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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2500158

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2500158

vendredi 24 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2500158
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationEloignement urgent
Avocat requérantCOSNARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 et 23 janvier 2025, M. H A B, alors au centre de rétention administrative de Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine), représenté par Me Cosnard, avocate commise d'office, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2025 par lequel le préfet des Côtes-d'Armor l'oblige à quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi, et lui interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;

2°) à défaut, à titre principal, d'annuler le refus de délai de départ volontaire et par voie de conséquence l'interdiction de retour édictée par le préfet des Côtes-d'Armor, et à titre subsidiaire, d'annuler l'interdiction de retour ;

3°) en toute hypothèse, condamner le préfet des Côtes-d'Armor à régler à son conseil, Me Cosnard, la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision contestée est entachée d'un vice d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît le principe du contradictoire à défaut d'audition préalable ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle et viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car il a une famille en France, en la personne de Mme F C sa compagne depuis plus d'une année et future mère de son enfant ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- la décision de refus de délai n'est pas justifiée :

- l'interdiction de retour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et le délai de deux ans est parfaitement disproportionné.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2025, le préfet des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu :

- l'ordonnance du 14 janvier 2025 par laquelle le juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de Rennes a dit n'y avoir pas lieu de prolonger la rétention administrative de M. A B,

- l'ordonnance du 15 janvier 2025 par laquelle le conseiller de la cour d'appel de Rennes a infirmé l'ordonnance du 14 janvier 2025 du juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de Rennes et a prolongé le maintien en rétention administrative de M. A B pour une durée maximum de vingt-six jours,

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Descombes,

- les observations de Me Cosnard, avocate commise d'office, représentant M. A B, qui reprend les conclusions et moyens de la requête qu'elle développe,

- les explications de M. A B, assisté d'une interprète,

- et les observations de M. G, représentant le préfet des Côtes-d'Armor.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant libyen né en août 2006, a été interpelé le 11 janvier 2025 par les services de police de Saint-Brieuc pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants et non-respect d'un contrôle judiciaire. Par l'arrêté attaqué du 11 janvier 2025, le préfet des Côtes-d'Armor l'a obligé à quitter le territoire français, sans lui accorder de délai de départ volontaire, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et a fixé le pays de renvoi.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, la signataire de l'arrêté litigieux, Mme D E, directrice de cabinet de la préfecture des Côtes-d'Armor, a reçu, par arrêté du 25 novembre 2024 publié au recueil des actes administratifs du département des Côtes-d'Armor du même jour, délégation du préfet à l'effet de signer, notamment, dans le cadre de la permanence préfectorale, les décisions d'éloignement. M. A B, à qui incombe la charge de la preuve, n'établit pas que le signataire de la décision attaquée n'assurait pas, à la date de son édiction, une permanence préfectorale. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit ainsi être écarté.

3. En deuxième lieu, il ressort de l'arrêté attaqué que les décisions en litige comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le support, notamment s'agissant de la situation administrative, personnelle et familiale du requérant. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces décisions doit, par suite, être écarté.

4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de la motivation des décisions attaquées, que le préfet doit être regardé comme ayant procédé à un examen suffisamment personnalisé et sérieux de la situation du requérant. Si M. A B conteste la mention de cet arrêté selon laquelle il ne justifie pas d'un logement pérenne, alors qu'il produit une attestation d'hébergement de sa compagne Mme F C avec qui il soutient vouloir fonder une famille, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté, le préfet avait connaissance de l'attestation d'hébergement établie par cette personne. Le requérant reconnaît d'ailleurs à l'audience qu'il est soumis depuis le 29 août 2024 à un contrôle judiciaire dans lequel il lui est interdit d'entrer en contact avec Mme C ce qui ne permet pas d'établir le caractère probant de cette attestation. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut d'examen sérieux et particulier de la situation du requérant doit être écarté.

5. En quatrième lieu, le moyen tiré de la violation de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne est inopérant au soutien des conclusions présentées par M. A B. Toutefois, il ressort de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Ce droit ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire ".

6. Il ressort des pièces du dossier que, lors de son audition par les services de police le 11 janvier 2025, M. A B a été interrogé sur les conditions de son entrée et de son séjour sur le territoire et a été invité à formuler des observations sur sa situation personnelle et familiale ainsi que sur la perspective d'une mesure d'éloignement. À cette occasion, il a été mis à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur sa situation et sur l'éventualité d'une mesure d'éloignement. Le requérant n'établit ni même ne soutient qu'il aurait été ensuite empêché de porter à la connaissance de l'administration d'autres éléments de nature à faire obstacle à son éloignement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense garantis par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et les principes généraux du droit de l'Union européenne doit être écarté.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. M. A B fait valoir que sa vie privée et familiale se trouve en France dès lors qu'il y vit en concubinage avec une personne de nationalité française. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment des déclarations de cette dernière dans la plainte qu'elle a déposée en août 2024 à l'encontre de M. A B et de son audition du 11 janvier 2025 qu'il n'y a aucun projet de vie commune entre eux. Par ailleurs, le requérant, qui est célibataire et sans enfant à charge, ne justifie pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Ainsi il ne démontre pas, à supposer même établie la durée de dix-huit mois de séjour qu'il invoque, avoir en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Au demeurant, l'intéressé s'est déjà signalé à diverses reprises des services de police, pour des faits de violence commise en réunion, de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité, de violence par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, de détention non autorisée de stupéfiants et de non-respect d'un contrôlé judiciaire. Dans ces conditions, M. A B n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Côtes-d'Armor aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Le préfet des Côtes-d'Armor n'a davantage pas commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.

9. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit, n'étant assorti d'aucune précision, ne peut qu'être écarté.

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :

10. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (). ". L'article L. 612-2 de ce code dispose que " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Selon l'article L. 612-3 du même code " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité (). ". Enfin, l'article L. 613-2 du même code dispose : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

11. En premier lieu, pour refuser à M. A B le bénéfice d'un délai de départ volontaire, le préfet des Côtes-d'Armor a estimé que le comportement de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public (1° de l'article L. 612-2) et qu'il existait un risque que l'intéressé se soustraie à l'obligation de quitter le territoire dont il a fait l'objet (3° de l'article L. 612-2) en se fondant sur les motifs tirés de ce que le requérant ne pouvait justifier d'une entrée régulière sur le territoire français sur lequel il s'est maintenu irrégulièrement, n'avait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour (1° de l'article L. 612-3), avait explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français (4° de l'article L. 612-3), et ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes (8° de l'article L. 612-3) dès lors notamment qu'il n'était pas en mesure de transmettre des documents de voyage en cours de validité et qu'il ne justifiait pas d'une résidence au moment de la rédaction de l'arrêté. Par suite, la décision est suffisamment motivée.

12. En second lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition cité au point 8 que M. A B a déclaré ne pas vouloir quitter la France. Par ailleurs, comme également exposé au point 8, M. A B est défavorablement connu des fichiers des services de police et gendarmerie et a été interpellé pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants et non-respect d'un contrôle judiciaire le 11 janvier 2025. Alors même que le requérant n'a pas fait pour le moment l'objet d'une condamnation, mais est convoqué à comparaître devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc le 26 février 2025, la répétition et la persistance de ces signalements révèlent un comportement personnel qui constitue, du point de vue de l'ordre public, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Dès lors, et compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, le risque de fuite pouvant être regardé comme établi au sens des dispositions précitées de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet des Côtes-d'Armor a pu légalement lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. En ne retenant pas de circonstances particulières de nature à renverser cette présomption, cette autorité n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux considérations qui précèdent sur la durée et les conditions de séjour en France, ainsi que sur la situation familiale de l'intéressé.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". L'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Enfin, selon l'article L. 613-2 de ce même code : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

14. En premier lieu, il résulte des dispositions précitées que l'autorité compétente doit, en cas de refus de délai de départ volontaire, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf circonstances humanitaires. La motivation de la durée de l'interdiction doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi. Il incombe ainsi à l'autorité compétente de faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe la durée de sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifient sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

15. Contrairement à ce que soutient M. A B, la motivation de la décision attaquée, en sus de la citation de l'article L. 612-10 précité, rappelle qu'il ne lui a pas été accordé de délai de départ volontaire, qu'il déclare être en France depuis un peu plus d'un an, qu'il ne justifie pas de l'ancienneté des liens avec la France ni de liens familiaux et personnels sur le territoire français, qu'il se maintient en situation irrégulière et qu'il constitue une menace pour l'ordre public, atteste de la prise en compte par l'autorité préfectorale, au vu de la situation de l'intéressé, des quatre critères énoncés à l'article L. 612-10 précité. La décision est donc suffisamment motivée. Par ailleurs, en ne retenant pas de circonstances humanitaires justifiant qu'il ne prononce pas d'interdiction de retour à l'encontre de M. A B, le préfet des Côtes-d'Armor n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux considérations qui précèdent sur la durée et les conditions de séjour en France, ainsi que sur la situation familiale de l'intéressé. Enfin, en fixant la durée de cette interdiction de retour sur le territoire français à deux ans, cette autorité n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation eu égard à ces mêmes considérations.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions, contenues dans l'arrêté du 11 janvier 2025, par lesquelles le préfet des Côtes-d'Armor l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 Le présent jugement sera notifié à M. H A B et au préfet des Côtes-d'Armor.

Décision communiquée aux parties le 24 janvier 2025, en application de l'article R. 922-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le magistrat désigné,

signé

G. Descombes La greffière d'audience,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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