vendredi 2 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2001433 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP FESSLER JORQUERA & ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. - Par une requête n° 2001433 et un mémoire enregistrés le 27 février 2020 et le 19 août 2020, M. et Mme D B, représentés par la société d'avocats CDMF-Affaires publiques, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2019 par lequel le maire d'Allemond a accordé au syndicat intercommunal d'études et de programmation pour l'aménagement de la Vallée de l'Eau d'Olle une autorisation d'exécution de travaux de la télécabine de l'Eau d'Olle Express sous prescriptions, ensemble le rejet implicite de leur recours gracieux du 29 octobre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Allemond la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme B soutiennent que :
- l'arrêté attaqué, qui constitue l'une des déclinaisons de l'arrêté du 17 novembre 2016, lui-même entaché d'illégalité et qui n'est pas devenu définitif, méconnait en lui-même les dispositions de l'article L. 122-15 du code de l'urbanisme ;
- les personnes publiques consultées et la mission régionale d'autorité environnementale, après l'avis défavorable du centre national de protection de la nature, n'ont pas été consultées utilement sur le projet qui a été rendu à l'issue de cet avis, ce qui a privé d'une garantie ces personnes publiques et le public ;
- rien ne permet d'établir que toutes les personnes publiques devant être consultées l'ont été ;
- l'enquête publique n'a pas été réalisée suivant les modalités prévues aux articles R. 423-57 et R. 423-58 du code de l'urbanisme et aux articles L. 123-1 et R. 123-1 du code de l'environnement ;
- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article L. 181-1 du code de l'environnement ;
- il méconnait les dispositions des articles L. 472-1 et suivants, des articles L. 423-1 et suivants, des articles L. 431-2 et suivants et des articles R. 431-1 à R. 431-34 et des articles R. 423-50 et suivants du code de l'urbanisme ;
- il méconnait les dispositions des articles L. 122-1 et suivants et R. 122-1 et suivants du code de l'urbanisme et de l'article R. 111-2 de ce code ;
- il méconnait les dispositions des articles L. 111-8, R. 111-8 et suivants, des articles R. L.123-1 à L. 123-4 et R. 123-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation ;
- il méconnait les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicables à la zone Ube ;
- le classement du terrain d'assiette du projet de construction en zone Ube est entaché d'illégalité.
Par des mémoires en défense enregistrés le 21 avril 2020 et le 14 janvier 2021, la commune d'Allemond et le syndicat intercommunal d'études et de programmation pour l'aménagement de la Vallée de l'Eau d'Olle, représentés par la société d'avocats Fessler-Jorquera et associés, concluent au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune d'Allemond et le syndicat intercommunal d'études et de programmation pour l'aménagement de la Vallée de l'Eau d'Olle font valoir que :
- la requête est irrecevable, en application de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme et en l'absence d'intérêt à agir de M. et Mme B sur le fondement de l'article L. 600-1-2 du même code ;
- subsidiairement, les moyens sont soit irrecevables, soit ne sont pas assortis des précisions suffisantes pour en examiner le bien-fondé, soit infondés.
Par une lettre du 13 janvier 2021, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, l'instruction est susceptible d'être close le 25 février 2021, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 10 décembre 2021.
II. - Par une requête n° 2001437 et un mémoire enregistrés le 27 février 2020 et le 19 août 2020, M. et Mme D B, représentés par la société d'avocats CDMF-Affaires publiques, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2019 par lequel le maire d'Allemond a accordé au syndicat intercommunal d'études et de programmation pour l'aménagement de la Vallée de l'Eau d'Olle un permis de construire portant sur la réalisation d'un parc de stationnement et de des locaux d'activités annexes liés à la télécabine de l'Eau d'Olle Express (tels que billetterie, salle d'attente) d'une surface de plancher de 268 m² sur un terrain situé chemin des Ecoliers sur le territoire communal, ensemble le rejet implicite de leur recours gracieux du 29 octobre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Allemond la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme B soutiennent que :
- l'arrêté attaqué, qui constitue l'une des déclinaisons de l'arrêté du 17 novembre 2016, lui-même entaché d'illégalité et qui n'est pas devenu définitif, méconnait en lui-même les dispositions de l'article L. 122-15 du code de l'urbanisme ;
- les personnes publiques consultées et la mission régionale d'autorité environnementale, après l'avis défavorable du centre national de protection de la nature, n'ont pas été consultées utilement sur le projet qui a été rendu à l'issue de cet avis, ce qui a privé d'une garantie ces personnes publiques et le public ;
- rien ne permet d'établir que toutes les personnes publiques devant être consultées l'ont été ;
- l'enquête publique n'a pas été réalisée suivant les modalités prévues aux articles R. 423-57 et R. 423-58 du code de l'urbanisme et aux articles L. 123-1 et R. 123-1 du code de l'environnement ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 181-1 du code de l'environnement ;
- il méconnait les dispositions des articles L. 472-1 et suivants, des articles L. 423-1 et suivants, des articles L. 431-2 et suivants et des articles R. 431-1 à R. 431-34 et des articles R. 423-50 et suivants du code de l'urbanisme ;
- il méconnait les dispositions des articles L. 122-1 et suivants et R. 122-1 et suivants du code de l'urbanisme et de l'article R. 111-2 de ce code ;
- il méconnait les dispositions des articles L. 111-8, R. 111-8 et suivants, des articles R. L.123-1 à L. 123-4 et R. 123-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation ;
- il méconnait les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicables à la zone Ube ;
- le classement du terrain d'assiette du projet de construction en zone Ube est entaché d'illégalité.
Par des mémoires en défense enregistrés le 21 avril 2020 et le 15 septembre 2020, la commune d'Allemond et le syndicat intercommunal d'études et de programmation pour l'aménagement de la Vallée de l'Eau d'Olle, représentés par la société d'avocats Fessler-Jorquera et associés, concluent au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune d'Allemond et le syndicat intercommunal d'études et de programmation pour l'aménagement de la Vallée de l'Eau d'Olle font valoir que :
- la requête est irrecevable, en application de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme et en l'absence d'intérêt à agir de M. et Mme B sur le fondement de l'article L. 600-1-2 du même code ;
- subsidiairement, les moyens sont soit irrecevables, soit ne sont pas assortis des précisions suffisantes pour en examiner le bien-fondé, soit infondés.
Par une lettre du 13 janvier 2021, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, l'instruction est susceptible d'être close le 25 février 2021, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 20 décembre 2021.
Vu :
- les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 novembre 2022 :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de Mme A,
- les observations de Me Martin pour M. et Mme B,
- et les observations de Me Fessler, pour la commune d'Allemond et le syndicat intercommunal d'études et de programmation pour l'aménagement de la Vallée de l'Eau d'Olle.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B sont propriétaires d'une parcelle cadastrée section AC n° 301 sur laquelle ils ont leur maison d'habitation, située sur la commune d'Allemond. Par arrêté du 4 septembre 2019, le maire d'Allemond a accordé au syndicat intercommunal d'études et de programmation pour l'aménagement de la Vallée de l'Eau d'Olle une autorisation d'exécution de travaux de la télécabine de l'Eau d'Olle Express, sous prescriptions. Par arrêté du 4 septembre 2019, il lui a également accordé un permis de construire portant sur la réalisation d'un parc de stationnement et de des locaux d'activités annexes pour le fonctionnement de la télécabine (billetterie et salle d'attente) d'une surface de plancher de 268 m². Ce projet de construction se situe sur les parcelles voisines de la maison d'habitation des requérants. Dans les instances susvisées, M. et Mme B demandent l'annulation des arrêtés du 4 septembre 2019, ensemble le rejet implicite de leur recours gracieux du 29 octobre 2019.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2001433 et n° 2001437 ont le même objet, les travaux de construction de la télécabine de l'Eau d'Olle Express et de ses aménagements connexes nécessaires à son fonctionnement. Ils ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'elles fassent l'objet d'un seul jugement.
Sur les conclusions en annulation :
3. En premier lieu, l'autorisation d'exécution des travaux de la télécabine et le permis de construire en litige n'ayant pas été pris pour l'application de l'arrêté du 17 novembre 2016 portant autorisation de l'Unité touristique nouvelle, qui n'en constitue pas la base légale, les requérants ne peuvent exciper de l'illégalité de cet arrêté à l'appui de leurs conclusions. En tout état de cause, le recours formé contre l'arrêté préfectoral du 17 novembre 2016 a été rejeté par un jugement du 18 juillet 2019 du tribunal administratif de Grenoble, confirmé par la Cour administrative d'appel de Lyon le 16 mars 2021. Par suite, le moyen doit être écarté comme non fondé.
4. En deuxième lieu, les requérants soutiennent que le dossier de permis de construire a été constitué en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme dès lors que les personnes publiques ont été consultées sur la base d'un projet qui, après leur avoir été soumis, a été substantiellement remanié suite à l'avis défavorable émis par le centre national de protection de la nature, de sorte qu'elles auraient dû être consultées de nouveau et qu'en conséquence, leurs avis ne sont pas valables. Toutefois les requérants, en se bornant à reprendre un extrait du rapport du commissaire enquêteur sans préciser les modifications apportées au projet qui affecteraient la régularité des avis des personnes publiques concernées, n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes pour qu'il soit statué sur son bien-fondé.
5. En troisième lieu, les moyens énoncés par les requérants dans leurs écritures du 19 août 2020 ne sont pas assortis des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Ils doivent être écartés.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation dirigées contre les arrêtés du 4 septembre 2019 et la décision implicite de rejet du recours gracieux doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Les conclusions présentées par M. et Mme B, parties perdantes dans les deux instances, sont rejetées.
8. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par la commune d'Allemond et par le syndicat intercommunal d'études et de programmation pour l'aménagement de la Vallée de l'Eau d'Olle, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes susvisées de M. et Mme B sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Allemond et par le syndicat intercommunal d'études et de programmation pour l'aménagement de la Vallée de l'Eau d'Olle, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D et C B, à la commune d'Allemond et au syndicat intercommunal d'études et de programmation pour l'aménagement de la Vallée de l'Eau d'Olle.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Wegner, président,
Mme Letellier, première conseillère,
M. Hamdouch, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 décembre 2022.
La rapporteure,
C. E
Le président,
S. WEGNER
La greffière,
A. ZANON
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2001433 et 2001437
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026