mercredi 6 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2404884 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PAPINEAU CINDIE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 9 juillet 2024, enregistrée à la même date au greffe du tribunal administratif de Nantes, le magistrat désigné du tribunal a transmis au tribunal administratif de Nantes, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. D.
Par une ordonnance du 13 août 2024, enregistrée le 19 août 2024 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Nantes a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. D.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal le 4 juillet 2024, M. A D demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 octobre 2023 par lequel le préfet de la Mayenne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou, à défaut, de réexaminer sa situation.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;
- cet arrêté n'est pas suffisamment motivé ;
- il méconnaît le droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle ;
- il est entaché d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2024, et un mémoire enregistré le 23 août 2024, le préfet de la Mayenne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 juillet 2024 du président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Ambert a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant guinéen, né le 2 janvier 2005, est entré irrégulièrement en France le 27 février 2020. Il a été pris en charge jusqu'à sa majorité par le service départemental de l'aide sociale à l'enfance du département de la Mayenne selon deux jugements en assistance éducative des 16 novembre 2020 et 13 septembre 2021 du juge des enfants du tribunal judiciaire de C. Le 11 janvier 2023, M. D a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 10 octobre 2023, le préfet de la Mayenne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, le signataire de l'arrêté litigieux, Mme E B, directrice de la citoyenneté, a reçu, par arrêté du 2 mai 2023, publié au recueil des actes administratifs du département de la Mayenne du même jour, délégation du préfet à l'effet de signer, notamment, les refus de séjour, les obligations de quitter le territoire français, les décisions fixant le délai de départ volontaire ainsi que les décisions fixant le pays de destination. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit ainsi être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des motifs de fait et de droit au regard desquels le préfet de la Mayenne a pris l'arrêté attaqué. Le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de l'arrêté attaqué doit ainsi être écarté.
4. En troisième lieu, si M. D soutient que l'arrêté attaqué méconnaît le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, il ressort des pièces du dossier que M. D a été reçu par les services de la préfecture le 11 janvier 2023 en présence d'un éducateur de l'aide sociale à l'enfance, et a déposé une demande de titre de séjour le même jour. Il était loisible à M. D, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Ainsi, l'intéressé a été mis à même de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur les mesures envisagées à son encontre avant qu'elles n'interviennent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne précité doit être écarté.
5. En quatrième lieu, l'arrêté attaqué mentionne que M. D est entré irrégulièrement en France le 27 février 2020 et a été pris en charge jusqu'à sa majorité par le service départemental de l'aide sociale à l'enfance du département de la Mayenne. Il précise que, dans une note éducative du 19 décembre 2022, les services de l'aide sociale à l'enfance mentionnent que l'intéressé adhère à l'accompagnement qui lui a été proposé tout en soulignant que l'année 2022 a été ponctuée de difficultés dans son accompagnement éducatif et que son contrat de jeune majeur a pris fin au 31 août 2023. Il mentionne les trois condamnations du tribunal pour enfants de C des 4 octobre 2022, 14 décembre 2022 et 4 avril 2023 dont M. D a fait l'objet. Au vu de ces éléments, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation doit être écarté.
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. D, né le 2 janvier 2005, est entré irrégulièrement en France le 27 février 2020. Il a été pris en charge jusqu'à sa majorité par le service départemental de l'aide sociale à l'enfance du département de la Mayenne selon deux jugements en assistance éducative des 16 novembre 2020 et 13 septembre 2021 du juge des enfants du tribunal judiciaire de C. Une note éducative du 19 décembre 2022 du service éducatif spécialisé dans l'accompagnement des mineurs étrangers du département de la Mayenne indique que M. D adhère à l'accompagnement qui lui a été proposé malgré des difficultés dans l'accompagnement éducatif. Les bulletins scolaires joints au dossier font état de très nombreuses absences de l'intéressé, ce qui ne lui a pas permis de valider sa première année de certificat d'aptitude professionnelle (CAP) électricien au lycée Gaston Lesnard de C durant l'année scolaire 2021/2022. Il a été inscrit du 8 décembre 2022 au 11 avril 2023 à un parcours individuel de formation afin d'apprendre les bases de la langue française, les codes sociaux et rechercher un apprentissage en peinture. Son contrat jeune majeur a toutefois pris fin le 31 août 2023. Dans un courrier du 6 septembre 2023, le directeur de la protection de l'enfance du département de la Mayenne relève les difficultés de M. D à gérer le logement qui lui a été mis à disposition et fait état de nuisances sonores, de prêt du logement à des tiers et d'avertissements répétés. M. D a en outre été condamné par le tribunal pour enfants de C le 4 octobre 2022 à une obligation d'effectuer un stage de sensibilisation à l'usage des produits stupéfiants pour des faits d'usage de stupéfiants, le 14 décembre 2022 à une peine de travail d'intérêt général de 35 heures pour des faits de violence aggravée par deux circonstances n'ayant pas entraîné une incapacité de travail supérieure à huit jours et le 4 avril 2023 à une peine d'avertissement judiciaire et un stage de citoyenneté pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis, circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, prise du nom d'un tiers pouvant déterminer l'enregistrement d'une condamnation judiciaire ou d'une décision administrative dans le système nationale des permis de conduire et conduite d'une motocyclette sans port de gants conformes à la réglementation relative aux équipements de protection individuelle. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, M. D n'est ainsi pas fondé à soutenir que le préfet de la Mayenne a entaché sa décision d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Compte tenu de ce qui précède, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de la Mayenne.
Délibéré après l'audience du 16 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2024.
Le rapporteur,
signé
A. AmbertLe président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au préfet de la Mayenne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026