vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2001605 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SEGARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2020, M. C B, représenté par Me Segard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du directeur interrégional des services pénitentiaires de Lyon en date du 22 mars 2019 ayant confirmé la sanction prononcée à son encontre le 13 février 2019 par la commission de discipline du centre pénitentiaire de Varces ;
2°) d'ordonner l'effacement de l'ensemble des données relatives à la procédure disciplinaire contestée figurant dans son dossier ainsi que de l'ensemble des mentions inscrites dans le logiciel " GIDE " et prévues aux 5° e), 3° b), 3° j 5), 3° j 6) et 6° b) de l'article 4 du décret du 6 juillet 2011, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- le président de la commission de discipline a manqué à son obligation d'impartialité ;
- le délai de vingt-quatre heures prévu par l'article R. 57-7-16 du code de procédure pénale n'a pas été respecté ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- la sanction prononcée est manifestement excessive.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 mai 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 janvier 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'Hôte, vice-président,
- les conclusions de Mme Brenner-Adanlété, rapporteure publique,
- et les observations de Me Schürmann, substituant Me Segard, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, incarcéré au centre pénitentiaire de Grenoble-Varces, s'est vu infliger, par une décision de la commission de discipline du 13 février 2019, une sanction de dix jours de cellule disciplinaire et d'un déclassement de son emploi après qu'il a, le 8 février 2019, introduit dans l'enceinte de l'établissement un téléphone portable par le moyen d'un véhicule de livraison sur le lieu de son emploi d'auxiliaire de cantine. Par la décision attaquée du 22 mars 2019, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Lyon a rejeté le recours préalable formé par l'intéressé à l'encontre de cette sanction.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-9 du code de procédure pénale, repris depuis le 1er mai 2022 à l'article R. 234-4 du code pénitentiaire : " Chaque membre de la commission de discipline doit exercer ses fonctions avec intégrité, dignité et impartialité et respecter le secret des délibérations ".
3. D'une part, la circonstance que le chef d'établissement ou son délégataire apprécie, sur la base du rapport d'enquête rédigé à la suite du compte-rendu d'incident et en application de l'article R. 57-7-15 du code de procédure pénale, l'opportunité de poursuivre la procédure disciplinaire puis prononce le cas échéant, en tant que président de la commission de discipline et en vertu de l'article R. 57-7-7 du même code, les sanctions disciplinaires retenues contre la personne détenue, ne méconnaît pas le principe d'impartialité. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'au cas d'espèce, le président de la commission de discipline ait manqué à son devoir d'impartialité, quand bien même il aurait affirmé, selon les allégations du requérant, ne pas le croire quant à sa participation à un trafic de téléphones, fait pour lequel, au demeurant, M. B n'a pas été sanctionné.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 57-6-8 du code de procédure pénale, repris à l'article R. 313-1 du code pénitentiaire : " Lorsqu'il est envisagé de prendre une décision individuelle défavorable à la personne détenue qui doit être motivée conformément aux dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-3 du code des relations entre le public et l'administration, la personne détenue peut se faire représenter ou assister par un conseil ou, dans les conditions prévues aux articles R. 57-6-9 à R. 57-6-16 et à l'exception des décisions intervenant en matière disciplinaire ou en matière d'isolement, par un mandataire de son choix. ". Aux termes de l'article R. 57-6-9 du même code, repris à l'article R. 313-2 du code pénitentiaire : " Pour l'application des dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration aux décisions mentionnées à l'article précédent, la personne détenue dispose d'un délai pour préparer ses observations qui ne peut être inférieur à trois heures à partir du moment où elle est mise en mesure de consulter les éléments de la procédure, en présence de son avocat ou du mandataire agréé, si elle en fait la demande. () ". Aux termes de l'article R. 57-7-16 de ce code, repris à l'article R. 234-15 du code pénitentiaire : " I. - En cas d'engagement des poursuites disciplinaires, les faits reprochés ainsi que leur qualification juridique sont portés à la connaissance de la personne détenue. / La personne détenue est informée de la date et de l'heure de sa comparution devant la commission de discipline ainsi que du délai dont elle dispose pour préparer sa défense. Ce délai ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier qu'en vue de la commission de discipline devant se tenir 13 février 2019 à 11 heures, les pièces du dossier ont été remises à M. B la veille, le 12 février, à 11 heures, ainsi qu'en atteste le bordereau signé par l'intéressé. Si ces pièces ont été transmises au conseil du requérant le même jour à 11 heures 26, les dispositions précitées de l'article R. 57-7-16 du code de procédure pénale n'impliquent pas que l'avocat du détenu ait disposé des éléments de la procédure dans un délai d'au moins vingt-quatre heures avant la séance. Il ressort au contraire des dispositions de l'article R. 57-6-9 du même code que ce délai ne peut être inférieur à trois heures, ce qui a été le cas en l'espèce. Par suite, les droits de la défense n'ont pas été méconnus.
6. En troisième lieu, la décision contestée du directeur interrégional des services pénitentiaires de Lyon comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le directeur interrégional des services pénitentiaires de Lyon, lorsqu'il est saisi du recours administratif préalable obligatoire formé par le détenu, n'est pas tenu de répondre à l'ensemble de l'argumentation soulevée par l'intéressé, mais seulement d'indiquer les éléments sur lesquels il se fonde pour prendre sa décision. Par suite, le moyen tiré de ce que le directeur interrégional des services pénitentiaires de Lyon n'aurait pas répondu au moyen tiré du non-respect du délai de vingt-quatre heures prévu à l'article R. 57-7-16 du code de procédure pénale, doit être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale, dans sa rédaction applicable en l'espèce, et repris à l'article R. 232-4 du code pénitentiaire : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : / () / 7° D'introduire ou de tenter d'introduire au sein de l'établissement tous objets ou substances dangereux pour la sécurité des personnes ou de l'établissement, de les détenir ou d'en faire l'échange contre tout bien, produit ou service () ". Aux termes de l'article R. 57-7-47 du même code, repris à l'article R. 235-12 du code pénitentiaire : " Pour les personnes majeures, la durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut excéder vingt jours pour une faute disciplinaire du premier degré () ". Aux termes de l'article R. 57-7-34 de ce code, repris à l'article R. 233-2 du code pénitentiaire : " Lorsque la personne détenue est majeure, les sanctions disciplinaires suivantes peuvent également être prononcées : / () / 2° Le déclassement d'un emploi ou d'une formation lorsque la faute disciplinaire a été commise au cours ou à l'occasion de l'activité considérée () ".
8. M. B ne conteste pas avoir introduit ou tenté d'introduire, à deux reprises, un téléphone portable dans l'enceinte du centre pénitentiaire. Compte tenu de l'usage qui peut être fait d'un tel appareil et du risque en résultant pour la sécurité dans l'établissement, de la réitération des faits et de leur commission à l'occasion de l'accomplissement d'un emploi d'auxiliaire de cantine, la sanction prononcée de dix jours de mise en cellule disciplinaire avec déclassement de son emploi n'apparaît pas disproportionnée au regard de la gravité de la faute commise.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du directeur interrégional des services pénitentiaires de Lyon du 22 mars 2019. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction doivent être également rejetées.
Sur les conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Segard et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
Mme Bardad, première conseillère,
Mme d'Elbreil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.
Le Président-rapporteur,
V. L'HÔTEL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
N. BARDAD
La greffière,
C. BILLON
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026