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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2407199

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2407199

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2407199
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationEloignement urgent
Avocat requérantPARASTATIS

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une ordonnance du 3 décembre 2024, enregistrée à la même date au greffe du tribunal, sous le n° 2407199, la première vice-présidente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 28 novembre 2024, sous le n° 2417156, M. C B, représenté par Me Parastatis, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 novembre 2024 par lequel le préfet du Finistère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre à cette autorité, sous astreinte de 75 euros par jour de retard, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- s'agissant de la décision ne fixant pas de délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- s'agissant de la décision fixant une interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire, enregistré le 12 décembre 2024, M. B réitère ses conclusions et soulève les mêmes moyens que ceux formulés dans sa requête.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

II. Par une ordonnance du 3 décembre 2024, enregistrée à la même date au greffe du tribunal, sous le n° 2407200, la première vice-présidente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 28 novembre 2024, sous le n° 2417157, M. C B, représenté par Me Parastatis, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 novembre 2024 par lequel le préfet du Finistère l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- il est illégal du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire, enregistré le 12 décembre 2024, M. B réitère ses conclusions et soulève les mêmes moyens que ceux formulés dans sa requête.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ambert, conseiller, en application des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Ambert,

- les observations de Me Louis, substituant Me Parastatis, représentant M. B, qui expose les moyens développés dans la requête et soutient que les travaux de raccordement de fibre optique effectués dans le cadre de son travail dans le Finistère n'ont qu'un caractère temporaire, que les modalités de son assignation à résidence dans le Finistère sont incompatibles avec sa vie familiale dès lors que sa femme et ses enfants résident dans le Val-d'Oise et que l'un de ses enfants souffre de problèmes de santé,

- les observations de M. A, représentant le préfet du Finistère, qui expose les arguments en défense développés dans les écritures et fait valoir que la pathologie alléguée d'un de ses enfants n'est pas établie.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. Par les requêtes nos 2407199 et 2407200, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 20 novembre 2024 par lequel le préfet du Finistère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ainsi que l'annulation de l'arrêté du 20 novembre 2024 par lequel le préfet du Finistère l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours. Ces requêtes présentent à juger des questions analogues. Il y a dès lors lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions en annulation de l'obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des motifs de fait et de droit au regard desquels le préfet du Finistère a pris la décision attaquée. Le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de l'arrêté attaqué doit ainsi être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne que M. B ne justifie ni de la date ni de la régularité de son entrée sur le territoire français. Il mentionne qu'il se déclare marié avec une personne de nationalité algérienne et qu'il se déclare père de trois enfants à charge. L'arrêté attaqué précise également que M. B a été condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre le 18 décembre 2017 à une peine de quatre mois d'emprisonnement avec sursis ainsi que par le tribunal correctionnel de Paris le 30 octobre 2018 à une peine de dix mois d'emprisonnement délictuel dont quatre mois avec sursis pour des faits de violence sans incapacité par personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Il mentionne qu'il a bénéficié d'un aménagement de peine sous bracelet électronique dans le Finistère à Scaër à compter du 24 avril 2024, prononcé par le juge d'application des peines de Pontoise le 11 avril 2024. Il indique également que M. B déclare résider dans le Finistère à Scaër depuis juillet 2023 tandis que sa femme et ses trois enfants résident dans le Val-d'Oise à Goussainville. Au regard de ces éléments, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B, ressortissant algérien né le 10 avril 1988, est présent en France depuis au moins l'année 2017. Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 8 février 2023, qui n'a pas été exécutée. Il est employé depuis juillet 2023 dans le Finistère par une entreprise de raccordement en fibre optique. Il est marié avec une ressortissante de nationalité algérienne, qui a également fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 8 février 2023, qui n'a pas été exécutée. Il a trois enfants, âgés de 6 ans, 4 ans et 3 mois à la date de la décision attaquée. S'il soutient qu'un de ses enfants souffre de problèmes de santé, aucune pièce jointe au dossier ne vient l'établir. M. B joint au dossier des extraits de comptes bancaires attestant de virements bancaires réguliers à la mère de ses enfants. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B réside depuis juillet 2023 dans le Finistère à Scaër tandis que son épouse et ses trois enfants résident dans le Val-d'Oise à Goussainville. M. B a en outre été condamné par le tribunal correctionnel de Paris le 30 octobre 2018 à une peine de dix mois d'emprisonnement délictuel dont quatre mois avec sursis pour des faits de violence sans incapacité par personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Au regard de ce qui précède, l'éloignement du requérant ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation doit ainsi être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces dispositions que dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

7. Il ressort des pièces du dossier que M. B est père de trois enfants mineurs. M. B réside depuis juillet 2023 dans le Finistère à Scaër tandis que son épouse et ses trois enfants résident dans le Val-d'Oise à Goussainville. Le maintien en France de M. B ne garantit ainsi pas sa présence continue à leurs côtés. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant doit ainsi être écarté.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

Sur les conclusions en annulation de la décision ne fixant pas de délai de départ volontaire :

9. En premier lieu, pour les motifs énoncés au point 2, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

10. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".

11. Il ressort des pièces du dossier que M. B a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le 6 octobre 2022. Par un arrêté du 8 février 2023, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Il a déclaré, lors de son audition du 15 novembre 2024 par la gendarmerie nationale, " ne pas accepter de retourner dans son pays d'origine " et vouloir regagner la France " par tous les moyens ". Compte tenu de la précédente mesure d'éloignement, qui n'a pas été exécutée, et de ses déclarations lors de son audition, il existe un risque que M. B se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. A supposer que M. B ne constitue pas une menace à l'ordre public compte tenu de l'ancienneté de ses condamnations pénales, le préfet du Finistère pouvait, en tout état de cause, se fonder sur le seul 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour édicter sa décision ne fixant pas de délai de départ volontaire. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit ainsi être écarté.

12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision ne fixant pas de délai de départ volontaire doivent être rejetées.

Sur les conclusions en annulation de la décision fixant une interdiction de retour sur le territoire français :

13. En premier lieu, pour les motifs énoncés au point 2, le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

14. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de

l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

15. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

16. Il ressort des pièces du dossier que M. B est présent en France depuis au moins l'année 2017. Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 8 février 2023, qui n'a pas été exécutée. Il a trois enfants, âgés de 6 ans, 4 ans et 3 mois à la date de la décision attaquée. Il ressort des pièces du dossier que M. B réside depuis juillet 2023 dans le Finistère à Scaër tandis que son épouse et ses trois enfants résident dans le Val-d'Oise à Goussainville. Il est marié avec une ressortissante de nationalité algérienne. M. B a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris le 30 octobre 2018 à une peine de dix mois d'emprisonnement délictuel dont quatre mois avec sursis pour des faits de violence sans incapacité par personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Son épouse a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 8 février 2023, qui n'a pas été exécutée. Compte tenu de sa précédente mesure d'éloignement à laquelle il n'a pas déféré, de la nature de sa condamnation pénale du 30 octobre 2018 et du fait que la cellule familiale n'a pas vocation à rester sur le territoire français en raison de l'obligation de quitter le territoire français dont a également fait l'objet son épouse le 8 février 2023, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant une interdiction de retour d'une durée de trois ans serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Le moyen doit ainsi être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant une interdiction de retour doivent être rejetées.

Sur les conclusions en annulation de l'arrêté portant assignation à résidence :

18. En premier lieu, pour les motifs énoncés au point 2, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

19. En deuxième lieu, les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français étant rejetées, l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écartée.

20. En troisième lieu, l'arrêté attaqué mentionne que M. B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 20 novembre 2024, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Il précise qu'il justifie résider au lieudit Cleumerrien à Scaër, lieu de son placement sous bracelet électronique. Au regard de ces éléments, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation doit être écarté.

21. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 733-1 du même code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ". Aux termes de l'article L. 733-2 du même code : " L'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures. () ". Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

22. Il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet, le 20 novembre 2024 d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, assortie d'une interdiction de retour. L'éloignement de l'intéressé constitue ainsi une perspective raisonnable au sens des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des pièces du dossier que M. B est employé depuis juillet 2023 par une entreprise de raccordement en fibre optique pour des travaux se déroulant en Bretagne. M. B soutient que son assignation à résidence dans le Finistère l'empêche de retourner à son domicile personnel à Goussainville. Il ressort des pièces du dossier qu'il a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris le 30 octobre 2018 à une peine de dix mois d'emprisonnement délictuel dont quatre mois avec sursis pour des faits de violence sans incapacité par personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Il a bénéficié d'un aménagement de peine sous bracelet électronique dans le Finistère à Scaër à compter du 24 avril 2024, prononcé par le juge d'application des peines de Pontoise le 11 avril 2024. Il a déclaré, lors de l'audience devant le juge d'application des peines, que sa famille viendra lui rendre visite en Bretagne et qu'il n'aura pas à se déplacer à Goussainville. M. B a été assigné à résidence au lieudit Cleumerrien à Scaër pour une durée de quarante-cinq jours avec l'obligation de se présenter tous les jours entre 10 heures et 12 heures à la gendarmerie nationale à Rosporden et de demeurer tous les jours à son domicile entre 6 heures et 9 heures. Ces formalités sont nécessaires dans le cadre de la préparation de son éloignement et ne sont pas disproportionnées. Le préfet du Finistère n'a ainsi pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation ni méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

23. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation de l'arrêté du 20 novembre 2024 portant assignation à résidence doivent être rejetées.

24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation des arrêtés du 20 novembre 2024 du préfet du Finistère doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

25. Compte tenu de ce qui précède, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

26. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes nos 2407199 et 2407200 de M. B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Finistère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

A. AmbertLa greffière d'audience,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2407199, 2407200

aa/nj

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