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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2500108

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2500108

jeudi 23 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2500108
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantCABINET DGR AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de Mme B, une ressortissante guinéenne, qui contestait la décision de l'OFII mettant fin à ses conditions matérielles d'accueil. La requête a été jugée tardive, car la décision attaquée, notifiée le 11 décembre 2024, mentionnait un délai de recours de sept jours, et la requête n'a été enregistrée que le 9 janvier 2025. Le tribunal a appliqué les articles L. 555-1 et L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article R. 421-5 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 janvier 2025, Mme A B, représentée par Me Roilette, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 27 novembre 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à Rennes a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser rétroactivement l'allocation pour demandeur d'asile, dans un délai de huit jours, sous astreinte d'un montant de 100 euros par jour de retard, à défaut, de prendre, dans le même délai, sous la même astreinte, une nouvelle décision après un nouvel examen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été notifiée le 2 janvier 2025 de sorte que sa requête, qui devait être déposée dans un délai de sept jours, n'est pas tardive ;

- cette décision est entachée d'une absence de motivation et procède d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui la fonde n'est pas applicable ;

- si la directrice territoriale de l'OFII à Rennes avait entendu appliquer l'article L. 551-15 de ce code, la décision prise aurait également procédé d'une erreur de droit ;

- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation au regard de sa situation de vulnérabilité ;

- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2025, l'Office français de l'immigration et de l'intégration demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par Mme B.

Il soutient que :

- à titre principal, la requête, enregistrée le 9 janvier 2025, est tardive dès lors qu'elle est dirigée contre une décision qui a été notifiée à l'intéressée le 11 décembre 2024 et qui comportait les voie et délai de recours, lequel est de sept jours ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020.

Le président du tribunal a désigné M. Labouysse, président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 555-1, L. 922-1 à L. 922-2 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Le rapport de M. Labouysse a été entendu au cours de l'audience.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction est intervenue après appel de l'affaire à l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B est une ressortissante guinéenne qui s'est vue opposer, le 27 novembre 2024, la décision par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à Rennes a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui lui avait été accordé à compter du 5 novembre 2024. Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision et qu'il soit enjoint à l'OFII de lui rétablir le bénéfice de ce dispositif ou, à défaut, de prendre une nouvelle décision après un nouvel examen de sa situation.

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Il n'y a pas lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Sur les conclusions de la requête :

3. Aux termes de l'article L. 555-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions qui refusent, totalement ou partiellement, au demandeur d'asile le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou qui y mettent fin, totalement ou partiellement, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 921-1. " Selon cet article : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. () ".

4. En vertu de l'article R. 421-5 du code de justice administrative, le délai de recours contentieux contre une décision administrative n'est opposable qu'à la condition d'avoir été mentionné, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision contestée.

5. La décision attaquée a été notifiée à Mme B, non pas le 2 janvier 2025, date à laquelle a été retourné, à la direction territoriale de l'OFII à Rennes, l'accusé de réception du pli recommandé contenant cette décision, mais le 11 décembre 2024, date de distribution à l'intéressée de ce pli, laquelle figure notamment sur cet accusé de réception. La décision attaquée comporte la mention relative à la possibilité de former un recours devant le tribunal administratif dans le délai de sept jours à compter de sa notification. La requête ayant été enregistrée le 9 janvier 2025, soit au-delà de ce délai qui a couru à compter du 11 décembre 2024, l'OFII est fondé à opposer la tardiveté des conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B.

5. Il résulte de ce qui précède que ces conclusions doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à la mise en œuvre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D É C I D E :

Article 1er : Mme B n'est pas admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête présentée par Mme B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2025.

Le magistrat désigné,

signé

D. Labouysse

La greffière d'audience,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2500108

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