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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-1907337

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-1907337

mardi 23 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-1907337
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème Chambre
Avocat requérantANGOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 novembre 2019 et le 19 janvier 2022, M. A C, représenté par Me Angot, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 mars 2018 par laquelle le ministre des armées a rejeté sa demande d'allocation pour tierce personne ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au profit de son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la majoration peut être accordée pour faire face à des manifestations imprévisibles des infirmités dont il est atteint ;

- le médecin expert qui l'a examiné a relevé qu'il était sujet à des crises impliquant une surveillance constante.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 janvier 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen soulevé par M. C n'est pas fondé.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 février 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions militaires et des victimes de guerre ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les conclusions de M. Heintz, rapporteur public,

- et les observations de Me Angot, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, né en 1942, a été engagé dans la gendarmerie en mars 1964 et rayé des contrôles le 6 mai 1979. Il est titulaire en dernier lieu d'une pension militaire d'invalidité définitive au taux de 100 % pour psychose maniaco-dépressive en exécution d'un jugement du tribunal militaire des pensions du 9 mai 2012. Le 18 mai 2016, il a sollicité le bénéfice de la majoration pour tierce personne. Par la décision attaquée du 23 mars 2018, le ministre des armées a rejeté sa demande.

Sur le bien-fondé de la décision :

2. Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 133-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Les invalides que leurs infirmités rendent incapables de se mouvoir, de se conduire ou d'accomplir les actes essentiels de la vie et qui, vivant chez eux, sont obligés de recourir d'une manière constante aux soins d'une tierce personne, ont droit, à titre d'allocation spéciale, à une majoration égale au quart de la pension. / Cette majoration est portée au montant de la pension pour les invalides atteints d'infirmités multiples dont deux au moins leur auraient assuré, chacune prise isolément, le bénéfice de l'allocation mentionnée au premier alinéa. ".

3. Ces dispositions ne peuvent être interprétées comme exigeant que l'aide d'un tiers soit nécessaire à l'accomplissement de la totalité des actes nécessaires à la vie. Elles imposent toutefois que l'aide d'une tierce personne soit indispensable ou bien pour l'accomplissement d'actes nombreux se répartissant tout au long de la journée, ou bien pour faire face à des manifestations imprévisibles des infirmités dont le pensionné est atteint, soit à des soins dont l'accomplissement ne peut être subordonné à un horaire préétabli, et dont l'absence mettrait sérieusement en danger l'intégrité physique ou la vie de l'intéressé.

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que si l'expertise médicale qui a été réalisée à la suite de la demande de M. C, relève que si l'intéressé est sujet à des malaises, des chutes et des crises, ces évènements ne constituent pas un danger pour le malade mais impliquent en revanche une surveillance lorsqu'elles surviennent et que l'assistance d'une tierce personne est nécessaire pour faire face à des complications passagères. Dans un avis du médecin chargé des pensions militaires d'invalidité, il est noté que l'intéressé, en raison de sa psychose maniaco-dépressive chronicisée, n'est pas dans l'obligation d'avoir recours d'une manière constante à l'aide d'un tiers pour accomplir les actes essentiels à la vie courante et qu'en particulier il peut conduire seul sa voiture. Enfin, la commission consultative médicale a observé que M. C était apte à la réalisation seul de la quasi-totalité des actes essentiels de la vie courante.

5. Dans ces conditions, la ministre des armées n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 133-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre en rejetant la demande de M. C tendant au bénéfice de la majoration qu'elles prévoient.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Angot et au ministre des armées.

Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :

M. Wyss, président,

Mme Fourcade, première conseillère,

Mme Vaillant, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 août 2022.

Le président rapporteur,

J. P. B

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

F. FOURCADE

Le greffier,

G. MORAND

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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