mercredi 9 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-1907685 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS- CADOZ- LACROIX- REY- VERNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 novembre 2019, 19 novembre 2021, Mme A, représentée par Me Bastid, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 3 juin 2019 par laquelle le conseil municipal de la commune d'Onnion a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune, ainsi que la décision du rejetant implicitement le recours gracieux qu'elle a présenté le 24 juillet 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Onnion une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- le commissaire-enquêteur a manqué à son devoir d'impartialité et son rapport est insuffisamment motivé ;
- la création de l'emplacement réservé n°10 sur son exploitation agricole est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et de détournement de pouvoir.
Par des mémoires, enregistrés le 17 mars 2020 et le 14 décembre 2021, la commune d'Onnion, représentée par Me Lacroix, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à l'annulation de la délibération du 3 juin 2019 approuvant le plan local d'urbanisme uniquement en ce qu'elle classe crée l'emplacement réservé n°10, à titre insuffisamment subsidiaire à ce que soit prononcé un sursis à statuer en application de l'article L.600-9 du code de l'urbanisme et, en toute hypothèse à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune d'Onnion fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Un courrier a été adressé le 21 octobre 2021 aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les informant de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et précisant la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2.
Par une ordonnance du 4 mars 2022, a été prononcée, en application des articles R.613-1 et R. 611-11-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jourdan, présidente,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bastid, représentant Mme A et de Me Plenet, représentant la commune d'Onnion.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la délibération du 3 juin 2019 par laquelle le conseil municipal d'Onnion a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune, ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête. Si ce délai ne peut être respecté, un délai supplémentaire peut être accordé à la demande du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête par l'autorité compétente pour organiser l'enquête, après avis du responsable du projet. / Le rapport doit faire état des observations et propositions qui ont été produites pendant la durée de l'enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître d'ouvrage. / () ". Aux termes de l'article R.123-19 du même code : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. / () ".
3. Le rapport du commissaire enquêteur détaille la composition du dossier d'enquête publique et présente l'organisation et le déroulement de celle-ci. Il rappelle les principaux traits du projet et les avis des personnes publiques associées. Il ressort des points 7, 8 du rapport du commissaire-enquêteur que ce dernier a rendu un avis sur les observations notées ou annexées au registre d'enquête et, plus particulièrement en pages 24 et 25, sur les éléments apportés par Mme A. Le commissaire-enquêteur a, ainsi, relevé que la réalisation du verger conservatoire prévu au sein de l'emplacement réservé n°10 permettra d'améliorer le cadre environnemental d'un secteur particulièrement dégradé et que les problèmes soulevés pourraient être réglés dans le cadre des études de mise en œuvre de ce projet et ne paraissent pas insurmontables. Il ressort ainsi du rapport du commissaire-enquêteur, qui n'avait pas à répondre à l'ensemble des observations émises, que celui-ci a examiné et répondu aux observations de la requérante, bien que cette dernière soit en désaccord avec l'avis rendu. Par ailleurs, il n'apparaît pas que cet avis contiendrait des contradictions de nature à remettre en cause l'impartialité du commissaire-enquêteur. L'incident décrit par Mme A lors de la visite de son exploitation le 4 janvier 2019 n'est corroboré par aucune pièce et ne permet pas d'établir que le commissaire-enquêteur aurait manqué à ses devoirs d'impartialité et d'indépendance. Les fonctions précédemment exercées par ce dernier à Bonneville ne suffisent, enfin, pas à démontrer qu'il aurait été intéressé au projet à titre personnel. Par suite, le moyen tiré de ce que l'enquête serait irrégulière dès lors que le commissaire-enquêteur n'aurait pas rendu un avis motivé et impartial sur les observations de la requérante doit être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : () 2o Des emplacements réservés aux installations d'intérêt général à créer ou à modifier ; / 3o Des emplacements réservés aux espaces verts à créer ou à modifier ou aux espaces nécessaires aux continuités écologiques ; () ".
5. Il ressort du règlement graphique du plan local d'urbanisme que l'emplacement n°10 est destiné à l'aménagement d'un verger conservatoire au lieudit " Les Crottes ". D'une superficie de 8 100 m², cet emplacement concerne les parcelles cadastrées section A nos 1490, 1491, 1494 et 1495 pour lesquelles Mme A bénéficie d'un bail rural depuis avril 2010. Selon le rapport de présentation du plan, le verger conservatoire projeté est conçu comme " un lieu de mémoire et de conservation de la diversité biologique et génétique avec des variétés anciennes de fruits (notamment pommes et poires) " et celui-ci pourra également abriter des animaux. Si Mme A soutient qu'aucun parti d'aménagement ne justifie la création de cet emplacement au cœur de son exploitation agricole, il ressort cependant des pièces du dossier que le projet de verger en cause est expressément inscrit dans l'objectif du projet d'aménagement et de développement durables " conforter le cadre de vie et maîtriser l'urbanisation " qui vise notamment à valoriser le patrimoine environnemental et paysager de la commune. Par ailleurs, il n'est pas démontré que l'emplacement réservé affecterait l'activité agricole dont se prévaut la requérante. Les circonstances que l'emplacement choisi serait peu visible, pentu et difficile d'accès ne suffisent pas à remettre en cause la pertinence de la localisation choisie. Si Mme A soutient qu'il existe déjà un verger communal au centre de la commune, sur une parcelle plane et facile d'accès, il n'appartient toutefois pas au juge administratif d'apprécier l'opportunité du choix de la localisation d'un emplacement réservé par rapport à d'autres localisations possibles. Par ailleurs, l'existence de ce verger communal, à vocation pédagogique et de taille plus modeste, ne suffit pas à priver d'intérêt la création d'un verger conservatoire, tel que le plan local d'urbanisme le définit. Ainsi, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'institution de l'emplacement réservé n°10 serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
6. Si Mme A fait état d'un contentieux qui l'oppose à la commune, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que l'institution de l'emplacement réservé n°10 reposerait sur des considérations étrangères à l'urbanisme et serait entachée d'un détournement de pouvoir.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération du 3 juin 2019 par laquelle le conseil municipal de la commune d'Onnion a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Onnion, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la commune d'Onnion.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Onnion en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune d'Onnion.
Délibéré après l'audience du17 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente rapporteure,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2022.
La présidente-rapporteure,
D. Jourdan
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
E. Barriol
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°1907685
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026