lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2000916 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CHESNEY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 10 février 2020, le 20 juillet 2020 et le 31 mars 2021, Mme I C, M. E F, M. D F, Mme H G et M. A F, représentés par Me Chesney, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 10 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal d'Archamps a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune en tant qu'il classe les parcelles, cadastrées section AI n°s 225, 346, 440 et 241, en zone Ap, zone agricole destinée à préserver le caractère paysager remarquable ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Archamps une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que le classement en zone Ap des parcelles, cadastrées section AI n°s 223, 346, 440 et 241, est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ; en outre, en fondant le classement en zone agricole de ces parcelles sur leur proximité immédiate avec une exploitation agricole, la commune a commis une erreur de fait.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 mai 2020, le 3 novembre 2020 et le 7 octobre 2021, la commune d'Archamps, représentée par Me Mollion, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune d'Archamps fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, dès lors que les requérants sont dépourvus d'intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 11 octobre 2021, l'instruction de l'affaire a été rouverte et la clôture de l'instruction a été prononcée au 15 novembre 2021 à 12 heures, en application des articles R. 613-4 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de Me Py, substituant Me Chesney, représentant les requérants, et de Me Djeffal, représentant la commune d'Archamps.
Considérant ce qui suit :
1. Mme I C, M. E F, Mme H G, M. A F et M. D F sont propriétaires des parcelles, cadastrées section AI n°s 225, 346, 440 et 241, sur le territoire de la commune d'Archamps. Par une délibération du 10 décembre 2019, le conseil municipal d'Archamps a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune. Par la présente requête, les requérants demandent l'annulation de cette délibération en tant qu'elle classe les parcelles, cadastrées section AI n°s 225, 346, 440 et 241, en zone Ap, zone agricole destinée à préserver le caractère paysager remarquable.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, le projet d'aménagement et de développement durable du plan local d'urbanisme définit notamment : " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques " et " fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain ". En vertu de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-22 dudit code: " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles".
3. Il résulte des articles L. 151-5, L. 151-9 et R. 151-22 du code de l'urbanisme qu'une zone agricole, dite "zone A", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
4. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
5. Les requérants soutiennent que le classement par la délibération litigieuse de leurs parcelles, cadastrées section AI n°s 225, 346, 440 et 241, en zone Ap, zone agricole destinée à préserver le caractère paysager remarquable est entaché d'erreur manifeste d'appréciation. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que ces parcelles, situées au lieu-dit " Vovray ", sont vierges de toute construction et présentent une superficie de 15 370 m². Ces parcelles se trouvent en dehors des parties urbanisées de la commune d'Archamps et sont exclues de l'enveloppe urbanisée dans laquelle l'urbanisation est contenue de la carte de synthèse du PADD. En outre, ces parcelles ont été identifiées au sein du diagnostic agricole élaboré par la chambre d'agriculture Savoie Mont-Blanc comme étant de bonne qualité et se trouvant à proximité immédiate de bâtiments en charge d'une activité agricole.
6. A cet égard, les requérants soutiennent qu'il n'existe plus d'activité agricole au sein des bâtiments repérés par ce diagnostic et implantés sur des parcelles se situant à proximité immédiate des parcelles dont le classement est contesté et ils produisent une attestation de la mutualité sociale agricole (MSA) du 31 décembre 2020 mentionnant que leur parcelle, cadastrée section AI n° 241, n'est plus exploitée. Toutefois, cette attestation est postérieure à la date de la délibération attaquée. En outre, le projet d'aménagement et de développement durables prévoit au sein du thème " 6 - Activités économiques - Agriculture " un objectif tendant à " assurer la pérennité de l'activité agricole dans les meilleures conditions possibles " et, pour ce faire, prévoit comme moyens de " consolider l'activité agricole en garantissant la destination des terres, en protégeant les sièges d'exploitation de tout risque d'enclavement, en prenant en compte les projets de développement des exploitants à court et moyen terme, en préservant les accès aux terres agricole " et de mettre en place des " limites claires entre les parties urbanisées et les zones agricoles s'appuyant le plus possible sur des éléments physiques du paysage limites claires entre les parties urbanisées et les zones agricoles s'appuyant le plus possible sur des éléments physiques du paysage. ".
7. En outre, au sein du thème " 1 - Démographie, urbanisation et modération de la consommation d'espace ", le PADD a défini un objectif de réduction de la consommation d'espace et de lutte contre l'étalement urbain en conservant un objectif de densité moyenne minimale de 50 logements par ha pour le secteur de la ville élargie, 35 logements par ha pour le village et 25 logements par ha dans les hameaux " avec comme moyens pour ce faire notamment d'organiser " prioritairement le développement urbain dans les dents creuses des enveloppes urbaines " et de " localiser les extensions urbaines pour l'habitat uniquement au chef-lieu pour une surface d'environ 2,8 ha dont environ 2 ha à court ou moyen terme et environ 0,8 ha à long terme ".
8. Ainsi, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le classement de ces parcelles est cohérent avec le PADD et compte tenu des caractéristiques des parcelles litigieuses et de leur superficie totale, ces dernières ne peuvent être qualifiées de dent creuse. Par ailleurs, la circonstance, à la supposer établie, que les parcelles seraient desservies par l'ensemble des réseaux, ne fait pas par elle-même, obstacle à un classement en zone agricole. Ainsi, compte tenu du parti d'aménagement retenu par la commune d'Archamps et de la localisation des parcelles, leur classement en zone Ap, zone agricole destinée à préserver le caractère paysager remarquable, ne peut être regardé comme entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de fait.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions présentées par les requérants tendant à l'annulation de délibération du 10 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal d'Archamps a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune en tant qu'il classe les parcelles, cadastrées section AI n°s 225, 346, 440 et 241, en zone Ap, zone agricole destinée à préserver le caractère paysager remarquable doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Archamps, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme que demande la commune d'Archamps au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2000916 est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Archamps présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme I C en application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et à la commune d'Archamps.
Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président-rapporteur,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2023
Le président-rapporteur,
J.P. B
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
E. BARRIOL La greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026