Le Tribunal administratif de Rennes était saisi par M. B... d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté fixant le pays de destination et un arrêté d’assignation à résidence. En cours d’instance, le préfet d’Ille-et-Vilaine a retiré ces deux arrêtés, ce qui a conduit le tribunal à constater que la requête était devenue sans objet. Le tribunal a donc prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions principales, tout en admettant provisoirement le requérant au bénéfice de l’aide juridictionnelle. Les textes appliqués sont le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, et le code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 janvier 2026, M. C... B..., représenté par Me Semino, demande au tribunal :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d’annuler l’arrêté du 9 janvier 2026 par lequel le préfet d’Ille-et-Vilaine fixe le pays de destination et l’arrêté du 12 janvier 2026 l’assignant à résidence ;
3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le préfet a méconnu son droit à pouvoir être entendu dans le cadre d’une procédure contradictoire ;
- le préfet n’a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- le jugement prononçant son interdiction du territoire n’est pas devenu définitif ;
- l’arrêté d’assignation à résidence est illégal en raison de l’illégalité de l’arrêté portant obligation de quitter le territoire français ;
- il méconnaît l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- il méconnaît sa liberté d’aller et venir ;
- le pouvoir réglementaire ne pouvait décider d’une telle restriction.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2026, le préfet d’Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés par M. B... ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gosselin, magistrat honoraire, pour exercer ses fonctions en application de l’article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Gosselin,
- les observations de Me Semino, représentant M. B..., absent, qui indique que l’arrêté d’assignation n’a plus de base légale,
- les observations de M. A..., représentant le préfet d’Ille-et-Vilaine, qui indique que l’arrêté fixant le pays de renvoi a été retiré et que l’arrêté d’assignation à résidence doit également être retiré.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience, en application de l’article R. 922-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Une pièce, présentée par le préfet d’Ille-et-Vilaine, a été enregistrée le 27 janvier 2026.
Considérant ce qui suit :
Sur l’aide juridictionnelle :
1. M. B... justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d’aide juridictionnelle, il y a lieu de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur le retrait des arrêtés attaqués :
2. Par arrêtés du 27 janvier 2026, postérieurs à l’introduction de la requête, le préfet d’Ille-et-Vilaine a retiré l’arrêté attaqué fixant le pays de renvoi et l’arrêté attaqué portant assignation à résidence. L’intéressé, à qui ces arrêtés ont été communiqués, n’a pas fait d’observation sur ce retrait et doit être regardé comme ayant obtenu satisfaction. Par suite, ses conclusions tendant à l’annulation de ces décisions sont devenues sans objet et il n’y a plus lieu de statuer sur la requête de M. B....
Sur les frais liés au litige :
3. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. B... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : M. B... est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n’y a pas lieu de statuer sur la requête de M. B....
Article 3 : Les conclusions de M. B... tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C... B... et au préfet d’Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2026.
Le magistrat désigné,
Signé
O. Gosselin
La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d’Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.