jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2001291 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET G. MOLLION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 26 février 2020, 5 avril 2022, 6 avril 2022 et 7 octobre 2022, Mme B, représentée par Me Albert, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération du 28 novembre 2019 par laquelle le conseil municipal de la commune de Passy a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune, en tant qu'elle classe 1 000 m² au nord de la parcelle cadastrée section I n° 3315 en zone agricole ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Passy une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- l'information du public relative à la procédure d'élaboration du plan local d'urbanisme et celle des conseillers municipaux, s'agissant des caractéristiques de sa parcelle, était insuffisante ; que l'enquête publique s'est déroulée durant la période des congés estivaux ;
- le classement de la partie nord de sa parcelle, cadastrée section I n° 3315, en zone agricole est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 février 2021 et le 26 septembre 2022, la commune de Passy représentée par Me Mollion conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Passy fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Un courrier a été adressé le 14 septembre 2022 aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les informant de la date ou de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et précisant la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2.
Par une ordonnance du 24 octobre 2022, a été prononcée, en application des articles R. 613-1 et R. 611-11-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Passy ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jourdan, présidente,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de Me Albert, représentant Mme B, et de Me Martin, représentant la commune de Passy.
Considérant ce qui suit :
1. Par la délibération du 28 novembre 2019, le conseil municipal de Passy a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune. Mme B demande l'annulation de cette délibération en tant qu'elle classe la partie nord de la parcelle cadastrée section I n° 3315 en zone agricole.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R.153-20 du code de l'urbanisme : " Font l'objet des mesures de publicité et d'information prévues à l'article R. 153-21 : / ()2° La délibération qui approuve, révise, modifie ou abroge un plan local d'urbanisme ; / () ".
3. En se bornant à souligner que la publicité de la délibération ayant approuvé le plan local d'urbanisme a été effectuée de manière discrète dans un journal local du 26 décembre 2019 et de ce que l'information relative au déclassement d'une partie de sa parcelle était " quasi inaperçue dans les documents figurant sur le site de la commune ", Mme B n'apporte pas de précisions suffisantes permettant d'apprécier le bien-fondé de son moyen. Au demeurant, les conditions de publication de la délibération en cause sont sans influence sur sa légalité.
4. Aux termes de l'article L.123-9 du code de l'environnement : " La durée de l'enquête publique est fixée par l'autorité compétente chargée de l'ouvrir et de l'organiser. Elle ne peut être inférieure à trente jours pour les projets, plans et programmes faisant l'objet d'une évaluation environnementale. / () " Aux termes de l'article L.123-10 du même code : " I.-Quinze jours au moins avant l'ouverture de l'enquête et durant celle-ci, l'autorité compétente pour ouvrir et organiser l'enquête informe le public. L'information du public est assurée par voie dématérialisée et par voie d'affichage sur le ou les lieux concernés par l'enquête, ainsi que, selon l'importance et la nature du projet, plan ou programme, par voie de publication locale. / (). ".
5. Si la requérante soutient que les habitants de la commune ont été mal informés de l'existence d'une enquête publique, il ressort des mentions du rapport du commissaire enquêteur, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que la publicité de l'enquête a bien été réalisée sur différents supports : journaux, panneaux d'affichage et site internet. Il en ressort également que le dossier d'enquête publique était consultable en mairie. S'il est vrai que cette enquête a été organisée du 8 juillet au 9 septembre 2019, aucune disposition législative ou règlementaire ne s'oppose à la tenue d'une enquête publique au cours de la période estivale. Par ailleurs, si la requérante se prévaut des réserves émises par le commissaire enquêteur s'agissant de la lisibilité des numéros de parcelle sur le plan de zonage et d'erreurs à rectifier dans le règlement écrit, elle ne démontre pas que ces éléments auraient pu induire en erreur le public, d'autant que les erreurs relevées paraissent formelles et que le commissaire enquêteur a constaté que le règlement écrit était bien rédigé et que le plan de zonage à l'échelle 1/2500ème présentait de manière lisible et parfaitement positionnés les numéros de parcelle. Si la requérante soutient que les élus ont été mal informés s'agissant de certaines caractéristiques de sa parcelle, il lui appartenait de faire valoir ses observations lors de l'enquête. Par suite, le moyen de la requérante doit être écarté.
6. Aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme définit notamment " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques " et " fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain ". En vertu de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ".
7. Il résulte de ces dispositions qu'une zone agricole, dite "zone A", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
8. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
9. Mme B est propriétaire d'une parcelle cadastrée section I n°3315, située entre les hameaux de Marlioz et La Perouse, dont la partie nord, constituée d'un jardin d'une surface d'environ 1 000 m², a été classée en zone agricole. Si cette portion de terrain se trouve en continuité de la maison de la requérante et jouxte à l'ouest un zone classée Ud, il ressort toutefois des pièces du dossier que ce jardin s'ouvre à l'ouest sur une zone agricole à enjeux moyens identifiée dans le diagnostic agricole annexé au rapport de présentation du plan local d'urbanisme et est inscrit au registre parcellaire graphique comme prairie permanente. L'absence de culture et d'exploitation agricole ainsi que la présence de réseaux et d'équipements de géothermie soulignées par Mme B ne démontrent pas nécessairement un défaut de potentiel agricole ou agronomique. Bien que le terrain en cause soit situé dans le secteur de Marlioz, désigné comme l'une des cinq polarités au sein des orientations du projet d'aménagement et de développement durables, il apparaît que la parcelle en cause se trouve en périphérie de ce secteur et demeure éloignée des zones Ua et Ub, privilégiées pour le développement de l'urbanisation. Le projet de construction de la requérante ainsi que la circonstance que l'intégration en zone urbaine d'autres parcelles de la commune aurait recueilli un avis favorable de la part du commissaire enquêteur sont sans incidence sur la légalité du classement, lequel demeure, par ailleurs, cohérent avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durables notamment tournées vers la préservation des plaines agricoles et prairies et la limitation de l'étalement urbain. Ainsi, au regard de la vocation du secteur en bordure duquel la parcelle de la requérante se situent et du parti d'aménagement retenu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le classement litigieux procède d'une erreur manifeste d'appréciation. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la délibération du 28 novembre 2019 par laquelle le conseil municipal de Passy a approuvé son plan local d'urbanisme.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Passy, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par la commune de Passy au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Passy au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié Mme A B et à la commune de Passy.
Délibéré après l'audience du 27 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente rapporteur,
Mme Letellier, première conseillère,
Mme Barriol, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.
La présidente-rapporteure,
D. Jourdan L'assesseure,
E. Barriol
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2001291
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026