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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2500853

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2500853

jeudi 2 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2500853
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSELARL ARES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté le recours en excès de pouvoir visant à annuler un permis de construire délivré pour un immeuble de logements collectifs à Saint-Aubin-d’Aubigné. Les requérants invoquaient notamment des vices de forme et de procédure, ainsi qu’une méconnaissance du règlement du plan local d’urbanisme (PLU) et du code de l’urbanisme. Le tribunal a estimé que les moyens n’étaient pas fondés, notamment en considérant que les accès créés par le projet relevaient de la gestion communale et que les autres griefs n’étaient pas établis.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 10 février, 21 juillet et 27 novembre 2025, la SARL L.L.C., M. C... AU... et Mme K... R..., M. T... N... et Mme AG... D..., M. H... J... et Mme K... AT..., M. AQ... Z... et Mme AP... V..., M. AV... AE... et Mme AX... D..., Mme AY... AC..., Mme O... W..., Mme AK... AZ..., Mme AJ... Q..., Mme A... Q..., M. X... AN... et Mme AL... AR..., M. Y... F... et Mme M... I..., M. B... AF... et Mme AW... G..., M. AB... AM... et Mme P... AI..., M. AD... AH... et Mme S... AS... et M. AO... E... et Mme AG... L..., représentés par Me Béguin, demandent au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 2 septembre 2024 par lequel le maire de Saint-Aubin-d’Aubigné a délivré à la SAS Korenn Immobilier un permis de construire un immeuble de vingt-sept logements collectifs, valant permis de démolir deux constructions existantes, sur un terrain, cadastré section AA nos 100 et 103, situé 2, allée de la Croix Moussard, ensemble la décision du 18 décembre 2024 par laquelle leur recours gracieux a été rejeté ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Aubin-d’Aubigné et à la SAS Korenn Immobilier la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
- ils justifient d’un intérêt à agir ;
- l’arrêté attaqué est entaché d’un vice de forme en méconnaissance de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration et du dernier alinéa de l’article A. 424-2 du code de l’urbanisme ;
- il est entaché d’un vice de procédure en méconnaissance de l’article R. 423-53 du code de l’urbanisme ;
- il a été délivré au vu d’un dossier de demande incomplet ou insuffisant en méconnaissance des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10, du j) de l’article R. 431-16 et du c) de l’article R. 451-2 du code de l’urbanisme ;
- il méconnaît l’article 5 des dispositions générales du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné ;
- il méconnaît le paragraphe 1 de la section 1, les paragraphes 2, 3, 4 et 5 de la section 2 et les paragraphes 1 et 4 de la section 3 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation à défaut d’application des articles R. 111-2 et R. 111-27 du code de l’urbanisme ;
- il est incompatible avec le D du cahier des orientations d’aménagement et de programmation des orientations d’aménagement et de programmation du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicables sur Saint-Aubin-d’Aubigné et avec son orientation d’aménagement et de programmation sectorielle n° 5 « Rue d’Antrain ».


Par un mémoire, enregistré le 30 octobre 2025, la commune de Saint-Aubin-d’Aubigné, représentée par Me Le Derf-Daniel (SELARL Ares), conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :
- le moyen tiré du vice de procédure commis en méconnaissance de l’article R. 423-53 du code de l’urbanisme est inopérant, les deux voies sur lesquelles le projet crée de nouveaux accès relevant de la gestion communale ;
- les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.


Par un mémoire, enregistré le 10 juin 2025, la SAS Korenn Immobilier, représentée par Me Chatel (SELARL Cabinet Coudray Urbanlaw), conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.


Par un courrier du 5 mars 2026, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de surseoir à statuer en application de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme, compte tenu du moyen tiré du vice de procédure commis en méconnaissance de l’article R. 423-53 du code de l’urbanisme s’agissant de l’accès piéton créé sur la rue d’Antrain, du moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 1 de la section 3 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD s’agissant de la desserte du terrain d’assiette du projet par l’allée de la Croix Moussard et du moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation commise faute d’application de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme s’agissant de l’accès du terrain sur cette même allée.


Un mémoire, présenté pour la commune de Saint-Aubin-d’Aubigné en réponse au courrier du 5 mars 2026, a été enregistré le 11 mars 2026.

Un mémoire, présenté pour les requérants en réponse à ce même courrier, a été enregistré le 11 mars 2026.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de l’urbanisme ;
- l’arrêté du 4 août 2021 relatif aux exigences de performance énergétique et environnementale des constructions de bâtiments en France métropolitaine et portant approbation de la méthode de calcul prévue à l’article R. 172-6 du code de la construction et de l’habitation ;
- l’arrêté du 9 décembre 2021 relatif aux attestations de respect des exigences de performance énergétique et environnementale pour les constructions de bâtiments en France métropolitaine et modifiant l’arrêté du 11 octobre 2011 relatif aux attestations de prise en compte de la réglementation thermique pour les bâtiments neufs ou les parties nouvelles de bâtiments ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Desbourdes ;
- les conclusions de M. Martin, rapporteur public ;
- et les observations de Me Béguin, représentant les requérants, de Me Hipeau, représentant la commune de Saint-Aubin-d’Aubigné et de Me Rouxel, représentant la SAS Korenn Immobilier.



Considérant ce qui suit :

La SAS Korenn Immobilier a déposé le 30 avril 2024 une demande de permis de construire un immeuble de vingt-sept logements collectifs, valant permis de démolir deux constructions existantes, sur un terrain, cadastré section AA nos 100 et 103, situé 2, allée de la Croix Moussard à Saint-Aubin-d’Aubigné. La SARL L.L.C. et vingt-sept autres requérants demandent au tribunal d’annuler l’arrêté du 2 septembre 2024 par lequel le maire de Saint-Aubin-d’Aubigné a délivré le permis de construire sollicité, ensemble la décision du 18 décembre 2024 par laquelle leur recours gracieux a été rejeté.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré du vice de forme entachant l’arrêté attaqué en méconnaissance des articles L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration et A. 424-2 du code de l’urbanisme :

Aux termes de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration : « Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. (…) ». Aux termes de l’article A. 424-2 du code de l’urbanisme : « (…) / L’arrêté mentionne, en caractères lisibles, le prénom, le nom et la qualité de son signataire ».

Si l’arrêté attaqué ne mentionne ni le nom, ni le prénom de son signataire en caractères d’imprimerie, il indique qu’il est pris par « le maire » et comporte une signature manuscrite lisible : « AA... », dont le nom correspond à celui du maire de Saint-Aubin-d’Aubigné, M. U... AA.... Dès lors que le signataire de l’arrêté attaqué pouvait ainsi être identifié sans ambiguïté, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration et A. 424-2 du code de l’urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré du vice de procédure commis en méconnaissance de l’article R. 423-53 du code de l’urbanisme :

Aux termes de l’article R. 423-50 du code de l’urbanisme : « L’autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ». Aux termes de l’article R. 423-53 du même code : « Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d’un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l’autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l’autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d’urbanisme ou le document d’urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d’accès à ladite voie. ».

Il ressort des pièces du dossier, notamment du tableau de classement des voies communales établi le 15 décembre 2009 à la suite d’une délibération du conseil municipal prenant acte du déclassement de la route départementale 175 résultant de l’aménagement de la déviation de Saint-Aubin-d’Aubigné, que tant la rue d’Antrain que l’allée de la Croix Moussard relèvent des voies communales dont il n’est pas sérieusement contesté par les requérants que la gestion relève de la commune. Dans ces conditions, le moyen des requérants tiré du vice de procédure commis en méconnaissance de l’article R. 423-53 du code de l’urbanisme doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne les moyens relatifs à la composition du dossier de demande du permis de construire :

Aux termes de l’article R. 431-8 du code de l’urbanisme : « Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L’état initial du terrain et de ses abords indiquant, s’il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l’insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L’aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L’implantation, l’organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L’organisation et l’aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ». Aux termes de l’article R. 431-9 du même code : « Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. (…) ». Aux termes de l’article R. 431-10 de ce même code : « Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d’un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l’état initial et l’état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l’implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l’état initial et l’état futur ; (…). ».

Il ne résulte d’aucune disposition législative ou réglementaire, notamment pas de celles citées au point précédent, qu’un dossier de demande de permis de construire devrait indiquer les modalités d’implantation et d’intégration des coffrets, compteurs et boîtes aux lettres. Par suite, le défaut de ces indications ne saurait entacher d’illégalité le permis de construire contesté.

Contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne ressort pas des pièces du dossier que les ganivelles prévues dans le cadre du projet surmonteront des murs-bahuts. Dès lors, ils ne peuvent utilement soutenir que les pièces du dossier seraient insuffisantes à défaut d’avoir précisé la hauteur de tels murs.

Si aucune des pièces du dossier de demande ne renseigne la hauteur des haies qui seront plantées en périphérie du terrain d’assiette, il ne ressort pas pour autant des pièces du dossier, au vu notamment du document graphique d’insertion du dossier de demande, que les plants qui seront choisis présenteront une hauteur supérieure à la hauteur maximale de clôture autorisée par le règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné.

Les requérants soutiennent que le plan de l’état initial du terrain et la notice du projet architectural ont omis de renseigner l’ensemble des arbres préexistants. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment pas des photographies aériennes qu’ils versent, que les éléments de végétation visibles sur le terrain d’assiette sur lesdites photographies correspondraient effectivement à des arbres existants à la date à laquelle le permis de construire contesté a été délivré.

Il ressort des pièces du dossier que les plans de façade et de coupe du dossier de demande du permis de construire contesté comportent des cotes relatives à la hauteur de la construction exprimées en référence, soit au nivellement général de la France (NGF), soit à la hauteur du plancher du rez-de-chaussée de la construction. Par ailleurs, ces plans renseignent, soit la hauteur du terrain naturel avant travaux par une ligne rouge, soit, s’agissant du plan de façade Est, la hauteur du terrain à l’alignement de la rue d’Antrain. Si cette dernière indication n’est pas pourvue de cotations, lesdits plans étant à l’échelle, ils ont permis au maire de Saint-Aubin-d’Aubigné de contrôler le respect des règles de hauteur fixées par le règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné.

S’il est constant que le plan de façade Sud de la construction est incomplet à défaut de montrer l’élément de façade de la construction qui s’avance le plus vers l’Ouest, ce défaut est toutefois pallié par le plan de coupe sur terrain n° 1, qui fait office de plan de façade pour cet élément de la construction. Dès lors, le maire a pu également apprécier la composition et la hauteur de cette partie de la construction.

Aux termes de l’article R. 431-16 du code de l’urbanisme : « Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : (…) / j) L’attestation de respect des exigences de performance énergétique et environnementale, lorsqu’elle est exigée en application de l’article R. 122-24-1 du code de la construction et de l’habitation, ou l’attestation de respect de la réglementation thermique, lorsqu’elle est exigée en application de l’article R. 122- 22 du même code ; (…). ».

Ainsi que le font valoir la commune de Saint-Aubin-d’Aubigné et la société Korenn Immobilier, la surface de référence de l’attestation de respect de la réglementation environnementale RE2020 correspond, selon l’annexe I à l’arrêté du 4 août 2021, auquel renvoie l’article 3 de l’arrêté du 9 décembre 2021, à la surface habitable telle que définie par l’article R. 156-1 du code de la construction et de l’habitation en y incluant la superficie des vérandas chauffées et non à la surface de plancher définie par l’article L. 111-14 du code de l’urbanisme. Par suite, la circonstance que la surface de référence mentionnée dans l’attestation produite par la société Korenn Immobilier ne corresponde pas à la surface de plancher déclarée sur le formulaire cerfa de la demande de permis de construire ne saurait, par elle-même, révéler une incohérence ou une insuffisance de son dossier de demande.

Par suite, les moyens tirés du caractère incomplet ou insuffisant du dossier de demande du permis de construire doivent tous être écartés.

En ce qui concerne le moyen relatif à la composition du dossier de demande du permis de démolir :

Aux termes de l’article R. 451-2 du code de l’urbanisme : « Le dossier joint à la demande comprend : (…) / c) Un document photographique faisant apparaître le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée et leur insertion dans les lieux environnants. ».

Contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort des pièces du dossier que la pièce A2 « Photographie bâtiments à démolir » était présente dans le dossier de demande dématérialisé déposé le 30 avril 2024 par la société Korenn Immobilier. Par suite, le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de demande du permis de démolir doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens relatifs à l’accès et à la desserte du terrain d’assiette du projet autorisé :

Aux termes du paragraphe 1 de la section 1 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD : « (…) / Sont interdits : / 1- La création ou l’extension de constructions, installations ou utilisations du sol qui par leur destination, leur nature, leur importance ou leur aspect, sont incompatibles avec la salubrité, la tranquillité, la sécurité, ou la bonne tenue d’un quartier d’habitation. (…) ».

Un projet de vingt-sept logements collectifs ne saurait être incompatible par sa destination, sa nature, son importance ou son aspect, avec la salubrité, la tranquillité, la sécurité, ou la bonne tenue d’un quartier d’habitation, l’appréciation de cette compatibilité au sens des dispositions précitées du paragraphe 1 de la section 1 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD ne dépendant pas de la qualité de l’accès et de la desserte du terrain. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

Aux termes de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n’être accepté que sous réserve de l’observation de prescriptions spéciales s’il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d’autres installations. ».

Aux termes du paragraphe 1 de la section 3 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD : « Desserte / Pour être constructible un terrain doit être desservi par une voie publique ou privée ouverte à la circulation automobile de caractéristiques proportionnées à l’importance de l’occupation ou de l’utilisation du sol envisagé et adapté à l’approche du matériel de lutte contre l’incendie. / Accès (…) / Les conditions d’accès à une parcelle privative ou un groupe de parcelles devront répondre aux exigences de sécurité routière (visibilité, séquençage des sorties). (…) ».

Le terrain du projet contesté sera desservi par l’allée de la Croix Moussard, sur laquelle il disposera de son seul accès véhicule, cette allée étant elle-même desservie par la rue d’Antrain. S’agissant du croisement de la rue d’Antrain et de l’allée de la Croix Moussard, il ressort des pièces du dossier que la partie de cette rue délimitée pour recevoir le trafic des véhicules se trouve à une distance d’un peu plus de deux mètres de l’entrée de l’allée. Ainsi, bien que la visibilité vers le Nord des véhicules sortant de l’allée soit d’abord limitée par la haie de la propriété Le Saout-Wecxsteen, ces véhicules peuvent toutefois s’avancer sans risque depuis l’allée sur cette distance de deux mètres et disposeront ainsi d’une visibilité sans défaut sur la rue d’Antrain, y compris compte tenu de sa pente descendante vers le Nord, alors notamment que la vitesse de circulation y est limitée à 50 km/h. Ainsi, le croisement de la rue d’Antrain et de l’allée de la Croix Moussard ne génère pas de risque pour la sécurité d’une probabilité telle que le maire de Saint-Aubin-d’Aubigné aurait commis une erreur manifeste d’appréciation en ne faisant pas usage des dispositions de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme. Par ailleurs, il n’est pas contesté par les requérants que la rue d’Antrain présente des dimensions correspondant à l’importance du trafic qui sera généré par la construction projetée, en conformité avec le paragraphe 1 de la section 3 du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné.

En revanche, il ressort des pièces du dossier que si, selon le plan d’alignement produit par la société Korenn Immobilier, l’allée de la Croix Moussard est large d’un peu plus de quatre mètres sur l’ensemble de sa longueur depuis la rue d’Antrain jusqu’à l’accès du projet contesté, ce plan, de même que l’ensemble des photographies versées par les requérants dans leurs écritures, ainsi que le procès-verbal de constat dressé le 8 janvier 2026 par Me Touzé, commissaire de justice, révèlent que la partie réellement circulable de cette allée, compte tenu de la présence d’accotements non circulables soutenant les terrains voisins, est pour l’essentiel du linéaire de l’allée, inférieure à quatre mètres de large et ne permet pas aux véhicules, même légers, de se croiser, en particulier au niveau du lampadaire situé à l’entrée de l’allée. Alors que cette allée constitue la desserte piétonne du stade de football et d’un chemin piétonnier destiné à rejoindre la future extension urbaine programmée au Nord du territoire communal, son dimensionnement jusqu’à présent adapté à la desserte de quelques constructions éparses, ne le sera pas, en revanche, pour accueillir, à double sens de circulation, le trafic des vingt-sept véhicules des futurs habitants du projet contesté. Ainsi, le projet ne respecte pas la règle relative à la desserte du paragraphe 1 de la section 3 du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné.

Par ailleurs, la notice du projet architectural indique, sans autre précision, que des haies bocagères sont implantées en périphérie de l’ensemble du terrain. Il en résulte que les haies existantes à l’alignement du terrain vis-à-vis de l’allée de la Croix Moussard pourraient être conservées. Or, alors que, ainsi qu’il a été dit, l’allée de la Croix Moussard est peu large, il ressort des pièces du dossier, notamment compte tenu des photographies insérées dans leurs écritures par les requérants, que la visibilité de l’accès du projet y est nettement réduite par la présence des haies existantes. Ce manque de visibilité est de nature à générer un risque de collision entre les véhicules sortant du terrain du projet et les usagers de l’allée, y compris, les piétons et les cyclistes, d’une probabilité et d’une gravité telles que les requérants sont fondés à soutenir que l’accès constitué sur l’allée de la Croix Moussard pour l’entrée et la sortie des véhicules et des piétons ne répond pas aux exigences de sécurité, en méconnaissance des règles relatives aux accès du paragraphe 1 de la section 3 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD.
Et pour les mêmes motifs que ceux relevés aux deux points précédents, le maire de Saint-Aubin-d’Aubigné a commis une erreur manifeste d’appréciation en n’opposant pas au projet les dispositions de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme.

En ce qui concerne les moyens relatifs à l’insertion de la construction projetée et de ses clôtures dans leur environnement :

Aux termes de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n’être accepté que sous réserve de l’observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l’aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l’intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu’à la conservation des perspectives monumentales. ».

Aux termes du paragraphe 2 de la section 2 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD : « Façades : matériaux, couleurs, ravalement / Les façades devront présenter une harmonie de matériaux. (…) Le ravalement des façades vise à la fois la santé de l’immeuble et la qualité esthétique de la façade. La couleur des façades doit prendre en compte les facteurs suivants : / – l’environnement direct de l’immeuble ; / – la surface des façades et leur impact dans la rue ou le quartier. (…) / Les clôtures / Clôtures donnant sur voies et emprises publiques / Les clôtures seront d’un style simple et constituées de matériaux de qualité en harmonie avec le paysage environnant. / Les clôtures doivent permettre le passage de la petite faune. (…) ».

Aux termes de l’article 5 des dispositions générales du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné : « Les clôtures, murs et murets de clôture ainsi que les portails participent au paysage bâti et constituent un élément déterminant de la composition urbaine. / Pour ces raisons ils doivent dans leur aspect, leurs dimensions et les matériaux employés, participer à la qualité des espaces publics, préserver l’intimité des jardins et favoriser la biodiversité ainsi que le respect du cycle naturel de l’eau. / Une attention particulière doit être apportée dans la conception et la réalisation des clôtures : / ● En évitant la multiplicité des matériaux ; / ● En recherchant la simplicité des formes et des structures ; / ● En tenant compte du bâti et du site environnants. (…) ».

Il ressort des pièces du dossier que le projet contesté prend place, le long de la rue d’Antrain, ancienne route départementale, à la jonction entre la sortie Nord du centre-bourg historique de Saint-Aubin-d’Aubigné, qui compte plusieurs constructions anciennes aux façades en pierre apparente et identifiées par le plan local d’urbanisme comme bâtis d’intérêt architectural en application de l’article L. 151-19 du code de l’urbanisme, et d’une extension urbaine plus récente à caractère pavillonnaire comprenant des maisons d’habitation de style simple, généralement élevés en R+C, aux façades traitées en enduit blanc et aux toitures en ardoises. Alors que les auteurs du plan local d’urbanisme ont localisé un projet de densification urbaine destiné à affirmer davantage le front de la rue d’Antrain à l’emplacement même du projet, celui-ci s’élève encore, modestement, en R+2+C en front de rue et en R+1+C sur sa façade arrière. Par ailleurs, les trois décrochés de façade successifs et les trois volumes de toiture à deux pentes du projet permettent d’atténuer l’effet d’implantation de l’immeuble considéré pour rappeler davantage la forme et le gabarit de simples maisons individuelles. Son enduit blanc et ses toitures en ardoises à deux pans, qui rappellent au demeurant les constructions plus récentes édifiées au Nord du bourg, permettent également la mise en valeur, par contraste, de la façade en pierre de la construction voisine identifiée au titre du bâti d’intérêt architectural. Dans ces conditions, les façades du projet présentant une harmonie de matériaux, et leur couleur prenant en compte son environnement direct, leur surface et leur impact sur la rue d’Antrain, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire contesté aurait été délivré en méconnaissance du paragraphe 2 de la section 2 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD. Pour les mêmes motifs, le maire de Saint-Aubin-d’Aubigné n’a pas commis une erreur manifeste d’appréciation en ne faisant pas usage des dispositions de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme à l’encontre du projet contesté.

Quant aux clôtures, aucune des dispositions précitées n’impose que la clôture projetée corresponde à un modèle de clôture déjà utilisé dans son environnement. Les clôtures ganivelles projetées sont caractérisées par une simplicité de matériau dont la qualité n’est pas contestée et permettent le passage de la petite faune. Par ailleurs, positionnées à l’arrière de haies bocagères destinées, à terme, à les masquer, elles s’harmonisent avec le paysage fortement végétalisé avoisinant. Par suite, les requérants ne sont pas non plus fondés à soutenir que le permis de construire a été délivré en méconnaissance de l’article 5 des dispositions générales du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné ou, par les arguments qu’ils invoquent, en méconnaissance du paragraphe 2 de la section 2 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD, ou par erreur manifeste d’appréciation faute d’application de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme.

En ce qui concerne les moyens tirés de l’incompatibilité du projet contesté avec les orientations d’aménagement et de programmation relatives à la commune de Saint-Aubin-d’Aubigné du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné :

Aux termes de l’article L. 152-1 du code de l’urbanisme : « L’exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d’installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu’elles existent, avec les orientations d’aménagement et de programmation. ».

Aux termes du D « Enjeux et objectifs d’aménagement – justification du projet » du cahier communal de Saint-Aubin-d’Aubigné des orientations d’aménagement et de programmation du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné : « (…) / Renouvellement urbain et patrimoine bâti / Les enjeux du renouvellement ici sont de maintenir et de créer de l’habitat au plus près des services et des commerces, de valoriser le patrimoine architectural existant et d’ouvrir les îlots pour créer un maillage de cheminements permettant de relier entre eux les quartiers de la commune. / La commune possède du bâti de qualité à maintenir et rénover. Ainsi de nombreux secteurs, notamment le long des entrées de ville, pourront faire l’objet d’une restructuration dans un projet d’ensemble tout en considérant la préservation du patrimoine et la création de nouveaux logements ou de commerces. Au nord du centre-ville, l’ancienne gendarmerie ainsi que certains îlots bâtis pourraient participer à accueillir des logements. La route de Saint Médard est composée de bâtis anciens et disparates qui pour certains nécessiterons une restructuration en profondeur. Dans d’autres cas, l’objectif premier sera de densifier le tissu urbain en comblant les dents creuses et revaloriser ainsi les façades de rue. (…) ».

Pour les mêmes motifs que ceux qui ont été retenus au point 29, alors que l’orientation d’aménagement et de programmation précitée ne fait que définir les enjeux du renouvellement urbain à l’échelle du territoire de la commune de Saint-Aubin-d’Aubigné, le projet contesté n’est pas incompatible avec cette orientation d’aménagement et de programmation en ce qu’elle retient la valorisation du patrimoine architectural existant au titre de ces enjeux.


Aux termes de l’orientation d’aménagement de Saint-Aubin-d’Aubigné n° 5 « rue d’Antrain » du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné : « (…) / Enjeux d’urbanisme et de paysage. Justification de l’OAP / Un enjeu de restructuration du front bâti apparaît au regard du positionnement de ce secteur entre le centre-bourg historique et le lotissement d’habitations existantes. / L’aménagement de ce secteur est une opportunité de marquer la transition entre le tissu urbain historique et les tissus urbains récents peu denses. Il permet de structurer l’axe d’entrée. (…) / Objectifs et principe d’aménagement (…) / Le secteur d’habitat devra accueillir environ 16 nouveaux logements sur 4600 m2 (superficie de la zone à dominante habitat). / Les logements réalisés seront de typologies variées : habitat individuel sur lots libres ou en individuel groupé, habitat semi-collectif et collectif. / Le secteur devra structurer un front bâti le long de la rue d’Antrain / L’accès au quartier d’habitat se fera par l’allée de la croix Moussard. Il n’est pas prévu de créer un nouvel accès voiture depuis la rue d’Antrain. / Une connexion mode doux de ce quartier d’habitat avec les autres quartiers de la commune devra être aménagée. / Programmation / L’opération devra faire l’objet d’un aménagement d’ensemble portant sur une surface couvrant au minimum 55 % de la zone à dominante habitat. (…) ».

Si les dispositions précitées ne précisent pas si l’objectif d’environ seize nouveaux logements vise à fixer une densité minimale et/ou maximale de logements, l’orientation d’aménagement et de programmation en cause se rapporte à un zonage UD1 délimité spécifiquement pour la réalisation d’une opération de densification urbaine et appartient, selon le rapport de présentation, à la catégorie des « secteurs de renouvellement urbain où il est envisagé de restructurer des ensembles bâtis ou de densifier des dents creuses à l’intérieur des tâches urbaines existantes ». Le projet d’aménagement et de développement durables du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné précise en outre, quant à son orientation tendant à la limitation et à l’anticipation des opérations d’habitat sur l’environnement, que pourra notamment être imposée une densité minimale des opérations d’urbanisme à travers le règlement et les orientations d’aménagement. Il résulte ainsi des autres documents du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné, que les auteurs de ce document d’urbanisme ont entendu fixer un objectif minimal de création de logement à l’intérieur du périmètre de l’orientation d’aménagement et de programmation de Saint-Aubin-d’Aubigné n° 5 « rue d’Antrain » et non une règle de densité maximale ou un objectif fixe de densité. Partant, le projet contesté ne saurait être regardé comme étant incompatible avec cette orientation d’aménagement et de programmation en ce qu’il a prévu la création d’une densité de logements plus importante que celle prévue par cette orientation.

Si le projet ne prévoit que la réalisation de logements collectifs, il n’occupe pas l’ensemble des 4 600 m2 de superficie destinée à l’habitat à l’intérieur de cette orientation d’aménagement et de programmation sectorielle et ne fait pas obstacle à la réalisation d’une typologie variée de logements à l’intérieur de l’ensemble du périmètre concerné.

Il ressort des pièces du dossier que le projet couvre environ 53 % de la superficie de la zone à dominante d’habitat de l’orientation d’aménagement et de programmation de Saint-Aubin-d’Aubigné n° 5. S’il n’en couvre donc pas 55 % pour la réalisation de l’opération d’aménagement d’ensemble prévue par cette orientation d’aménagement et de programmation, le projet ne contrarie pas nettement l’orientation concernée.

S’agissant de la « connexion mode doux » à aménager dans le périmètre de l’orientation d’aménagement et de programmation, aucune des dispositions de cette orientation d’aménagement et de programmation n’impose que cette connexion soit cyclable et/ou accessible aux personnes à mobilité réduite. Ainsi, la circonstance que la connexion réalisée dans le cadre du projet entre l’allée de la Croix Moussard et la rue d’Antrain soit uniquement piétonne eu égard à l’aménagement, sur cette connexion, d’un escalier d’une vingtaine de marches, n’est pas incompatible avec les prévisions de l’orientation d’aménagement et de programmation n° 5 de Saint-Aubin-d’Aubigné.

Enfin, si le schéma d’orientation de cette orientation d’aménagement et de programmation projette un débouché du sentier piéton plus au Nord sur la rue d’Antrain que ne le prévoit le projet contesté, ce dernier comporte malgré tout, ainsi qu’il a été dit, une connexion piétonne sur la rue d’Antrain et ne contrarie dès lors pas nettement les principes d’aménagement de l’orientation d’aménagement et de programmation n° 5 de Saint-Aubin-d’Aubigné, qui consistent en la réalisation d’une liaison piétonne entre la rue d’Antrain et l’allée de la Croix Moussard à l’intérieur de la zone à dominante d’habitat du secteur qu’elle couvre.

Par suite, doit être écarté le moyen tiré de ce que le permis de construire contesté serait incompatible avec les orientations d’aménagement et de programmation du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicables sur le territoire de la commune de Saint-Aubin-d’Aubigné.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 3 de la section 2 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD :

Aux termes du paragraphe 3 de la section 2 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD : « (…) / Toute construction nouvelle présentant une surface de plancher supérieure ou égale à 100m2, la mise en place d’un dispositif de récupération des eaux de pluies d’une capacité supérieure ou égales à 300 L et pouvant être utilisé pour des usages extérieurs sans dispositif de pompage est requise. La mise en place d’une cuve de récupération enterrée de capacité supérieure visant notamment des usages internes à la construction (WC, nettoyage des sols...) est autorisée sous réserve de respecter certaines prescriptions techniques. / Toute construction nouvelle, hors constructions et installations affectées aux équipements d’intérêt collectif et services publics, présentant une surface de plancher supérieure ou égale à 500 m2 doit présenter un dispositif de production d’énergie renouvelable lui permettant d’assurer une couverture minimum de 50% de son énergie primaire (besoins en eau chaude sanitaire, chauffage et rafraîchissement) Il peut notamment s’agir de capteurs solaires pour la production d’eau chaude, de panneaux photovoltaïques ou de raccordement aux réseaux de chaleur. (…) ».

En premier lieu, il résulte de l’article 1 de l’arrêté contesté que le permis de construire contesté a été accordé conformément aux prévisions du dossier de demande sous réserve de la mise en place d’un dispositif de récupération des eaux de pluie d’une capacité minimale de trois cents litres et pouvant être utilisé pour des usages extérieurs sans système de pompage.

En second lieu, aucune pièce exigible en application des dispositions réglementaires du code de l’urbanisme n’est destinée à permettre à l’autorité compétente en matière d’autorisation d’urbanisme de déterminer la part d’énergie primaire d’origine renouvelable consommée par la future construction. Partant, à supposer que la note sur les consommations d’origines renouvelables produites à l’instance par la société Korenn Immobilier n’aurait pas figuré dans le dossier de demande, cette circonstance ne saurait entacher d’illégalité le permis de construire qui lui a été délivré. Au demeurant, il résulte de cette note, contrairement à ce que soutiennent les requérants, qu’il est probable que les pompes à chaleur individuelles dont l’installation est prévue à l’intérieur de l’immeuble projeté contribuent à l’utilisation d’énergies renouvelables pour une part supérieure à 50 % de la consommation énergétique totale de la future construction. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 3 de la section 2 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD doit être écarté en ses deux branches relatives à la récupération des eaux pluviales et à la production d’énergies renouvelables.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 4 de la section 2 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD :

Aux termes du paragraphe 4 de la section 2 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD : « (…) / Pour toute construction nouvelle, une surface éco-aménageable de 30 % de l’unité foncière sera réservée pour la réalisation d’espaces libres et de plantations. Les types d’espaces, construits ou non, entrant dans le décompte de cette surface minimale sont dotés d’un coefficient spécifique. / Ces espaces libres pourront accueillir des aires de stationnement non imperméabilisées, de jeux et de loisirs. Pour l’aménagement de ces espaces, les essences locales seront à privilégier. Il sera recherché une valorisation des végétaux existants notamment les arbres de haute tige et arbustes. (…) ». Selon les définitions du même règlement : « (…) Surface éco-aménageable / La surface éco-aménageable d’un terrain comprend les espaces favorables à la biodiversité et à la bonne gestion des eaux pluviales : / - Le sol en pleine terre compte pour 100% comme surface éco-aménageable, / - Les toitures végétalisées compte pour 100% comme surface éco-aménageable, / - Les aires de stationnement non imperméabilisées comptent pour 50% comme surface éco-aménageable. Liste non exhaustive : gravier, stabilisé, terre battue, dalles alvéolées, copeaux, dallage permettant une infiltration partielle de l’eau, platelage bois, chaussées drainantes, …. / Les surfaces imperméables, à savoir les revêtements imperméables pour l’air et l’eau, sans végétation ne sont pas prises en compte dans le calcul de la surface éco-aménageable. Liste non exhaustive : béton, bitume, dallage avec couche de mortier,… (…) ».

Il ressort des pièces du dossier, en particulier des mesures qui peuvent être faites sur le plan de masse établi à l’échelle 1/250, que les surfaces de pelouse, auxquelles il convient d’ajouter la moitié de la surface des places de stationnement réalisées en pavés enherbés, représenteront ensemble plus de 30 % de la superficie du terrain d’assiette de l’opération. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du paragraphe 4 de la section 2 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 5 de la section 2 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD :

Aux termes du paragraphe 5 de la section 2 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD : « (…) / La surface d’un emplacement vélo s’établit au minimum à 1,5 m2. (…) ». Il résulte du tableau annexé à ces dispositions qu’il est exigé une place de stationnement vélo par logement dans des locaux clos et couverts.

Le projet contesté prévoyant la réalisation de vingt-sept logements, il n’était tenu de prévoir que vingt-sept places de stationnement destinées aux vélos. Si, parmi les quarante-deux emplacements prévus, il ressort des extraits de plan insérés dans la notice du projet architectural que vingt-cinq de ces places mesureront un peu moins de 1,5 m2, ces plans ne portent délimitation des places que pour information et révèlent que le local vélo projeté à l’intérieur du futur bâtiment de logements collectifs pourra contenir au moins quarante emplacements vélo conformes aux exigences de dimensionnement minimal des places de stationnement. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le permis de construire contesté aurait été délivré en méconnaissance du paragraphe 5 de la section 2 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 4 de la section 3 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD :

Aux termes du paragraphe 4 de la section 3 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD : « (…) / Lorsque les bâtiments neufs sont équipés d’un parc de stationnement, ce parc est alimenté par un circuit électrique spécialisé pour permettre la recharge des véhicules électriques ou hybrides rechargeables dans les conditions prévues par le code de la construction et de l’habitation. ».

Il résulte des termes mêmes du deuxième alinéa de l’article R. 431-9 du code de l’urbanisme que le plan de masse doit indiquer, le cas échéant, les modalités de raccordement aux réseaux publics aux seuls bâtiments et ouvrages projetés. Les places de stationnement constituant un simple aménagement du sol et non un bâtiment ou un ouvrage, le plan de masse n’était pas tenu d’indiquer si, le cas échéant, ces places seraient alimentées par un circuit électrique spécialisé pour permettre la recharge des véhicules électriques ou hybrides rechargeables. Aucune autre pièce d’un dossier de demande de permis de construire ne devant indiquer si un tel circuit spécialisé est prévu, l’absence de mention de sa prévision dans les pièces du dossier, y compris la notice, ne saurait permettre de considérer qu’il ne serait pas effectivement installé dans le cadre de la réalisation du parc de stationnement projeté. Par suite, le moyen des requérants tiré de la méconnaissance du paragraphe 4 de la section 3 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD doit être écarté.


Sur l’application des articles L. 600-5 et/ou L. 600-5-1 du code de l’urbanisme :

Aux termes de l’article L. 600-5 du code de l’urbanisme : « (…), le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d’aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu’un vice n’affectant qu’une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l’annulation qu’il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l’autorisation pourra en demander la régularisation, même après l’achèvement des travaux. (…) ». Aux termes de l’article L. 600-5-1 du même code : « (…), saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d’aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu’un vice entraînant l’illégalité de cet acte est susceptible d’être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu’à l’expiration du délai qu’il fixe pour cette régularisation, même après l’achèvement des travaux. (…) ».

Il résulte de tout ce qui précède, en particulier de ce qui a été dit aux points 23 à 25, que le permis de construire contesté est entaché de plusieurs vices de légalité, sa desserte par l’allée de la Croix Moussard et son accès sur celle-ci n’étant pas conformes aux exigences du paragraphe 1 de la section 3 de la partie du règlement du plan local d’urbanisme du Val d’Ille-Aubigné applicable en zone UD et ayant été autorisés par erreur manifeste d’appréciation dans l’application de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme.

Il ne résulte pas de l’instruction que ces vices ne pourraient pas faire l’objet d’une régularisation par des modifications ne bouleversant pas le projet au point d’en affecter la nature même. Il y a lieu, en application de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme, de surseoir à statuer sur les conclusions des parties et de fixer à six mois le délai dans lequel la commune de Saint-Aubin-d’Aubigné et/ou la SAS Korenn Immobilier devront produire au tribunal une mesure de régularisation appropriée destinée à purger les vices de légalité identifiés par le présent jugement.

Dès lors qu’il est fait application de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme pour la régularisation de l’ensemble des vices de légalité identifiés, il n’y a pas lieu de faire application, pour les mêmes vices, des dispositions concurrentes de l’article L. 600-5 du code de l’urbanisme.


DÉCIDE :


Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de la SARL L.L.C. et autres jusqu’à l’expiration d’un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à la SAS Korenn Immobilier et à la commune de Saint-Aubin-d’Aubigné pour notifier au tribunal une mesure de régularisation.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n’est pas expressément statué par la présente décision sont réservés jusqu’en fin d’instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à SARL L.L.C., première dénommée, pour l’ensemble des requérants, à la commune de Saint-Aubin-d’Aubigné et la SAS Korenn Immobilier.


Délibéré après l’audience du 19 mars 2026 à laquelle siégeaient :

M. Tronel, président,
M. Desbourdes, premier conseiller,
Mme Villebesseix, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2026.


Le rapporteur,
signé
W. Desbourdes
Le président,
signé
N. Tronel

La greffière,
signé
I. Le Vaillant


La République mande et ordonne au préfet d’Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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