lundi 3 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2500558 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | MARAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2025, M. C D, alors placé en rétention administrative à Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine), demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2025 par lequel le préfet de l'Eure l'oblige à quitter le territoire français sans délai, fixe le pays de destination et lui fait interdiction de circulation sur le territoire français pendant trois ans.
Il soutient que :
- l'arrêté préfectoral contesté a été signé par une autorité dont il n'est pas établi qu'elle disposait d'une délégation de signature ;
- cet arrêté est insuffisamment motivé et ne comporte pas un examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;
- le préfet a méconnu le principe du contradictoire tel que garanti par l'article 41-2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2025, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. D n'est fondé.
Vu :
- l'ordonnance du 31 janvier 2025 par laquelle la vice-présidente en charge des rétentions administratives près le tribunal judiciaire de Rennes a prolongé la rétention de M. D pour un délai maximum de vingt-six jours ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thalabard, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thalabard,
- les observations de Me Maral, représentant M. D, qui maintient ses conclusions par les mêmes moyens et fait valoir que l'arrêté préfectoral est insuffisamment motivé, en ce qu'il ne mentionne pas que le requérant est arrivé jeune en France, alors qu'il était âgé de 12 ou 13 ans, que la plupart des membres de sa famille ont la nationalité française, et notamment son père, qu'il a suivi sa scolarité sur le territoire français et a même obtenu un diplôme, ce qui constitue autant d'éléments d'intégration, qu'en outre, l'intéressé est le père d'une fillette qu'il voit régulièrement et qu'il tire des revenus de son activité de cariste, que le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales puisque le centre de ses intérêts se trouve en France, que la décision lui faisant interdiction de circuler sur le territoire français pendant trois ans a été prise sans prendre en compte les critères fixés par l'article L. 251-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les observations de M. D.
Le préfet de l'Eure n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant portugais né le 22 janvier 1999 à Bissau (Guinée-Bissau), réside en France, selon ses déclarations, depuis quinze ans. Défavorablement connu des forces de l'ordre, il a fait l'objet d'une précédente décision l'obligeant à quitter le territoire français assortie d'une interdiction de circuler sur le territoire français pendant un an, en vertu d'un arrêté préfectoral du 6 décembre 2022. À la suite d'un contrôle d'identité, M. D a été placé en retenue administrative le 27 janvier 2025 puis s'est vu notifier un arrêté du 28 janvier 2025 par lequel le préfet de l'Eure l'oblige à quitter le territoire le territoire français sans délai, fixe le pays de destination et lui fait interdiction de circulation sur le territoire français pendant trois ans. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de cet arrêté préfectoral.
Sur les moyens communs aux différentes décisions :
2. En premier lieu, M. A B, adjoint au chef du bureau des migrations et de l'intégration de la préfecture de l'Eure, a reçu, par arrêté préfectoral du 13 décembre 2024, régulièrement publié, délégation de signature aux fins de signer les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire desdites décisions doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les décisions par lesquelles le préfet de l'Eure oblige M. D à quitter le territoire français sans délai, fixe le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et lui fait interdiction de circulation sur le territoire français pendant trois ans, qui citent les textes applicables et font état d'éléments de fait propres à sa situation personnelle, énoncent de manière suffisamment précise les considérations de fait et de droit qui en sont le fondement. Dès lors, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté préfectoral litigieux ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. D, au regard notamment des éléments que l'intéressé a fait valoir lors de son audition le 27 janvier 2025 par les services de police et des justificatifs qu'il lui appartenait de produire.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre. () ".
6. Le droit d'être entendu, en tant qu'il fait partie intégrante des droits de la défense figurant au nombre des principes généraux du droit de l'Union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. D a fait l'objet, le 27 janvier 2025, d'une procédure de retenue administrative aux fins de vérification de son droit de circulation sur le territoire français. L'intéressé a alors été auditionné par un agent brigadier chef du commissariat de police d'Evreux et ainsi mis en mesure d'apporter toute information utile relative à sa situation personnelle et familiale. À cette occasion, il a notamment exposé sa situation personnelle, étant célibataire avec un enfant, qui n'est pas à sa charge, et ses conditions de vie sur le territoire français. Au regard de ces éléments, M. D n'est pas fondé à soutenir qu'il a été privé du droit d'être entendu qu'il tient du principe général du droit de l'Union européenne. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne peut qu'être écarté.
Sur les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; () / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine.".
9. Il appartient à l'autorité administrative d'un État membre qui envisage de prendre une mesure d'éloignement à l'encontre d'un ressortissant d'un autre État membre en application de ces dispositions de ne pas se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, mais d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française. L'ensemble de ces conditions doivent être appréciées en fonction de la situation individuelle de la personne, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
10. M. D expose, sans l'établir, être présent sur le territoire français depuis quinze ans. Ses seules allégations faites au cours de l'audience publique, selon lesquelles il aurait suivi sa scolarité en France, aurait obtenu un diplôme et tirerait des revenus de son activité d'intérimaire ne permettent pas, faute d'être assorties de la moindre pièce justificative, de contredire ses déclarations précédentes, consignées dans le procès-verbal d'audition du 27 janvier 2025, selon lesquelles il n'a jamais été scolarisé, se rend à la mission locale pour obtenir des moyens de subsistance et a exercé une mission d'intérim quelques mois auparavant. Il n'a, par ailleurs, pas justifié d'une adresse effective de domiciliation. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que M. D a été condamné à plusieurs reprises entre 2020 et 2021 pour des faits d'atteintes aux biens et pour des infractions à la législation sur les produits stupéfiants. Il a notamment été condamné le 23 septembre 2021 par le tribunal correctionnel de Montpellier à une peine de deux ans d'emprisonnement et incarcéré entre le 21 octobre 2021 et le 8 février 2023. Au regard de ces éléments, le préfet de l'Eure n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du 1° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Compte tenu de la réitération des infractions commises par M. D et de ses condamnations, dont huit figurent au bulletin numéro deux du casier judiciaire, le préfet de l'Eure a également pu considérer, en application des dispositions précitées du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le comportement personnel de l'intéressé constituait, d'un point de vue de l'ordre public et de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
11. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
12. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des déclarations faites par le requérant lors de son audition par les services de police, que celui-ci est célibataire, qu'il aurait un enfant mais que ce dernier n'est pas à sa charge, qu'il tire ses moyens de subsistance de sa fréquentation de la mission locale. S'il soutient avoir une formation de cariste et exercer des missions d'intérim, il se borne à faire état d'une dernière mission effectuée " il y a quelques mois ", sans produire le moindre élément justificatif. Il n'établit pas davantage l'intensité des liens entretenus avec ceux de sa famille qui seraient présents sur le territoire français. Si au cours de son audition par les services de police, le requérant a déclaré être domicilié chez son père, il ressort de la lecture de l'ordonnance du 31 janvier 2025 du tribunal judiciaire de Rennes que la vérification effectuée sur place par un officier de police judiciaire a permis de constater que le père de l'intéressé a déclaré ne plus avoir de contacts avec son fils et ne plus vouloir le voir. Dans ces conditions et alors que le requérant ne justifie pas de l'ancienneté de son séjour sur le territoire français, la décision l'obligeant à quitter le territoire français ne peut être regardée comme ayant des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle. Par suite, M. D ne saurait sérieusement soutenir que le préfet de l'Eure aurait entaché sa décision l'obligeant à quitter le territoire français d'une erreur manifeste d'appréciation. Il n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet aurait, par cette décision, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur les moyens propres à la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel.".
14. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. D, le préfet de l'Eure s'est fondé sur les faits précédemment mentionnés qui l'ont conduit à considérer que le comportement de l'intéressé constituait, d'un point de vue de l'ordre public, une menace réelle, actuellement et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Le préfet a également relevé, sans être utilement contesté, que l'intéressé n'avait pas respecté la précédente décision lui faisant interdiction de circuler sur le territoire français pendant un an. Ces circonstances peuvent être regardées, en l'espèce, comme suffisantes pour caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
15. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 12 et en l'absence de toute précision supplémentaire, le requérant n'établit pas que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire porterait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
Sur les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :
16. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français, (). ". L'article L. 721-4 du même code précise que : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Ce dernier texte stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
17. Le requérant ne conteste pas les termes de la décision critiquée selon lesquels, après avoir examiné sa situation, le préfet de l'Eure a constaté qu'il n'établissait pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. De ses propos lors de l'audience publique, il ressort qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales au Portugal. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur de droit ou même une erreur manifeste d'appréciation en fixant le Portugal comme pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. Il n'est pas davantage établi que le préfet de l'Eure aurait, par cette décision, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur les moyens propres à la décision portant interdiction de circulation en France :
18. Aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans.". L'article L. 251-6 du même code précise que : " Le sixième alinéa de l'article L. 251-1 et les articles L. 251-3, L. 251-7 et L. 261-1 sont applicables à l'interdiction de circulation sur le territoire français. ".
19. Les moyens tirés de l'erreur de droit commise par le préfet, de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur la situation personnelle du requérant et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui se fondent sur ce qui a été développé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doivent être écartés pour les mêmes motifs. En l'absence de toute justification de l'intensité des liens personnels et familiaux entretenus par M. D sur le territoire français, l'intéressé n'est pas davantage fondé à soutenir que la durée de cette décision lui faisant interdiction de circulation sur le territoire français serait disproportionnée.
20. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions présentées par M. D tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2025 par lequel le préfet de l'Eure l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de circulation sur le territoire français pendant trois ans doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet de l'Eure.
Décision communiquée aux parties le 3 février 2025, en application de l'article R. 922-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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La magistrate désignée,
signé
M. Thalabard
La greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026