vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2001515 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | OLIVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés le 6 mars 2020, le 27 juillet 2020 et le 8 octobre 2021, M. B A, représenté par Me Olivier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 août 2019 par lequel le maire de la commune de Chessenaz a délivré à M. D et Mme C E un permis de construire pour la construction d'une maison d'habitation sur un terrain situé au lieu-dit " Hery " sur le territoire de la commune de Chessenaz, ainsi que la décision du 24 décembre 2019 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Chessenaz une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a intérêt à agir ;
- le dossier de permis de construire était incomplet en méconnaissance des dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire litigieux est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire en litige méconnaît les dispositions de l'article R. 111-17 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2020, M. D et Mme C E concluent au rejet de la requête.
Ils font valoir que :
- le requérant est dépourvu d'intérêt à agir :
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 15 novembre 2021 à 12 heures en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F,
- et les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 29 août 2019, le maire de la commune de Chessenaz a délivré à M. D et Mme C E un permis de construire pour la construction d'une maison individuelle, d'une surface de plancher créée de 62 m², sur un terrain situé au lieu-dit " Hery ", route de Clarafond, cadastré section A n° 390, sur le territoire de la commune de Chessenaz. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté ainsi que la décision du 24 décembre 2019 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnemen. ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ;/ d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. Si le requérant soutient que le dossier de demande de permis de construire ne comportait pas de document relatif à l'état initial et futur du terrain et de plan faisant apparaître le profil du terrain alors que le terrain présente une forte déclivité, il ressort des pièces du dossier qu'un plan topographique était joint au dossier de demande de permis de construire permettant au service instructeur de constater la pente du terrain. En outre, la photographie du terrain jointe au dossier de demande de permis de construire faisait apparaître la déclivité du terrain. Si le dossier de demande de permis de construire ne comportait pas un plan de coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain, cette omission était compensée par l'ensemble des autres pièces du dossier de demande de permis de construire permettant au service instructeur d'apprécier notamment le respect des règles d'implantation en limite séparative. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le dossier de permis de construire était incomplet en méconnaissance des dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire, et notamment de l'étude géotechnique de conception en phase, que le terrain d'assiette du projet se trouve en zone d'aléa moyen (G2) de glissement de terrains selon la carte des aléas naturels de la commune de Chessenaz. Si le requérant soutient que le projet nécessite un remblai de plus d'1,50 mètre et que le poids de la future construction va reposer sur sa construction et risque de l'endommager, ses allégations ne sont établies par aucune pièce du dossier. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ne peut qu'être être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme : " L'alimentation en eau potable et l'assainissement des eaux domestiques usées, la collecte et l'écoulement des eaux pluviales et de ruissellement ainsi que l'évacuation, l'épuration et le rejet des eaux résiduaires industrielles doivent être assurés dans des conditions conformes aux règlements en vigueur ".
8. En l'espèce, le requérant se borne à soutenir que les dispositions précitées de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme sont méconnues car la parcelle d'assiette du projet litigieux fait moins de 300 m² et que les détails de l'assainissement sont inexistants dans le dossier. Toutefois, contrairement à ce qu'il indique, il ressort des pièces du dossier qu'une étude de conception d'un dispositif d'assainissement non collectif du 23 juillet 2019 était jointe au dossier. Dans ces conditions, et compte tenu de la rédaction du moyen, ce dernier ne peut qu'être écarté.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-17 du code de l'urbanisme : " A moins que le bâtiment à construire ne jouxte la limite parcellaire, la distance comptée horizontalement de tout point de ce bâtiment au point de la limite parcellaire qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à trois mètres. "
10. En l'espèce, le requérant se borne à soutenir que le projet litigieux méconnaît les dispositions de l'article R. 111-17 du code de l'urbanisme précitées. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la hauteur maximale de la construction à prendre en compte pour l'application des dispositions précitées est de 5,80 mètres et que le projet prévoit un retrait de 3 mètres en limite séparative. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 111-17 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. A n'est pas fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté attaqué et de la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Chessenaz, qui ne présente pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à M. D et à Mme C E et à la commune de Chessenaz.
Délibéré après l'audience du 27 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bedelet, première conseillère, faisant fonction de présidente,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.
La rapporteure,
P. F
La première conseillère, faisant fonction de présidente,
A. BEDELETLa greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026