisant état d'un investissement bénévole et d'un réseau amical en France. Cependant, M. B réside en France sous couvert d'un titre de séjour pour motif médical ne lui donnant pas vocation à demeurer sur le territoire national. En outre, il s'est déclaré marié religieusement au Mali et est père de deux enfants mineurs ne résidant pas en France. Dans ces conditions, en refusant de renouveler son titre de séjour, le préfet n'a manifestement pas mal apprécié les conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, doit, dès lors, être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En mentionnant le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en précisant que le défaut de prise en charge de l'état de santé de M. B ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité, en rappelant en détail la situation personnelle de l'intéressé, notamment l'absence de ressources suffisamment stables, de logement autonome, de ses attaches familiales hors de France, et en indiquant qu'aucune information portée à la connaissance de l'administration ne s'opposerait à l'éloignement du requérant, le préfet a suffisamment motivé en fait et en droit la décision contestée.
4. Il ressort de cette motivation que le préfet a procédé à un examen suffisant de la situation personnelle de l'intéressé.
5. Ainsi qu'il a été précédemment exposé, M. B n'établit pas l'illégalité du refus de titre de séjour. Le moyen, soulevé par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
6. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 2, en faisant obligation à M. B de quitter le territoire français, le préfet n'a ni porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni manifestement mal apprécié les conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, dès lors, être écartés.
7. Le moyen tiré de l'erreur de fait soulevé par M. B n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
8. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
9. En faisant interdiction à M. B de retourner en France pendant un an compte tenu de la durée de sa présence sur le territoire national et de l'absence de lien privé ou familial, alors que cependant, M. B n'a pas fait l'objet de mesure d'éloignement et que sa présence en France, où il a séjourné régulièrement du 1er décembre 2019 au 3 mars 2021 et du 10 mai au 9 novembre 2023, ne constitue pas une menace pour l'ordre public, le préfet a commis une erreur d'appréciation. Il s'ensuit et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête dirigés contre l'interdiction de retour sur le territoire français, que cette dernière décision doit être annulée.
Sur les conclusions d'injonction sous astreinte :
10. L'exécution du présent jugement n'implique ni la délivrance d'un titre de séjour, ni le réexamen de la situation de M. B. Les conclusions d'injonction sous astreinte présentées en ce sens doivent, par suite, être écartées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de L'État qui n'est pas, dans la présence instance, la partie essentiellement perdante, la somme de 1 500 € que demande M. B au titre des frais de procès non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Finistère du 29 avril 2024 est annulé en tant qu'il prononce une interdiction de retour sur le territoire français d'une année.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Finistère.
Copie en sera adressée à l'Office français de l'immigration et de l'insertion.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, où siégeaient :
M. Tronel, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le président rapporteur,
Signé
N. Tronel L'assesseur le plus ancien,
Signé
F. Terras
La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026