mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2002023 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SENEGAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 mars 2020 et 5 septembre 2022, la société Urbanscape SPRL, représentée par Me Senegas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 30 septembre 2019 approuvant la révision du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Tignes, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Tignes la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les modalités de la concertation n'ont pas été respectées, aucune information régulière n'ayant été faite sur le site internet de la mairie sur l'évolution du projet et de la procédure ;
- il n'y a pas eu concertation pendant toute la durée de l'élaboration du projet en méconnaissance de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme ;
- il n'y a pas eu de bilan de la concertation et le conseil municipal n'a pas tiré le bilan de la concertation, en méconnaissance des articles L. 103-6 et R. 153-3 du même code ;
- les convocations et les ordres du jour des séances du 26 octobre 2017 (débat sur le projet d'aménagement et de développement durables (PADD)), du 15 novembre 2018 (arrêt du projet et bilan de la concertation) et du 30 septembre 2019 (approbation du plan local d'urbanisme) n'ont pas été transmis aux conseillers municipaux trois jours francs avant les séances ;
- l'information des conseillers municipaux pour les séances du 26 octobre 2017, du 15 novembre 2018 et du 30 septembre 2019 était insuffisante, notamment en l'absence de note de synthèse ;
- l'ensemble du projet de plan local d'urbanisme n'a pas été mis à disposition des conseillers municipaux en méconnaissance de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales;
- la délibération du 16 février 2016 qui prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme et définit les modalités de la concertation n'a pas été notifiée aux personnes publiques associées et listées dans ladite délibération, en violation des articles L. 132-7 et L. 132-9 du code de l'urbanisme ;
- le parc national de la Vanoise n'a pas été associé, en violation de l'article L. 132-7 du même code ;
- la délibération du 16 février 2016 qui prescrit l'élaboration du PLU et définit les modalités de la concertation n'est jamais devenue exécutoire faute d'avoir fait l'objet des mesures de publicité prévues par les articles R. 153-20 et R. 153-21 du code de l'urbanisme ;
- l'économie générale du PLU a été remise en cause après l'enquête publique et il n'est pas démontré que l'ensemble des modifications procède de l'enquête ;
- le conseil municipal s'est cru, à tort, lié par les remarques de l'Etat ;
- le PLU est insuffisant en matière de réhabilitation de l'immobilier de loisir et d'unités touristiques nouvelles et entre en contradiction avec les exigences imposées par l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme et le SCoT Tarentaise Vanoise ;
- le PADD est insuffisant, notamment en ce qu'il ne comporte aucune orientation concernant les communications numériques et les réseaux d'énergie ni d'objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain;
- le principe d'équilibre de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme est méconnu ;
- les risques naturels sont insuffisamment pris en compte, en l'absence d'études hors zones urbaines ;
- le rapport de présentation est insuffisant et le parti d'aménagement n'est pas réalisable en raison de l'insuffisance de la ressource en eau ;
- le rapport de présentation, ne justifie pas des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés par le SCoT et au regard des dynamiques économiques et démographiques ;
- le rapport de présentation est insuffisant quant au choix de mettre en œuvre l'OAP des Boisses ;
- le règlement de la zone As1 est illégal dès lors qu'il ne limite pas l'urbanisation, d'une part, à la réalisation d'un équipement collectif et, d'autre part, à la compatibilité avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière et à l'absence d'atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages ;
- l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) des Boisses est illégale car elle aurait dû être inscrite dans le SCoT Tarentaise Vanoise ; elle est irrégulière dans la mesure où elle conjugue à la fois des caractéristiques des OAP sans règlement et des OAP classiques ; elle est insuffisante dès lors qu'elle n'indique pas la capacité globale d'accueil du programme n°4, elle n'est pas cohérente avec le PADD ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- les dispositions de l'article 10.2.1 du règlement du PLU relatif à la zone 1AU s'agissant de l'alignement par rapport aux voies, emprises publiques et limites séparatives et s'agissant de la hauteur sont illégales ;
- le classement en zone 1AUb/1AUc/1AUd/Ue des terrains couverts par l'OAP des Boisses et le règlement écrit de ces zones ne sont pas cohérents avec le PADD et le classement de ces zones est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés les 4 mai 2020 et le 22 septembre 2022, la commune de Tignes, représentée par Me Poncin, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par courrier du 15 mai 2023, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur la possibilité de mettre en œuvre l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme en vue de régulariser la révision du plan local d'urbanisme en litige sur les points suivants :
* Méconnaissance de l'article L. 151-7 du code de l'urbanisme par l'OAP des Boisses en ce que celle-ci fixe la volumétrie des constructions en R+2, R+3 et R+4 et le pourcentage minimal de logements sociaux en location ou en accession à la propriété pour le programme bâti de mixité sociale ;
* Illégalité de l'article 10.2.1 du règlement applicable à la zone 1AU s'agissant de l'alignement par rapport aux voies, emprises publiques et limites séparatives qui renvoie à l'OAP des Boisses en méconnaissance de l'article L. 151-18 du code de l'urbanisme ;
* Méconnaissance de l'article R. 151-23 du code de l'urbanisme par le règlement de la zone AS1.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bedelet,
- les conclusions de Mme A,
- et les observations de Me Djeffal pour la société requérante et de Me Vincent pour la commune de Tignes.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 30 septembre 2019, le conseil municipal de Tignes a approuvé la révision de son plan local d'urbanisme. La société Urbanscape demande l'annulation de cette délibération et de la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la concertation préalable :
2. En premier lieu, l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme prévoit que la révision d'un PLU fait l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées.
3. La délibération du 16 février 2016 fixant les modalités de la concertation prévoit une information dans la presse au démarrage de la procédure, la disposition en mairie de registres d'observations, quatre réunions publiques a minima, une exposition sous forme de panneaux laissée à disposition du public avec registre communal, une information régulière dans le bulletin municipal et sur le site internet de la commune sur l'évolution du projet et de la procédure. Il ressort des pièces du dossier, notamment du bilan de la concertation, que ces modalités ont été respectées en particulier celle relative à l'information régulière sur le site internet de la commune. Il indique que les fichiers sources des panneaux informatifs, les photos de la coupe participative en mairie, les comptes rendus des ateliers et des consultances, les six articles publiés dans le magazine municipal " Tignes en toutes lettres " et les 18 articles publiés dans le Dauphiné Libéré ainsi que les 14 newsletters adressées par courriels aux habitants de Tignes ont été mis en ligne sur le site internet de la commune.
4. En deuxième lieu, la commune de Tignes produit le bilan de la concertation effectué par la société Antea'Group qui, après avoir détaillé les moyens d'information et de concertation utilisés tout au long de celle-ci, fait une synthèse des observations recueillies lors des réunions publiques, dresse un bilan positif des procédures et outils de concertation mis en place permettant d'informer, de débattre et de communiquer. Après avoir rappelé la forte participation de l'ensemble de la population, il précise que de nombreuses demandes concernent les grands projets prévus par la municipalité et leurs impacts sur la dynamique et l'image du territoire ainsi que sur les paysages, qu'ont également été faites des remarques d'ordre général sur la réalisation de liaisons câblées, de cheminements piétons, de système de transport en commun, mais aussi sur le réaménagement de certains quartiers comme la rue de la Poste, le Lavachet, le haut et le bas du Val Claret. Il indique que l'avenir des hameaux a été questionné, notamment sur les possibilités d'urbanisation et le raccordement aux réseaux, que le sujet de la rénovation énergétique du parc immobilier de la commune a été fortement mis en avant lors des réunions publiques et qu'occasionnellement, des remarques ont été portées sur des points plus spécifiques à l'échelle d'une propriété ou d'une rue, notamment sur la règlementation des hauteurs et des prospects dans le règlement. Par ailleurs, par délibération du 15 novembre 2018, le conseil municipal a tiré le bilan de la concertation publique après que des représentants de la société d'ingénierie et de conseil Antea'Group ont présenté le bilan de la concertation. Ainsi et, contrairement à ce que soutient la société requérante, il ressort des pièces du dossier qu'un bilan de la concertation a été réalisé et que le conseil municipal, après présentation par la société de conseil Antea'Group de celui-ci, en a tiré le bilan.
5. En troisième lieu, il résulte des dispositions des articles L. 103-2, L. 103-6 et R. 153-3 du code de l'urbanisme que la concertation doit se dérouler avant que le projet ne soit arrêté dans ses options essentielles et que ne soient pris les actes conduisant à la mise en application effective du document d'urbanisme.
6. Il ressort des pièces du dossier que l'élaboration d'un projet de révision du PLU a été soumise à une procédure de concertation et que celle-ci s'est déroulée jusqu'à la date à laquelle le conseil municipal a tiré un bilan de cette concertation et a arrêté le projet de PLU. Par suite, le moyen tiré de ce que la concertation n'a pas été organisée pendant toute la durée de l'élaboration du PLU de la commune doit être écarté.
En ce qui concerne les convocations et l'information des conseillers municipaux :
7. Il ressort des pièces du dossier que les convocations aux réunions des 26 octobre 2017, 15 novembre 2018 et 30 septembre 2019, qui mentionnaient respectivement le débat sur les orientations du PADD dans la cadre de la révision générale du PLU, le bilan de la concertation et l'arrêt de la révision générale du PLU et l'approbation de la révision générale du PLU ont été adressées aux conseillers municipaux plus de trois jours francs avant les réunions. Par ailleurs, les convocations des 26 octobre 2017, 15 novembre 2018 et 30 septembre 2019, qui mentionnaient les points à l'ordre du jour et de ce qu'une note de synthèse y était jointe afin de permettre aux conseillers municipaux d'appréhender les divers points portés à l'ordre du jour, permettaient aux membres du conseil municipal de se procurer toute information préalable qu'ils auraient estimée utile. La commune de Tignes produit d'ailleurs la note explicative de synthèse pour la séance du conseil municipal du 30 septembre 2019. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les conseillers municipaux auraient été dans l'impossibilité de procéder à la consultation en temps utile du dossier de projet de révision ou de ce qu'un document nécessaire à l'exercice de leur mandat leur aurait été refusé. Par suite, les dispositions des articles L. 2121-10, L. 2121-12 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales n'ont pas été méconnues.
En ce qui concerne la délibération du 16 février 2016 prescrivant la révision du PLU et définissant les modalités de la concertation :
8. Eu égard à l'objet et à la portée de la délibération prescrivant l'élaboration ou la révision du plan local d'urbanisme et définissant les modalités de la concertation, l'accomplissement des formalités de publicité conditionnant son entrée en vigueur ne peut être utilement contesté à l'appui du recours pour excès de pouvoir formé contre la délibération approuvant le plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de ce que, faute qu'il soit établi que les formalités de publicité requises aient été dûment accomplies, la délibération du 16 février 2016 prescrivant la révision du PLU de Tignes n'aurait pas été exécutoire ne pouvait être utilement invoqué à l'encontre de la délibération du 30 septembre 2019 qui a approuvé le plan.
En ce qui concerne le respect de l'article L. 132-7 du code de l'urbanisme :
9. En vertu de l'article L. 132-7 du code de l'urbanisme, l'Etat, les régions, les départements, les autorités organisatrices prévues à l' article L. 1231-1 du code des transports, les établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière de programme local de l'habitat et les organismes de gestion des parcs naturels régionaux et des parcs nationaux, les chambres de commerce et d'industrie territoriales, les chambres de métiers, les chambres d'agriculture sont au nombre des personnes publiques associées à l'élaboration du plan local d'urbanisme.
10. Il ressort notamment des courriers du 11 avril 2016 du maire de Tignes et des accusés de réception que la commune a transmis la délibération du 16 février 2016 aux personnes publiques associées en vertu de l'article L. 132-7 du code de l'urbanisme notamment au parc national de la Vanoise. Le moyen manque en fait et doit par suite être écarté.
En ce qui concerne les modifications apportées après l'enquête publique :
11. Aux termes de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : () 2° Le conseil municipal dans le cas prévu au 2° de l'article L. 153-8 ".
12. Il résulte de ces dispositions qu'il est loisible à l'autorité compétente de modifier le plan local d'urbanisme après l'enquête publique, sous réserve, d'une part, que ne soit pas remise en cause l'économie générale du projet et, d'autre part, que ces modifications procèdent de l'enquête.
13. D'une part, il ressort du rapport du commissaire enquêteur que l'Etat a indiqué dans son avis que le besoin du foncier nécessaire pour la centaine de logements à prévoir sur la durée de PLU est estimé différemment selon les documents du PLU : 4,67 ha dans le rapport de présentation et 3 ha dans le PADD et qu'il convenait de remédier à cette incohérence. Ainsi, contrairement à ce que soutient la société requérante, la modification du nombre d'hectares dévolue à l'habitat à l'horizon du PLU dans le PADD, dans sa version approuvée (à savoir environ 4 ha), procède de l'enquête publique. Dès lors qu'elle a pour objet la mise en cohérence des documents du PLU, cette modification ne porte pas atteinte à l'économie générale du plan. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure en l'absence d'organisation d'un nouveau débat sur le PADD tel qu'approuvé et en l'absence de reprise de la concertation à la suite de cette modification doit être écarté. Le moyen tiré de l'insuffisante information des conseillers municipaux en l'absence de présentation d'une méthodologie permettant d'identifier ces espaces et leur emplacement doit être écarté compte tenu de ce qui a été dit au point 7.
14. D'autre part, contrairement à ce que soutient la société requérante, les autres modifications apportées après l'enquête publique procèdent également de celle-ci.
15. Enfin, si la délibération attaquée reprend les termes de l'avis de l'Etat selon lequel les réserves formulées par celui-ci devront être impérativement levées avant l'approbation du PLU, il ne ressort pas des pièces du dossier que le conseil municipal se serait, pour autant, cru en situation de compétence liée pour adopter des modifications au projet de PLU.
En ce qui concerne le rapport de présentation :
16. Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services. En zone de montagne, ce diagnostic est établi également au regard des besoins en matière de réhabilitation de l'immobilier de loisir et d'unités touristiques nouvelles () Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques () ".
17. Aux termes de l'article R. 151-3 du même code : " Au titre de l'évaluation environnementale lorsqu'elle est requise, le rapport de présentation :
1° Décrit l'articulation du plan avec les autres documents d'urbanisme et les plans ou programmes mentionnés à l'article L. 122-4 du code de l'environnement avec lesquels il doit être compatible ou qu'il doit prendre en compte ;
2° Analyse les perspectives d'évolution de l'état initial de l'environnement en exposant, notamment, les caractéristiques des zones susceptibles d'être touchées de manière notable par la mise en œuvre du plan ;
3° Expose les conséquences éventuelles de l'adoption du plan sur la protection des zones revêtant une importance particulière pour l'environnement, en particulier l'évaluation des incidences Natura 2000 mentionnée à l'article L. 414-4 du code de l'environnement ;
4° Explique les choix retenus mentionnés au premier alinéa de l'article L. 151-4 au regard notamment des objectifs de protection de l'environnement établis au niveau international, communautaire ou national, ainsi que les raisons qui justifient le choix opéré au regard des solutions de substitution raisonnables tenant compte des objectifs et du champ d'application géographique du plan ;
5° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, si possible, compenser, s'il y a lieu, les conséquences dommageables de la mise en œuvre du plan sur l'environnement ;
6° Définit les critères, indicateurs et modalités retenus pour l'analyse des résultats de l'application du plan mentionnée à l'article L. 153-27 et, le cas échéant, pour le bilan de l'application des dispositions relatives à l'habitat prévu à l'article L. 153-29. Ils doivent permettre notamment de suivre les effets du plan sur l'environnement afin d'identifier, le cas échéant, à un stade précoce, les impacts négatifs imprévus et envisager, si nécessaire, les mesures appropriées ;
7° Comprend un résumé non technique des éléments précédents et une description de la manière dont l'évaluation a été effectuée.
Le rapport de présentation au titre de l'évaluation environnementale est proportionné à l'importance du plan local d'urbanisme, aux effets de sa mise en œuvre ainsi qu'aux enjeux environnementaux de la zone considérée ".
18. En premier lieu, la société requérante soutient que le rapport de présentation est insuffisant dès lors qu'il ne mentionne pas les besoins en matière de réhabilitation de l'immobilier de loisir et d'unités touristiques nouvelles. Cependant, ce document expose que le PLU comprend une OAP thématique qui fixe les intentions en matière de développement touristique. Il précise que la capacité d'accueil des hébergements touristiques de Tignes a régressé au cours de la période 2008-2018 et que le contexte est aussi caractérisé par une production trop importante de résidences secondaires, ce qui affecte la productivité de la station. Il indique également que, pour contrer la tendance, de nouveaux hébergements touristiques sont en cours de réalisation (APEX, Diamond Rock) ou en projet à court terme (Club Med, Rocher Blanc, Arbina, Le Lavachey mais qu'il faut accompagner la création de nouveaux hébergements par des mesures permettant de préserver les hébergements touristiques existants et de favoriser la réhabilitation avec remise en marché des hébergements plus anciens. Sur ce point, il précise que depuis 2005, sur un total de 403 immeubles existants dans la station, 57 ont été reconstruits ou rénovés totalement ou partiellement et qu'il s'agit donc de poursuivre la réhabilitation de ce bâti existant. Par ailleurs, le rapport de présentation mentionne que la commune entend orienter son développement touristique essentiellement à travers 5 projets d'unités touristiques nouvelles pour la majorité sur des zones déjà aménagées, dans une stratégie de renouvellement urbain.
19. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient la société requérante, le rapport de présentation, justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques.
20. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient la société requérante, le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir l'OAP des Boisses.
21. En quatrième lieu, la note sur l'alimentation en eau potable réalisée par le bureau d'étude SCERCL en février 2019 sur laquelle s'appuie le rapport de présentation, dans sa version approuvée, indique que les ressources disponibles sont capables de couvrir les besoins en eau potable au 31 décembre 2017 et à l'horizon 2030 après la réalisation de l'ensemble des projets et notamment lorsque l'ensemble des ressources est à l'étiage. L'estimation des besoins en eau de pointe supplémentaires a certes diminué par rapport à la note SCERCL de 2015 passant de +1 893 m3/j estimés à + 1 195 m3/j mais l'étude de 2019 précise que les consommations liées à la réalisation des futurs projets ont été réexaminées et ajustées (par exemple : ratio pour un couvert de 700 L/j/pers en boite de nuit ou restaurant erroné ; révisé avec le ratio classique de 70 L/j/pers) et la société requérante ne démontre pas que les ajustements opérés seraient erronés. Par ailleurs, si l'autorité environnementale avait relevé que la problématique de la neige en culture, qui pourrait entrer en concurrence avec le captage de Caffo (ou de la Rosière), n'est pas évoquée, l'enjeu de la conciliation de ces usages est pris en compte dans le rapport de présentation et son annexe 2, dans sa version approuvée. Il est mentionné que depuis 1990, la station de Tignes s'est équipée d'une installation de production de neige de culture qui comprend plus de 300 enneigeurs mobilisant une ressource hydraulique d'environ 500 000 m³ qui est prélevée dans le Lac de Tignes, dans la source de la Rosière et dans la galerie EDF du Ponturin. Il précise qu'afin de concilier les deux usages du captage de la Rosière, utilisé comme ressource de secours pour l'eau domestique et ressource pour la neige de culture, le conseil municipal de la commune de Tignes a adopté une délibération en date du 24 septembre 2015, affirmant la priorité donnée à l'alimentation en eau domestique en cas de besoin et le pompage est prioritairement effectué au niveau du lac de Tignes, qui peut fournir des volumes nettement plus conséquents que la source de la Rosière, en particulier en période d'étiage. Enfin, si l'étude réalisée par la SCERCL ne prend pas en compte l'ensemble des programmes touristiques envisagés pour apprécier la consommation d'eau potable, d'une part, il n'est pas établi que l'espace aqualudique extérieur projeté nécessite de l'eau potable et, d'autre part, il n'est pas démontré par la société requérante que les besoins en eau des programmes projetés par les OAP des Boisses et des Brévières dépassent la capacité de la ressource pouvant être encore mobilisée, soit environ 10% de la ressource mobilisable totale.
22. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'insuffisance du rapport de présentation et de ce que le parti d'aménagement n'est pas réalisable en raison de l'insuffisance de la ressource en eau potable doivent être écartés.
En ce qui concerne la prise en compte des risques naturels :
23. Il ressort des pièces du dossier que le PLU comprend en annexe outre le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPRNP) applicable sur une partie du territoire communal, onze études et analyses multirisques des secteurs constructibles non compris dans le périmètre du PPRNP (zone U et AU). Certaines de ces études ont été réalisées au regard des aménagements projetés. Par ailleurs, le règlement du PLU prévoit en zone A et N que " Tous les secteurs du PLU sont susceptibles d'être exposés à des risques naturels représentés graphiquement sur le plan de zonage. Tout aménageur, tout constructeur devra prendre en compte l'existence de ces risques et s'en protéger en se reportant au Plan de Prévention des Risques Naturels Prévisibles (PPRNP) ou aux études de risques complémentaires, annexés au présent PLU. Pour les projets situés en dehors du périmètre du PPRNP, il est fortement recommandé de s'assurer d'une bonne prise en compte des risques, en produisant une étude définissant les prescriptions constructives adaptées aux phénomènes en présence (contexte géotechnique local à prendre en compte, etc ), pour ne pas se voir opposer un refus au titre de l'article R111-2 du code de l'Urbanisme ". Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance du PLU quant à la prise en compte des risques naturels hors zones urbaines doit être écarté.
En ce qui concerne le PADD :
24. Aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors applicable : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. Il peut prendre en compte les spécificités des anciennes communes, notamment paysagères, architecturales, patrimoniales et environnementales, lorsqu'il existe une ou plusieurs communes nouvelles ".
25. Contrairement à ce que soutient la société requérante, le PADD définit, sans se borner à de simples constats, les orientations générales du PLU. En particulier, il comprend des orientations tendant à lutter contre le réchauffement climatique en développant les énergies renouvelables et le confort thermique des habitants (faciliter les travaux d'isolation thermique et d'amélioration des installations de chauffage sur les constructions existantes, réalisation d'une ou plusieurs microcentrales, géothermie, turbinage, récupération de la chaleur des eaux usées, méthanisation des boues de la station d'épuration et développement du photovoltaïque) et de prévoir les impacts du changement climatique sur l'activité touristique et économique (mobilisation des énergies renouvelables - énergie hydroélectrique, récupération de chaleur, méthanisation et encouragement à la rénovation énergétique des constructions anciennes). Ainsi, le PADD définit les orientations générales concernant les réseaux d'énergie. En outre, les dispositions de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme ne sauraient être regardées comme imposant aux communes de définir des orientations précises dans tous les domaines ainsi énumérés. La société requérante ne peut, par suite, utilement soutenir que l'absence d'une orientation relative au développement des économies numériques dans le PADD serait de nature à entacher d'illégalité le PLU en litige. Enfin, le PADD comporte un objectif chiffré de modération de l'espace consommé. Il précise qu'alors qu'en moyenne 2,5 hectares par an avaient été consommés avec l'extension de la tache urbaine entre 2001 et 2013, ce sont dix hectares environ qui seront consommés au cours des dix prochaines années, soit une moyenne d'un hectare par an. Contrairement à ce que soutient la société requérante, la consommation d'espace projetée et de lutte contre l'étalement urbain ainsi que la densité de logements par hectare ne sont pas plus importantes que celles de la décennie précédente. En effet, le PADD explique que compte tenu des 3,72 hectares de surfaces mobilisables en densification de la tache urbaine et qui sont presque exclusivement anthropisés, la progression de l'enveloppe urbaine de Tignes sera limitée à 10, 19 hectares à l'horizon 2030 alors qu'elle était de 11,74 hectares de 2006 à 2017. Dès lors que la société requérante n'établit pas que la délimitation de l'enveloppe urbaine faite par les auteurs du PLU serait erronée, elle ne démontre pas que des secteurs identifiés comme des secteurs de densification seraient en réalité des secteurs ayant pour effet d'étendre l'enveloppe urbaine. Le PADD mentionne également que, compte tenu de la croissance démographique attendu (environ 300 habitants supplémentaires), 120 logements supplémentaires sont à prévoir dont 90% en logements neufs et qu'ainsi, sur la base de 30 logements par hectare, ce sont environ 4 hectares qu'il faut mobiliser en zones urbaines destinées à l'habitat pour accueillir ces nouveaux logements. Il indique également que les principales opérations permettant la création de nouveaux lits touristiques s'effectueront au sein de la tache urbaine existante, en restructuration ou en reconstruction d'hébergements ou d'équipements existants et qu'une densité minimale de 250 lits touristiques à l'hectare sera recherchée en moyenne pour l'ensemble des secteurs prévus pour l'accueil d'hébergements touristiques. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la compatibilité du PLU avec le SCoT Tarentaise Vanoise :
26. A l'exception des cas limitativement prévus par la loi dans lesquels les schémas de cohérence territoriale peuvent contenir des normes prescriptives, ceux-ci doivent se borner à fixer des orientations et des objectifs. Les plans locaux d'urbanisme sont soumis à une simple obligation de comptabilité avec ces orientations et objectifs. Si ces derniers peuvent être en partie exprimés sous forme quantitative, il appartient aux auteurs des plans locaux d'urbanisme, qui déterminent les partis d'aménagement à retenir en prenant en compte la situation existante et les perspectives d'avenir, d'assurer, ainsi qu'il a été dit, non leur conformité aux énonciations des schémas de cohérence territoriale, mais leur compatibilité avec les orientations générales et les objectifs qu'ils définissent. Pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme avec un schéma de cohérence territoriale, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.
27. Le document d'orientations et d'objectifs du SCoT Tarentaise Vanoise prévoit une orientation 2.1 " Favoriser la réhabilitation de l'immobilier de loisirs " aux termes de laquelle : " () Lors de leur prochaine révision générale, les plans locaux d'urbanisme identifieront les secteurs nécessitant des dispositions particulières pour favoriser la réhabilitation des constructions existantes. Dans ces secteurs le règlement, tout en veillant à une bonne insertion urbaine des constructions et à l'amélioration des performances énergétiques, n'imposera pas de contraintes non justifiées risquant de freiner les réhabilitations. Dans ces secteurs, le règlement définira dans la mesure du possible des règles incitatives pour des constructions à usage d'hébergement touristique ".
28. Face à la réduction des lits touristiques du secteur marchand, l'article 1.3 du règlement du PLU interdit dans toutes les zones le changement de destination des hébergements hôteliers et touristiques, excepté pour les établissements ciblés dans l'OAP Hébergements hôteliers et touristiques. Par ailleurs, le PLU a identifié les secteurs à enjeux forts nécessitant des dispositions particulières pour favoriser la réhabilitation des constructions existantes (page 339 du rapport de présentation). Dans ces secteurs, le PLU a prévu des règles incitatives pour permettre des réhabilitations favorisant la création d'hébergements touristiques, ainsi que la remise en marché et la rénovation énergétique des constructions existantes. Les dispositions règlementaires visant à restructurer l'immobilier de loisir sont complétées par l'OAP Hébergements hôteliers et touristiques qui prévoit que " •les extensions des immeubles collectifs existants à destination d'habitation, rendues possibles par le règlement, devront être à destination d'hébergement hôtelier et touristique, sous couvert d'un conventionnement Loi montagne, d'un mandat de gestion ou de tout autre moyen (selon le type d'activités) lorsqu'un nouveau volume indépendant est créé. • Dans le cas d'une déconstruction-reconstruction d'un immeuble collectif à destination d'habitation :
- Sans augmentation de la capacité d'occupation existante, au moins 40% des logements devront être à destination d'hébergement hôtelier et touristique, sous couvert d'un conventionnement loi montagne, d'un mandat de gestion ou de tout autre moyen (selon le type d'activités) ;
- Avec augmentation de la capacité d'occupation existante, 100% des nouveaux logements créés devront être à destination d'hébergement hôtelier et touristique sous couvert d'un conventionnement loi montagne, d'un mandat de gestion ou de tout autre moyen (selon le type d'activités). • Dans le cas d'une réhabilitation d'une construction existante, avec ou sans extension, en vue de la réalisation d'un hôtel classé de tourisme, le stationnement n'est pas réglementé si le bâtiment se situe à moins de 300 mètres d'un arrêt de transport en commun et/ou d'un parking public ". Ainsi, les auteurs du PLU, qui n'ont pas à assurer une parfaite conformité des classements opérés avec le schéma de cohérence territoriale mais seulement une compatibilité de ceux-ci, n'ont pas méconnu la portée des orientations du schéma de cohérence territoriale sur ce point. Le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le respect de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme :
29. Aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, dans sa version alors applicable : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : 1° L'équilibre entre : () b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels () 6° La protection des milieux naturels et des paysages, la préservation de la qualité de l'air, de l'eau, du sol et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des écosystèmes, des espaces verts ainsi que la création, la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques () ".
30. Compte tenu de ce qui a été dit au point 25, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne l'OAP des Boisses :
31. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles () ".
32. L'exigence de cohérence au sein du PLU entre les OAP, d'une part, et le PADD, d'autre part, implique seulement, dans le cadre d'une analyse globale à l'échelle du territoire couvert par le PLU, que les OAP ne contrarient pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le PADD, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une OAP à une orientation ou un objectif du PADD ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ces OAP et ce projet.
33. L'OAP sectorielle des Boisses prévoit de mettre en valeur le centre ancien de Tignes par le réaménagement de la place centrale, des cheminements piétons internes et de la signalétique vers les promenades alentours et de la rue principale en la sécurisant, de créer des liaisons douces entre les Boisses et Tignes 1800, de développer le tissu urbain des Boisses tout en prenant en compte le contexte et le paysage, d'aménager l'entrée du domaine skiable en réaménagement l'arrêt de bus et son retournement et en aménageant une entrée structurée avec une signalétique adaptée, d'améliorer le stationnement sur la zone et l'accès vers le reste de la station en réservant le parking de manière adaptée aux habitants et à la clientèle des Boisses et en mettant en place une liaison mécanique entre Les Brévières et Tignes 1800 et de transports en commun entre les Boisses et Tignes le Lac à l'année et de proposer une extension du village des Boisses (avec trois programmes bâtis d'hébergements touristiques et un programme bâti de mixité sociale) de manière fonctionnelle et adaptée au contexte et au paysage. Ainsi, cette OAP répond aux orientations générales et objectifs du PADD visant à préparer un nouvel élan pour Tignes à l'horizon 2050 en réaménageant les espaces publics structurants d'une manière fonctionnelle dans un paysage urbain renouvelé, en développant l'offre d'hébergements touristiques durablement marchands, en organisant les transports en commun, les liaisons douces et la gestion du stationnement tout en préservant les grands paysages, la biodiversité et les trames verte et bleue. En particulier, l'OAP des Boisses précise qu'afin de ne pas modifier les débits d'eau dérivés du canal des Marais dans la prise d'eau EDF, une servitude d'inconstructibilité s'applique sur une bordure de 2 mètres de part et d'autre dudit canal et que deux scénarios sont envisagés afin de ne pas impacter les débits du canal du Marais, à savoir un survol de la construction et du cheminement piéton au droit du canal ou un dévoiement du canal du Marais. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient la société requérante, il ne ressort pas des pièces du dossier que les programmes bâtis n°1 à 4 de l'OAP seraient situés sur des espaces identifiés sur le schéma de synthèse du PADD comme espaces agricoles importants ou stratégiques et qu'une partie de l'OAP se situerait sur la trame verte. Dans ces conditions et dès lors que l'orientation générale du PADD tendant à favoriser un nouvel élan architectural n'est pas limité aux seuls quartiers du Val Claret, de Tignes-le-Lac et du Lavachet, l'OAP des Boisses n'apparaît pas, dans le cadre de l'analyse globale effectuée à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, incohérente avec les objectifs du PADD.
34. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 122-7 du code de l'urbanisme : " () Les orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme peuvent, en application du 2° de l'article L. 122-18, définir comme unités touristiques nouvelles locales des opérations de développement touristique effectuées en zone de montagne et contribuant aux performances socio-économiques de l'espace montagnard qui ne sont pas identifiées par la liste de l'article R. 122-9, sous réserve qu'elles ne puissent être considérées comme structurantes en application de l'article R. 122-8 ou du document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale ". Aux termes de l'article L. 122-17 du même code : " Constituent des unités touristiques nouvelles structurantes : / 1° Celles dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat ; / 2° Le cas échéant, celles définies comme structurantes pour son territoire par le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale () ". L'article R. 122-8 de ce code prévoit que constituent des unités touristiques nouvelles structurantes pour l'application du 1° de l'article L. 122-17, les liaisons entre domaines skiables alpins existants. Aux termes de l'article R. 122-4 de ce code : " () 2° Un domaine skiable est une piste de ski alpin ou un ensemble de pistes qui ont le même point de départ ou qui communiquent entre elles ou qui communiquent par le seul intermédiaire d'une ou de plusieurs remontées mécaniques () ".
35. Contrairement à ce que soutient la société requérante, Tignes 1800 et Tignes 1550 Les Brévières, qui sont déjà reliés par la télécabine des Boisses-Brévière, ne constituent pas deux domaines skiables alpins distincts mais font partie au contraire du même domaine skiable. La liaison mécanique entre Les Brévières et Tignes 1800 prévue dans le cadre de l'OAP des Boisses ne constitue donc pas une opération entrant dans le champ des unités touristiques nouvelles structurantes au sens de l'article R. 122-8 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette liaison mécanique serait définie comme structurante par le document d'orientation et d'objectifs du SCoT Tarentaise Vanoise. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'OAP des Boisses aurait dû être inscrite dans le SCoT Tarentaise Vanoise.
36. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 151-15 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter, dans les zones urbaines ou à urbaniser, des secteurs dans lesquels, en cas de réalisation d'un programme de logements, un pourcentage de ce programme est affecté à des catégories de logements qu'il définit dans le respect des objectifs de mixité sociale ".
37. Aux termes de l'article L. 151-7 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors applicable : " I - Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment :
1° Définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, notamment les continuités écologiques, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain, favoriser la densification et assurer le développement de la commune ;
2° Favoriser la mixité fonctionnelle en prévoyant qu'en cas de réalisation d'opérations d'aménagement, de construction ou de réhabilitation un pourcentage de ces opérations est destiné à la réalisation de commerces ;
3° Comporter un échéancier prévisionnel de l'ouverture à l'urbanisation des zones à urbaniser et de la réalisation des équipements correspondants ;
4° Porter sur des quartiers ou des secteurs à mettre en valeur, réhabiliter, restructurer ou aménager ;
5° Prendre la forme de schémas d'aménagement et préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics ;
6° Adapter la délimitation des périmètres, en fonction de la qualité de la desserte, où s'applique le plafonnement à proximité des transports prévu aux articles L. 151-35 et L. 151-36.
II. - En zone de montagne, ces orientations définissent la localisation, la nature et la capacité globale d'accueil et d'équipement des unités touristiques nouvelles locales ".
38. Il résulte de ces dispositions que si les OAP peuvent prendre la forme de schémas d'aménagement, ces dispositions n'ont ni pour objet ni pour effet de permettre aux auteurs du PLU, qui peuvent préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics, de fixer précisément, au sein de telles orientations, les caractéristiques des constructions susceptibles d'être réalisées, dont la définition relève du règlement.
39. Si l'OAP des Boisses pouvait indiquer la nature des constructions susceptibles d'être édifiées dans son périmètre et estimer approximativement les surfaces dédiées aux différents programmes bâtis, elle ne pouvait pas préciser le gabarit des constructions des programmes bâtis des hébergements touristiques et hôteliers en R+2, R+3 et R+4 ni le pourcentage minimal de logements sociaux devant être intégrés dans le programme bâti de mixité sociale, que peut seul définir le règlement écrit de la zone.
40. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 122-18 du code de l'urbanisme : " Constituent des unités touristiques nouvelles locales :
1° Celles dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat ;
2° Le cas échéant, celles définies par le plan local d'urbanisme, dans les conditions prévues au II de l'article L. 151-7 ". Aux termes de l'article R. 122-9 du même code : " Constituent des unités touristiques nouvelles locales, pour l'application du 1° de l'article L. 122-18 :
1° La création, l'extension ou le remplacement de remontées mécaniques, lorsqu'ils ont pour effet l'augmentation de plus de 10 hectares et de moins de 100 hectares d'un domaine skiable alpin existant ;
2° L'aménagement, la création et l'extension de terrains de golf d'une superficie inférieure ou égale à 15 hectares ;
3° Les opérations suivantes, lorsqu'elles ne sont pas situées dans un secteur urbanisé ou dans un secteur constructible situé en continuité de l'urbanisation :
a) La création ou l'extension, sur une surface de plancher totale supérieure à 500 mètres carrés, d'hébergements touristiques ou d'équipements touristiques ;
b) L'aménagement de terrains de camping d'une superficie comprise entre 1 et 5 hectares ;
c) La création de refuges de montagne mentionnés à l'article L. 326-1 du code du tourisme, ainsi que leur extension pour une surface de plancher totale supérieure à 200 mètres carrés ".
41. Il ressort des pièces du dossier que le programme bâti n°4 mentionné dans l'OAP des Boisses est situé en zone AUd destiné à un programme de logements avec mixité sociale. Il n'est, en outre, pas défini comme une unité touristique nouvelle locale par le plan local d'urbanisme. Ainsi, ce programme ne constitue pas une unité touristique nouvelle locale. Ainsi, le moyen tiré de l'absence de mention dans l'OAP des Boisses de la capacité globale d'accueil et d'équipement du programme en méconnaissance de l'article L. 151-7 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne l'erreur manifeste d'appréciation de l'OAP des Boisses :
42. L'OAP des Boisses prévoit que les constructions devront respecter des épannelages adaptés aux sites (un épannelage progressif permettant de ne pas avoir un front bâti trop massif en entrée des Boisses, des hauteurs alignées sur celles des constructions alentours dans le centre-village, et des constructions basses afin de ne pas créer un front bâti fermé le long du domaine skiable). Contrairement à ce que soutient la société requérante, ces épannelages sont repris dans le plan et le schéma de synthèse opposables de la programmation des constructions de l'OAP et la volumétrie des constructions projetées ne sont pas en contradiction avec les orientations de l'OAP. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne le règlement du PLU :
S'agissant de la création de la zone As1 :
43. D'une part, aux termes de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme : " I.-Dans les zones agricoles, naturelles ou forestières, le règlement peut : 1° Autoriser les constructions et installations nécessaires à des équipements collectifs dès lors qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière du terrain sur lequel elles sont implantées et qu'elles ne portent pas atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages () ". Aux termes de l'article L. 151-12 du même code : " Dans les zones agricoles, naturelles ou forestières et en dehors des secteurs mentionnés à l'article L. 151-13, les bâtiments d'habitation existants peuvent faire l'objet d'extensions ou d'annexes, dès lors que ces extensions ou annexes ne compromettent pas l'activité agricole ou la qualité paysagère du site () ". Aux termes de l'article R. 151-22 du même code : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ". Aux termes de l'article R. 151-23 de ce code : " Peuvent être autorisées, en zone A : 1° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole ou au stockage et à l'entretien de matériel agricole par les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime ; 2° Les constructions, installations, extensions ou annexes aux bâtiments d'habitation, changements de destination et aménagements prévus par les articles L. 151-11, L. 151-12 et L. 151-13, dans les conditions fixées par ceux-ci ".
44. D'autre part, aux termes de l'article L. 122-10 du code de l'urbanisme : " Les terres nécessaires au maintien et au développement des activités agricoles, pastorales et forestières, en particulier les terres qui se situent dans les fonds de vallée, sont préservées. La nécessité de préserver ces terres s'apprécie au regard de leur rôle et de leur place dans les systèmes d'exploitation locaux. Sont également pris en compte leur situation par rapport au siège de l'exploitation, leur relief, leur pente et leur exposition ". Aux termes de l'article L. 122-11 du même code : " Peuvent être autorisés dans les espaces définis à l'article L. 122-10 :
1° Les constructions nécessaires aux activités agricoles, pastorales et forestières ;
2° Les équipements sportifs liés notamment à la pratique du ski et de la randonnée ;
3° La restauration ou la reconstruction d'anciens chalets d'alpage ou de bâtiments d'estive, ainsi que les extensions limitées de chalets d'alpage ou de bâtiments d'estive existants dans un objectif de protection et de mise en valeur du patrimoine montagnard et lorsque la destination est liée à une activité professionnelle saisonnière () ".
45. Le préambule du règlement du PLU relatif à la zone A mentionne que la zone A correspond aux secteurs agricoles protégés où sont admis tous les aménagements qui
concourent à l'amélioration et au développement de l'activité agricole et du domaine skiable et que le plan distingue différentes zones dont la zone As1 correspondant à l'emprise du domaine skiable. L'article 1.1 de la zone A du règlement du PLU relatif à l'affectation des sols, destinations et sous-destinations interdites, interdit : " Toutes les constructions, extensions et installations, excepté celles soumises à conditions particulières à l'article 1.2 () ". Aux termes de l'article 1.2 relatif aux types d'activités, destinations et sous destinations soumis à conditions particulières : " En zone A, sont soumises à conditions, les occupations et utilisations suivantes () / Les constructions et installations nécessaires à des équipements collectifs dès lors qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière du terrain sur lequel elles sont implantées et qu'elles ne portent pas atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages () / La restauration ou la reconstruction d'anciens chalets d'alpages ou bâtiments d'estive, ainsi que leur extension limitée à hauteur de 20% de la surface construite existante, dans un objectif de protection et de mise en valeur du patrimoine montagnard et lorsque la destination est liée à une activité professionnelle saisonnière (y compris les logements de bergers), à condition qu'ils ne compromettent pas l'activité agricole ou forestière et soient compatibles avec
l'exploitation du domaine skiable, et sous réserve de l'instauration de la servitude
administrative prévue à l'article L.122-11 du Code de l'Urbanisme. Cette extension
ne pourra être renouvelée () En zone As1, en complément des occupations et utilisations de la zone A :
* L'ensemble des travaux, terrassements, constructions et équipements de toute
nature à condition qu'ils soient liés à l'exploitation du domaine skiable.
* A condition qu'ils soient compatibles avec l'exploitation du domaine skiable et la
protection de l'environnement :
o Les aménagements, les constructions, les infrastructures, les équipements
et les installations liés aux activités de loisir d'été ;
o Les constructions et équipements publics nécessaires au transport routier
et au stationnement de la clientèle de la station.
* La construction de remontées mécaniques ou le remplacement et la rénovation de
remontées mécaniques existantes à condition que la gare de départ et/ou d'arrivée
soit dotée de sanitaires publics s'ils sont inexistants dans un rayon de 100m, ainsi
que des bacs de tri sélectif.
* La démolition des équipements liés aux remontées mécaniques ainsi que leurs
supports à condition que les gravats soient évacués.
* L'aménagement, la rénovation et l'extension des bâtiments témoins de l'histoire
rurale repérés au plan de zonage et dans un inventaire annexé au PLU, dans la
limite de 25% de l'emprise au sol du bâtiment existant et à condition de respecter
l'architecture locale de Haute Tarentaise décrite au sein de l'OAP Renouvellement
architectural et énergétique. Cette extension ne pourra être renouvelée ".
46. Contrairement à ce que soutient la société requérante, les dispositions rappelées aux points 42 et 43 ne limitent pas les occupations et utilisations autorisées en zone agricole à la réalisation d'un équipement collectif. Par ailleurs, au regard notamment du préambule de la zone A, et en dépit de la mention maladroite " en complément des occupations et utilisations de la zone A ", les occupations et utilisations autorisées en zone As1 du règlement du PLU doivent être lues à l'aune de celles autorisées en zone A. Par suite et dès lors qu'il n'est pas établi que celles autorisées en zone As1 du règlement du PLU seraient incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière du terrain sur lequel elles sont implantées et qu'elles porteraient atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les occupations et utilisations autorisées par l'article zone As1 du règlement du PLU méconnaîtraient les dispositions de l'article R. 151-23 du règlement du PLU.
S'agissant de l'article 10.2.1 du règlement du PLU relatif à la zone 1AU relatif à la volumétrie et l'implantation des constructions :
47. En premier lieu, aux termes de l'article R. 151-39 du code de l'urbanisme : " Afin d'assurer l'intégration urbaine, paysagère et environnementale des constructions, déterminer la constructibilité des terrains, préserver ou faire évoluer la morphologie du tissu urbain et les continuités visuelles, le règlement peut notamment prévoir des règles maximales d'emprise au sol et de hauteur des constructions () ".
48. L'article 10.2.1 du règlement du PLU relatif à la zone 1AU prévoit que la hauteur maximale de toute construction est fixée en zones 1AUb et 1AUc à 15.00 m, " les hauteurs précisées dans l'OAP des Boisses doivent être respectées ". Contrairement à ce que soutient la société requérante, malgré sa rédaction maladroite, la disposition selon laquelle " les hauteurs précisées dans l'OAP des Boisses doivent être respectées " concerne les hauteurs maximales des constructions à ne pas dépasser.
49. En revanche, en second lieu, aux termes de l'article L. 151-18 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut déterminer des règles concernant l'aspect extérieur des constructions neuves, rénovées ou réhabilitées, leurs dimensions, leurs conditions d'alignement sur la voirie et de distance minimale par rapport à la limite séparative et l'aménagement de leurs abords, afin de contribuer à la qualité architecturale, urbaine et paysagère, à la mise en valeur du patrimoine et à l'insertion des constructions dans le milieu environnant ".
50. L'article 10.2.1 du règlement du PLU relatif à la zone 1AU prévoit s'agissant de l'alignement par rapport aux voies, emprises publiques et limites séparatives que les
alignements sont définis selon un principe de compatibilité dans les OAP concernant
chacune des zones 1AU : OAP des Brévières pour la zone 1AUa, OAP des Boisses pour les zones 1AUb,1AUc et 1AUd et OAP du Franchet pour la zone 1AUe.
51. Dès lors qu'en application de l'article L. 151-18 du code de l'urbanisme, la détermination des conditions d'alignement sur la voirie des constructions relève du règlement du PLU, celui-ci ne pouvait sur ce point procéder par renvoi à l'OAP des Boisses. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir que la disposition rappelée au point précédent est entachée d'illégalité. En revanche, le rappel fait par l'article 10.2.1 du règlement du PLU relatif à la zone 1AU s'agissant de l'alignement par rapport aux voies, emprises publiques et limites séparatives selon lequel " il convient de respecter les dispositions du code civil " n'est pas illégal.
En ce qui concerne les irrégularités entachant le classement en zone 1AUb, 1AUc, 1AUd et UE et le règlement des zones des terrains couverts par l'OAP des Boisses :
52. Compte tenu de ce qui a été dit aux points précédents, le classement en zone 1AUb, 1AUc, 1AUd et UE des terrains compris dans l'OAP des Boisses et le règlement de ces zones n'est pas incohérent avec le PADD et le classement de ces zones n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur les conséquences des illégalités relevées :
53. Aux termes de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme : " () Si, après avoir écarté les autres moyens, le juge administratif estime que le vice qu'il relève affecte notamment un plan de secteur, le programme d'orientations et d'actions du plan local d'urbanisme ou les dispositions relatives à l'habitat ou aux transports et déplacements des orientations d'aménagement et de programmation, il peut limiter à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce ".
54. Les vices relevés aux points 39 et 51 affectent des parties identifiables et autonomes du plan local d'urbanisme de la commune de Tignes. Par suite, en application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme dont la commune sollicite l'application à titre subsidiaire, il y a lieu d'annuler la délibération litigieuse en tant seulement que l'OAP des Boisses comprend des prescriptions fixant le gabarit des constructions des programmes bâtis des hébergements touristiques et hôteliers en R+2, R+3 et R+4 et le pourcentage minimal de logements sociaux pour le programme bâti n°4 ainsi que les dispositions de l'article 10.2.1 de la zone 1 AU du règlement du PLU relatives à l'alignement par rapport aux voies, emprises publiques et limites séparatives. La décision implicite de rejet du recours gracieux formé par la société requérante doit être annulée dans la même mesure.
Sur les frais de procès :
55. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Tignes doivent dès lors être rejetées. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Tignes une somme de 1 500 euros à verser à la société Urbanscape SPRL au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La délibération du 30 septembre 2019 du conseil municipal de Tignes est annulée en tant que l'OAP des Boisses comprend des prescriptions fixant le gabarit des constructions des programmes bâtis des hébergements touristiques et hôteliers en R+2, R+3 et R+4 et le pourcentage minimal de logements sociaux pour le programme bâti n°4 et en tant que l'article 10.2.1 de la zone 1 AU du règlement du PLU impose des règles relatives à l'alignement par rapport aux voies, emprises publiques et limites séparatives par renvoi à l'OAP des Boisses.
Article 2 :La commune de Tignes versera à la société Urbanscape SPRL une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à la société Urbanscape SPRL et à la commune de Tignes.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
La rapporteure,
A. Bedelet
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026