mercredi 15 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2002302 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP FESSLER JORQUERA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 14 avril 2020, le 21 janvier 2021, le 8 février 2021, le 28 juin 2021 et le 5 novembre 2021, M. D C, représenté par Me Py, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 16 décembre 2019 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes Bièvre Est a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal et la décision du 11 mars 2020 par laquelle le président de cet établissement public a rejeté son recours gracieux ;
2°) d'annuler, à titre subsidiaire, la délibération du 16 décembre 2019 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes Bièvre Est a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal en ce qu'il classe sur le territoire de la commune d'Oyeu la parcelle cadastrée section A n° 857 en zone inconstructible au titre des risques naturels et la décision du 11 mars 2020 par laquelle le président de cette collectivité publique a rejeté son recours gracieux ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes Bièvre Est une somme de 2700 euros au titre des dispositions de l'article L. 61-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie comme l'exige l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme être propriétaire de la parcelle cadastrée section A n° 857 sur le territoire de la commune d'Oyeu ;
- il a intérêt à agir contre la délibération du 16 décembre 2019 ;
- l'application Télérecours génère automatiquement une signature électronique ;
- les modalités de la concertation ont été insuffisantes au sens des articles L. 103-2 et L. 103-4 du code de l'urbanisme ;
- deux communes ayant émis des avis défavorables s'agissant du projet de PLUi, le conseil communautaire aurait dû délibérer une seconde fois sur l'arrêt du plan local d'urbanisme intercommunal ;
- le plan B', qui rend inconstructible sa parcelle, n'a fait l'objet d'aucune approbation par le conseil communautaire de la CCBE ;
- il n'est pas établi que les conseillers aient été en mesure de prendre connaissance de l'existence du plan B' avant le vote d'approbation du PLUi ; l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales est méconnu ;
- les orientations d'aménagement et de programmation du PLUi ont été substantiellement modifiées après l'enquête publique ; l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme est méconnu ;
- le rapport de présentation est imprécis sur les perspectives d'évolutions économiques du territoire et se fonde sur des données anciennes ; il n'est pas motivé conformément à l'article L. 151-14 du code de l'urbanisme ;
- le classement en zone inconstructible de la parcelle section A n° 857 située sur le territoire de la commune d'Oyeu au titre des risques naturels est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés le 23 novembre 2020 et le 20 septembre 2021, la communauté de Communes Bièvre Est, représentée par Me Fessler, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. C de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas signée ;
- les moyen ne sont pas fondés.
Par un courrier du 26 janvier 2023, le tribunal a informé les parties, en application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme, qu'il envisageait de surseoir à statuer et les a invitées à présenter leurs observations.
Des observations, enregistrées le 30 janvier 2023, ont été présentées par Me Py pour M. C.
Des observations, enregistrées le 31 janvier 2023, ont été présentées par Me Fessler pour la communauté de Communes Bièvre Est.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Beytout, rapporteure publique,
- et les observations de Me Py représentant M. C et de Me Fessler représentant la communauté de communes Bièvre Est.
Une note en délibéré présentée par Me Py pour M. C a été enregistrée le 2 février 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. C demande l'annulation de la délibération du 16 décembre 2019 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes Bièvre Est (CCBE) a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) et la décision du 11 mars 2020 par laquelle le président de cet établissement public a rejeté son recours gracieux. A titre subsidiaire, il demande également l'annulation de cette délibération en tant qu'elle approuve le PLUi en ce qu'il classe sur le territoire de la commune d'Oyeu la parcelle cadastrée section A n° 857 en zone inconstructible au titre des risques naturels et la décision confirmative du 11 mars 2020.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne les modalités de concertation :
2. Aux termes de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme : " Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : / 1° L'élaboration ou la révision () du plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 103-3 du même code, dans sa rédaction applicable aux faits de l'espèce : " Les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation sont précisés par :() 2° L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public dans les autres cas. () ". Aux termes de l'article L. 103-4 de ce code : " Les modalités de la concertation permettent, pendant une durée suffisante et selon des moyens adaptés au regard de l'importance et des caractéristiques du projet, au public d'accéder aux informations relatives au projet et aux avis requis par les dispositions législatives ou réglementaires applicables et de formuler des observations et propositions qui sont enregistrées et conservées par l'autorité compétente ". Enfin, l'article L. 600-11 de ce code prévoit que : " Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux articles L. 103-2 et L. 300-2 ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies aux articles L. 103-1 à L. 103-6 et par la décision ou la délibération prévue à l'article L. 103-3 ont été respectées () ".
3. M. C fait valoir que les modalités de concertation avec le public ne lui ont pas permis de prendre connaissance de la révision du plan local d'urbanisme d'Oyeu et de l'élaboration du PLUi. Il ne soutient pas toutefois que les modalités de la concertation telles que prévues par la délibération adoptée le 9 novembre 2015 par le conseil communautaire de la CCBE n'ont pas été respectées. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne l'application des dispositions de l'article L. 153-15 du code de l'urbanisme :
4. Aux termes de l'article L. 153-15 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque l'une des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale émet un avis défavorable sur les orientations d'aménagement et de programmation ou les dispositions du règlement qui la concernent directement, l'organe délibérant compétent de l'établissement public de coopération intercommunale délibère à nouveau et arrête le projet de plan local d'urbanisme à la majorité des deux tiers des suffrages exprimés ".
5. Ces dispositions subordonnent l'intervention d'une nouvelle délibération et d'un nouvel arrêt du projet du PLUi à la majorité qualifiée à ce que l'avis défavorable émis par la commune consultée porte sur les orientations d'aménagement et de programmation ou les dispositions du règlement qui la concernent directement.
6. En premier lieu, par une délibération du 23 avril 2019, le conseil municipal d'Oyeu a émis un avis défavorable au projet de plan local d'urbanisme intercommunal arrêté le 4 février 2019. Après une présentation purement descriptive des documents composant le PLUi, cette délibération se borne à émettre un avis défavorable sans mentionner la moindre observation portant sur les orientations d'aménagement et de programmation ou les dispositions du règlement qui concernent directement la commune d'Oyeu. Faute de respecter la condition posée par les dispositions de l'article L. 153-15 du code de l'urbanisme, le conseil municipal d'Oyeu ne peut être regardé comme ayant adopté un avis défavorable au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 153-15 du code de l'urbanisme.
7. En second lieu, le conseil municipal de Beaucroissant a également émis un avis défavorable au projet par une délibération du 23 avril 2019, aux motifs " que les conditions dans lesquelles se sont déroulées l'instruction et l'élaboration du PLUi n'ont pas été à la hauteur de la grande technicité et des enjeux majeurs de ce dossier, Considérant notamment que les délais de mise à disposition des documents (cartes, règlements) et le temps de travail imparti aux élus municipaux ne leur ont pas permis de se prononcer et de statuer dans de bonnes conditions. Considérant également que la version arrêtée par le conseil communautaire n'a jamais été transmise à la commune au préalable. Considérant qu'il convient, en application des dispositions de l'article L. 153-15 du code de l'urbanisme de donner un avis sur le projet de PLUi arrêté. Après en avoir débattu, à 9 voix pour, 3 voix contre et 1 abstention, émet un avis défavorable au projet de PLUi arrêté par délibération du conseil communautaire du 4 février 2019 ".
8. Cet avis défavorable, qui se fonde sur la remise en cause des modalités d'association de la commune à l'élaboration du PLUi, a été pris au regard au regard de considérations étrangères à celles énoncées par les dispositions de l'article L. 153-15 du code de l'urbanisme.
9. Il est vrai toutefois que, dans un second temps, après avoir émis ce vote au visa de l'article L. 153-15 du code de l'urbanisme, le conseil municipal de Beaucroissant a demandé que des modifications soient " prises en compte " par la CCBE portant sur le classement en zone UAa de la parcelle cadastrée section AN n°177, sur le fait que le champ de foire ne soit pas grevé d'un espace boisé classé, sur la modification du classement des parcelles cadastrées section AM numéros 1, 2, 3 et 124, sur les corrections à apporter aux graphiques des orientations d'aménagement et de programmation (OAP) n°1 et n°2 du " chemin du Sabot " pour tenir compte de la présence à proximité de cette dernière OAP d'un bâtiment d'exploitation agricole classée en installation classée protection de l'environnement, sur la situation des bâtiments existants dans le règlement de la zone UE, sur l'aléa inondation dans la carte des aléas et sur l'intégration dans le PLUi de la modification de limites territoriales entre les communes de Beaucroissant et Renage. Ces différents points entrent ainsi dans le champ d'application de l'article L. 153-15 du code de l'urbanisme.
10. En admettant que ces observations puissent être regardées comme révélant les véritables motifs de l'avis défavorable émis par le conseil municipal de Beaucroissant, il ressort des pièces du dossier que ces demandes ont été satisfaites au cours de l'élaboration ultérieure du projet de PLUi. Dès lors, elles ont eu un effet utile, si bien que, dans les circonstances de l'espèce, le vice résultant de l'absence de nouvelle délibération sur le projet de PLUi arrêté n'a pas effectivement privé la commune de Beaucroissant d'une garantie et doit être regardé comme ayant été sans incidence sur la légalité de la délibération finale d'approbation du PLUi.
11. Le moyen tiré du vice de procédure en raison de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-15 du code de l'urbanisme doit être, par suite, écarté.
En ce qui concerne l'approbation par le conseil communautaire du plan B' et le défaut d'information des élus :
12. L'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales applicable aux organes délibérants des établissements publics de coopération intercommunales en vertu de l'article L. 5211-1 du même code dispose que : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ".
13. En adoptant dans sa séance du 16 décembre 2019 le PLUi, le conseil communautaire a nécessairement approuvé le plans B' dont chaque conseiller communautaire a reçu un exemplaire dans le dossier complet du PLUi transmis sur support numérique comme l'indique la note de synthèse communiquée en même temps que les convocations. Si, de façon regrettable, le compte rendu de cette séance et la note de synthèse n'ont pas mentionné ce plan parmi la liste des plans composant le règlement graphique, le document intitulé " introduction " y faisait explicitement référence dans le paragraphe 4 relatif aux pièces constitutives du PLUi. En outre, cette question est évoquée dans la note de synthèse et le compte rendu de séance au titre de l'amélioration de la représentation des risques naturels pour répondre à des réserves émises sur ce point par les services de l'Etat dans son avis du 2 mai 2019, par la commission d'enquête ainsi que dans les annexes 4.1.2 et 4.1.3. Enfin, le rapport de présentation mentionne en page 154 du tome 4 : " En matière de traduction règlementaire, le PLUi de la CCBE fait apparaitre sur les documents graphiques (plan B') les secteurs où l'existence de risques naturels justifie que soient interdites (R.151-31 2°) ou soumises à des conditions spéciales (R.151-34 1°) les constructions, forages et exhaussements des sols ". Dès lors, avant le vote d'approbation du PLUi, les conseillers communautaires, normalement attentifs, doivent être regardés comme ayant été mis en mesure de prendre connaissance des plans B' établis postérieurement à l'enquête publique et d'exercer, en tant que de besoin, la faculté dont ils disposent de solliciter des documents ou explications complémentaires. Pour les mêmes raisons, leur droit à l'information prévu à l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales n'a pas été méconnu.
En ce qui concerne la nécessité d'une nouvelle enquête publique :
14. L'article L. 153-21 du code de l'urbanisme dispose que : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé () ".
15. Il résulte de ces dispositions que le projet de plan ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et qu'elles procèdent de l'enquête publique.
16. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'issue de l'enquête publique, pour tenir compte des observations de la commission d'enquête et des services de l'Etat, les orientations d'aménagement et de programmation ont précisé le nombre de logements estimés par opération et l'objectif de densité de logements recherché par hectare. Ces modifications, bien que nombreuses, ne présentent pas de caractère substantiel dès lors qu'elles ne bouleversent pas les principes d'aménagement initialement mentionnés lors de l'arrêt du projet sous forme de schémas indiquant le niveau de densité retenu (faible, moyen et élevé) pour chacune des orientations sectorielles. En outre, le requérant ne développe pas une analyse précise de nature à établir que les modifications des OAP notamment situées dans les communes de Beaucroissant, d'Oyeu, de Renage aux fins de renforcer la densité de logements ont été de nature à remettre en cause l'économie générale du projet de PLUi telle qu'affirmée dans le projet d'aménagement et de développement durables qui tend précisément à la densification et à la diversification des formes urbaines notamment dans un souci de lutte contre l'étalement urbain et de limitation de la consommation des espaces agricoles naturels et forestiers. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne l'insuffisance du rapport de présentation :
17. L'article L. 151-4 du code de l'urbanisme dispose notamment que le rapport de présentation " analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'approbation du plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques ".
18. Le rapport de présentation du PLUi, qui a été prescrit en novembre 2015 et arrêté le 4 février 2019, explique, en page 104 du tome 1, que " le code de l'urbanisme impose une analyse de la consommation d'espaces au cours des dix années précédant l'approbation du PLUi. Toutefois, la collecte et l'interprétation d'une donnée, quelle qu'elle soit, implique nécessairement un décalage entre le phénomène observé et son analyse. Ainsi, le choix de faire la présente analyse sur la période 2005-2015 résulte de la disponibilité de la donnée pour cette période ".
19. Pour remettre en cause la fiabilité des données sur lesquelles s'appuie le rapport de présentation, M. C se borne à énoncer que " ces données sont trop anciennes pour fournir une image fidèle de la dynamique territoriale et de ses perspectives économiques réelles ". Il ne précise pas en quoi le graphique qu'il reproduit sans commentaire sur l'évolution de la population active et de l'emploi entre 2009 et 2014 aurait été de nature à fausser l'analyse et les prévisions des auteurs du PLUi. Ainsi, il n'établit pas que les données recueillies jusqu'en 2015 ont été sensiblement différentes de celles connues sur la période 2015-2019 et, qu'en conséquence, leur extrapolation sur la période 2015-2019 serait significativement inexacte. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 151 4 du code de l'urbanisme n'est pas, dès lors, fondé.
En ce qui concerne le classement de la parcelle cadastrée section A n° 857 en zone inconstructible au titre des risques naturels :
20. Aux termes de l'article R. 151-31 du code de l'urbanisme : " Dans les zones U, AU, A et N, les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu () 2° () Les secteurs où l'existence de risques naturels () justifient que soient interdites les constructions et installations de toute nature, permanentes ou non, les plantations, dépôts, affouillements, forages et exhaussements des sols. ". Aux termes de l'article R. 151-34 du même code : " Dans les zones U, AU, A et N les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu : 1° Les secteurs () ou l'existence de risques naturels, de risques miniers ou de risques technologiques justifient que soient soumises à des conditions spéciales les constructions et installations de toute nature, permanentes ou non, les plantations, dépôts, affouillements, forages et exhaussements des sols () ".
21. L'article R. 151-18 du code de l'urbanisme dispose que " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter ".
22. Le règlement des risques (tome 3) dispose, au titre du point 5.2 " dispositions applicables en zones Bg " (page 130), que : " Les zones Bg correspondent aux zones d'aléa moyen de glissement de terrain (G2) en milieu urbanisé et aux zones d'aléa faible de glissement de terrain (G1). Le principe général applicable aux projets est l'autorisation. Le présent règlement limite toutefois les autorisations pour les projets les plus sensibles ".
23. Le rapport de présentation en page 155 du tome 4 définit les critères de définition de la tache urbaine au sens des " risques naturels " de la façon suivante : " Le tableau de correspondance aléas-zonage a recours à la notion d'espaces urbanisés, non urbanisés et centre urbain. En effet, selon que le secteur exposé au risque est dans l'un de ces espaces, les conditions spéciales diffèrent pour aller de l'inconstructibilité à la constructibilité sous conditions. La représentation graphique des aléas en application de ce tableau de correspondance, intègre donc cette notion d'espaces urbanisés, selon une méthode présentée aux services de l'État au cours de la démarche. Méthode de définition de la tache urbaine au sens des " risques naturels " Analyse SIG sur le cadastre Étape 1 : réalisation d'un buffer de 50 m autour de chaque construction (à l'exception du bâti léger). Étape 2 : suppression des ensembles bâtis de moins de 5 unités Étape 3 : fusion des polygones et réduction des périmètres de ces derniers à 10m des constructions. Étape 4 : identification des " trous " dans la tâche urbaine (zones blanches) Étape 5 : qualification de ces zones blanches : En tâche urbaine si ( 3 000 m²* B tâche urbaine si ) 3 000 m² ".
24. Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'il n'existe pas de concordance stricte entre les critères de délimitation d'une zone urbaine et ceux permettant de délimiter la tache urbaine au sens des risques naturels dont l'objectif est d'éviter de créer de nouveaux enjeux de sécurité des personnes et des biens dans les secteurs où il n'en existe pas ou peu.
25. Il ressort du plan de zonage de la commune d'Oyeu que la parcelle cadastrée section A n° 857 est dépourvue de construction et qu'elle est classée en zone urbaine UC.
26. Le plan B' " risques naturels " la classe comme relevant de la zone inconstructible RG par croisement entre l'aléa moyen de glissement de terrain G2 et sa non inclusion dans la tache urbaine (Bg).
27. En premier lieu, M. C fait valoir que le risque de glissement de terrain affectant sa parcelle est surestimé. La circonstance que les parcelles construites voisines section A n° 647 et n°136 soient classées en zone constructible Bg ne résulte pas d'une appréciation différente de l'intensité du risque de glissement de terrain pesant sur ces terrains (G2) mais de leur inclusion dans la tache urbaine à la différence des parcelles n° 857 et n° 856 qui en sont exclus par le plan B'. Par ailleurs, le requérant produit à l'instance une étude de stabilité Géolithe réalisée à sa demande. Elle préconise que la partie supérieure de la parcelle cadastrée section A n° 857 soit soumise au risque faible G1 " en cohérence avec le zonage Ouest ". Toutefois, eu égard aux termes prudents qu'elle emploie, cette étude ainsi que l'absence de glissement constaté dans la zone et la faible déclivité du terrain ne suffisent pas à remettre en cause, dans le cadre d'un contrôle de l'erreur manifeste, l'appréciation de l'intensité du risque de glissement affectant cette parcelle portée par le service spécialisé " restauration des terrains de montagne " et actualisée pendant l'enquête publique par les bureaux techniques et le même service ainsi que l'explique un responsable dans un courriel du 20 février 2020 adressé à M. C.
28. En deuxième lieu, pour soutenir que son terrain doit être regardé comme étant en milieu urbanisé et relevant ainsi de la zone Bg constructible, M. C fait valoir que sa parcelle est classée en zone Uc, qu'elle est équipée des réseaux publics et que la parcelle voisine A n°856 est en réalité construite depuis 2018 contrairement à ce qu'indique le plan B'. Eu égard à ce qui a été dit au point 24, ces éléments ne suffisent toutefois pas à établir que les auteurs du PLUi ont fait une application erronée à la parcelle n° 857, vierge de toute construction, des critères de définition de la tache urbaine tels qu'ils résultent du point 23 et qu'ils ont ainsi commis une erreur manifeste d'appréciation en ne l'incluant pas en zone constructible.
29. En troisième et dernier lieu, le requérant se prévaut du classement en zone constructible, postérieurement à l'enquête publique, de la parcelle cadastrée section AP n° 463 sur la commune de Beaucroissant bien qu'elle soit affectée d'un risque de glissement de terrain moyen et d'une pente dépassant les 30% par endroit. Il n'est toutefois pas établi que ce terrain se trouve dans une situation identique à celui de M. C par rapport aux nombreux facteurs permettant d'apprécier le risque de glissement de terrain et aux critères d'inclusion dans la tache urbaine.
30. Il suit de là que le classement de la parcelle section A n° 857 en zone inconstructible au titre des risques naturels n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
31. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la CCBE, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les frais liés à l'instance :
32. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes Bièvre Est, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. C une somme globale de 1 000 euros à verser à la communauté de communes Bièvre Est.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à la communauté de communes Bièvre Est une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et à la communauté de communes Bièvre Est. Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
M. Ban, premier conseiller.
Mme Letellier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2023.
Le rapporteur,
J-L. A
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026