jeudi 29 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2001541 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MOINE-PICARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mars 2020, la société civile immobilière (SCI) Boreas, représentée par Me Moine-Picard, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la délibération du 10 octobre 2019 par laquelle le conseil municipal de Lucinges a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de la commune, ainsi que la décision du 9 janvier 2020 rejetant son recours gracieux ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler la délibération du 10 octobre 2019 par laquelle le conseil municipal de Lucinges a approuvé le plan local d'urbanisme en tant qu'elle classe sa parcelle, cadastrée section B n° 2591, en zone Nv1, zone naturelle correspondant au réservoir de biodiversité des Voirons permettant une évolution du bâti existant, et de procéder au reclassement de sa parcelle en zone U ou NBc ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, d'annuler la délibération du 10 octobre 2019 par laquelle le conseil municipal de Lucinges a approuvé le plan local d'urbanisme en tant qu'elle a classé en zone Nv1 le lot A d'une superficie de 1 100 m² tel qu'il résulte du projet de la division effectuée en 2006 de la parcelle, cadastrée section B n° 2591, issue de la parcelle, cadastrée section B n° 2344, et de procéder au reclassement de la parcelle en zone U ou NBc.
Elle soutient que :
- les personnes publiques associées devant être consultées ne l'ont pas été et les propriétaires concernés n'ont pas été consultés ;
- l'avis du commissaire-enquêteur est insuffisamment motivé pour justifier la modification du classement du secteur du hameau " Le Céron " ;
- la délibération en litige méconnaît les dispositions de l'article R. 123-2 du code de l'urbanisme, dès lors que le rapport de présentation est insuffisamment motivé s'agissant de la modification du zonage du hameau " Le Céron " ;
- il n'est pas cohérent de soumettre la révision du PLU avec pour objectif l'adéquation de ses dispositions avec le schéma de cohérence territoriale (SCoT) alors que ce dernier est en cours de révision depuis février 2015 et que les objectifs poursuivis sont contradictoires, ;
- le classement de sa parcelle, cadastrée section B n° 2591, est entaché d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme ;
- le classement de sa parcelle, cadastrée section B n° 2591, en zone Nv1, zone naturelle correspondant au réservoir de biodiversité des Voirons permettant une évolution du bâti existant, est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2021, la commune de Lucinges représentée par Me Petit, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à l'application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3 000 euros mise à la charge de la société requérante en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Lucinges fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
En application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 septembre 2021 par une ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de Me Saint-Lager, représentant la commune de Lucinges.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Boreas est propriétaire de la parcelle, cadastrée section B n° 2591, issue de la parcelle, cadastrée section B n° 2344, sur le territoire de la commune de Lucinges. Par une délibération du 12 octobre 2016, le conseil municipal de Lucinges a prescrit la révision du plan local d'urbanisme de la commune. Le débat sur le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) a eu lieu lors de la séance du conseil municipal du 7 décembre 2017. Par une délibération du 7 février 2019, le conseil municipal a tiré le bilan de la concertation et a arrêté le projet de révision générale du plan local d'urbanisme. Une enquête publique s'est déroulée du 18 mai 2019 au 25 juin 2019. Le 25 juillet 2019, le commissaire-enquêteur a remis son rapport et ses conclusions motivées, favorables avec recommandations. Par la délibération du 10 octobre 2019, le conseil municipal de Lucinges a approuvé la révision générale du plan local d'urbanisme de la commune. Le 5 décembre 2019, reçu le 6 décembre suivant par la commune, la SCI Boreas a formé un recours gracieux tendant au retrait de cette délibération en tant qu'elle classe sa parcelle, cadastrée section B n° 2591, en zone Nv1, zone naturelle correspondant au réservoir de biodiversité des Voirons permettant une évolution du bâti existant. Par une décision du 9 janvier 2020, la commune de Lucinges a rejeté ce recours. Par la présente requête, la SCI Boreas demande l'annulation de cette délibération et de la décision du 9 janvier 2020 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, la société requérante se borne à soutenir que " ni les propriétaires concernés ni les personnes publiques n'ont été consultées ". Toutefois, dès lors que la société requérante n'assortit son moyen d'aucune disposition légale ou réglementaire, le moyen ne peut qu'être écarté comme non assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 123-19 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. / () ".
4. En application de ces dispositions, le commissaire-enquêteur, qui n'est pas tenu de répondre à chacune des observations présentées au cours de l'enquête publique, doit donner son avis personnel en précisant s'il est ou non favorable et indiquer au moins sommairement, les raisons qui en déterminent le sens.
5. La SCI Boreas soutient que l'avis du commissaire-enquêteur est insuffisamment motivé pour justifier la modification du classement du secteur du hameau " Le Céron ". Il ressort des pièces du dossier que le commissaire-enquêteur, dans son avis et conclusions du 25 juillet 2019, rappelle l'objet de l'enquête publique, relate le déroulement de l'enquête publique et examine les observations formulées au cours de l'enquête notamment par le public. Il détaille également les avis des personnes publiques associées et émet ses remarques personnelles sur les pièces du dossier d'enquête et sur les interventions du public. Plus particulièrement, concernant le secteur du hameau " Le Céron ", le commissaire-enquêteur a mentionné notamment que le " classement proposé en zone Av trouve difficilement une assisse juridique en raison du groupe important d'habitations situé dans le hameau " et que " le règlement Nv qui est en partie similaire au règlement de la zone A Voirons, avec une appellation propre au hameau " Le Céron ", qui pourrait être Nv1, serait de nature à concilier à la fois, les contraintes liées pour le choix d'un zonage compatible avec le groupe important d'habitations composant le hameau et la nécessaire protection des enjeux paysagers et environnementaux de ce secteur ". De plus, concernant la parcelle de la société requérante, cadastrée section B n° 2591, le commissaire-enquêteur a émis un avis défavorable à son classement en zone Ub en estimant qu'elle est " située dans une grande zone A mitoyenne à des zones Ap et N " et qu'elle est " concernée par des enjeux paysagers ". Par suite, ses conclusions répondent à l'obligation de motivation prescrite par l'article R. 123-19 du code de l'environnement et le moyen doit donc être écarté.
6. En troisième lieu, les dispositions de l'article R. 151-1 du code de l'urbanisme prises pour l'application des dispositions précédentes, et dont la teneur figurait antérieurement à l'article R. 123-2 du code de l'urbanisme, prévoient que : " Pour l'application de l'article L. 151-4, le rapport de présentation : / 1° Expose les principales conclusions du diagnostic sur lequel il s'appuie ainsi que, le cas échéant, les analyses des résultats de l'application du plan prévues par les articles L. 153-27 à L. 153-30 et comporte, en annexe, les études et les évaluations dont elles sont issues ;/ 2° Analyse les capacités de densification et de mutation des espaces bâtis identifiés par le schéma de cohérence territoriale en vertu du deuxième alinéa de l'article L. 141-3 ainsi que des autres espaces bâtis identifiés par le rapport lui-même en vertu du troisième alinéa de l'article L. 151-4 ;/ 3° Analyse l'état initial de l'environnement, expose la manière dont le plan prend en compte le souci de la préservation et de la mise en valeur de l'environnement ainsi que les effets et incidences attendus de sa mise en œuvre sur celui-ci. ". Aux termes de l'article R. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation comporte les justifications de : / 1° La cohérence des orientations d'aménagement et de programmation avec les orientations et objectifs du projet d'aménagement et de développement durables ; / 2° La nécessité des dispositions édictées par le règlement pour la mise en œuvre du projet d'aménagement et de développement durables et des différences qu'elles comportent, notamment selon qu'elles s'appliquent à des constructions existantes ou nouvelles ou selon la dimension des constructions ou selon les destinations et les sous-destinations de constructions dans une même zone ; / 3° La complémentarité de ces dispositions avec les orientations d'aménagement et de programmation mentionnées à l'article L. 151-6 ; / 4° La délimitation des zones prévues par l'article L. 151-9 ;/ 5° L'institution des zones urbaines prévues par l'article R. 151-19, des zones urbaines ou zones à urbaniser prévues par le deuxième alinéa de l'article R. 151-20 lorsque leurs conditions d'aménagement ne font pas l'objet de dispositions réglementaires ainsi que celle des servitudes prévues par le 5° de l'article L. 151-41 ; / 6° Toute autre disposition du plan local d'urbanisme pour laquelle une obligation de justification particulière est prévue par le présent titre. / Ces justifications sont regroupées dans le rapport. ".
7. Si la SCI Boreas se borne à soutenir, sans assortir le moyen de précisions, que le rapport de présentation du plan local d'urbanisme ne justifie pas suffisamment le zonage retenu du hameau du " Le Céron ", il ressort des pièces du dossier que la première partie du rapport de présentation intitulée " diagnostic communal " comprend un point " 2. Etat initial de l'environnement / () / 2.7-Payasage et patrimoine " qui présente le hameau " Le Céron " et notamment qu'il correspond " au " périmètre de protection d'ensemble à dominante naturelle et/ou agricole " identifié par le SCoT de la région d'Annemasse dans le DOO. Toute intervention humaine dans ce périmètre devra être compatible avec la préservation des milieux naturels et le fonctionnement des activités agricoles. Ainsi toute nouvelle urbanisation et tout aménagement sont à proscrire. " Par ailleurs, la troisième partie de ce rapport de présentation, intitulée " justification des choix retenus ", explique les différents zonages retenus, notamment la zone naturelle, et plus précisément la zone Nv1, qui concerne la parcelle dont est propriétaire la société requérante. Le rapport précise que cette zone correspond au " hameau du Céron situé sur le Nord de la commune correspondant à un ensemble bâti marqué par des enjeux paysagers forts qu'il convient de protéger ". Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le rapport de présentation serait insuffisamment motivé et le moyen doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : / 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 () ".
9. Pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme avec un SCoT, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.
10. La SCI Boreas soutient qu'il n'est pas cohérent de soumettre la révision du PLU avec pour objectif l'adéquation de ses dispositions avec le schéma de cohérence territoriale (SCoT) alors que ce dernier est en cours de révision depuis février 2015 et que les objectifs poursuivis sont contradictoires. La SCI Boreas doit, ce faisant, être regardée comme soulevant un moyen tiré de l'incompatibilité du plan local d'urbanisme avec le SCoT. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le SCoT applicable est celui en vigueur à la date d'approbation du PLU et que la zone Nv1 du plan local d'urbanisme, zone correspondant au hameau du Céron dans lequel seule une évolution modérée du bâti existant est autorisée, a pour but de répondre aux objectifs du document d'orientations générales du SCoT d'Annemasse Agglomération, approuvé le 28 novembre 2007, lequel proscrit toute urbanisation nouvelle et tout aménagement nouveau dans les zones naturelles. Par suite, le plan est compatible avec les orientations et objectifs du SCoT sur ce point et le moyen peut être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
12. Si la SCI Boreas soutient que le classement de sa parcelle, cadastrée section B n° 2591, est entaché d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme, il ressort des pièces du dossier que sa parcelle a finalement été classée en zone Nv1, zone naturelle correspondant au réservoir de biodiversité des Voirons permettant une évolution du bâti existant, de sorte que son moyen ne peut qu'être écarté comme étant inopérant.
13. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : /1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; /5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. "
14. Il appartient aux auteurs d'un PLU de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
15. La SCI Boreas soutient que le classement de sa parcelle, cadastrée section B n° 2591, en zone Nv1, zone naturelle correspondant au réservoir de biodiversité des Voirons permettant une évolution du bâti existant, est entaché d'erreur manifeste d'appréciation. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'axe I du projet d'aménagement et de développement durables (PADD), que les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu assurer un " développement maîtrisé et équilibré " du territoire. Au titre des moyens mis en œuvre pour ce faire, les auteurs du plan local d'urbanisme ont prévu de " modérer la consommation foncière ". Une carte illustre cet axe au sein du PADD et le hameau " Le Céron ", au sein duquel se situe la parcelle litigieuse, est répertorié comme appartenant au massif des Voirons identifié comme périmètre de protection à dominante naturelle et/ou agricole par le SCoT qui interdit le développement de l'urbanisation. En outre, s'il apparaît que la parcelle litigieuse, cadastrée section B n° 2591, vierge de toute construction, est bordée par une route et par des parcelles construites peu densément, elle est incluse au sein de ce hameau " Le Céron " qui est un périmètre de protection à dominante naturelle par le SCoT et s'ouvre sur une vaste zone naturelle au Nord et à l'Est avec laquelle elle n'est pas en rupture. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient la société requérante, la parcelle dont elle est propriétaire ne constitue pas une dent creuse. Enfin, la circonstance que cette parcelle était antérieurement classée en zone constructible ne saurait conférer à l'intéressée un droit acquis au maintien de ce classement. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par la SCI Boreas tendant à l'annulation de la délibération du 10 octobre 2019 par laquelle le conseil municipal de Lucinges a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de la commune ainsi que, par voie de conséquence, la décision du 9 janvier 2020 rejetant son recours gracieux et les conclusions à fin d'injonction, doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
17. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI Boreas la somme que demande la commune de Lucinges au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Boreas est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Lucinges présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Boreas et à la commune de Lucinges.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
Mme Barriol première conseillère,
Mme Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.
La rapporteure,
P. A
La présidente,
D. JOURDAN La greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026