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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-1903389

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-1903389

vendredi 2 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-1903389
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantBOURGEY

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I/ Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n° 1903389, le 21 mai 2019, le 14 novembre 2019 et le 12 novembre 2020, la SAS H et L Prestations à domicile, représentée par Me Bourgey, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 mars 2019 par laquelle le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la région Auvergne Rhône-Alpes a prononcé à son encontre une amende administrative d'un montant de 43 450 euros ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision du 11 mars 2019 et de ramener la sanction à un simple avertissement assorti de la décharge de l'amende administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'inspecteur du travail a méconnu le respect du principe du contradictoire ;

- la sanction est entachée d'erreur de fait s'agissant de l'absence de décompte du temps de travail effectif des salariés ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 3121-1, L. 3121-2 et L. 3121-4 du code du travail, dès lors que les salariés qui réalisent une prestation par demi-journée rentrent à leur domicile, retrouvent leur autonomie, ne réalisent aucun trajet direct d'un client à un autre, et disposent d'une coupure d'une heure trente, voire deux heures, sur la pause méridienne, constituant une rupture du temps de travail, les prestations se trouvant nécessairement dans un rayon géographique limité de 25 kilomètres ;

- elle retient à tort que les éléments permettant de comptabiliser le temps de travail hebdomadaire n'ont pas été produits, alors que les plannings et relevés de télépointage permettent cette comptabilisation hebdomadaire ;

- elle ne porte pas sur les auxiliaires de vie qui sont amenés à faire des trajets directs entre plusieurs clients, l'inspection du travail ayant occulté le contrôle des éléments portant sur cette population de salariés ;

- elle est entachée d'erreur dans le champ d'application de la loi portant sur la preuve du temps de travail, l'administration lui ayant opposé des règles de preuve inexistantes ;

- l'inspection du travail a méconnu son obligation de loyauté et a commis un détournement de procédure et de pouvoir ainsi qu'un abus de pouvoir en ne la mettant pas en demeure préalablement s'agissant du décompte du temps de travail, en ne prenant pas connaissance des différentes pièces et des éléments de décompte du temps de travail tenues à sa disposition s'agissant des salariés non administratifs, en ne tenant pas compte de l'absence de sanction pour travail dissimulé, démontrant un décompte du temps de travail conforme aux dispositions du code du travail, et en ne prenant pas en compte les plannings hebdomadaires, le télépointage et les bulletins de salaire, récapitulatifs hebdomadaires du temps de travail des salariés ;

- la sanction porte sur l'ensemble des salariés, alors que l'inspection du travail reconnaît que certains salariés répondent d'un décompte du temps de travail conforme aux dispositions du code du travail ;

- à titre subsidiaire, il convient de ramener la sanction au prononcé d'un avertissement en application de l'article L. 8115-4 du code du travail, la faute reprochée ne justifiant pas une amende au-delà d'un simple avertissement.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 22 octobre 2019 et le 4 décembre 2019, la directrice régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Auvergne Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la SAS H et L Prestations à domicile ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 4 décembre 2020, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 janvier 2021.

II/ Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n° 2004524, le 3 août 2020, le 31 décembre 2021 et le 14 février 2022, la SAS H et L Prestations à domicile, représentée par la SCP Lyon-Caen et Thiriez, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre de perception du 13 septembre 2019 émis pour un montant de 43 450 euros, correspondant à l'amende administrative que lui a infligée le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la région Auvergne Rhône-Alpes ;

2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 43 450 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable, la réclamation préalable ayant correctement été adressée ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision du 11 mars 2019 prononçant la sanction administrative, pour les motifs énoncés dans ses écritures produites dans la procédure n° 1903389.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2020, le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Auvergne Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la SAS H et L Prestations à domicile ne produit pas de justificatif de la réception de sa contestation préalable par la direction régionale des finances publiques, de sorte qu'en l'état la requête est irrecevable ;

- les moyens soulevés par la SAS H et L Prestations à domicile doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux développés à l'appui de la requête n° 1903389 pendante devant le tribunal administratif de Grenoble.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 8 février 2021 et le 3 février 2022, le directeur régional des finances publiques d'Auvergne Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucune réclamation préalable n'ayant été déposée, la requête est irrecevable.

Par une ordonnance du 30 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2022.

III/ Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n° 2007456, le 9 décembre 2020, le 31 décembre 2021 et le 14 février 2022, la SAS H et L Prestations à domicile, représentée par la SCP Lyon-Caen et Thiriez, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis par le directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes le 15 juin 2020 en vue du recouvrement de la somme de 47 795 euros correspondant à l'amende administrative qui lui a été infligée ;

2°) de prononcer la mainlevée de la saisie administrative à tiers détenteur ;

3°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 47 795 euros ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle ne pouvait régulièrement intervenir dès lors que le recours administratif préalable obligatoire exercé le 2 décembre 2019 contre le titre de perception du 13 septembre 2019 a eu pour effet de suspendre le recouvrement de la créance ;

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision du 11 mars 2019 prononçant la sanction administrative, pour les motifs énoncés dans ses écritures produites dans la procédure n° 1903389.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 8 février 2021 et le 3 février 2022, le directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la SAS H et L Prestations à domicile et qui relèvent de sa compétence ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2021, la directrice régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la SAS H et L Prestations à domicile et qui relèvent de sa compétence ne sont pas fondés, pour les mêmes motifs que ceux énoncés dans le mémoire en défense transmis au tribunal pour la requête enregistrée sous le n° 1903389.

Par une ordonnance du 16 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 mars 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code du travail ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- la convention collective nationale des entreprises de services à la personne du 20 septembre 2012 (n° 3127) ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme d'Elbreil, conseillère,

- les conclusions de Mme Brenner Adanlété, rapporteure publique,

- et les observations de Me Bourgey, représentant la SAS H et L Prestations à domicile en ce qui concerne la requête enregistrée sous le n° 1903389 et substituant la SCP Lyon-Caen et Thiriez en ce qui concerne les requêtes enregistrée sous les nos 2005424 et 2007456.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS H et L Prestations à domicile exerce une activité d'aide à domicile pour personnes dépendantes. Elle a fait l'objet d'un contrôle de l'inspection du travail, à l'issue duquel des manquements relatifs à la tenue des documents de décompte de la durée du travail non collective des 869 salariés employés à temps partiel ont été constatés. Le 11 mars 2019, le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la région Auvergne Rhône-Alpes lui a infligé pour ce motif une sanction financière d'un montant de 50 euros par salarié concerné, soit un montant total de 43 450 euros. Le 13 septembre 2019, l'administration fiscale a émis à l'encontre de la SAS H et L Prestations à domicile un titre de perception en vue du recouvrement de cette somme, reçu par l'intéressée le 3 octobre 2019. Le 2 décembre 2019, la SAS H et L Prestations à domicile a formé opposition à ce titre de perception. Le 15 juin 2020, l'administration fiscale a émis un avis de saisie administrative à tiers détenteur à destination de la banque commerciale de la SAS H et L Prestations à domicile. La contestation formée par la société contre acte de poursuite a fait l'objet d'une décision de rejet du 28 septembre 2020. La société requérante demande au tribunal l'annulation de la sanction administrative du 11 mars 2019, du titre de perception du 13 septembre 2019 et de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 15 juin 2020, ainsi que la mainlevée de cette dernière mesure et la décharge de l'obligation de payer la somme réclamée.

Sur la jonction :

2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 1903389, 2005424 et 2007456, sont relatives à une sanction administrative ainsi qu'au titre exécutoire et à la saisie administrative à tiers détenteur émises dans le cadre de son recouvrement. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la sanction :

En ce qui concerne la légalité externe :

3. Si la société requérante soutient que le principe du contradictoire n'a pas été respecté, il résulte de l'instruction que de nombreux échanges ont eu lieu entre elle et l'inspection du travail. Ainsi, préalablement à la sanction du 11 mars 2019, une lettre d'information relative au projet de sanction administrative, datée du 22 novembre 2018, a été reçue par la société le 23 novembre 2018, le rapport de l'inspecteur du travail étant joint à ce courrier. En outre, un entretien a été réalisé avec les services de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) de la région Auvergne Rhône-Alpes, à la demande de la société. Dans ces circonstances, la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'aurait pas bénéficié d'un échange contradictoire avec les services de l'inspection du travail. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

4. Aux termes de l'article L. 3121-1 du code du travail : " La durée du travail effectif est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l'employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles ". Aux termes de l'article L. 3121-2 du même code : " Le temps nécessaire à la restauration ainsi que les temps consacrés aux pauses sont considérés comme du temps de travail effectif lorsque les critères définis à l'article L. 3121-1 sont réunis ". Aux termes de l'article L. 3121-4 de ce code : " Le temps de déplacement professionnel pour se rendre sur le lieu d'exécution du contrat de travail n'est pas un temps de travail effectif ". L'article 1 de l'arrêté du 3 avril 2014 par lequel le ministre du travail, de l'emploi et du dialogue social a étendu la convention collective nationale des entreprises de services à la personne, publié au Journal officiel de la République française du 30 avril 2014, dispose que : " Sont rendues obligatoires, pour tous les employeurs et tous les salariés compris dans son propre champ d'application () les dispositions de la convention collective des entreprises de services à la personne du 20 septembre 2012. / (). / L'article f de la section 2 du chapitre II de la partie II est étendu, sous réserve que le temps de trajet pour se rendre d'un lieu de travail à un autre constitue bien un temps de travail effectif, et à ce titre rémunéré comme tel, quelle que soit sa durée, conformément à l'article L. 3121-4 du code du travail tel qu'interprété par la jurisprudence de la Cour de cassation (Cass. soc. 16 juin 2004, n° 02-43685). / () ". Selon la section 2 du chapitre II de la partie II de cette convention : " () d) Temps de trajet du domicile au lieu d'intervention / Le temps normal de trajet effectué par le salarié afin de se rendre de son domicile au lieu d'exécution de l'intervention, lieu d'exécution du contrat, ou pour en revenir, ne constitue pas du temps de travail effectif. () / e) Temps de déplacement entre deux lieux d'intervention / Le temps de déplacement professionnel pour se rendre d'un lieu d'intervention à un autre lieu d'intervention constitue du temps de travail effectif lorsque le salarié ne peut retrouver son autonomie. / En cas d'utilisation de son véhicule personnel pour réaliser des déplacements professionnels, le salarié a droit à une indemnité qui ne peut être inférieure à : (voir textes salaires). / f) Temps entre deux interventions (1) / Les temps entre deux interventions sont pris en compte comme suit : / - en cas d'interruption d'une durée inférieure à 15 minutes, le temps d'attente est payé comme du temps de travail effectif ; / - en cas d'interruption d'une durée supérieure à 15 minutes (hors trajet séparant deux lieux d'interventions), le salarié reprend sa liberté pouvant ainsi vaquer librement à des occupations personnelles sans consignes particulières de son employeur n'étant plus à sa disposition, le temps entre deux interventions n'est alors ni décompté comme du temps de travail effectif, ni rémunéré. / Une journée de travail comporte un maximum de quatre interruptions / () ".

5. Aux termes de l'article L. 3171-2 du code du travail : " Lorsque tous les salariés occupés dans un service ou un atelier ne travaillent pas selon le même horaire collectif, l'employeur établit les documents nécessaires au décompte de la durée de travail, des repos compensateurs acquis et de leur prise effective, pour chacun des salariés concernés. / () ". Aux termes de l'article L. 3171-3 de ce code : " L'employeur tient à la disposition de l'agent de contrôle de l'inspection du travail mentionné à l'article L. 8112-1 les documents permettant de comptabiliser le temps de travail accompli par chaque salarié. / ( ) ". Aux termes de l'article D. 3171-8 du même code : " Lorsque les salariés d'un atelier, d'un service ou d'une équipe, au sens de l'article D. 3171-7, ne travaillent pas selon le même horaire collectif de travail affiché, la durée du travail de chaque salarié concerné est décomptée selon les modalités suivantes : / 1° Quotidiennement, par enregistrement, selon tous moyens, des heures de début et de fin de chaque période de travail ou par le relevé du nombre d'heures de travail accomplies ; / 2° Chaque semaine, par récapitulation selon tous moyens du nombre d'heures de travail accomplies par chaque salarié ".

6. Aux termes de l'article L. 8115-1 du code du travail : " L'autorité administrative compétente peut, sur rapport de l'agent de contrôle de l'inspection du travail mentionné à l'article L. 8112-1, et sous réserve de l'absence de poursuites pénales, soit adresser à l'employeur un avertissement, soit prononcer à l'encontre de l'employeur une amende en cas de manquement : / () / 3° A l'article L. 3171-2 relatif à l'établissement d'un décompte de la durée de travail et aux dispositions réglementaires prises pour son application ; / () ".

7. S'il résulte de ces dispositions combinées que les modalités de décompte de la durée quotidienne et hebdomadaire du travail sont laissées au libre choix de l'employeur, l'obligation faite à ce dernier d'établir les documents nécessaires au décompte de la durée de travail des salariés ont pour objet de permettre aux intéressés, aux représentants du personnel et à l'inspection du travail de vérifier le respect par l'employeur de la durée légale du travail, des règles de repos et de rémunération. Les documents établis par l'employeur doivent dès lors comporter les éléments d'information permettant, notamment à l'inspection du travail, d'effectuer ces vérifications. Il suit de là qu'ils ne satisfont pas aux exigences de l'article L. 3171-2 du code du travail s'ils ne mettent pas à même l'inspection du travail d'effectuer les contrôles qui lui incombent.

S'agissant du bien-fondé de la sanction administrative :

8. Il résulte de l'instruction que la SAS H et L Prestations à domicile emploie, pour la réalisation des services proposés, 869 aides à domicile. Ces aides à domicile réalisent soit une prestation dans la journée, soit deux prestations dans la journée réparties dans ce cas sur chaque demi-journée, soit plus de deux prestations par journée. Pour infliger la sanction attaquée à la SAS H et L Prestations à domicile, la DIRECCTE s'est fondée sur deux manquements relatifs à l'établissement d'un décompte de la durée du temps de travail de ces salariés ne travaillant pas selon le même horaire collectif. D'une part, elle a relevé que la SAS H et L Prestations à domicile ne comptabilisait pas les temps de trajet des aides à domicile qui réalisaient deux prestations par journée, réparties sur deux demi-journées, ne permettant pas de décompter ce temps dans la durée effective du temps de travail. D'autre part, elle a relevé que la société ne tenait pas de décompte hebdomadaire du nombre d'heures de travail accomplies par chaque salarié, en méconnaissance du 2° de l'article D. 3171-8 du code du travail précité.

9. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la DIRECCTE aurait entaché sa décision d'un détournement de pouvoir ou de procédure, ou qu'elle aurait abusé de ses pouvoirs dans le cadre du contrôle diligenté. En ce sens, il ne résulte pas de l'instruction que l'inspection du travail aurait refusé d'étudier les documents transmis par la société requérante. En outre, si les opérations de contrôle ont également concerné le personnel administratif de la société, et si certains échanges avec l'inspection du travail n'ont concerné que ce personnel lors des opérations de contrôle, il résulte de l'instruction qu'en juillet 2018, soit antérieurement à de nouveaux échanges avec l'administration, la société H et L Prestations à domicile a été interrogée sur le temps de trajet entre chaque client d'une même journée, de sorte que le contrôle a également porté sur le personnel non administratif. Enfin, la société requérante ne peut utilement se prévaloir de la circonstance que la décision attaquée ne comporterait pas d'informations relatives aux auxiliaires de vie réalisant des trajets directs entre plusieurs clients au sein d'une même demi-journée, ni des salariés administratifs, dès lors que la DIRECCTE ne s'est pas fondée sur ces faits pour lui infliger la sanction litigieuse.

10. En deuxième lieu, la SAS H et L Prestations à domicile soutient que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de fait s'agissant de l'existence de documents permettant un décompte du temps de travail. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'inspectrice du travail a constaté, dans son rapport du 10 septembre 2018 faisant suite au contrôle de la société, que si des décomptes du temps de travail existent au sein de l'entreprise, ils ne sont pas conformes aux prescriptions du code du travail. En outre, la décision attaquée vise également les documents de décompte du temps de travail qui ont été produits, à savoir un dispositif automatisé d'enregistrement des horaires, dont les mentions sont reportées dans un planning d'intervention par exportation, ainsi qu'un document individualisé renseignant de façon manuscrite la durée des temps de déplacement entre deux interventions réalisées sur une même demi-journée, pour les salariés se livrant à plusieurs interventions par demi-journées. Dans ces circonstances, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la DIRECCTE aurait entaché la décision attaquée d'erreur de fait s'agissant de l'existence même de documents retraçant un décompte du temps de travail. Par suite, le moyen doit être écarté.

11. En troisième lieu, la SAS H et L Prestations à domicile soutient que l'ensemble des salariés qui réalisent deux prestations par journée rentrent à leur domicile lors de la pause méridienne qui entrecoupe leurs deux interventions. Elle soutient que les trajets du lieu d'intervention au domicile puis du domicile au second lieu d'intervention ne doivent pas être comptabilisés, dès lors qu'ils ne constituent pas du temps de travail effectif. Elle ajoute que les contrats de travail prévoient toujours que les interventions ont lieu dans un périmètre de 25 kilomètres autour de la commune de résidence du salarié, de sorte que pour une pause d'une durée minimale d'une heure trente, le salarié retrouve nécessairement son autonomie.

12. Toutefois, il résulte des stipulations et dispositions précitées que, quelle que soit sa durée, le temps de trajet d'un lieu d'intervention à un autre constitue un temps de travail effectif pour le salarié. Le laps de temps qui s'écoule entre deux interventions doit dès lors être comptabilisé comme du temps de travail effectif si la durée du trajet pour se rendre d'un lieu d'intervention à un autre ne permet pas au salarié de retrouver son autonomie. La circonstance que les contrats de travail prévoient une distance d'intervention de 25 kilomètres autour de la commune de résidence du salarié, ne garantit pas à elle seule que les salariés bénéficient entre deux interventions, alors même que l'une aurait lieu le matin et l'autre l'après-midi, d'une interruption du travail d'une durée suffisante pour retrouver leur autonomie, dès lors, notamment, que la distance de 25 km n'est pas déterminée à partir du domicile du salarié mais de la commune de résidence de celui-ci, qui peut elle-même être étendue, et que le temps de trajet peut être variable selon le secteur d'intervention. Ainsi, en s'abstenant de comptabiliser le temps de trajet entre le lieu de la première intervention et celui de la seconde, la société requérante n'a pas établi de documents permettant à l'inspection du travail de vérifier que le salarié retrouve son autonomie lors de la pause méridienne, notamment qu'il bénéficie d'une pause supérieure à 15 minutes permettant de considérer qu'il a retrouvé sa liberté au sens du f) de la section 2 du chapitre 2 de la partie II de la convention collective des entreprises de services à la personne du 20 septembre 2012. La circonstance, au demeurant non établie, que les salariés rentreraient chez eux lors de la pause méridienne entre les deux interventions est à cet égard sans incidence sur la nécessité d'établir les documents permettant d'évaluer le temps de trajet entre ces deux interventions permettant de procéder au décompte du temps de travail effectif des salariés. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a estimé que les documents produits par la société requérante ne satisfaisaient pas aux exigences de l'article L. 3171-2 du code du travail.

13. En quatrième lieu, la SAS H et L Prestations à domicile soutient que le motif tenant à l'absence de décompte hebdomadaire du temps de travail ne serait pas établi. Elle soutient que le temps de travail était correctement comptabilisé par le biais du système informatique de télépointage, des plannings individuels hebdomadaires des salariés ainsi que des bulletins de paie des salariés. Toutefois, il est constant que le système de télépointage utilisé retraçait les heures de début et de fin d'intervention au domicile de chacun des bénéficiaires, mais ne précisait pas, par récapitulation et selon tous moyens, le nombre d'heures de travail accomplies par chaque salarié, ainsi que prévu par les dispositions du 2° de l'article D. 3171-8 du code du travail. En outre, il résulte de l'instruction que l'inspectrice du travail a relevé dans son rapport du 10 septembre 2018 que certains décomptes présentaient des incohérences dans l'enchaînement des missions réalisées, notamment compte tenu d'horaires se chevauchant. Enfin, il est constant que les bulletins de paie, établis de façon mensuelle, ne constituaient pas directement un outil de comptabilisation de la durée effective du temps de travail, mais permettaient de rémunérer les salariés une fois ce temps comptabilisé. Par suite, aucun des éléments avancés ne permet d'établir que la SAS H et L Prestations à domicile retraçait chaque semaine par récapitulation, le nombre d'heures de travail accomplies par chaque salarié, ainsi que prévu par les dispositions du 2° de l'article D. 3171-8 du code du travail. La circonstance que le prestataire informatique fournissant le logiciel utilisé par la SAS H et L Prestations à domicile n'était pas en mesure de fournir un récapitulatif hebdomadaire des heures de travail est à cet égard sans incidence sur l'obligation pour l'entreprise de respecter ses obligations au regard des dispositions précitées.

14. En cinquième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 6 et que le soutient la société requérante, l'employeur est libre de la méthode retenue pour parvenir au décompte de la durée quotidienne et hebdomadaire du temps de travail. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, les décomptes produits ne permettent pas de répondre aux exigences des dispositions précitées. Dans ces circonstances, l'inspection du travail n'a pas imposé à la société de décompte au moyen de supports particuliers, de sorte que cette dernière n'est pas fondée à soutenir que l'administration aurait ainsi ajouté à la loi. Par suite, le moyen tiré de l'erreur dans le champ d'application de la loi doit être écarté.

15. En sixième lieu, la SAS H et L Prestations à domicile soutient à la fois que la décision attaquée inclurait à tort des salariés pour lesquels un décompte du temps de trajet entre les différents lieux de prestation a été effectué et que ces mêmes salariés n'auraient pas fait l'objet d'un contrôle effectif. Toutefois, la décision attaquée relève que le manquement portant sur l'absence de décompte quotidien des déplacements entre interventions est retenu pour tous les salariés sauf dix d'entre eux. Elle relève ensuite que l'ensemble des salariés sont concernés par l'absence de décompte individuel et hebdomadaire du temps de travail effectif. Dès lors, c'est à bon droit que l'ensemble des 869 salariés visés par le rapport de l'inspectrice du travail ont été inclus dans la sanction prononcée par le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Auvergne Rhône-Alpes.

16. En septième lieu, la SAS H et L Prestations à domicile se prévaut de la circonstance qu'elle n'ait pas fait l'objet de poursuites et de condamnations pénales pour travail dissimulé. Toutefois, d'une part, il résulte de la lettre des dispositions précitées de l'article L. 8115-1 du code du travail que l'absence de poursuites pénales est une condition nécessaire au prononcé d'une sanction administrative. D'autre part, les dispositions de l'article L. 3171-2 précitées sont relatives non pas à l'existence de travail dissimulé mais aux modalités du décompte du temps de travail, de sorte que l'existence de travail dissimulé est à cet égard sans incidence. Par suite, la requérante ne peut utilement s'en prévaloir, a contrario, pour contester la sanction administrative dont elle a fait l'objet.

S'agissant de la proportionnalité de la sanction administrative :

17. Aux termes de l'article L. 8115-3 du code du travail : " Le montant maximal de l'amende est de 4 000 euros et peut être appliqué autant de fois qu'il y a de travailleurs concernés par le manquement. / () ". Aux termes de l'article L. 8115-4 du même code : " Pour déterminer si elle prononce un avertissement ou une amende et, le cas échéant, pour fixer le montant de cette dernière, l'autorité administrative prend en compte les circonstances et la gravité du manquement, le comportement de son auteur, notamment sa bonne foi, ainsi que ses ressources et ses charges ".

18. La SAS H et L Prestations à domicile soutient à titre subsidiaire que la sanction serait disproportionnée et qu'un simple avertissement aurait dû être prononcé à son encontre, en faisant valoir sa bonne foi. Toutefois, l'absence de comptabilisation des temps de trajet entre deux lieux de prestation a pour effet potentiel de priver les salariés d'une partie de leur rémunération, dans le cas où le temps de pause restant ne permettrait pas de considérer que les salariés concernés retrouvent effectivement leur autonomie. En outre, si le manquement relatif au décompte du temps de trajet n'a pas été préalablement abordé, celui relatif au décompte hebdomadaire du temps de travail avait été relevé au cours d'un premier contrôle de l'entreprise réalisé au cours de l'année 2017, ce qui aurait dû alerter la société. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la SAS H et L Prestations à domicile a réalisé en 2016 et en 2017 un chiffre d'affaires net de près de 4 millions d'euros. Dès lors, en retenant une sanction de 50 euros par salarié, alors qu'il résulte des dispositions précitées que la sanction maximale encourue est d'un montant de 4 000 euros, le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Auvergne Rhône-Alpes n'a pas entaché la décision attaquée d'erreur d'appréciation. Par suite, le moyen doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la SAS H et L Prestations à domicile aux fins d'annulation de la décision du 11 mars 2019 doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'annulation du titre de perception du 13 septembre 2019 :

En ce qui concerne la régularité formelle du titre de perception :

20. Aux termes de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 : " () / Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". Il résulte de ces dispositions que l'Etat ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par une référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels il s'est fondé pour déterminer le montant de la créance.

21. Le titre de perception émis le 13 septembre 2019 mentionne l'objet de la créance et rappelle qu'il fait suite à une amende administrative n° 2018-0226547 prononcée par décision du 11 mars 2019 d'un montant de 43 450 euros, sur le fondement des articles L. 3171-2 et D. 3171-8 du code du travail, pour non-respect de la tenue conforme des documents de décompte de la durée du temps de travail, sanctionné par les articles L. 8115-1 et L. 8115-3 du code du travail. Il précise qu'une amende de 50 euros a été infligée, multipliée par 869 salariés concernés. Ainsi, le titre de perception est suffisamment motivé au sens des dispositions précitées. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé du titre de perception :

22. A l'appui de son opposition au titre de perception du 13 septembre 2019, la SAS H et L Prestations à domicile conteste la légalité de la décision du 11 mars 2019 par laquelle le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la région Auvergne Rhône-Alpes lui a infligé une sanction financière de 43 450 euros, en se prévalant des mêmes moyens que ceux invoqués dans la requête enregistrée sous le n° 1903389. Ainsi, il convient d'écarter l'exception d'illégalité pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment par le présent jugement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 15 juin 2020 :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance de motivation :

23. Aux termes de l'article 119 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 : " Les actes de poursuites, délivrés pour le recouvrement des titres de perception émis dans le cadre de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables d'une contestation conformément aux articles L. 281 et R. 281-1 et suivants du même livre. / () ". Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. / () ".

24. Il résulte des dispositions précitées qu'il n'appartient pas au juge administratif de connaître d'une contestation relative à la régularité en la forme de l'acte de poursuite, qui ressortit à la compétence du juge de l'exécution. Par suite, la SAS H et L Prestations ne peut utilement invoquer dans le cadre de la présente instance l'insuffisante motivation de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 15 juin 2020.

En ce qui concerne le moyen tiré de la suspension de l'exécution forcée :

25. Aux termes de l'article 117 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 : " Les titres de perception émis en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables : / 1° Soit d'une contestation portant sur l'existence de la créance, son montant ou son exigibilité ; / 2° Soit d'une contestation portant sur la régularité du titre de perception. / Les contestations du titre de perception ont pour effet de suspendre le recouvrement de la créance ". Aux termes de l'article 118 du même décret : " En cas de contestation d'un titre de perception, avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser cette contestation, appuyée de toutes pièces ou justifications utiles, au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. / Le droit de contestation d'un titre de perception se prescrit dans les deux mois suivant la notification du titre ou, à défaut, du premier acte de poursuite qui procède du titre en cause. / Le comptable compétent accuse réception de la contestation en précisant sa date de réception ainsi que les délais et voies de recours. Il la transmet à l'ordonnateur à l'origine du titre qui dispose d'un délai pour statuer de six mois à compter de la date de réception de la contestation par le comptable. A défaut d'une décision notifiée dans ce délai, la contestation est considérée comme rejetée. / La décision rendue par l'administration en application de l'alinéa précédent peut faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de cette décision ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d'expiration du délai prévu à l'alinéa précédent ". Il résulte de ces dispositions que l'opposition régulièrement formée par le débiteur à l'encontre du titre de perception émis à son encontre suspend la possibilité pour l'administration de recourir aux modes de recouvrement forcé.

26. La SAS H et L Prestations à domicile soutient que, par un courrier du 2 décembre 2019, elle a formé une contestation contre le titre de perception du 13 septembre 2019, notifié selon le tampon figurant sur l'acte le 3 octobre 2019. Toutefois, l'administration fiscale conteste avoir reçu ce courrier. Pour établir sa réception, la SAS H et L Prestations produit un relevé d'historique des envois disponible sur le site " Chronopost " mentionnant l'envoi, le 2 décembre 2019, d'un colis d'un poids de 4,4 kilogrammes par l'avocat de la société à destination de l'ordonnateur de la direction régionale des finances publiques en charge du dossier, ainsi qu'un bordereau d'envoi de ce colis, dont le numéro correspond à celui figurant sur le relevé d'historique des envois. Elle produit également un document intitulé " preuve de livraison " comportant la photographie d'une signature sur écran de la personne réputée avoir réceptionné le colis. Toutefois, ce dernier document ne précise aucune date de réception du colis, mais comporte au contraire la mention " Preuve de livraison disponible dans un délai d'un jour ouvré après la livraison. Merci de réessayer ultérieurement ". Il ne comporte également aucune référence ni aucun numéro permettant de relier cette " preuve de réception " à l'envoi du colis effectué le 2 décembre. Par ailleurs, si la page éditée depuis le site " Chronopost " comporte, en haut à droite, la date du " 04/12/2019 ", correspondant vraisemblablement à celle de l'impression du document, l'historique des envois versé à l'instance porte quant à lui une date postérieure du " 06/12/2019 ". Enfin, la société requérante n'indique nulle part dans ses écritures à quelle date le destinataire du colis l'aurait réceptionné, ni n'explique l'absence de mention de la date de réception sur la " preuve de livraison " dont elle se prévaut. Compte tenu de ces éléments, un doute subsiste sur la réception effective du colis par l'administration fiscale ou, à tout le moins, sur la date de cette réception. Par suite, il n'est pas établi qu'au moment de l'émission de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 15 juin 2020, le recouvrement de la créance était suspendu.

En ce qui concerne l'exception d'illégalité :

27. A l'appui de son recours contre la saisie administrative à tiers détenteur du 15 juin 2020, la SAS H et L Prestations à domicile conteste la légalité de la décision du 11 mars 2019 par laquelle le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la région Auvergne Rhône-Alpes lui a infligé une sanction financière de 43 450 euros, en se prévalant des mêmes moyens que ceux invoqués dans la requête enregistrée sous le n° 1903389. Ainsi, il convient d'écarter l'exception d'illégalité pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment par le présent jugement.

28. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la SAS H et L Prestations à domicile aux fins d'annulation de la sanction du 11 mars 2019, ainsi que celles relatives à l'annulation du titre de perception du 13 septembre 2019 et de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 15 juin 2020 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer la somme réclamée, ainsi que d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de la SAS H et L Prestations à domicile sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS H et L Prestations à domicile, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques d'Auvergne Rhône-Alpes et du département du Rhône et au direction régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la région Auvergne Rhône-Alpes.

Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. L'Hôte, président,

Mme Bardad, première conseillère,

Mme d'Elbreil, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2022.

La rapporteure,

M. D'ELBREIL

Le président,

V. L'HÔTELa greffière,

L. ROUYER

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 1903389, 2004524, 2007456

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