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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-1906686

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-1906686

lundi 17 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-1906686
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELAS FIDAL - BUREAU DE LYON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 octobre 2019, M. E A C, représenté par

Me Olivier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er août 2019 par laquelle le président de la communauté de communes des sources du lac d'Annecy a rejeté sa demande du 5 juillet 2019 sollicitant l'abrogation et la modification du zonage du PLUi pour les parcelles cadastrées section OA n° 214, 215 et 216 situées à Seythenex ;

2°) d'enjoindre à la communauté de communes des sources du lac d'Annecy de classer les parcelles cadastrées section OA n° 214, 215 et 216 à Seythenex en zone constructible ;

3°) de mettre à la charge de la communauté de communes des sources du lac d'Annecy une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le classement de ces parcelles en zone Aef est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ; un tel zonage contrevient aux objectifs du rapport de présentation, du projet d'aménagement et de développement durables ainsi que des préconisations du SCot ;

- ces parcelles constituent des dents creuses au sens de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme qui favorise l'urbanisation des dents creuses.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2019, la communauté de communes des sources du lac d'Annecy, représentée par Me Rouchon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme D ;

-les conclusions de Mme B ;

-et les observations de Me Amblard, représentant la communauté de communes des sources du lac d'Annecy.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 20 octobre 2016, le conseil communautaire de la communauté de communes des sources du lac d'Annecy a approuvé le PLUi du pays de Faverges. Par un courrier du 27 juin 2019, M. A C a sollicité l'abrogation de cette délibération en tant qu'elle classe les parcelles cadastrées section OA n° 214, 215 et 216 à Seythenex en zone Aef. Par une décision du 1er août 2019, le président de la communauté de communes des sources du lac d'Annecy a rejeté cette demande d'abrogation. Par la présente requête, M. A C demande l'annulation de cette décision de refus.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A " ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ". Une zone agricole, dite " zone A ", du PLU à vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.

3. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.

4. Les parcelles cadastrées section OA n° 214, 215 et 216 situées au lieudit " La Raynoz " à Faverges-Seythenex d'une contenance d'environ 1 000 m2 sont vierges de toute construction. Il ressort des documents photographiques produits par les parties que si les parcelles sont bordées par la route de Tamie (RD n° 12) et la route communale dit de la Raynoz et sont proches de plusieurs constructions, et à supposer même qu'elles puissent être qualifiées de dents creuses, elles se situent à l'extérieur du centre-ville de la commune nouvelle. Elles appartiennent à une vaste zone agricole, formée de parcelles classées en zone Aef ou Ap autour du hameau du Tertenoz avec lequel elles forment un ensemble cohérent et ce quel que soit la valeur agricole de ces parcelles. Par ailleurs, le classement des parcelles en litige en zone agricole répond aux objectifs du SCoT du Bassin Annecien de stopper le mitage en concentrant le développement dans les pôles ainsi que de préserver les terres agricoles. Il répond également aux objectifs que se sont assignés les auteurs du PLUi de préserver l'espace agricole, de lutter contre l'étalement urbain et d'utiliser en priorité les terrains non bâtis dans les enveloppes urbaines au sein de laquelle ne figure pas les parcelles en cause. Dans ces conditions, et alors que le tènement était déjà classé en zone agricole dans le précédent plan local d'urbanisme de la commune de Seythenex, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation entachant le classement en zone A des parcelles en cause doit être écarté.

5. Si M. A C se prévaut de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, cet article s'applique aux communes littorales dont ne fait pas partie la commune de Faverges-Seythenex. Au demeurant, cet article prévoit qu'aucune construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages ou de ces secteurs déjà urbanisés.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A C tendant à l'annulation de la décision du 1er août 2019 par laquelle le président de la communauté de communes des sources du lac d'Annecy a refusé d'abroger partiellement le PLUi en tant qu'il classe les parcelles, cadastrées section OA n° 214, 215 et 216 en zone Aef doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.

Sur les frais de justice :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes des sources du lac d'Annecy, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A C, la somme demandée par la communauté de communes des sources du lac d'Annecy sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes des sources du lac d'Annecy présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A C et à la communauté de communes des sources du lac d'Annecy.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Jourdan, présidente,

Mme Barriol, première conseillère,

Mme Beauverger, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2022.

La rapporteure,

E. D

La présidente,

D. JOURDAN

La greffière,

C. JASSERAND

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°1906686

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