mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2406218 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL IROISE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 et 30 octobre 2024, M. B A, représenté par le cabinet Iroise avocats, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 24 juillet 2024 par laquelle le préfet du Morbihan a abrogé le droit d'eau fondé en titre qu'il détenait sur l'ancien étang de la Berraye et l'a mis en demeure de cesser la remise en eau de cet étang et de remettre le site en état, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite, dès lors que :
- il se voit dépossédé de son droit d'eau fondé en titre sans indemnité ;
- il ne peut plus poursuivre son projet de remise en eau de l'étang de la Berraye ;
- il subit un préjudice moral ;
- il va devoir exposer une somme de 19 110 euros pour faire réaliser les études nécessaires à l'exécution de la décision contestée, une somme comprise entre 10 000 et 60 000 euros pour mettre en œuvre le programme de travaux prescrit et de 34 000 euros pour remettre le site en état ;
- la suppression du plan d'eau entrainera une perte de valeur vénale de sa propriété qu'il évalue entre 70 000 et 100 000 euros ;
- la destruction de son étang sera très difficilement réversible.
Il soutient que la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée est également remplie, dès lors que :
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- il n'est pas contesté qu'il bénéficie d'un droit d'eau fondé en titre sur l'étang de la Berraye ;
- les articles L. 214-4 II et L. 215-10 du code de l'environnement sur lesquels s'est fondé le préfet pour abroger son droit d'eau ne sont pas applicables ;
- les prescriptions qui lui sont imposées par le préfet sont privées de base légale en raison de l'illégalité de la mesure abrogeant son droit d'eau ;
- en tant qu'elle lui impose la remise en état du site, la décision contestée est entachée d'une rétroactivité illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite et qu'aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 30 septembre 2024 sous le numéro 2405840 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Berthon, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 31 octobre 2024
- le rapport de M. Berthon ;
- les observations de Me De La Hamelinaye, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens.
Une pièce a été produite par M. A à l'audience et n'a pas été communiquée.
Le préfet du Morbihan et la commune de Caden n'étaient ni présents ni représentés.
Une note en délibéré produite par le préfet du Morbihan a été enregistrée le 4 novembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
2. M. A est propriétaire d'un manoir et d'un ancien plan d'eau situé à Caden, dans le Morbihan. Par un arrêté du 24 juillet 2024, pris à la suite d'un rapport de manquement constatant la réalisation de travaux non autorisés de remise en eau de ce plan d'eau, et après avoir relevé que celui-ci n'était plus observable sur les photographies aériennes de l'IGN depuis 1966 et qu'un retour spontané à l'état initial avait permis, à son emplacement, la reconstitution d'un cours d'eau et d'une zone humide, le préfet du Morbihan a abrogé le droit d'eau fondé en titre du requérant et lui a prescrit, d'une part, d'arrêter la remise en eau de son ancien étang et, d'autre part, de faire exécuter à ses frais un programme de travaux permettant la remise en état du site.
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par le requérant n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au préfet du Morbihan et à la commune de Caden.
Fait à Rennes, le 5 novembre 2024.
Le juge des référés,
signé
E. BerthonLa greffière d'audience
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision ;
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026