lundi 12 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2000483 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BERTHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 janvier 2020 et le 8 octobre 2020, M. G D, représenté par Me Berthé demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2019 par lequel le maire de la commune de Collonges-sous-Salève a délivré un permis de construire à M. E et Mme A pour l'édification d'une maison individuelle sur la parcelle cadastrée section AD n° 198 (lot B), ensemble le rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Collonges-sous-Salève une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- le remblaiement pour la création d'une plateforme au droit du garage et de la maison va au-delà des affouillements autorisés par l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- la construction avec ses pilotis, sa toiture, ses menuiseries extérieures et son bardage de couleur gris ne s'intègre pas dans l'environnement bâti préexistant ;
- l'article 3 impose un accès unique aux deux lots et à défaut d'avoir été précédé de la délivrance d'un permis d'aménager, le lotissement dans lequel se situe le projet n'a pas été légalement autorisé ;
- compte tenu de l'altimétrie du terrain et du remodelage du terrain pour la réalisation de la voie, la prescription exigeant que l'accès au lot soit regroupé avec l'accès dédié au lot A ne parait pas réalisable.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 avril 2020, la commune de Collonges-sous-Salève, représentée par Me Fiat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. D n'a pas d'intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2020, M. E et Mme A, représentés par Me Levanti, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- le requérant n'a pas intérêt pour agir ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par courrier du 22 novembre 2022, les parties ont été informées, conformément à l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité d'un moyen nouveaux invoqué par le requérant dans son mémoire enregistré le 8 octobre 2020 en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme (méconnaissance des dispositions de l'article UD 11 du règlement dès lors que la construction avec ses pilotis, sa toiture, ses menuiseries extérieures et son bardage de couleur grise ne s'intègre pas dans l'environnement bâti).
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de Me Fiat, représentant la commune de Collonges-sous-Salève.
Considérant ce qui suit :
1. Le 7 août 2019, M. E et Mme A ont déposé une demande de permis de construire pour la construction d'une maison individuelle d'une surface de plancher de 149 m2 sur la parcelle cadastrée section AD n° 198 (lot B) située lieu-dit " les Cheneviers " sur le territoire de la commune de Collonges-sous-Salève. Par un arrêté du 19 septembre 2019, le maire de la commune de Collonges-sous-Salève a délivré le permis de construire sollicité. Par courrier du 15 novembre 2019, M. H D et M. G D ont présenté un recours gracieux tendant au retrait de cet arrêté. Ce recours a été rejeté par une décision du 22 novembre 2019. Par la présente requête, M. G D demande l'annulation de cet arrêté et de cette décision de rejet du recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le signataire de l'acte :
2. L'arrêté contesté a été signé par M. F C, cinquième adjoint au maire, qui disposait d'une délégation de fonction et de signature du 7 avril 2014 pour signer en matière d'urbanisme et d'habitat notamment les autorisations d'urbanisme. Cet arrêté a été régulièrement télétransmis en préfecture le 18 avril 2014 et publié au registre des actes administratifs, selon les mentions de cet arrêté qui font foi jusqu'à la preuve du contraire. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
En ce qui concerne la hauteur de l'exhaussement du sol :
3. L'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme prévoit que : " L'implantation de la construction doit respecter la topographie existante avant la construction. Les exhaussements ou affouillements sont limités à l'assise nécessaire à la construction et sans excéder un talus de 1,50 m de hauteur par rapport au terrain naturel avant construction dans les secteurs à pente inférieure à 10 % ".
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas contesté que la pente du terrain naturel du terrain d'assiette du projet est inférieure à 10%. En outre, le lexique national d'urbanisme définit une construction comme un ouvrage fixe et pérenne, comportant ou non des fondations et générant un espace utilisable par l'homme en sous-sol ou en surface. Dès lors, la plateforme de stationnement prévue est une construction et il ressort du plan de coupe AA du dossier de permis de construire que le remblai n'excède pas 1,50 mètre. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 11 doit être écarté.
En ce qui concerne l'intégration du projet dans son environnement :
5. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative () ".
6. Il ressort des pièces du dossier qu'au sein du mémoire en réplique enregistré le 8 octobre 2020, soit plus de deux mois après la communication aux parties du premier mémoire en défense du 8 avril 2020, le requérant a soulevé le moyen tiré de l'absence d'intégration du projet dans son environnement au regard de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme. Ce moyen n'est pas fondé sur une circonstance de fait ou un élément de droit dont le requérant n'était pas en mesure de faire état avant l'expiration du délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Par suite, ce nouveau moyen doit donc être écarté comme irrecevable en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne l'accès au terrain d'assiette du projet :
7. D'une part, le terrain d'assiette du projet provient de la division en deux lots de la parcelle cadastrée section AD n° 198 autorisé par arrêté du 19 mars 2019, qui comporte une prescription en son article 4 indiquant que les deux accès seront regroupés conformément au plan joint. Il ressort du plan de projet de division (DP10) du dossier de déclaration préalable que l'accès au lot A et B sont cote à cote et regroupés à l'est du tènement. L'article 3 du permis contesté indique que l'accès au lot B devra impérativement être regroupé avec l'accès dédié au lot A (conformément aux prescriptions émises dans le cadre de la déclaration préalable de division). Ainsi, tant l'arrêté de non opposition à la déclaration préalable que le permis de construire contesté n'exige pas un accès unique mais un accès regroupé tel que prévu dans le permis de construire contesté. Dans ces conditions, le requérant ne saurait soutenir qu'un accès unique aux deux lots étaient exigés et qu'un permis d'aménager était nécessaire en lieu et place d'une simple déclaration préalable.
8. D'autre part, M. D n'établit pas que la prescription exigeant que l'accès au lot B, terrain d'assiette du permis de construire, soit regroupé avec l'accès dédié au lot A ne serait pas réalisable. En tout état de cause, la non-conformité de l'accès tant au dossier de permis de construire qu'à la prescription prévue dans l'article 3 de l'arrêté relève de l'exécution du permis de construire et non de sa légalité.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 septembre 2019 par lequel le maire de la commune de Collonges-sous-Salève a délivré un permis de construire, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de M. D au titre des frais exposés par la commune de Collonges-sous-Salève et par M. E et Mme A, et non compris dans les dépens, au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Collonges-sous-Salève au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions de M. E et de Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. G D, à la commune de Collonges-sous-Salève et à M. E et Mme A.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2022.
La rapporteure,
E. B
La présidente,
D. JOURDANLa greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026