vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2001133 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GALLETY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 février 2020 et le 31 août 2021, Mme C B, représentée par Me Gallety, demande au tribunal :
1°) de constater l'emprise irrégulière sur la parcelle cadastrée section A n° 279, et d'enjoindre à la commune de Chassignieu de procéder au déplacement des ouvrages souterrains sur la parcelle et à la remise des lieux dans leur état antérieur aux travaux litigieux ;
2°) de condamner la commune de Chassignieu à lui verser la somme de 5 000 euros à titre de dommages et intérêts ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Chassignieu une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la partie entre la route départementale et la façade Ouest de sa maison lui appartient de sorte que sa prise de possession par la commune pour y réaliser des travaux de revêtement et la pose de canalisations souterraines constitue une emprise irrégulière ;
- cette emprise irrégulière porte atteinte à sa propriété qui lui cause un préjudice évalué à 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2020, la commune de Chassignieu, représentée par la SELARL EUROPA, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Chassignieu fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 1er septembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 11 octobre 2021 à 12 heures en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de Me Barnouin, représentant Mme B et de Me Roudil, représentant la commune de Chassignieu.
Une note en délibéré, présentée pour Mme B, a été enregistrée le 3 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B est propriétaire d'un terrain bâti, cadastré section A n° 279, situé à l'angle de la route départementale n° 73 et du chemin du Village sur le territoire de la commune de Chassignieu. Il existe entre la route et la façade Ouest de cette maison un espace libre de forme triangulaire. En 2019, la commune de Chassignieu a réalisé des travaux publics consistant en la pose de canalisations souterraines et d'un revêtement à cet endroit. Par courrier du 25 octobre 2019, notifié le 26 octobre suivant à la commune, Mme B a demandé à la commune de reconnaître son droit de propriété privatif sur cet espace, de procéder au déplacement des canalisations installées en sous-sol ainsi qu'à la remise en état du sol et de lui proposer une indemnité pour les dégradations constatées. Cette demande a été rejetée par une décision implicite du 26 décembre 2019. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal, d'une part, de constater l'emprise irrégulière sur sa parcelle et d'enjoindre à la commune de Chassignieu de procéder au déplacement des ouvrages souterrains sur sa parcelle et à la remise des lieux dans leur état antérieur aux travaux litigieux et, d'autre part, de condamner la commune de Chassignieu à lui verser la somme de 5 000 euros à titre de dommages et intérêts.
Sur les conclusions tendant à la démolition de l'ouvrage public :
2. Lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition d'un ouvrage public dont il est allégué qu'il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l'implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition à l'administration, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l'ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d'abord, si eu égard notamment à la nature de l'irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, de prendre en considération, d'une part les inconvénients que la présence de l'ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d'assiette de l'ouvrage, d'autre part, les conséquences de la démolition pour l'intérêt général, et d'apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général.
3. En l'espèce, Mme B soutient qu'il existe entre la route départementale n° 73 et la façade Ouest de sa maison un espace libre de forme triangulaire qui lui appartiendrait et qu'en 2019, la commune de Chassignieu a réalisé des travaux publics consistant en la pose de canalisations souterraines et d'un revêtement à cet endroit et que de tels travaux seraient constitutifs d'une emprise irrégulière. Toutefois, l'allégation selon laquelle elle serait propriétaire de cette portion entre la route départementale n° 73 et la façade Ouest de sa maison n'est corroborée par aucune pièce du dossier, notamment pas par les photographies produites. Par ailleurs, il résulte de l'instruction et notamment du jugement rendu par le tribunal civil de Bourgoin-Jallieu le 12 juin 1901 que Mme Veuve A, arrière-grand-mère de la requérante, a revendiqué par le passé la propriété " du terrain bordant la route départementale et sa maison formant au-devant de ladite maison du sud-ouest l'angle de la route de la frette aux Abrets, et du chemin de Valencogne, et ce jusqu'au dit angle et suivant le chemin de Valencogne ". Toutefois, ce tribunal a déclaré " la veuve A mal fondée dans l'intégralité de sa demande () [a jugé] que pour délimiter d'une façon définitive la cour de la veuve A d'avec le délaissé communal qui est destiné à élargir l'accès du chemin vicinal à la grande route et réciproquement de la grande route au chemin vicinal il sera tiré une ligne droite partant de l'angle de la maison de la veuve A, le long de la grande route sur une longueur de quatre mètres, cette ligne devant se prolonger de 50 cm en retour dans la direction du chemin vicinal de Chassignieu, dit qu'à ce point, il sera tiré une nouvelle ligne droite qui va aboutir à l'angle du jardin actuel de la veuve A sur le chemin vicinal de Chassignieu, à l'endroit où se trouve une grosse pierre servant de chasse-roue, par suite dit que tout le triangle restant en dehors des points ci-dessus indiqués, appartiendra à la commune pour rendre plus facile l'accès à la route départementale et au chemin vicinal ". Dans ces conditions, et dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que Mme B serait propriétaire de la partie entre la route départementale n°73 et la façade Ouest de cette maison comme elle le soutient, la réalisation des travaux publics consistant en la pose de canalisations souterraines et d'un revêtement à cet endroit n'est pas constitutive d'une emprise irrégulière de nature à engager la responsabilité de la commune de Chassignieu.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Chassignieu, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme que demande la commune de Chassignieu au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Chassignieu au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la commune de Chassignieu.
Délibéré après l'audience du 27 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bedelet, première conseillère, faisant fonction de présidente,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.
La rapporteure,
P. D
La première conseillère, faisant fonction de présidente,
A. BEDELETLa greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026