jeudi 28 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2002077 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | STUART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mars 2020, M. A B, représenté par Me Stuart, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 20 décembre 2019 par laquelle le conseil métropolitain de la Métropole Grenoble-Alpes Métropole a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal en tant qu'il classe la parcelle cadastrée section AY n°22 lui appartenant en zone A agricole ;
2°) de mettre à la charge de la Métropole Grenoble-Alpes Métropole le versement d'une somme de 2000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la délibération attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en tant qu'elle classe sa parcelle cadastrée AY n°22 en zone A agricole dès lors que cette parcelle d'une superficie de 6758 m2 est entièrement cerclée de constructions sur ses quatre côtés et bordée par huit terrains mitoyens bâtis en particulier sur les limites ouest et sud qui sont tous classés en zone UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Grenoble-Alpes Métropole ; la commune de Vif a largement entamé la vocation agricole du hameau de Reymure en prévoyant son ouverture à l'urbanisation par la création d'une zone UD 4 au sud du terrain d'assiette ; il sera difficile de conserver aux parcelles en contact de la zone UD 4 du règlement du PLUi une réelle vocation agricole, la parcelle AY n°22 étant bordée en limite sud par une importante zone agglomérée à dominante résidentielle qui se prolonge sur ses abords à l'est et à l' ouest ; la parcelle AY n°22 présente un caractère urbanisé dès lors qu'elle est cerclée de constructions sur l'ensemble de ses côtés ; si la parcelle AY n°22 a pu être, par le passé, le siège d'une activité agricole viable, son assiette prenait alors en considération les parcelles situées au nord, lesquelles n'accueillaient pas alors de constructions ; la parcelle en cause ne présente plus qu'une très faible potentialité agricole eu égard notamment aux seuils des surfaces minimales d'exploitation imposés par les organismes agricoles ; la parcelle AY n°22 est desservie par l'ensemble des réseaux publics et par les voies de circulation (les réseaux d'assainissement et d'eau potable sont existants et situés à l'angle sud-ouest du terrain ; un raccordement électrique ne poserait aucune difficulté puisqu'une borne EDF est située au droit de la parcelle et le terrain bénéficie d'une desserte suffisante depuis la rue de la Sacristie via un chemin d'une largeur de 5 mètres) ; un classement de la parcelle AY n°22 en zone UD 4 du règlement du PLUi aurait été plus opportun.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2020, la Métropole Grenoble-Alpes Métropole, représentée par Me Fessler, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. B le versement d'une somme de 2000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la parcelle AY n°22, qui était déjà classée en zone A du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vif alors qu'elle présentait les mêmes caractéristiques physiques, est située dans la plaine de Reymure qui constitue une vaste zone dédiée à l'agriculture, marquant l'entrée sud de l'agglomération grenobloise et que les auteurs du PLU puis du PLUi ont toujours fait le choix de préserver, en tant que zone agricole, de toute extension de l'urbanisation existante ; la parcelle litigieuse, qui est bordée de constructions éparses, est exploitée et s'inscrit dans une zone à forte dominante agricole ; le bâtiment implanté sur la parcelle n°26 est un hangar agricole ; la parcelle AY n°22 s'inscrit dans l'un des sites paysagers d'enjeux majeurs du schéma de cohérence territoriale (SCOT) de la Grande région de Grenoble qui offre un cadre paysager exceptionnel, fortement lié à l'activité agricole, qui maintient les paysages ouverts ; cet espace agricole de qualité doit faire face à une pression urbaine importante ; le principe d'aménagement retenu pour la commune de Vif respecte les grands principes dégagés par le législateur s'agissant de préserver les espaces agricoles et naturels et de concentrer la densification urbaine sur les secteurs urbanisés ; les auteurs du PLUi ont fait le choix de renforcer la densification autour du centre historique et le long de l'axe est-ouest et de maîtriser l'habitat diffus en zone agricole en limitant l'urbanisation autour de la plaine de Reymure ; la parcelle AY n°22 est située dans le périmètre éloigné du captage des eaux de Rochefort qui alimente l'agglomération grenobloise en eau potable ; la présence de réseaux qui seraient situés à proximité de la parcelle litigieuse ne remet pas en cause la légalité du classement de celle-ci en zone A agricole ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Morel, rapporteur public,
- les observations de Me Stuart, représentant M. B,
- les observations de Me Fessler, représentant la Métropole Grenoble-Alpes Métropole.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 20 décembre 2019, le conseil métropolitain de la Métropole Grenoble-Alpes Métropole a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Grenoble-Alpes Métropole qui classe la parcelle AY n°22 appartenant à M. B en zone A agricole du règlement de ce plan. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler partiellement la délibération du 20 décembre 2019 en tant que le PLUi classe sa parcelle en zone A agricole.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; () / Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. () ". Aux termes de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. () ". Aux termes de l'article R. 151-17 de ce code : " Le règlement délimite, sur le ou les documents graphiques, les zones urbaines, les zones à urbaniser, les zones agricoles, les zones naturelles et forestières. Il fixe les règles applicables à l'intérieur de chacune de ces zones dans les conditions prévues par la présente section. ". Enfin, aux termes de l'article R. 151-22 de ce code : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
4. Si, pour apprécier la légalité du classement d'une parcelle en zone A, le juge n'a pas à vérifier que la parcelle en cause présente, par elle-même, le caractère d'une terre agricole et peut se fonder sur la vocation du secteur auquel cette parcelle peut être rattachée, en tenant compte du parti urbanistique retenu ainsi que, le cas échéant, de la nature et de l'ampleur des aménagements ou constructions qu'elle supporte, ce classement doit cependant être justifié par la préservation du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles de la collectivité concernée, à plus forte raison lorsque les parcelles en cause comportent des habitations voire présentent un caractère urbanisé.
5. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à classer en zone agricole, pour les motifs énoncés à l'article R. 151-22, un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste, fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'un détournement de pouvoir.
6. Il ressort des pièces du dossier que le rapport de présentation du PLUi de Grenoble-Alpes Métropole indique qu'il convient de poursuivre l'effort de réduction de la consommation d'espace, de privilégier l'intensification des secteurs urbains les mieux desservis et les plus proches des centralités tout en permettant une densification qualitative des secteurs pavillonnaires. Il y est précisé que les " principaux enjeux auxquels est confrontée la commune concernent le renforcement de la densité autour du centre historique et le long de l'axe est-ouest, ainsi que la maîtrise de l'habitat diffus en zone agricole. ". En outre, ce rapport évoque à plusieurs reprises la plaine de Reymure - à l'intérieur de laquelle la commune de Vif s'inscrit en partie sud - qui est décrite comme un des sites paysagers d'enjeux majeurs du schéma de cohérence territoriale (SCOT) de la grande région de Grenoble et qui offre un cadre paysager exceptionnel, fortement lié à l'activité agricole qui maintient les paysages ouverts. Il y est constaté que ce vaste espace agricole stratégique de qualité, qui doit faire face à une pression urbaine importante, a été peu à peu grignotée par l'urbanisation de sorte que l'enjeu est de préserver les potentialités foncières de l'agriculture tout en stoppant le développement pavillonnaire et le mitage des terres agricoles.
7. Le rapport de présentation indique qu'il convient de délimiter un seuil pérenne entre urbain et rural sur la plaine de Reymure afin de traduire les limites stratégiques du SCOT. Pour y parvenir, il est précisé notamment que, conformément à l'espace préférentiel de développement déterminé par le SCOT, la partie de la commune privilégiée pour accueillir le développement urbain est située dans un rayon de 700 à 800 mètres à partir de l'hôtel de ville dans les quartiers les mieux desservis par les transports en commun où s'y concentrent les principaux équipements de la commune, ainsi que les emplois et les pôles de logements majeurs.
8. Le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) du PLUi de Grenoble-Alpes Métropole indique qu'il convient de mettre en avant et de valoriser le rôle de l'agriculture dans la construction et le maintien des paysages ouverts et réaffirme le souhait de la Métropole de poursuivre son développement sur un modèle d'économie d'espace pour préserver au maximum les espaces naturels, agricoles et forestiers en zone de montagne comme en plaine et fond de vallée. Prenant acte de ce que les espaces agricoles ont diminué de 567 hectares, les auteurs du PLUi relèvent qu'il convient de poursuivre l'effort de réduction de la consommation d'espace en s'inscrivant dans le cadre de la stratégie nationale de réduction de la consommation d'espaces agricoles et naturels par rapport à la période 2001-2010. L'objectif de modération de consommation d'espaces naturels et agricoles tend, d'une part, à la réduction de celle-ci d'au moins 35 % par rapport aux dix dernières années et, d'autre part, à la réalisation de plus de 50 % de la construction de logements dans l'enveloppe urbaine actuelle par renouvellement urbain ou densification des unités foncières déjà bâties ou non bâties.
9. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle AY n°22 appartenant à M. B, d'une superficie de 6758 m2 et qui est située dans la plaine de Reymure, précédemment classée en zone agricole par le PLU de Vif, est classée en zone A du règlement du PLUi de Grenoble-Alpes Métropole dans laquelle s'applique notamment l'interdiction de réaliser de nouveaux immeubles d'habitation. Elle est exploitée et ne supporte aucune construction. Bien qu'elle soit bordée au sud et à l'ouest par plusieurs constructions inscrites en zone UD 4 du règlement du PLUi, la parcelle en cause située à environ 900 mètres du bourg de Vif, s'ouvre au nord sur une vaste plaine consacrée à l'agriculture où ne sont implantées que quelques constructions éparses, dont un hangar agricole sur la parcelle voisine n°26. Si le requérant soutient qu'il eût été préférable d'inclure la parcelle AY n°22 en zone UD 4, il n'appartient pas au juge administratif d'apprécier l'opportunité du choix ainsi opéré par les auteurs du PLUi et de vérifier si un autre classement était possible sauf faits matériellement inexacts ou erreur manifeste d'appréciation. Dès lors, compte tenu du parti d'urbanisme clair et précis retenu par les auteurs du PLUi, au travers du rapport de présentation et du PADD, qui souhaitent préserver le potentiel agricole des parcelles non construites de la plaine de Reymure dont fait partie la parcelle en cause, les circonstances que celle-ci soit bordée au sud et à l'est par des terrains construits appartenant à la zone UD 4 et qu'elle soit desservie par la voie publique et les réseaux publics ne suffisent pas à établir qu'elle présente un caractère urbanisé et que son classement en zone A est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération du 20 décembre 2019 portant approbation par le conseil métropolitain du PLUi de Grenoble-Alpes Métropole en tant qu'il classe la parcelle cadastrée section AY n°22 en zone A agricole.
Sur les dépens :
11. Aucun dépens n'ayant été exposé dans la présente instance, les conclusions tendant à leur remboursement ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la Métropole Grenoble-Alpes Métropole, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à M. B la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme de 1500 euros à verser à la Métropole Grenoble-Alpes Métropole au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la Métropole Grenoble-Alpes Métropole la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la Métropole Grenoble-Alpes Métropole.
Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Paquet, présidente,
M. Hamdouch, premier conseiller,
Mme Letellier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2022.
Le rapporteur,
S. C
La présidente,
D. PaquetLa greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026