vendredi 14 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2000797 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | MAAMOURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 février 2020, M. C B, représenté par Me Maamouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 décembre 2019 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 6 septembre 2019 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) Sud-Est a refusé de faire droit à sa demande de renouvellement de sa carte professionnelle ;
2°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) de lui délivrer la carte professionnelle sollicitée dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- seuls cinq membres de la CNAC ont pris part à la délibération le concernant, alors qu'il n'est pas établi que l'ensemble des membres ont été convoqués, de sorte que la régularité de la composition de la commission, en application des dispositions des articles 4 et 8 du règlement intérieur du CNAPS et des articles R. 632-2 et R. 632-9 du code de la sécurité intérieure, n'est pas établie ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2021, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 27 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme d'Elbreil, conseillère,
- et les conclusions de Mme Brenner Adanlété, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 18 juin 2019, M. B a sollicité auprès de la CLAC Sud-Est le renouvellement de sa carte professionnelle valable jusqu'au 28 juillet 2019 et l'autorisant à exercer une activité privée de sécurité. Le 6 septembre 2019, la commission a rejeté sa demande au motif que M. B est connu des services de police pour avoir commis, du 2 février au 31 mars 2019, des faits de violence sans incapacité sur un mineur de 15 ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la personne victime. Le 5 décembre 2019, la CNAC a rejeté son recours administratif préalable obligatoire. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision du 5 décembre 2019.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 632-2 du code de la sécurité intérieure, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " Le collège du Conseil national des activités privées de sécurité comprend : / () / c) Le directeur général de la police nationale ou son représentant ; / d) Le directeur général de la gendarmerie nationale ou son représentant ; / () / f) Le directeur général du travail au ministère chargé du travail ou son représentant ; / () / h) Le directeur général de l'aviation civile au ministère chargé des transports ou son représentant ; / () / k) Le directeur de la sécurité sociale au ministère chargé de la sécurité sociale ou son représentant ; / 2° Un membre du Conseil d'Etat désigné par le vice-président du Conseil d'Etat ; / 3° Un membre du parquet général près la Cour de cassation désigné par le procureur général près la Cour de cassation ; / () ". Aux termes de l'article R. 632-9 du même code, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " La Commission nationale d'agrément et de contrôle comprend : / 1° Les membres du collège représentant l'Etat désignés aux c, d, f, h et k du 1° de l'article R. 632-2 ; / 2° Les membres des juridictions désignés aux 2° et 3° du même article ; / 3° Deux membres titulaires et deux membres suppléants nommés par le ministre de l'intérieur parmi les membres représentant les professionnels désignés au 4° du même article. L'un au moins des membres titulaires est choisi parmi les représentants désignés au titre du a du 4° du même article. L'un au moins des membres suppléants est choisi parmi les représentants désignés au titre des b, c, d ou e du 4° du même article ". Aux termes de l'article R. 632-12 du même code, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " La Commission nationale d'agrément et de contrôle se réunit sur convocation de son président, qui fixe l'ordre du jour. / Elle ne peut valablement délibérer que si, pour la moitié au moins, ses membres sont présents ou représentés à la séance. Si le quorum n'est pas atteint, la commission est à nouveau convoquée sur le même ordre du jour dans un délai de huit jours. Elle délibère alors sans condition de quorum. Les décisions sont prises à la majorité des membres présents ou représentés. En cas de partage égal des voix, celle du président est prépondérante. / () ". Aux termes de l'article 8 du règlement intérieur du CNAPS du 1er avril 2019, applicable à la CNAC : " La Commission locale d'agrément et de contrôle se réunit aussi souvent que nécessaire, sur convocation de son Président, qui fixe l'ordre du jour et le lieu de la réunion. / () ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la CNAC est composée de neuf membres, le quorum étant atteint lorsque la moitié au moins des membres sont présents ou représentés lors de la séance.
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 5 décembre 2019 a été prise par six membres de la CNAC, à savoir le vice-président de la commission, en sa qualité de membre du Conseil d'Etat désigné par le vice-président du Conseil d'Etat, le représentant du directeur général de la police nationale, le représentant du directeur général du travail, le représentant du directeur général de l'aviation civile, ainsi que deux membres suppléants nommés par le ministre de l'intérieur parmi les membres représentant les professionnels de la sécurité privée. Dès lors, le quorum prévu par les dispositions précitées était atteint. En outre, il ressort de deux courriels des 29 mars 2019 et 31 octobre 2019 que les membres de la CNAC ont été, dans un premier temps, informés des séances à venir pour le second semestre 2019, dont la séance du 7 novembre 2019 au cours de laquelle la situation de M. B a été débattue, et, dans un second temps, convoqués à cette même séance à 9 heures 30. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité de la composition de la CNAC, qui manque en fait, doit être écarté.
5. En deuxième lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article 4 du règlement du CNAPS, dès lors que cet article est inséré dans la section 1 " dispositions relatives au Collège " du titre II du règlement portant sur les " modalités de fonctionnement du collège et des commissions nationale ou locales d'agrément et de contrôle du CNAPS ", de sorte qu'il est uniquement applicable au collège du CNAPS et non à la CNAC.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-7 du code de la sécurité intérieure, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " () / L'agrément ne peut être délivré s'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées. ".
7. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 612-7 du code de la sécurité intérieure qu'il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, à l'issue d'une enquête administrative, et sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les actes commis par le demandeur sont compatibles avec l'exercice de la profession ou la direction d'une personne morale exerçant cette activité, alors même que les agissements en cause n'auraient pas donné lieu à une condamnation inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire, ou que la condamnation prononcée en raison de ces agissements aurait été effacée de ce bulletin. A ce titre, si la question de l'existence de poursuites ou de sanctions pénales est indifférente, l'autorité administrative est en revanche amenée à prendre en considération, notamment, les circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui peuvent être reprochés au pétitionnaire ainsi que la date de leur commission.
8. Pour refuser à M. B le renouvellement de sa carte professionnelle, la CNAC a relevé qu'il a été mis en cause, le 1er avril 2018, pour des faits de violence sans incapacité sur un mineur de 15 ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime entre le 2 février et le 31 mars 2018. Elle a considéré que les punitions collectives violentes et humiliantes à l'égard des enfants de son ancienne compagne qui lui étaient reprochées constituaient un comportement manifestement contraire à l'honneur et de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes. Ainsi, il ressort des pièces du dossier que les quatre enfants de son ancienne compagne auraient dénoncé à leur père avoir été victimes de violences habituelles de la part de leur mère et de M. B, sous la forme de maltraitances physiques. Si M. B conteste la matérialité de ces faits, il ressort des pièces du dossier qu'il a été convoqué devant le tribunal de grande instance de Grenoble le 20 décembre 2018, convocation par la suite repoussée au 21 janvier 2020. Or, il ne produit, alors même qu'il est le seul à pouvoir disposer de ces éléments, aucune information permettant de conclure à un classement sans suite ou à une relaxe, de sorte que la matérialité des faits doit être tenue pour établie. De plus, il se borne à alléguer que l'enfant de son ancienne compagne, jaloux de sa relation avec sa mère, aurait porté de fausses accusations, alors qu'il ressort des pièces du dossier que plusieurs enfants l'ont mis en cause, de sorte que ses explications ne correspondent pas aux éléments de fait qui lui sont imputés. Eu égard à la gravité des faits reprochés, ainsi qu'à leur caractère récent, la CNAC a pu légalement les regarder comme révélant un comportement agressif et susceptible de porter atteinte à la sécurité des personnes, incompatible avec l'exercice d'une activité privée de sécurité. La circonstance que M. B soit dans une situation financière complexe est à cet égard sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B aux fins d'annulation de la décision du 5 décembre 2019 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et aux fins d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
Mme Bardad, première conseillère,
Mme d'Elbreil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2022.
La rapporteure,
M. D'ELBREIL
Le président,
V. L'HÔTELa greffière,
V. BARNIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026