vendredi 20 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-1906767 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 octobre 2019, M. A B, représenté par Me Huard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 4 septembre 2019 ayant refusé de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de le rétablir dans ses droits aux conditions matérielles d'accueil, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle n'est pas motivée en méconnaissance des articles L. 744-8 et D. 744-38 du même code et de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations sur la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil ;
- il remplissait les conditions pour obtenir le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
- la décision de refus est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 8 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 11 avril 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juillet 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. L'Hôte, vice-président, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen, déclare être entré en France le 29 janvier 2017. Il a déposé le 23 mars 2017 une demande d'asile enregistrée en procédure " Dublin ". Il a accepté le même jour l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Ne s'étant pas présenté le jour du vol prévu pour son transfert vers l'Italie, il a été déclaré en fuite le 6 novembre 2017. L'Office français de l'immigration et de l'intégration a alors suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. A l'expiration du délai de transfert, M. B s'est de nouveau présenté en préfecture en faisant valoir que la France était devenue responsable de sa demande d'asile, laquelle a été placée en procédure accélérée le 7 juin 2019. Par une lettre du 3 juillet 2019, reçue par l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 4 juillet, il a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, il demande l'annulation de la décision implicite née le 4 septembre 2019 du silence gardé sur cette demande.
2. Aux termes de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile () sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile () ". Aux termes de l'article L. 744-8 du même code, dans sa rédaction également applicable en l'espèce : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile ; / (). / Lorsque le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ".
3. Il résulte de ces dispositions que les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile auquel il est procédé en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si, par la suite, les conditions matérielles proposées et acceptées initialement peuvent être modifiées, en fonction notamment de l'évolution de la situation du demandeur ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas l'obligation pour l'Office de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil qui avaient été proposées et acceptées initialement par le demandeur. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pour statuer sur une demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement, au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
4. En premier lieu, il ne ressort ni des dispositions précitées de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction applicable au présent litige, ni d'aucune autre disposition législative ou réglementaire que la décision portant refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil doive être écrite et motivée, cette exigence ne portant que sur les décisions de suspension, de refus ou de retrait des conditions matérielles d'accueil. Si M. B cite dans sa requête les dispositions de l'article 20 de la directive 2013/33/UE, selon lesquelles les décisions de rétablissement des conditions matérielles d'accueil doivent faire l'objet d'une décision dûment motivée, il ne peut s'en prévaloir directement contre la décision attaquée, dès lors que les dispositions invoquées de la directive ont été transposées en droit interne notamment à l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le requérant ne soulève pas l'incompatibilité des dispositions législatives précitées à celles de la directive 2013/33/UE. Par suite, il ne peut utilement se prévaloir de l'absence de motivation de la décision portant refus de rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil.
5. En deuxième lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale.
6. Le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir les conditions matérielles d'accueil de M. B n'a pas été pris en application de la décision ayant antérieurement suspendu ces conditions matérielles d'accueil ni n'a cette décision de suspension comme base légale. Par suite, le requérant ne peut utilement invoquer l'illégalité de la suspension des conditions matérielles d'accueil à l'appui de sa contestation de la décision de refus de rétablissement.
7. En troisième lieu, M. B, déclaré en fuite le 6 novembre 2017, n'apporte aucun élément de nature à justifier le manquement à son obligation de se présenter aux autorités le jour du vol prévu pour son transfert vers l'Italie. Les certificats médicaux dont il se prévaut sont à cet égard tous postérieurs à la date du transfert et n'établissent pas l'impossibilité pour l'intéressé de voyager jusqu'en Italie où il aurait pu bénéficier d'une prise en charge médicale appropriée à son état de santé. Les mêmes certificats médicaux, dont l'authenticité est d'ailleurs douteuse, ne permettent pas davantage d'établir qu'à la date de la décision attaquée, le requérant était dans une situation de particulière vulnérabilité alors que l'Office français de l'immigration et de l'intégration fait valoir qu'il a bénéficié, lors de l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure accélérée, d'un entretien de vulnérabilité au cours duquel il n'a pas fait valoir d'élément spécifique, notamment son état de santé. Par suite, en refusant de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a entaché sa décision ni d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Huard et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
Mme Bardad, première conseillère,
Mme d'Elbreil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 janvier 2023.
Le Président-rapporteur,
V. L'HÔTEL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
N. BARDAD
La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026