mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2002258 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | ASTERIO - CABINET D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 10 avril 2020, le 5 janvier 2021 et le 18 février 2022, M. et Mme A G, représentés par Me Bracq, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la délibération du 25 février 2020 par laquelle le conseil municipal de la commune d'Ayn a approuvé le plan local d'urbanisme ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Ayn de classer les parcelles cadastrées section A n°1344, 1689, 1771 et 1776 en zone Ud ainsi que la parcelle A n°1029 en zonage retenu pour les jardins d'agrément ou subsidiairement de statuer à nouveau sur le classement de ces parcelles ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Ayn la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme G soutiennent que :
- aucun document n'a été adressé aux élus en méconnaissance des articles L. 2121-13 et L. 2121-13-1 du code général des collectivités territoriales ;
- plusieurs élus intéressés ont participé au vote en méconnaissance de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales ;
- le plan local d'urbanisme a été élaboré sur le fondement de données obsolètes, les administrés ont été induit en erreur sur la portée de la loi montagne ;
- le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur est insuffisamment motivé en méconnaissance de l'article L. 123-15 du code de l'environnement ; il n'a pas répondu aux observations et n'a pas porté une appréciation personnelle sur le plan local d'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme méconnaît l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme faute de recueil des avis des personnes publiques associées ; ceux-ci n'étaient pas à disposition du public lors de l'enquête ;
- les terrains leur appartenant sont en continuité de l'urbanisation et desservis par les réseaux, les motifs de ce classement sont donc erronés ;
- le classement est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés le 8 juin 2020 et le 15 novembre 2022 (ce dernier non communiqué), la commune d'Ayn, représentée par Me Mollion, conclut au rejet de la requête ou subsidiairement à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme et de mettre à la charge des requérants une somme de 4 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme G ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de Mme B,
- et les observations de Me Bracq, représentant M. et Mme G, et F, représentant la commune d'Ayn.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 25 février 2020, le conseil municipal de la commune d'Ayn a approuvé l'élaboration de son plan local d'urbanisme. Les requérants en demandent l'annulation.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est adressée par écrit, au domicile des conseillers municipaux ou, s'ils en font la demande, envoyée à une autre adresse ou transmise de manière dématérialisée ". Aux termes de l'article L. 2121-13 du même code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ". Il résulte de ces dispositions que les membres du conseil municipal appelés à délibérer de l'approbation d'un plan local d'urbanisme doivent disposer, avant la séance, de l'ensemble du projet de plan local d'urbanisme que la délibération a pour objet d'approuver, et qu'ils doivent pouvoir obtenir communication des autres pièces et documents nécessaires à leur information sur ce plan, s'ils en font la demande.
3. Est produit en défense le courriel adressé aux conseillers municipaux le 20 février 2020, contenant l'ordre du jour de la réunion du conseil municipal du 25 février 2020 et indiquant que l'ensemble des documents relatifs aux points à l'ordre du jour sont disponibles sur le site d'échanges en ligne de la commune. Il n'est aucunement établi que les conseillers municipaux aient rencontré des difficultés pour obtenir ces documents. Le moyen tiré de l'insuffisante information des conseillers municipaux doit par suite être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales : " Sont illégales les délibérations auxquelles ont pris part un ou plusieurs membres du conseil intéressés à l'affaire qui en fait l'objet, soit en leur nom personnel, soit comme mandataires. ". Il résulte de ces dispositions que la participation au vote permettant l'adoption d'une délibération d'un conseiller municipal intéressé à l'affaire qui fait l'objet de cette délibération, c'est-à-dire y ayant un intérêt qui ne se confond pas avec ceux de la généralité des habitants de la commune, est de nature à en entraîner l'illégalité. De même, sa participation aux travaux préparatoires et aux débats précédant l'adoption d'une telle délibération est susceptible de vicier sa légalité, alors même que cette participation préalable ne serait pas suivie d'une participation à son vote, si le conseiller municipal intéressé a été en mesure d'exercer une influence sur la délibération. Cependant, s'agissant d'une délibération déterminant des prévisions et règles d'urbanisme applicables dans l'ensemble d'une commune, la circonstance qu'un conseiller municipal intéressé au classement d'une parcelle ait participé aux travaux préparatoires et aux débats précédant son adoption ou à son vote n'est de nature à entraîner son illégalité que s'il ressort des pièces du dossier que, du fait de l'influence que ce conseiller a exercée, la délibération prend en compte son intérêt personnel.
5. D'une part, le classement des parcelles appartenant à MM. Touirat, Rigaud, G ou à des membres de leurs familles, n'apparaît aucunement avoir été adopté dans un but autre qu'urbanistique. Leur intéressement et leur influence pour le classement des parcelles en cause n'est pas établi par les pièces du dossier, précision faite que la seule invocation de ce moyen n'est pas constitutive d'une diffamation.
6. D'autre part, Mme D et M. C membres de la commission d'urbanisme, chargée en phase de concertation des travaux préparatoires de l'élaboration du plan local d'urbanisme et ouverte aux habitants de la commune, ne sont pas conseillers municipaux. Le moyen est donc inopérant, étant précisé qu'au demeurant rien n'établit qu'ils aient bénéficié de faveurs pour le classement de leurs parcelles.
7. En troisième lieu, si le commissaire enquêteur a précisé avoir lu un compte-rendu des avis des personnes publiques associées, il apparaît que ces avis, notamment celui du 6 novembre 2019 de la chambre d'agriculture de la Savoie, ont tous été revêtus du tampon et de la signature du commissaire enquêteur démontrant ainsi qu'ils étaient bien à la disposition du public et que le commissaire enquêteur en a pris connaissance, malgré la formulation ambigüe de son rapport. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme doit par suite être écarté.
8. En quatrième lieu, d'une part, si les requérants font valoir que le plan local d'urbanisme a été adopté sur le fondement de données obsolètes, ils n'établissent aucunement que des données plus récentes aient pu influencer le sens de la décision. D'autre part, si le rapport de présentation a choisi de donner une définition des hameaux au sens de la loi montagne, il précise bien que celle-ci est fondée sur la doctrine de la direction départementale des territoires de la Savoie et il apparaît que cette définition est compatible avec les dispositions de la loi montagne. Le moyen doit par suite être écarté.
9. En cinquième lieu, si le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur sont d'une présentation peu soignée, il apparaît à leur lecture que le commissaire enquêteur a bien émis un avis personnel et motivé. La circonstance qu'il se soit approprié les éléments d'argumentation et de réponse aux observations déposées de la commune ne signifie pas qu'il n'ait pas émis un avis personnel, alors au demeurant qu'il a indiqué lors de l'enquête publique et à la suite d'une observation, une correction à apporter et qu'il a formulé une recommandation. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 123-15 du code de l'urbanisme doit être écarté.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites "zones A". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
11. Les requérants sont propriétaires de parcelles situées de part et d'autre de la route du col du Banchet situées à proximité du hameau de Vétonne et classées en zone agricole. Le projet d'aménagement et de développement durables tend, en son axe 4, au développement de la commune par une densification du tissu urbain existant. Le rapport de présentation explique à ce titre que la commune est concernée par une organisation en hameaux développés autour de la voirie, a défini la notion de hameau qu'elle entendait appliquer sur son territoire pour respecter la loi montagne puis a établi un plan graphique comprenant la délimitation des enveloppes urbaines à densifier. Les parcelles des requérants sont exclues de l'enveloppe urbaine du hameau de Vétonne par ce plan.
12. D'une part, s'agissant des parcelles cadastrées section A n°1689, 1771 et 1776, situées au sud de la voirie, et non construites il apparaît que celles-ci s'ouvrent au sud sur une vaste zone à caractère purement agricole et sont classées en enjeux forts par la carte des enjeux agricoles. La seule circonstance qu'une maison soit située à l'ouest de ces parcelles et que l'exploitation agricole situées au sud-est soit définitivement fermée, n'enlève pas à ces parcelles leur caractère purement agricole. D'autre part, s'agissant de la parcelle A n°1344 située au nord de la voirie, celle-ci est certes construite mais est partiellement inclue par la carte des enjeux agricoles en zone à enjeu fort et relève physiquement de la vaste zone agricole au Nord sur laquelle elle s'ouvre. C'est donc sans erreur de droit, ni erreur manifeste d'appréciation et conformément à la volonté exprimée par les auteurs du plan local d'urbanisme que ces parcelles ont été classées en zones agricole.
13. Enfin, s'agissant de la parcelle cadastrée A n°1029, si effectivement sa situation et sa contenance, ne permettent pas son exploitation effective, elle n'est pas construite et relève bien physiquement des vastes zones agricoles entourant le hameau de Vétonne et ce classement apparaît donc conforme à la vocation globale de cette zone. De sorte que son classement n'apparaît pas plus entaché d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation des requérants doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence leurs conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais de procès :
15. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par les requérants doivent dès lors être rejetées. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme G une somme de 1 500 euros à verser à la commune d'Ayn au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. et Mme G est rejetée.
Article 2 :M. et Mme G verseront à la commune d'Ayn une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. et Mme G et à la commune d'Ayn.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.
La rapporteure,
J. E
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2002258
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026