LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2407575

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2407575

mercredi 8 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2407575
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationEloignement urgent
Avocat requérantCABINET DGR AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a été saisi par M. D, ressortissant congolais, pour contester le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui accorder les conditions matérielles d'accueil, au motif qu'il avait déposé sa demande d'asile tardivement. Le tribunal a annulé cette décision, jugeant que le seul dépôt tardif de la demande d'asile ne peut justifier un refus total des conditions matérielles d'accueil, mais seulement une limitation, conformément à l'article 20 de la directive 2013/33/UE. Il a également enjoint à l'OFII de réexaminer la situation de M. D en tenant compte de sa vulnérabilité et de celle de ses enfants, et a mis à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais de justice. La décision s'appuie sur les articles L. 551-15 et L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur la directive européenne précitée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2024, M. C D, représenté par Me Roilette, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 16 décembre 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile et de la lui verser rétroactivement, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'État, le versement à Me Roilette d'une somme de 1 500 euros au titre de l'articles 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen complet de sa situation ;

- il n'est pas établi que l'entretien de vulnérabilité a été mené par un agent qualifié ;

- il n'est pas établi qu'il a reçu l'information prévue par l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans les conditions prévues par les dispositions de cet article ;

- l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile transpose de façon erronée l'article 20 de la directive n° 2013/33/UE du parlement européen et du conseil du 26 juin 2012 qui prévoit que le dépôt tardif d'une demande d'asile peut justifier la limitation des conditions matérielles d'accueil, mais non qu'un tel dépôt puisse être le motif de leur refus ;

- la décision attaquée méconnaît les article L. 551-15 et L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; il doit se voir attribuer l'allocation pour demandeur d'asile afin de participer à l'éducation et à l'entretien de ses filles. Il est dans l'intérêt supérieur de ses enfants, que leurs deux parents soient en mesure de leur apporter le support financier en vue d'assurer leurs besoins fondamentaux ; sa fille A, qui est malade, présente une vulnérabilité particulière qui lui interdit une situation de précarité sociale ;

- la décision attaquée méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision attaquée méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et méconnaît l'article 23 de la directive n° 2013/33/UE du parlement européen et du conseil du 26 juin 2012.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 décembre 2024, le directeur général de l'Office de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. D n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la directive (UE) n° 2013/33 du Parlement européen et du conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Albouy, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Albouy, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique :

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant de la République démocratique du Congo, né en 1987, est entré en France le 17 mai 2024, accompagné de ses deux filles mineures, A et B. Il a déposé une demande d'asile qui a été enregistrée le 16 décembre 2024. Le même jour après une évaluation de sa vulnérabilité, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé, par la décision attaquée, les conditions matérielles d'accueil prévues aux articles L. 551-8 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

2. il y a lieu, en raison de l'urgence, d'admettre M. D à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision attaquée :

3. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () / ; 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". Aux termes de l'article L. 531-27 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée à la demande de l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile dans les cas suivants : / () / 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France ; / () ".

En ce qui concerne la légalité externe de la décision attaquée :

4. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui en constituent le fondement légal, rappelle que M. D est accompagné de ses deux filles mineures et indique qu'après examen de ses besoins et de sa situation personnelle et familiale, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui est totalement refusé au motif qu'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France. Cette décision mentionne dès lors les motifs de fait et de droit au vu desquels elle a été prise par la directrice territoriale de l'OFII et le moyen tiré du caractère insuffisant de sa motivation doit être écarté.

5. En deuxième lieu, la fiche d'évaluation de vulnérabilité indique que l'entretien a été mené par un auditeur de l'OFII, qui est identifié par ses initiales et sa signature. Elle comporte également un tampon de l'OFII. En l'absence de tout élément contraire versé au dossier cet auditeur doit être regardé comme ayant reçue la formation spécifique prévue à l'article L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16. ".

7. M. D soutient qu'il n'est pas établi qu'il a reçu les informations prévues à l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend. Il ressort toutefois de la fiche d'évaluation de vulnérabilité que l'entretien s'est déroulé en langue française et que M. D a certifié, en signant cette fiche, avoir reçu dans une langue qu'il comprend les informations prévues à l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, il ne soutient pas ne pas comprendre le français et ne précise pas dans quelle autre langue ces informations auraient dû lui être communiquées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. En quatrième lieu, l'article 20 de la directive n°2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale prévoit que : " () 2. Les États membres peuvent aussi limiter les conditions matérielles d'accueil lorsqu'ils peuvent attester que le demandeur, sans raison valable, n'a pas introduit de demande de protection internationale dès qu'il pouvait raisonnablement le faire après son arrivée dans l'État membre (). / 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les États membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs. / 6. Les États membres veillent à ce que les conditions matérielles d'accueil ne soient pas retirées ou réduites avant qu'une décision soit prise conformément au paragraphe 5 ".

9. Les termes précités de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ne s'opposent pas à ce qu'un État membre refuse le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au demandeur d'asile qui n'a pas introduit, sans raison valable, sa demande de protection internationale dès qu'il pouvait raisonnablement le faire après son arrivée dans l'État membre, dès lors que ce refus intervient après un examen de la situation particulière de cette personne et est motivé. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que les dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui lui ont été appliquées, méconnaissent les objectifs de cette directive et en constitueraient une transposition erronée.

10. En cinquième lieu, M. D fait valoir qu'il est accompagné de ses deux filles, B née en 2017 et A née en 2013 qui est atteinte de Drépanocytose homozygote, pathologie à l'origine de son passage au service des urgences pédiatriques du groupe hospitalier de Bretagne Sud, le 10 juillet 2024, en raison de céphalées, et le 18 octobre 2024 pour des douleurs liées à sa maladie. Il est toutefois constant que M. D et ses deux enfants sont hébergés de façon stable par sa conjointe qui est titulaire du statut de réfugié en France. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en raison de la décision attaquée leur fille A ne pourrait pas bénéficier d'un suivi et d'une prise en charge médicales qui seraient rendus nécessaires par son état de santé, ou que leur foyer se trouverait dans une situation de dénuement extrême. Par suite, les moyens tirés de ce que la directrice territoriale de l'OFII aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation de vulnérabilité du requérant et de ses deux filles et méconnu le dernier alinéa de l'article L. 551-15, ainsi que l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent être écartés.

11. En sixième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée expose M. D et/ou ses filles à des traitements inhumains ou dégradants, par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

12. En septième lieu, M. D n'établit pas qu'en prenant la décision attaquée la directrice territoriale de l'OFII aurait omis d'attacher une considération primordiale à l'intérêt supérieur de ses deux enfants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté. Il en est de même, pour le même motif et en tout état de cause du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 23 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013.

13. En huitième lieu, il ressort des pièces du dossier et de tout ce précède que la décision attaquée a été précédée d'un examen complet de la situation de M. D.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. D tendant à l'annulation de la décision du 16 décembre 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'OFII lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées aux fins d'injonction :

15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de M. D tendant à l'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, il y a lieu de rejeter également ses conclusions présentées aux fins d'injonction.

Sur les frais d'instance :

16. Les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 faisant obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées sur leur fondement par M. D.

D É C I D E :

Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de M. D est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu publique par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2025.

Le magistrat désigné,

signé

E. AlbouyLa greffière d'audience,

signé

E. Ramillet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745

01/07/2026

TA83Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258

01/07/2026

← Retour aux décisions