mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2002094 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET CHAMPAUZAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 31 mars 2020 et 6 juillet 2020, M. A C, représenté par Me Galhuid, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président de la communauté de communes du Val de Drôme a refusé de procéder à la modification du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Loriol-sur-Drôme pour réduire la superficie de l'emplacement réservé R8 ;
2°) d'enjoindre au président de la communauté de communes du Val de Drôme d'engager une procédure de modification du plan local d'urbanisme tendant à la réduction de la superficie de l'emplacement réservé R8 afin de la mettre en cohérence avec l'étude du bureau d'études Euryece, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de constater le refus de l'administration de lui communiquer les pièces qu'il sollicite ;
4°) de mettre à la charge de la communauté de communes du Val de Drôme la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un " vice de forme " dès lors que le président de la communauté de communes du Val de Drôme a reconnu lors d'une réunion du 12 juin 2018 la possibilité de réduction de l'emplacement réservé R8 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le commissaire enquêteur désigné pour l'enquête publique relative au projet de PLU et au projet de schéma directeur d'assainissement et des eaux pluviales de la commune a manqué de neutralité et d'impartialité, un conflit d'intérêt existe entre ce commissaire enquêteur et la commune de Loriol-sur-Drôme ;
- la commune de Loriol-sur-Drôme a manqué " de transparence et d'exemplarité de la vie publique " et a fait preuve " d'obscurantisme ";
- la commune de Loriol-sur-Drôme a usé de manœuvres dolosives et dilatoires.
Par des mémoires en défense enregistrés les 7 mai 2020 et le 15 septembre 2020, la communauté de communes du Val de Drôme, représentée par Me Champauzac, demande au tribunal :
1°) de rejeter la requête ;
2°) de supprimer certains passages injurieux, outrageants ou diffamatoires des écritures du requérant ;
3°) de mettre à la charge du requérant la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le requérant ne justifie pas d'un intérêt pour agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- des passages des écritures du requérant présentent un caractère injurieux, outrageant ou diffamatoire.
Par courrier du 30 août 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce que le tribunal constate le refus de l'administration de communiquer à M. C les pièces qu'il sollicite.
M. C a présenté des observations sur ce moyen d'ordre public le 31 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme B,
- et les observations de Me Barette pour la communauté de communes du Val de Drôme.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 11 juillet 2018, le conseil communautaire de la communauté de communes du Val de Drôme a approuvé la révision du PLU de la commune de Loriol-sur-Drôme. Par courrier du 12 décembre 2019, M. C a demandé au président de la communauté de communes du Val de Drôme de procéder à la modification du PLU de la commune pour réduire la superficie de l'emplacement réservé R8. M. C demande au tribunal d'annuler la décision du président de la communauté de communes du Val de Drôme rejetant implicitement sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Les parcelles anciennement cadastrées I n°612 et 614 sont grevées d'un emplacement réservé n°R8 d'une surface de 21 345 m² afin de permettre la création d'un bassin de rétention près du Ruisseau de Vaucourte.
3. En premier lieu, si dans le cadre de la contestation d'un acte réglementaire intervenant après l'expiration du délai de recours contentieux contre cet acte, par la voie de l'exception ou sous la forme d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus de l'abroger, la légalité des règles qu'il fixe, la compétence de son auteur et l'existence d'un détournement de pouvoir peuvent être utilement critiquées, il n'en va pas de même des conditions d'édiction de cet acte, les vices de forme et de procédure dont il serait entaché ne pouvant être utilement invoqués que dans le cadre d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre l'acte réglementaire lui-même et introduit avant l'expiration du délai de recours contentieux.
4. Il résulte des principes rappelés au point précédent que les moyens tirés de l'absence de neutralité et d'impartialité du commissaire enquêteur désigné pour l'enquête publique relative au projet de PLU et au projet de schéma directeur d'assainissement et des eaux pluviales de la commune et de l'existence d'un conflit d'intérêt ainsi que le moyen que le requérant qualifie de vice de forme sont inopérants à l'encontre de la décision en litige.
5. En deuxième lieu, l'appréciation à laquelle se livrent les auteurs d'un plan local d'urbanisme lorsqu'ils décident de créer des emplacements réservés ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ou si elle procède d'un détournement de pouvoir. En outre, l'intention d'une commune de réaliser un aménagement sur une parcelle suffit à justifier légalement son classement en tant qu'emplacement réservé sans qu'il soit besoin pour la commune de faire état d'un projet précisément défini. Enfin, il n'appartient pas, au juge administratif d'apprécier l'opportunité du choix de la localisation d'un emplacement réservé par rapport à d'autres localisations possibles.
6. Le requérant soutient que la superficie de l'emplacement réservé n°R8 serait excessive au regard des cinq études hydrauliques sollicitées par la commune qui feraient état de justifications et de surfaces nécessaires à cet emplacement différentes. Cependant, il ne l'établit pas en se bornant à produire uniquement l'extrait de l'étude du groupe Euryece dont le manque de sérieux n'est pas démontré. Si la taille de l'emplacement réservé est plus importante que celle retenue par cette étude, il ressort des pièces du dossier et notamment du mémoire en réponse aux observations émises lors de l'enquête publique relative au projet de schéma directeur d'assainissement et des eaux pluviales de la commune rédigé par le groupe Euryece, que les emplacements réservés tels que déterminés par le PLU de la commune dont celui de Vaucourte ont pour but de préserver les zones d'implantation potentielles de ces bassins le temps que les études de faisabilité à chaque aménagement soient réalisées (comprenant levés topographiques et étude géotechnique) et que la commune a choisi de prévoir une superficie d'emplacement réservé plus importante que la surface nécessaire afin de disposer d'une marge. Par ailleurs, le requérant ne démontre pas comme il l'allègue que le bassin de rétention à l'emplacement retenu ne serait pas réalisable en raison de la pente du terrain et du dénivelé entre le ruisseau de Vaucourte et le chemin rural en limite est de l'emprise foncière de l'emplacement réservé en cause et il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment pas du mail du 18 janvier 2019 que, postérieurement à l'approbation en 2018 de la révision du PLU, la communauté de communes du Val de Drôme ait pris un nouveau parti d'urbanisme rendu inutile le maintien de l'emplacement réservé en cause. La circonstance que l'emplacement réservé créé pour l'aménagement d'un bassin pour la gestion des eaux pluviales soit implanté sur un terrain en zone Ap (secteur agricole protégé en raison de ses caractéristiques paysagères) n'est pas, par elle-même, de nature à établir que la création de cet emplacement réservé, qui n'a ni pour objet ni pour effet de modifier l'affectation actuelle du terrain concerné, serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Il en va de même de la circonstance que la commune n'a pas exercé son droit de préemption sur la parcelle actuellement cadastrée I n°830 alors que le prix de vente était avantageux. Enfin, si le requérant soutient sans l'établir que la première étude hydraulique faite en 2001/2002 retenait un autre site et si l'étude du groupe Euryece fait état d'une solution alternative, il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur l'opportunité du choix opéré par les auteurs d'un PLU de la localisation d'un emplacement réservé par rapport à d'autres localisations possibles.
7. Dans ces conditions, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le bassin de rétention présenterait un dimensionnement excessif et quand bien même les services de l'Etat ont indiqué au cours de l'enquête publique la nécessité d'apprécier de façon plus précise les surfaces nécessaires à la réalisation de bassins de rétention sur la commune, le moyen tiré de l'erreur manifestation d'appréciation faute de justification de la superficie de l'emplacement réservé contesté et de la disproportion de son périmètre, doit être écarté.
8. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points précédents, le détournement de pouvoir ou les manœuvres dolosives ou dilatoires alléguées par le requérant ne sont pas établis.
9. En dernier lieu, le moyen tiré du manque de transparence et " d'exemplarité de la vie publique " et " d'obscurantisme " n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien fondé.
10. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions de la requête :
11. En premier lieu, il n'appartient pas au tribunal administratif de constater le refus de l'administration de communiquer à M. C les pièces qu'il sollicite. Par suite, ces conclusions sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
12. En second lieu, le présent jugement de rejet n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à la suppression de passages injurieux, outrageants ou diffamatoires :
13. En application des dispositions de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1981 relative à la liberté de la presse, reprises à l'article L. 741-2 du code de justice administrative, les tribunaux peuvent, dans les causes dont ils seront saisis, prononcer, même d'office, la suppression des passages injurieux, outrageants ou diffamatoires et condamner leur auteur à des dommages-intérêts.
14. Les passages des écritures du requérant indiqués par la communauté de communes du Val de Drôme n'excèdent pas les limites de la controverse entre parties dans le cadre d'une procédure contentieuse. Il s'ensuit que les conclusions tendant à leur suppression doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes du Val de Drôme, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
16. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de M. C une somme de 1 500 euros à verser à la communauté de communes du Val de Drôme au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. C est rejetée.
Article 2 :M. C versera à la communauté de communes du Val de Drôme une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le surplus des conclusions de la communauté de communes du Val de Drôme est rejeté.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la communauté de communes du Val de Drôme.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La rapporteure,
A. D
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026