jeudi 15 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2000541 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS- CADOZ- LACROIX- REY- VERNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 janvier 2020, la SARL JSF Bottollier, représentée par la société d'avocats Itinéraires, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la délibération n° 189/2019 du 28 novembre 2019 par laquelle le conseil municipal de la commune du Grand-Bornand a approuvé le plan local d'urbanisme communal, subsidiairement, en tant qu'elle classe les parcelles cadastrées à la section A numéros 1304, 3812, 3814, 3816 et 3818 pour l'essentiel en zone agricole ;
2°) d'enjoindre à la commune du Grand-Bornand de classer ces parcelles en zone UB ou en zone UCi dans le plan local d'urbanisme communal ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Grand-Bornand la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société JSF Bottollier soutient que :
- le dossier d'enquête publique ne comporte pas les mentions relatives à l'application des dispositions des articles L. 2121-10, L. 2121-11 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales de la délibération du 28 novembre 2019 ;
- des modifications ont été apportées au projet postérieurement à l'enquête publique, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme : une nouvelle enquête publique était nécessaire ;
- le classement des parcelles en zone agricole est incohérent avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durables ;
- le classement des parcelles est entaché d'erreur manifeste d'appréciation sur plusieurs points. Elles ont vocation à être classées en zone urbaine.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2021, la commune du Grand-Bornand, représentée par la société d'avocats Jean-Marc Petit, conclut au rejet de la requête, demande à ce qu'il soit le cas échéant sursis à statuer en application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme et qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune du Grand-Bornand fait valoir que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Par une ordonnance du 12 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 novembre 2021, en application des dispositions de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Par lettre du 29 novembre 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, la requérante a été invitée à produire les titres de propriété des parcelles A numéros 1304, 3812, 3814, 3816 et 3818, pour compléter l'instruction, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Le 1er décembre 2023, la requérante a transmis au tribunal les pièces demandées qui ont été communiquées à la commune du Grand-Bornand, le jour même.
Vu :
- la délibération attaquée et les autres pièces du dossier ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 janvier 2024 :
- le rapport de Mme Letellier,
- les conclusions de Mme A,
- les observations de Me Plenet, pour la société JSF Bottollier,
- et les observations de Me Buffet, pour la commune du Grand-Bornand.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 28 novembre 2019, le conseil municipal a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune du Grand-Bornand. La société JSF Bottollier est propriétaire des parcelles cadastrées section A numéros 1304, 3812, 3814, 3816 et 3818 situées route des Côtes, au lieu-dit " La Communaille ", classées en zone agricole par le plan local d'urbanisme approuvé par la délibération du 28 novembre 2019, à l'exception de la parcelle A 3812 classée essentiellement en zone agricole et, de manière résiduelle, en zone naturelle. Dans la présente instance, la requérante demande l'annulation de la délibération attaquée et, subsidiairement, en tant qu'elle classe ces parcelles en zone agricole.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne la convocation des conseillers municipaux :
2. Aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse ". Aux termes de l'article L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de moins de 3 500 habitants, la convocation est adressée trois jours francs au moins avant celui de la réunion [] ". Aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ".
3. En premier lieu, la requérante soutient que le dossier d'enquête publique ne comporte pas les précisions sur la convocation et l'information donnée aux membres du conseil municipal pour la séance du 28 novembre 2019. Toutefois, le dossier constitué pour l'enquête publique qui s'est déroulée du 15 juillet 2019 au 22 août 2019 ne peut, par hypothèse, comporter de telles mentions sur la séance postérieure du conseil municipal du 28 novembre 2019 pendant laquelle les conseillers municipaux ont approuvé le plan local d'urbanisme communal. En tout état de cause, il ressort de la délibération attaquée, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, et des pièces produites en défense, que les conseillers municipaux ont été convoqués le 22 novembre 2019, par un courriel, dans le délai imparti par l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales et qu'une note de synthèse comportant l'ordre du jour leur a été communiquée, laquelle portait sur l'approbation du plan local d'urbanisme. La requérante n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'un ou plusieurs conseillers municipaux n'auraient pas reçu la convocation, l'ordre du jour et la note de synthèse. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
4. En second lieu, les mesures de publicité de la décision attaquée sont sans incidence sur sa légalité. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que la délibération attaquée a fait l'objet d'un affichage le 5 décembre 2019.
En ce qui concerne les modifications apportées après l'enquête publique :
5. L'article L.153-21 du code de l'urbanisme dispose que : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé () ". Ces dispositions permettent à l'autorité compétente de modifier le plan local d'urbanisme après l'enquête publique, sous réserve, d'une part, que ne soit pas remise en cause l'économie générale du projet et, d'autre part, que cette modification procède de l'enquête, ces deux conditions découlant de la finalité même de la procédure de mise à l'enquête publique.
6. En premier lieu, la requérante soutient que cinq parcelles auraient été reclassées de la zone agricole en zone urbaine, sans lien avec l'enquête publique. Toutefois, et alors que la requérante se borne à produire deux cartes du secteur des Côtes, sans identifier précisément les parcelles concernées, elle ne conteste pas que le reclassement des parcelles A numéros 4842, 1727, 4847, 1729 et 4846, en zone 1AUta (" zone d'urbanisation future ") résulte d'une observation recueillie lors de l'enquête publique sur ses parcelles voisines A numéros 4831 et 4841 et dont la commune a estimé que, en dehors de la parcelle A 4841 maintenue en zone agricole, celles-ci se situaient à proximité de constructions existantes, sans enjeu paysager et agricole fort et pouvaient donc être intégrées dans le secteur 1AUta, en deçà de la route des Côtes. Dans ces conditions, cette modification procède bien de l'enquête publique.
7. En second lieu, la requérante soutient que les modifications auxquelles la commune a procédé seraient substantielles et auraient bouleversé l'économie générale du projet et nécessitaient une nouvelle enquête publique. Toutefois, en se bornant à énumérer des modifications sans en préciser la teneur ou les effets, propres ou combinés, la requérante n'établit pas qu'elles remettent en cause l'économie générale du projet de plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen doit être écarté dans sa seconde branche.
S'agissant de la cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) :
8. Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales () permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 - L. 101-3. ".
9. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le PADD, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le PADD, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou à un objectif du PADD ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
10. L'axe 4 du PADD porte sur la modération de la consommation de l'espace et la lutte contre l'étalement urbain, l'effort devant permettre de passer de 110 hectares consommables affichés dans le précédent plan d'occupation des sols à 43,5 hectares consommables dans le présent plan local d'urbanisme. Il vise, en outre, à l'axe 3 du PADD, à garantir le maintien d'espaces agricoles constituant des espaces de transition lisibles entre les pôles bâtis. De même, l'axe 1 entend pérenniser l'activité agricole existante et harmoniser des périmètres de recul des nouvelles constructions d'habitation et des angles d'ouverture autour des fermes existantes ou à créer, la commune se caractérisant par la présence d'une forte activité agricole. Eu égard à la localisation des parcelles litigieuses à proximité immédiate d'une exploitation agricole de vaches laitières et à la surface du tènement, de l'ordre d'un hectare, le classement en zone agricole est cohérent avec les orientations du PADD. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerner l'erreur manifeste d'appréciation du classement des parcelles cadastrées à la section A numéros 1304, 3812, 3814, 3816 et 3818 :
11. Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
12. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer, en conséquence, le zonage et les possibilités de construction. L'appréciation à laquelle se livrent les auteurs du plan ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait fondée sur des faits matériellement inexacts ou si elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Pour apprécier la légalité du classement d'une parcelle en zone A, le juge n'a pas à vérifier que la parcelle en cause présente, par elle-même, le caractère d'une terre agricole et peut se fonder sur la vocation du secteur auquel cette parcelle peut être rattachée, en tenant compte du parti urbanistique retenu ainsi que, le cas échéant, de la nature et de l'ampleur des aménagements ou constructions qu'elle supporte. Ce classement doit cependant être justifié par la préservation du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles de la collectivité concernée.
13. En premier lieu, la requérante invoque les dispositions de l'article L. 122-10 du code de l'urbanisme, relatif à l'aménagement et à la protection de l'espace montagnard, selon lesquelles " Les terres nécessaires au maintien et au développement des activités agricoles, pastorales et forestières, en particulier les terres qui se situent dans les fonds de vallée, sont préservées. La nécessité de préserver ces terres s'apprécie au regard de leur rôle et de leur place dans les systèmes d'exploitation locaux. Sont également pris en compte leur situation par rapport au siège de l'exploitation, leur relief, leur pente et leur exposition ". Elle soutient que ses parcelles ne sont pas exploitées et sont éloignées de toute autre exploitation. Le classement en zone agricole ne serait donc pas justifié ou cohérent et méconnaitrait les dispositions de l'article L. 122-10 du code de l'urbanisme.
14. Toutefois, d'une part, les dispositions de l'article L. 122-10 du code de l'urbanisme, qui visent à protéger certaines terres agricoles en secteur de montagne pour assurer le maintien ou le développement d'activités agricoles, pastorales ou forestières, n'interdisent pas l'urbanisation des terres agricoles sous réserve de satisfaire à des besoins justifiés et dans une mesure compatible avec le maintien et le développement de ces activités. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que les parcelles litigieuses ont été classées essentiellement en zone agricole et de manière résiduelle en zone naturelle. La requérante ne conteste pas qu'une grande partie de ses parcelles est incluse dans une surface de 0.69 hectare inscrite au registre parcellaire graphique de 2019 comme étant exploitées en prairie permanente pour le fourrage des vaches laitières par le GAEC Le Tavaillon, qui est voisin du tènement de la requérante.
15. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que les parcelles litigieuses, qui forment un seul tènement d'environ 10 800 m², sont enherbées. La circonstance qu'elles ne seraient pas exploitées ne leur dénie pas tout potentiel agronomique ou biologique ou économique et ce, alors même que le SCoT Fier-Aravis ne confèrent pas aux parcelles litigieuses le caractère de " tènement agricole stratégique ". En outre le tènement ne supporte aucune construction. Il est séparé de la zone UB (" zone de confortement de densité moyenne ") par la route des Côtes et il est voisin, au Nord, de la zone urbaine UCi qui est peu dense, qualifiée dans le règlement graphique de " zone à vocation résidentielle de type individuel ". La surface très importante du tènement empêche de le qualifier de " dent creuse ". A l'Est et au Nord, le tènement s'ouvre sur une vaste zone agricole et naturelle. Comme il a déjà été dit, les parcelles litigieuses sont situées à proximité d'une exploitation agricole, matérialisée sur le règlement graphique par une étoile rouge, implantée sur les parcelles cadastrées à la section A n° 3529 et n° 3780. Les parcelles de la requérante figurent en partie sur le règlement parcellaire graphique de 2019. En outre, si le tènement se situe en limite du centre-bourg, cette situation ne lui confère pas la vocation à être lui-même classé en zone urbaine. Enfin, la requérante ne détient aucun droit acquis au maintien de ce classement répondant à de nouvelles considérations urbanistiques.
16. En dernier lieu, il est de la nature de toute réglementation d'urbanisme de distinguer des zones où les possibilités de construire sont différentes, ainsi que des zones inconstructibles. Dès lors que cette délimitation effectuée dans un plan local d'urbanisme ne repose pas sur une appréciation manifestement erronée, elle ne porte pas d'atteinte illégale au principe d'égalité des citoyens devant la loi. En l'espèce, en l'absence d'erreur manifeste d'appréciation entachant le classement des parcelles dont la requérante est la propriétaire, elle n'est pas fondée à soutenir que d'autres parcelles situées sur le territoire communal ont été classées illégalement en zone urbaine. En tout état de cause, les auteurs du plan local d'urbanisme justifient de la volonté de développer le secteur touristique lié aux sports de glisse, à proximité d'équipements touristiques existants, voire de commerces et de services, ainsi que cela ressort du rapport de présentation, respectivement page 351 pour la zone 1AUta du Villard, page 352 pour la zone 1AU de Suize et page 354 pour la zone 1AUt de la Joyère. Ainsi le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation du classement de la parcelle en zone agricole doit être écarté dans toutes ses branches.
En ce qui concerne l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de la règle de réciprocité :
17. Aux termes des dispositions de l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime : " Lorsque des dispositions législatives ou réglementaires soumettent à des conditions de distance l'implantation ou l'extension de bâtiments agricoles vis-à-vis des habitations et immeubles habituellement occupés par des tiers, la même exigence d'éloignement doit être imposée à ces derniers à toute nouvelle construction () à l'exception des extensions de constructions existantes. / Dans les parties actuellement urbanisées des communes, des règles d'éloignement différentes de celles qui résultent du premier alinéa peuvent être fixées pour tenir compte de l'existence de constructions agricoles antérieurement implantées. Ces règles sont fixées par le plan local d'urbanisme ".
18. S'il ressort du rapport de l'enquête publique que la commune du Grand-Bornand s'est opposée à la demande de reclassement des parcelles litigieuses en zone urbaine en faisant référence à l'application de la règle de réciprocité résultant des dispositions précitées, du fait de l'exploitation agricole voisine, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment du rapport de présentation et du PADD que la commune aurait entendu faire une application de cette règle dans le plan local d'urbanisme. En revanche, il était loisible aux auteurs du plan local d'urbanisme, comme cela ressort du PADD et du règlement graphique, d'identifier tous les sièges d'exploitation agricole en vue de pérenniser l'activité agricole sur le territoire communal et d'harmoniser des " périmètres de recul des nouvelles constructions d'habitation et des angles d'ouverture autour des fermes existantes () ". Ainsi, le classement en zone agricole des parcelles de la requérante participe à la mise en œuvre de cette orientation. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté de ce chef également.
19. Si la requérante soutient enfin que ses parcelles présentent toutes les caractéristiques d'une zone urbaine, il ressort du rapport de présentation, du PADD et du règlement graphique que les auteurs du plan local d'urbanisme ont fait le choix de leur conférer un caractère essentiellement agricole, sans que ce parti pris d'urbanisme soit entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, comme il vient d'être dit.
20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation présentées par la requérante doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions en injonction sont également rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
21. Les conclusions présentées par la requérante, partie perdante, sont rejetées, en application de l'article L 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, la société JSF Bottollier versera la somme de 1 500 euros à la commune du Grand-Bornand, sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de la société JSF Bottollier est rejetée.
Article 2 :La société JSF Bottollier versera la somme de 1 500 euros à la commune du Grand-Bornand, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à la société JSF Bottollier et à la commune du Grand-Bornand.
Délibéré après l'audience du 29 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme Letellier, première conseillère,
- Mme Barriol, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 15 février 2024.
La rapporteure,
C. Letellier
Le président,
M. Sauveplane
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026