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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2405266

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2405266

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2405266
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS COUDRAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 et 23 septembre 2024, l'association Atelier d'urbanisme ploemeurois demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 31 janvier 2024 par lequel le maire de la commune de Ploemeur a accordé un permis de construire à la SCI Le Relais de la Lande pour la rénovation d'un bâtiment existant, l'aménagement d'un accès, la création de places de stationnement et l'aménagement d'un espace maraîchage bio sur des parcelles situées au lieudit " Stang Coste Penhai ".

Elle soutient que :

- sa requête est recevable : elle est revenue sur son désistement ;

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que les travaux ont débuté, de surcroît sur un site sensible ;

- sur le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige :

- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant au regard des exigences du o) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : il ne comporte aucune attestation garantissant la réalisation d'une étude des sols alors que le terrain d'assiette du projet est situé au sein d'un secteur d'information sur les sols et que le projet constitue un changement d'usage au sens du I de l'article L. 556-1 A du code de l'environnement puisqu'il porte sur une activité de restauration et de maraîchage bio alors que l'usage antérieur était un camping comportant d'anciens sanitaires ;

- le dossier de demande de permis ne comporte aucune évaluation des incidences en méconnaissance du c) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme alors que le projet jouxte un site Natura 2000 ;

- le règlement actuel de la zone NA du plan local d'urbanisme n'autorise pas le changement de destination projeté, alors qu'il n'est pas établi que les sanitaires qui existaient antérieurement aient été eux-mêmes régulièrement autorisés.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 23 et 24 septembre 2024, la commune de Ploemeur, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'association Atelier d'urbanisme ploemeurois la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que l'association requérante s'est désistée de sa requête au fond par un mémoire du 2 avril 2024 ;

- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :

- le dossier de demande de permis de construire n'avait pas à comporter l'attestation prévue par le o) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : le projet ne porte pas sur un projet de construction mais uniquement sur la rénovation d'un bâtiment existant, ne fait pas évoluer l'usage de la construction existante dès lors que les anciens sanitaires de l'ancien camping relèvent de la catégorie des activités tertiaires et que l'activité projetée est également une activité tertiaire, les parcelles dédiées au maraîchage ont été contrôlées avec avis favorable selon la réglementation de l'agriculture biologique en vigueur par Ecocert France et ne se situent pas au sein du secteur d'information sur les sols ;

- le projet respecte le plan local d'urbanisme dès lors qu'il n'emporte pas changement de destination : le plan local d'urbanisme demeure régi par les dispositions de l'article R. 123-9 du code de l'urbanisme dans sa rédaction antérieure au 1er janvier 2016, la construction existante sur le site constitue une activité de service touristique et relève de l'ancienne destination " commerce ", comme le restaurant projeté.

Vu :

- la requête au fond n° 2400790 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 septembre 2024 :

- le rapport de Mme Plumerault ;

- les observations de M. A, représentant l'association Atelier d'urbanisme ploemeurois, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'il développe, expose qu'elle n'est pas opposée au projet mais que ce projet suppose un permis de construire modificatif et une procédure de déclaration de projet emportant mise en compatibilité du plan local d'urbanisme ;

- les observations de Me Haauy, de la SELARL Cabinet Coudray, représentant la commune de Ploemeur, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'il développe, expose qu'une étude des sols a été réalisée par la commune après la fermeture du camping concluant à l'absence de pollution des sols, qu'une négociation a eu lieu avec l'association requérante et que c'est uniquement dans ce cadre qu'une nouvelle étude des sols et le dépôt d'une demande de permis de construire modificatif est envisagée, alors même que ce n'est pas exigé réglementairement ;

- et les observations de MM. Deslounez et Piard, gérants de la SCI Le Relais de la Lande, qui exposent que leur projet est global et consiste en une réhabilitation de l'espace naturel, une activité de maraîchage et une activité de restauration, qu'il s'agit de financer la réhabilitation avec l'activité économique, que les travaux ont d'ores-et-déjà commencé et que leur arrêt serait de nature à entraîner des difficultés financières, font valoir que l'association requérante n'a aucune compétence en environnement, qu'un permis de construire modificatif sera éventuellement délivré.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré, présentée par l'association Atelier d'urbanisme ploemeurois, a été enregistrée le 28 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Le 21 septembre 2023, la SCI Le Relais de la Lande a déposé à la mairie de Ploemeur une demande de permis de construire portant sur la rénovation d'un bâtiment existant, l'aménagement d'un accès, la création de places de stationnement et l'aménagement d'un espace maraîchage bio sur des parcelles situées au lieudit " Stang Coste Penhai ". Par arrêté du 31 janvier 2024, le maire de la commune de Ploemeur a accordé le permis de construire sollicité. L'association Atelier d'urbanisme ploemeurois demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de cet arrêté.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ".

3. Aucun des moyens invoqués et analysés ci-dessus n'est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. En particulier d'une part le projet, s'il est situé pour partie dans un secteur d'information sur les sols, ne peut être regardé comme " un projet de construction " au sens de l'article L. 556-2 du code de l'environnement mais constitue une simple réhabilitation d'un bâti existant, d'autre part il n'emporte pas changement de destination, le contrôle de sa conformité au règlement du plan local d'urbanisme se faisant au regard de la typologie des destinations fixée par l'article R. 123-9 du code de l'urbanisme dans sa rédaction antérieure au 1er janvier 2016.

4. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions mises à l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, il y a lieu, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'urgence et la fin de non-recevoir opposée par la commune de Ploemeur, de rejeter les conclusions à fins de suspension de la requête.

Sur les frais liés au litige :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Ploemeur sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de l'association Atelier d'urbanisme ploemeurois est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Ploemeur présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Atelier d'urbanisme ploemeurois, à la commune de Ploemeur et à la SCI Le Relais de la Lande.

Fait à Rennes, le 30 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

F. PlumeraultLe greffier,

signé

N. Josserand

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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