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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2001950

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2001950

lundi 15 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2001950
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique 7
Avocat requérantSELARL FDA FALLION DUBREUIL

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I°) Par une requête et un mémoire enregistrés le 24 mars 2020 et le 26 novembre 2020 sous le n°2001950, M. C B, représenté par la SELARL FDA Fallion Dubreuil, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la taxe d'habitation à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2019 à raison d'un appartement situé 70 place des Dents Blanches à Samoëns (74340) ;

2°) de débouter la partie adverse de toutes ses demandes et la condamner aux entiers dépens.

Il soutient que :

- l'appartement imposé fait l'objet de locations touristiques toute l'année par l'intermédiaire des Gîtes de France en vertu de conventions de mandat gestion ;

- dans la mesure où il est passible de la cotisation foncière des entreprises, il n'est pas imposable à la taxe d'habitation ;

Par un mémoire en défense enregistré le 11 septembre 2020, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II°) Par une requête et des mémoires enregistrés le 24 mars 2020, le 26 novembre 2020 et le 3 avril 2023 sous le n°2001954, Mme D E épouse B, représentée par la SELARL FDA Fallion Dubreuil, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la taxe d'habitation à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2020 à raison d'un appartement situé 70 place des Dents Blanches à Samoëns (74340) ;

2°) d'ordonner la restitution des sommes appréhendées par le comptable public en exécution de l'avis à tiers détenteur du 18 mars 2022, d'un montant total de 1 162 euros ;

3°) de débouter la partie adverse de toutes ses demandes et la condamner aux entiers dépens.

Elle soutient que :

- l'appartement imposé fait l'objet de locations touristiques toute l'année par l'intermédiaire des Gîtes de France en vertu de conventions de mandat gestion ;

- dans la mesure où il est passible de la cotisation foncière des entreprises, elle n'est pas imposable à la taxe d'habitation ;

Par un mémoire en défense enregistré le 24 août 2020, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B, respectivement nu-propriétaire et usufruitière d'un appartement situé 70, place des Dents Blanches à Samoëns (74340) ont été assujettis à la taxe d'habitation au titre de l'année 2019. Estimant qu'ils auraient dû en être exonérés, M. et Mme B en ont demandé le dégrèvement. Un refus leur ayant été opposé par deux décisions du 27 janvier et 19 février 2020, les requérants en demandent, par les présentes instances, la décharge.

2. Les requêtes n°2001950 et n°2001954 présentées par M. et Mme B concernent des situations liées et sont relatives à la même imposition. Il y a dès lors lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

3. Aux termes de l'article 1407 du code général des impôts : " I. - La taxe d'habitation est due : 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation ; () II. - Ne sont pas imposables à la taxe : 1° Les locaux passibles de la cotisation foncière des entreprises lorsqu'ils ne font pas partie de l'habitation personnelle des contribuables ; () ". Aux termes de l'article 1408 de ce code, dans sa version applicable au litige : " I. La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables () ". Enfin, aux termes de l'article 1415 du même code : " La () taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ". Il résulte de ces dispositions que la résidence principale s'entend du logement où résident habituellement et effectivement les membres du foyer fiscal et où se situe le centre de leurs intérêts personnels, professionnels et matériels. Le logement qualifié de résidence principale est présumé être, sauf preuve contraire apportée par le contribuable, celui où est souscrite la déclaration de revenus du contribuable ou d'un couple.

4. Il résulte de ces dispositions que le propriétaire d'un local meublé est redevable de la taxe d'habitation dès lors qu'il peut être regardé, au 1er janvier de l'année d'imposition, comme entendant s'en réserver la disposition ou la jouissance une partie de l'année. Tel est le cas s'il l'occupe ou le fait occuper gracieusement une partie de l'année, sans qu'y fassent obstacle les circonstances que ce local meublé serait mis en location pendant l'autre partie de l'année et serait ainsi passible de la cotisation foncière des entreprises, que ce propriétaire disposerait d'une autre habitation dans la même commune ou qu'il donnerait directement le bien en location sans passer par un intermédiaire.

5. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.

6. Il est constant que le local en litige est proposé à la location saisonnière par l'intermédiaire de " Gîtes de France Haute-Savoie ". Il résulte des conventions de mandat de gestion signées le 21 décembre 2017 et le 22 décembre 2018, que les contrats prennent effet à compter de la date de leur signature pour des séjours se déroulant du 29 septembre 2018 au 28 septembre 2019, et du 28 septembre 2019 au 3 octobre 2020. Le c du IV relatif aux " Obligations du mandant, le propriétaire " stipule que : " () le propriétaire pourra fermer son planning de réservation pour convenance personnelle dans la limite de : - 2 semaines en période scolaires (1 en été et 1 en hiver), - 2 semaines hors vacances scolaires ". Il résulte ainsi de l'instruction que ce local n'a pas été affecté en permanence à la location meublée saisonnière au cours de l'année 2019. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, la convention signée le 21 décembre 2017 est en particulier applicable au 1er janvier de l'année 2019. Par ailleurs, l'attestation établie par " Gîtes de France Haute-Savoie ", le 10 novembre 2020, selon laquelle l'hébergement est commercialisé pour l'année 2019 " sans fermeture du planning pour convenance personnelle " ne saurait être revêtue d'une valeur probante suffisante dans les circonstances de l'espèce. Enfin, la circonstance que ce local meublé serait passible de la cotisation foncière des entreprises en lien avec l'activité de location meublée ne saurait faire obstacle à ce que le requérant soit assujetti à la taxe d'habitation. Dans ces conditions, M. et Mme B doivent être regardés comme ayant entendu au 1er janvier de l'année d'imposition se réserver la disposition ou la jouissance de ce logement meublé en dehors des périodes de location saisonnière au sens du I de l'article 1408 du code général des impôts. Cet appartement doit être regardé comme faisant partie de leur habitation personnelle au sens de l'article 1407 du même code, indépendamment de leur occupation effective.

6. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de M. et Mme B doivent être rejetées dans toutes leurs conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes présentées par M. et Mme B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme D B et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.

Le président,

J. P. ALa greffière

L. ROUYER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

2 - 2001954

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