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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2601658

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2601658

vendredi 3 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2601658
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rennes rejette par ordonnance un recours pour excès de pouvoir contre le classement sans suite d'une demande de naturalisation. Il juge la requête manifestement irrecevable car le classement, intervenu après une mise en demeure restée sans réponse, ne constitue pas une décision faisant grief lorsque le dossier est effectivement incomplet. La juridiction applique les articles R. 222-1 et R. 421-1 du code de justice administrative ainsi que l'article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 3 mars 2026, Mme B... A... entend former un recours gracieux contre la décision du 15 janvier 2026 par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a classé sans suite sa demande de naturalisation.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4° rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. (…) ».

Selon l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision. (…) ».

Mme A... ne sollicite pas du tribunal l’annulation d’une décision administrative mais entend former un recours gracieux auprès du préfet d’Ille-et-Vilaine contre la décision par laquelle il a classé sans suite sa demande de naturalisation. Par suite, sa requête est manifestement irrecevable.

Aux termes de l’article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : « L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. ».

Le classement sans suite d’une demande de naturalisation motif pris du caractère incomplet du dossier ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet.

Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 24 octobre 2025, le préfet d'Ille-et-Vilaine a demandé à la requérante, sur le fondement de l’article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, la production de documents destinés à compléter sa demande. Il n’est pas sérieusement contesté qu’à la date de la décision attaquée, le dossier de demande de naturalisation de la requérante demeurait effectivement incomplet.

Par suite, la requête dirigée contre cette décision est manifestement irrecevable et doit, à ce titre, être rejetée sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Cette circonstance ne fait toutefois pas obstacle à ce que Mme A... saisisse à nouveau le préfet d’Ille-et-Vilaine d’une nouvelle demande de naturalisation.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Une copie en sera adressée au préfet d'Ille-et-Vilaine pour information.



Fait à Rennes, le 3 avril 2026.



Le président du tribunal,


signé


A. Poujade



La République mande et ordonne au préfet d’Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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