vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2403458 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS LE STRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juin 2024, Mme C A, représentée par Me Le Strat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 € par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique à son conseil sous réserve du renoncement de ce dernier à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'arrêté refusant le séjour et portant obligation de quitter le territoire français est entaché d'un défaut de motivation et d'examen complet de sa situation dès lors qu'en application de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile son droit au séjour devait être examiné au regard de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que le préfet devait solliciter l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation
- il est entaché d'une erreur de droit et méconnaît les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur de droit, méconnaît les articles L. 613-1 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision fixant le pays d'éloignement se trouve privée de base légale pour être fondée sur la décision illégale lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision fixant le pays d'éloignement a fait l'objet d'une motivation insuffisante et d'un défaut d'examen ;
-elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant une interdiction de retour sur le territoire se trouve privée de base légale pour être fondée sur la décision illégale lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision fixant une interdiction de retour sur le territoire a fait l'objet d'une motivation insuffisante et d'un défaut d'examen ;
- la décision fixant une interdiction de retour sur le territoire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme A n'est fondé.
Par une décision du 28 mars 2024 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Rennes, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le jugement n° 2300379 du 16 mars 2023 ;
Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Radureau,
- et les observations Me Louis du cabinet Le Strat représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née le 4 juin 1984, ressortissante du Bénin, est entrée en France le 13 mars 2022 et elle y a sollicité, le 25 mars suivant, le bénéfice du statut de réfugiée. Par décision du 15 juin 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté cette demande et cette décision a été confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), du 21 novembre 2022. Par un arrêté du 30 décembre 2022 pris sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de l'obliger à quitter le territoire français dans les trente jours et a fixé le Bénin comme pays de destination d'une mesure d'éloignement forcé. Mme A ayant cependant, le 16 décembre 2022, fait enregistrer en préfecture d'Ille-et-Vilaine une demande de réexamen de sa demande d'asile ainsi qu'une première demande d'asile pour le compte de son fils mineur né le 10 novembre 2022 s'étant vu délivrer une attestation de demande d'asile valable jusqu'au 15 octobre 2023, cet arrêté a été annulé par un jugement du 16 mars 2023. Cette demande de réexamen a été rejetée par l'OFPRA et Mme A a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 23 janvier 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des motifs de fait et de droit au regard desquels le préfet d'Ille-et-Vilaine a pris la décision attaquée de refus de titre de séjour et celle portant obligation de quitter le territoire français. Il vise notamment les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application et indique les éléments portés à sa connaissance concernant la situation personnelle, familiale et administrative de Mme A. Le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de ces décisions doit ainsi être écarté.
3. Si Mme A soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors que le préfet n'a pas saisi, préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, conformément à l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort des pièces du dossier que Mme A n'a pas déposé de demande de titre de séjour sur le fondement de cet article.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. () ". Mme A ne peut utilement invoquer ces dispositions entrées en vigueur le 28 janvier 2024 alors que l'arrêté attaqué a été pris le 23 janvier 2024. Elle ne peut pas plus utilement invoquer une erreur manifeste d'appréciation dans la mise en œuvre de cet article.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
6. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / () ".
7. En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 435-1, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là-même, des motifs exceptionnels exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, peuvent constituer des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
8. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, n'est présente en France que depuis le mois de mars 2022 venant du Bénin où elle a vécu jusqu'à l'âge de 38 ans. Si elle invoque l'état de santé de son fils né le 10 novembre 2022 à Rennes elle ne justifie pas avoir informé la préfecture de son état de santé et n'a pas plus sollicité de titre de séjour pour ce motif. Il ressort cependant des pièces du dossier et en particulier d'un courrier d'un médecin du centre hospitalier universitaire de Rennes, en date du 6 décembre 2022, que le jeune B souffre d'une particularité génétique en étant " seulement hétérozygote profil : FAS " mais que cela n'aura " aucune conséquence sur l'état de santé " de l'enfant. Dans ces conditions, et en l'absence d'autres éléments plus précis, Mme A n'établit pas l'existence, à la date de l'arrêté attaqué, d'une insertion ancienne et stable dans la société française, telle qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour le préfet d'Ille-et-Vilaine aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés. Il en va de même du moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
9. En cinquième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les motifs exposés au point précédent.
10. En sixième lieu, les circonstances évoquées au point 8, qui caractérisent la situation de Mme A en France, ne permettent pas de regarder comme établie l'existence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels qui auraient justifié la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou les mentions " salarié " ou " travailleur temporaire " en application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de cet article, d'une erreur de droit et de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
11. Pour les motifs évoqués aux points 4 et 8 les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 613-1 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
12. En septième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale (). ". La décision de refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français n'ont pas pour objet ou pour effet de séparer la requérante de son fils. En outre, ainsi qu'il a été dit il ne ressort pas des pièces du dossier que l'enfant de Mme A justifierait de soins en raison de son état de santé. Par suite le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relatives aux droits de l'enfant.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A à fin d'annulation de la décision de refus de titre de séjour et de celle lui faisant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision obligeant Mme A à quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision fixant le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office n'a pas été prise sur le fondement d'une décision illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
15. En deuxième lieu, la décision fixant le pays d'éloignement est suffisamment motivée en fait et en droit. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet d'Ille-et-Vilaine n'aurait pas suffisamment examiné la situation de Mme A. Par suite ce moyen doit être écarté.
16. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
17. D'une part, il ne résulte pas des pièces du dossier qu'en fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement décidée, le préfet se serait, s'agissant de l'appréciation de la réalité des risques allégués par Mme A, estimé lié par les décisions de l'OFPRA et de la CNDA qui ont rejeté sa demande d'asile et celle de son fils mineur ou aurait insuffisamment apprécié leur situation personnelle au regard des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
18. D'autre part, si Mme A invoque les risques de mauvais traitement auxquels elle serait exposée en raison de sa situation de mère célibataire et de femme adultère, ou en raison de l'état de santé de son fils, les instances de l'asile ont notamment relevé le caractère confus des déclarations et comme non établis les faits allégués et les craintes énoncées. De même, ainsi qu'il a été dit l'état de santé du fils de Mme A ne peut être regardé comme ne permettant pas son éloignement en direction du Bénin. Dans ces conditions, Mme A n'établit pas le caractère réel, actuel et personnel des risques invoqués en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté, ainsi que celui tiré de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A à fin d'annulation de la décision par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a fixé le pays de destination doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant une interdiction de retour sur le territoire :
20. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. () ".
21. Il ressort des pièces du dossier que pour fonder la décision d'interdiction de retour sur le territoire d'une année le préfet d'Ille-et-Vilaine s'est fondé sur " les circonstances propres au cas d'espèce " et indiqué que " une interdiction de retour d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée au regard de sa vie privée et familiale ". Cette décision ne précise pas les circonstances ayant nécessité une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an alors que l'intéressée a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français avec un délai de départ volontaire supérieur à trente jours et que l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français n'était ainsi qu'une faculté pour le préfet. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'interdiction de retour sur le territoire français doit ainsi être accueilli.
22. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 23 janvier 2024 du préfet d'Ille-et-Vilaine doit être annulé en tant seulement qu'il prononce une interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
23. Le présent jugement, qui fait droit aux seules conclusions à fin d'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre de Mme A, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés aux litiges :
24. Il n'y pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de l'Etat, qui n'est pas pour l'essentiel la partie perdante, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Les conclusions présentées à ce titre par Mme A doivent dès lors être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 23 janvier 2024 du préfet d'Ille-et-Vilaine est annulé en tant qu'il prononce une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de Mme A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Blanchard, premier conseiller,
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
Le président-rapporteur,
signé
C. Radureau
L'assesseur le plus ancien,
signé
A. Blanchard La greffière d'audience,
signé
A. Bruézière
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2403458
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026