vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2002434 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PERDRIX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 avril 2020, M. C B, représenté par Me Perdrix, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la délibération n° 39/2020 du 25 février 2020 par laquelle le conseil communautaire a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal du Pays de Seyssel en tant qu'elle a classé la parcelle cadastrée à la section C n° 1139 en zone agricole, ensemble la décision du 3 novembre 2020 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au conseil communautaire de la communauté de communes Usses et Rhône de classer la parcelle en zone UH1 ou UHl1 ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes Usses et Rhône la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la requête est recevable ;
- le classement de sa parcelle C n° 1139 et du secteur auquel il se rattache en zone agricole est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article R. 123-7 du code de l'urbanisme, alors qu'un autre hameau a été classé en zone urbaine sans justification.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2021, la communauté de communes Usses et Rhône, représentée par Me Winckel, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La communauté de communes Usses et Rhône fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 25 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 décembre 2021, en application des dispositions de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu la délibération attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 septembre 2024 :
- le rapport de Mme Letellier,
- les conclusions de Mme A,
- les observations de Me Perdrix, pour M. B et les observations de Me Winckel, pour la communauté de communes Usses et Rhône.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 25 février 2020, le conseil communautaire de la communauté de communes Usses et Rhône a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal du Pays de Seyssel qui comprend onze communes dont Desingy. M. B est le propriétaire des parcelles cadastrées à la section C n° 1139 et 1141, situées à Vallières-d'en-Bas, sur le territoire communal de Desingy. La parcelle section C n° 1139 a été classée en zone agricole par la délibération du 25 février 2020.
Sur les conclusions en annulation :
2. Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme, qui s'est substitué à l'article R. 123-7 du même code depuis le 1er janvier 2016 : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
3. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer, en conséquence, le zonage et les possibilités de construction. L'appréciation à laquelle se livrent les auteurs du plan ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait fondée sur des faits matériellement inexacts ou si elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Pour apprécier la légalité du classement d'une parcelle en zone A, le juge n'a pas à vérifier que la parcelle en cause présente, par elle-même, le caractère d'une terre agricole et peut se fonder sur la vocation du secteur auquel cette parcelle peut être rattachée, en tenant compte du parti urbanistique retenu ainsi que, le cas échéant, de la nature et de l'ampleur des aménagements ou constructions qu'elle supporte. Ce classement doit cependant être justifié par la préservation du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles de la collectivité concernée.
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le hameau de Vallières-d'en-Bas, auquel la parcelle C n° 1139 se rattache, se situe en dehors du centre-bourg de la commune de Desingy qui constitue, selon le schéma de cohérence territoriale (SCoT) Usses et Rhône, une commune de proximité dont le développement doit être modéré. Pour répondre à cette orientation, les auteurs du plan local d'urbanisme intercommunal du Pays de Seyssel ont entendu, ainsi que cela ressort clairement du projet d'aménagement et de développement durables (PADD), mettre fin à l'extension des hameaux des communes de proximité et préserver désormais les espaces agricoles et les paysages agricoles. En l'espèce, la parcelle C n° 1139, d'une surface de 1 961 m², a été classée en zone agricole, ainsi que le secteur dans lequel elle s'intègre et qui comporte quelques parcelles construites, mais elle est séparée du hameau par la route départementale. Il ressort du règlement graphique que la parcelle est entourée au Nord et à l'Est d'une vaste zone agricole. M. B ne conteste pas que sa parcelle permet l'accès à ces parcelles exploitées par un chemin d'exploitation. En outre, si la parcelle du requérant est voisine de deux parcelles construites (n° 2280 et n° 2349), cette circonstance ne suffit pas à faire de la parcelle du requérant une " dent creuse " ou un " espace interstitiel " en raison de la densité très faible des constructions. En revanche, la parcelle est vierge de toute construction et enherbée, ce qui fait qu'elle n'est pas dépourvue de toute valeur agronomique ou de tout potentiel biologique ou économique, quand bien même M. B soutient n'avoir autorisé aucune exploitation de sa parcelle. En outre, la circonstance qu'elle est équipée et desservie par les différents réseaux n'est pas un obstacle à son classement agricole. Ainsi, le classement de sa parcelle et du secteur auquel elle se rattache en zone agricole répond à un nouveau parti pris d'urbanisme, désormais intercommunal, et n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
5. En second lieu, il est de la nature de toute réglementation d'urbanisme de distinguer des zones où les possibilités de construire sont différentes, ainsi que des zones inconstructibles. Dès lors que cette délimitation effectuée dans un plan local d'urbanisme ne repose pas sur une appréciation manifestement erronée, elle ne porte pas d'atteinte illégale au principe d'égalité des citoyens devant la loi. En l'espèce, en l'absence d'erreur manifeste d'appréciation entachant le classement de la parcelle du requérant et du secteur auquel elle appartient, il n'est pas fondé à soutenir que certaines parcelles non construites situées dans le hameau de Vallières d'en Haut, et dont les caractéristiques correspondent selon lui à une zone agricole, ont été classées illégalement en zone UH. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté dans toutes ses branches.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation dirigées contre la délibération attaquée doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions accessoires à fin d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Les conclusions présentées par M. B, partie perdante, sont rejetées, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par la communauté de communes Usses et Rhône sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 :Les conclusions présentées par la communauté de communes Usses et Rhône en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la communauté de communes Usses et Rhône.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme Letellier, première conseillère,
- Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La rapporteure,
C. Letellier
Le président,
M. Sauveplane
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026